Nouveauté : des cours en ligne !

June 18th, 2016

Je reviens vers vous après quelques années d’absence! Le temps passe si vite…

Les élèves se sont multipliés et certains ont même déménagé. Mais il est difficile de rompre les bonnes habitudes et les relations. C’est ainsi qu’est née l’idée de cours à distance. Ok, c’est mieux en présentiel, mais faute de mieux…

C’est pourquoi Elodie a décidé de m’envoyer des vidéos de ses séances avec Delicisio, son cheval de 4 ans juste débourré. En effet ce n’était pas notre dizaine de séances communes qui pouvait suffire et malgré son départ vers d’autres horizons nous avons décidé d’un commun accord de continuer notre collaboration.

La formule est simple : elle m’envoie une vidéo de son travail sur une séance ou bien un montage des moments qu’elle considère les plus importants et de mon côté je visionne le film et je rédige les commentaires pour permettre de corriger les erreurs et de réorienter son travail.

La facturation se fait alors en fonction du temps que j’y ai passé.

Par exemple pour cette vidéo d’un quart d’heure, que j’ai regardé attentivement plusieurs fois puis commenté, il m’a fallu une heure.

Vous voulez voir ce que cela donne.

Voici la vidéo (avec l’accord d’Elodie bien évidemment) : cours en ligne

Voici mes commentaires :

Tout d’abord les points positifs : 
  • bonne avancée dans le travail de descente d’encolure, le cheval a bien compris l’attitude qu’il doit prendre;
  • le cheval se dirige de mieux en mieux;
  • est plus attentif;
  • a amélioré son pas, et globalement les autres allures;
  • part mieux au galop;
  • tu es en équilibre et sans défauts majeurs.

Ensuite voici les points à améliorer, voire à corriger (je liste, c’est moins agréable mais plus rapide…!) :

  • tu ne changes pas assez souvent de main (à la fin tu es pratiquement montre en main 5 minutes à main gauche!!!), tu ne dois pas faire plus de 4,5 cercles à la même main;
  • manque de variété dans le choix des figures (inclure des demi voltes, des demi voltes renversées, et varier la taille des figures);
  • manque de rigueur dans le choix des actions de mains spécifiques à la descente d’encolure (tantôt peignage des rênes, tantôt simple élévation des mains);
  • prendre un peu plus de contact avec la bouche avant de lever les mains, afin de petit à petit moins les lever;
  • lorsque le cheval est en bas, céder bien sûr, mais rester vigilante afin de fermer les doigts à la moindre envie de remonter. Il ne reste pas en descente d’encolure, et ce, par manque de rapidité d’intervention de la main lorsqu’elle est encore basse;
  • manque de contrôle de la rêne extérieure à main droite, si bien que le cheval arrive souvent trop dans le pare bottes. De plus, il tord la tête à main droite également, ce qui procède du même problème et donc demande la même correction;
  • pour ce qui est du galop, je suis étonnée…pas de galop à droite;
  • il aurait fallu commencer par la main à laquelle il précipite le moins, donc à droite (à moins que ça ait changé!);
  • il comprend bien la descente d’encolure au galop, mais il va encore trop vite pour s’y sentir vraiment à l’aise et trouver ça facile et confortable.Moi je travaillerais un peu plus la régulation de la vitesse avant de reprendre le travail tête en bas.

Voilà, globalement il y a une bonne avancée, mais ne transforme pas en défaut ce qui est une qualité chez toi : l’assiduité dans le travail. Ne rabâche pas tes exercices!!!

SI VOUS ETES INTERESSE(E)  PAR CETTE MODALITE, N’HESITEZ PAS A ME CONTACTER.

PESER DANS SA SELLE

November 16th, 2014

Peser dans sa selle signifie concentrer le poids de son corps plus particulièrement dans la selle et très peu dans les étriers, en adoptant une position spécifique.

Il est bien évident qu’un cavalier pesant 60 kilos les fera toujours, qu’il pèse dans sa selle ou non !La différence tient à la répartition de son poids sur le dos du cheval. En effet, ce dernier n’aura pas les mêmes sensations selon qu’il est monté au trot assis où au trot enlevé. Un jeune cheval aura par exemple moins de contrainte s’il est monté au trot enlevé !

Comment peser ? Un cavalier qui pèse ne s’agite pas, ne gesticule pas dans sa selle ! La plus belle représentation d’un cavalier pesant est sans nul doute celle de Nuno Oliveira sur cette photo : ceinture avancée, assiette profonde, épaules et jambes effacées vers l’arrière. L’impression qu’il donne est d’être dans son cheval et non simplement posé dessus.

abouti

Peser c’est exercer une poussée continue vers le bas et vers l’avant, le dos droit et fort, le bassin plutôt en légère antéversion permanente. L’action de peser n’est en aucun cas une accentuation des mouvements successifs d’antéversion et de rétroversion du bassin !

Voici une petite expérience à réaliser facilement pour avoir une idée de l’effet ressenti lorsque l’on pèse : se placer bien en équilibre à cheval sans étriers, écarter très légèrement les cuisses en les dégageant un peu vers l’arrière, puis tirer des deux mains sur le pommeau comme si l’on voulait soulever la selle. Il est important de ne modifier en aucune façon son équilibre. On a alors l’impression de descendre dans le cheval, d’être collé, rivé à la selle. C’est un peu cette sensation qu’il faut rechercher quand on pèse.

Quand peser ? Dès que le cavalier cherche à obtenir de son cheval une attitude plus raccourcie ou plus rassemblée dans un surcroît d’activité de l’arrière-main. Cela sous-entend que le cheval a le niveau requis pour cela, et qu’il supporte bien le trot assis !

Les chevaux sont très réceptifs à l’état physique et à l’état psychologique de leur cavalier et ont tendance à s’y accorder. Un cavalier mou au dos relâché n’aura certainement pas un cheval tonique au dos tendu. A contrario, un cavalier à l’assiette profonde et au dos fort n’aura certainement pas un cheval en arrière des jambes avec le dos relâché.

Cependant attention, l’action de peser est une contrainte pour le dos du cavalier du fait de la quasi permanence de l’antéversion du bassin. Il est donc important pour son intégrité, d’alterner avec des moments plus neutres, qui correspondent à un état de tension musculaire moindre et à un retour à une mobilisation plus équilibrée du bassin.

Nuno Oliveira a beaucoup souffert de fortes douleurs de dos. Le fait qu’il pesait très fort dans sa selle quasiment en permanence n’est certainement pas étranger à ces douleurs! Mais une part de son génie ne résidait-elle pas néanmoins dans cette fabuleuse assiette ?

Pour terminer, j’aimerais souligner que l’action de peser, outre qu’elle permet  de mobiliser les forces du cheval, permet également au cavalier, et cela n’est pas de moindre importance, de diminuer l’emploi de ses mains et de ses jambes.

Pour illustrer cela, il n’est qu’a regarder une fois encore la photo de Nuno Oliveira : le cheval piaffe, l’écuyer est quant à lui parfaitement en descente de mains et de jambes, son dos se substituant aux mains, et son assiette aux jambes.

A vous de peser…

 

 

LE SAVIEZ-VOUS? (seconde partie)

July 5th, 2014

Ce post fait suite à une première partie concernant le sens de l’équilibrioception que je vous invite à consulter en cliquant ici.

Dans cette seconde partie, nous évoquerons le sens de la proprioception.

En situation statique, la proprioception permet la sensation du corps dans sa totalité, mais renseigne également sur la position précise des membres et/ou de toute autre partie du corps, ainsi que sur la place des différents segments les uns par rapport aux autres, et sur le degré de tonus et de contraction musculaire. En situation dynamique, la proprioception sert à contrôler et guider les mouvements volontaires. Elle permet de localiser les différentes parties du corps et d’évaluer leur déplacement, tant au niveau de la vitesse que de la direction.

“…La sensibilité proprioceptive est rendue possible par l’existence de récepteurs microscopiques, les propriocepteurs, situés dans les muscles (fuseaux neuromusculaires) et leurs tendons (organes tendineux de Golgi), dans les ligaments des articulations, dans la peau de la paume des mains et de la plante des pieds (corpuscules profonds de Paccioni). Ces récepteurs sont sensibles à l’étirement ou à la pression. Des fibres nerveuses en partent, qui cheminent dans les nerfs et parviennent à la moelle épinière, où elles forment deux sortes de faisceaux de substance blanche : cordons postérieurs se terminant dans le cortex cérébral (lobes pariétaux) pour la voie consciente, faisceaux spinocérébelleux se terminant dans le cervelet pour la voie inconsciente.”

Encyclopédie Larousse Médical.

Un fois son schéma corporel définitivement établi, l’être humain en situation ordinaire, possède un sens de la proprioception tout à fait normal. En effet, porter sa fourchette à sa bouche, se brosser les dents, se gratter le dos à un endroit bien précis, ou bien d’une main tourner une sauce pour ne pas qu’elle attache, et de l’autre se servir un verre d’eau, sont des actions banales et pratiquement toujours maîtrisées à 100%.

Lors de l’apprentissage de nouvelles activités requérant des habiletés physiques, l’utilisation du sens de la proprioception devrait être primordial!

Prenons par exemple le cas d’un perchiste : si le geste technique n’est pas parfait, la sanction ne se fait guère attendre, et la barre tombe à coup sûr. Si la barre n’est jamais franchie correctement, le perchiste n’aura très vite plus de plaisir à pratiquer son sport. Son sens de la proprioception doit être très développé pour une maîtrise parfaite de son corps.

Si l’on prend maintenant l’exemple d’un cavalier, on se rend compte qu’il peut toute sa vie monter de façon médiocre, sans avoir forcément de réelles sanctions (surtout si son cheval possède un certain nombre de qualités physiques et mentales), et en se faisant relativement plaisir. S’il pratique la compétition, les sanctions arriveront sans doute un jour ou l’autre. Mais elles peuvent arriver tard si le cheval a de grandes qualités!

Alors me direz-vous, pour un cavalier qui ne pratique pas la compétition, à quoi bon essayer de développer son sens de la proprioception?

Mais tout d’abord par respect pour le cheval! Pour lui rendre le travail plus facile, plus confortable et qui sait, peut-être même agréable! Pour une relation physique cavalier-cheval plus harmonieuse. Le cavalier ayant une proprioception très fine, ne gêne pas son cheval, il a des actions très précises et, ayant un ressenti plus développé, agit le plus souvent au bon moment et avec le bon dosage.

Il est évident qu’ainsi, l’accession à une équitation supérieure est envisageable, avec la satisfaction de pouvoir réaliser des exercices de plus en plus complexes, mais au delà de tout cela, la satisfaction de sentir l’harmonie physique s’installer entre soi et sa monture et déjà une immense source de plaisir.

Je vois souvent des cavaliers qui sentent relativement bien les mauvaises attitudes de leur cheval, mais qui par ailleurs ont une mauvaise perception de leur corps, et n’apportent donc pas les corrections adéquates.

Il m’arrive parfois de demander par exemple à un élève de reculer sa jambe restée à la sangle, et de l’entendre me répondre : “Encore!!?” Ce qui prouve que cet élève était persuadé qu’elle était déjà reculée!

Il ne suffit pas à l’élève d’avoir une formulation mentale correcte des consignes, la réalisation de ces consignes doit être non moins correcte.

Le cavalier doit absolument prendre conscience des sensations qui émanent de son corps, ou plus particulièrement des parties de son corps qui sont censées agir au moment de la réalisation d’une action précise. Ces sensations conscientisées sont autant de renseignements utiles pour aiguiller le cavalier dans son travail.

L’acquisition d’un solide bagage technique est certes importante, mais l’enseignant doit être là pour faire comprendre à ses élèves que l’amélioration de la proprioception est essentielle.

A cheval, le savoir n’est pas suffisant, et sans le savoir faire, il ne sert bien souvent qu’à faire du tort à l’animal!

Pour vous aider dans le perfectionnement de votre proprioception, vous pouvez relire certains posts écrits précédemment en cliquant sur les liens hypertextes suivants :

 SE RELAXER A CHEVAL

LE REGARD

Pathologie

LE SAVIEZ-VOUS? (première partie)

June 15th, 2014

Il y a environ 2300 ans, Aristote a identifié les 5 sens chez l’être humain et  les a recensés en une liste toujours d’actualité.

Toutefois aujourd’hui, la communauté des neurologues s’accorde à dire que l’homme en possède beaucoup plus! S’ils ne sont pas d’accord pour donner le même nombre de sens à ajouter à la liste déjà existante, “9” est le chiffre minimum communément admis par tous.

Les quatre sens supplémentaires sont :

  1. La proprioception;
  2. L’équilibroception;
  3. La thermoception (ressentir le chaud et le froid);
  4. La nociception (ressentir la douleur).

Si je suis passée brièvement sur les deux derniers sens, je m’arrêterai plus longuement sur les deux premiers qui nous intéressent particulièrement dans notre pratique de l’équitation.

L’équilibroception, dont je parlerai dans cette première partie, est le sens de l’équilibre. Il dépend du bon fonctionnement de petits os et de fluides situés dans  l’oreille interne. Il nous dit à tout moment si nous sommes en équilibre, c’est-à-dire stables ou sur le point de tomber.

Si à pied, l’adulte ne souffrant d’aucune pathologie, n’a aucun problème particulier avec son sens de l’équilibre, il n’en va pas de même à cheval. Le fait de ne plus être directement relié au sol change beaucoup de chose! Peu de cavaliers peuvent se targuer d’avoir la même maîtrise de l’équilibroception  à cheval comme à pied.

Progressivement, au fil de son apprentissage, le cavalier retrouve en partie le sens de l’équilibre, ce qui lui permet de ne plus tomber. Mais est-ce suffisant pour lui permettre d’être en parfaite harmonie avec sa monture qui bouge en permanence?

S’il est facile de s’équilibrer sur un support stable sans aides extérieures, qu’en est-il sur un support instable?

Si l’on prend l’exemple d’un simple travail sur le plat aux trois allures, quel cavalier peut dire qu’il ne s’aide jamais de ses mains ni de ses jambes pour  pallier  à un défaut d’équilibre?

L’apprentissage de la marche est pour le petit enfant un vrai défi, qu’il va relever en mobilisant toutes ses capacités psychomotrices  et sensorielles jusqu’à obtenir un résultat extraordinaire. Au bout de quatre ou cinq ans, son schéma corporel bien établi, il saura courir, sauter sur un pied, à pieds joints, et faire toutes sortes de fantaisies et autres pirouettes sans tomber.

Tous les enfants du monde, si tant est qu’ils ne souffrent d’aucun problème locomoteur ni psychomoteur, y parviennent. C’est dans l’ordre des choses! L’idée que ces mêmes enfants maîtrisent  la marche, la course, ou les sauts mais toujours  en s’aidant d’une béquille, paraît totalement saugrenue!

Et bien à cheval, cela ne paraît saugrenu à personne, ou en tout cas bien peu de personnes pensent que les choses pourraient se passer différemment!

Les mains et les jambes du cavalier sont malheureusement bien trop souvent des béquilles!!

Il serait tout à fait intéressant que les enseignants mettent davantage l’accent sur l’équilibroception. Le cavalier, plus posé sur son cheval qu'”agrippé” à lui, profiterait de ses aides pour des actions plus fines, tandis que sa monture, libérée des contraintes que représentent les tractions des mains sur sa bouche et les compressions des jambes contre ses flancs, gagnerait en fluidité de mouvement et en rapidité de réponse aux demandes de son cavalier!

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A suivre…

LE PRIX DE LA LIBERTÉ.

May 18th, 2014

Le loup et le chien

Un Loup n’avait que les os et la peau,

Tant les chiens faisaient bonne garde.

Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,

Gras, poli, qui s’était fourvoyé par mégarde.

L’attaquer, le mettre en quartiers,

Sire Loup l’eût fait volontiers ;

Mais il fallait livrer bataille,

Et le Mâtin était de taille

A se défendre hardiment.

Le Loup donc l’aborde humblement,

Entre en propos, et lui fait compliment

Sur son embonpoint, qu’il admire.

” Il ne tiendra qu’à vous beau sire,

 D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.

Quittez les bois, vous ferez bien :

Vos pareils y sont misérables,

Cancres, hères, et pauvres diables,

Dont la condition est de mourir de faim.

Car quoi ? rien d’assuré : point de franche lippée ;

Tout à la pointe de l’épée.

Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin.

” Le Loup reprit : “Que me faudra-t-il faire ?

– Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens

Portants bâtons, et mendiants ;

Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :

Moyennant quoi votre salaire

Sera force reliefs de toutes les façons :

Os de poulets, os de pigeons, Sans parler de mainte caresse.

” Le Loup déjà se forge une félicité

Qui le fait pleurer de tendresse.

Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.

” Qu’est-ce là ? lui dit-il. – Rien. – Quoi ? rien ? – Peu de chose.

– Mais encore ? – Le collier dont je suis attaché

De ce que vous voyez est peut-être la cause.

– Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas

Où vous voulez ? – Pas toujours ; mais qu’importe ?

– Il importe si bien, que de tous vos repas

Je ne veux en aucune sorte,

Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.

” Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encore.

 

 

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Cela ne vaut-il pas la peine de supporter le mistral et les moustiques pour vivre dans un pareil environnement?

TRAVAIL A PIED : DEPART AU GALOP.

April 25th, 2014

 

Sur cette vidéo vous pouvez voir l’apprentissage des départs au galop, au travail à pied.

On peut voir sur cette vidéo une première ébauche de départ, mais sur le pied gauche alors que l’on est à main droite.

Ceci s’explique par le fait que le cheval est légèrement incurvé à gauche, les épaules déportées vers la droite et les hanches venant un peu plus à gauche. Ainsi, tout est propice au départ à gauche.

Pour y remédier, comme on le voit sur la suite de la vidéo, il s’agit de conserver une légère incurvation à droite mais en poussant un peu les épaules vers le pare bottes. Les hanches s’orientent alors légèrement vers l’intérieur, favorisant ainsi le départ sur le pied droit.

COHABITATION ENTRE DEUX ENTIERS.

April 8th, 2014

Voici ma foi, une cohabitation entre deux entiers fort bien réussie!

Quand Ugo, encore jeune en travail, s’imprègne des séances de travail de Xilofone!!

LA TOXICITÉ DE LA PORCELLE ENRACINÉE.

March 21st, 2014

Le pissenlit qui fait tomber les chevaux.

 

 

Porcelle enracinée (en deux temps!)

Les beaux jours reviennent. Ce joli printemps précoce nous permet enfin de monter nos chevaux sans nous engoncer sous trois couches de pulls. Adieu boue et frimas qui s’invitaient jusque dans nos chaussettes et bonjour terrains légers aptes à la reprise d’un travail plus régulier.

Pour nos chevaux -enfin ceux qui ont la chance de vivre une vraie vie de cheval avec le plus d’heures possibles passées au pré- c’est aussi la promesse d’une herbe vitaminée et abondante qui ne va pas tarder à déclencher sa pousse.

Or l’herbe d’avril peut contenir un ennemi silencieux, très handicapant pour nos compagnons équins et parfois mortel s’il n’est pas détecté à temps : la porcelle enracinée.

Hypochoeris radicata de son nom savant est une plante de la famille des pissenlits, une dicotylédone très résistante à la sécheresse (voir planches botaniques car elle n’est pas facile à distinguer de ses consoeurs inoffensives). C’est une vivace très commune, à fleurs jaunes perchées sur de longues tiges avec à son pied – et c’est surtout à cela qu’on la reconnait- une rosace vert foncé formée de feuilles poilues et dentelées semblables à celles du pissenlit. Originaire de grande Bretagne, la porcelle enracinée pousse partout en France hors des terrains agricoles (les traitements fréquents aux herbicides l’en chassent). On la rencontre dans les pelouses, sur les bords des routes et les pâturages. Très commune sur sols moyennement acides et sablonneux, elle fleurit classiquement de mai à septembre plusieurs fois.

Fleur et feuille de Porcelle enracinée.

D’instinct, les chevaux n’en mangent pas. Mais s’il existe un sur-pâturage ou une raréfaction de l’herbe à cause de la sécheresse (en fin d’été par exemple) ou encore si vous possédez un incorrigible gourmand, il arrive qu’ils en croquent de temps en temps. Or cette plante est très appètente (d’ailleurs pour les humains on peut sans danger la manger en salade), voire même addictive selon certains vétérinaires. Les gloutons qui l’ont goûtée y reviennent alors fréquemment jusqu’à l’intoxication.

Une fois ingérée par le cheval (fraîche ou dans le foin) à des doses variables selon les individus et leur sensibilité, la toxine de cette plante déclenche une altération progressive de la locomotion : le mouvement de harper.

C’est un mouvement atypique caractérisé par une hyperflexion des postérieurs. Dans les cas extrêmes, le cheval va jusqu’à se toucher le ventre avec les postérieurs, puis finit par faire des bonds de lapin, ne plus pouvoir marcher et meurt. Mais qu’on se le dise, une rémission totale est possible si le mal est détecté à temps.

Beaucoup de vétérinaires et d’ostéopathes ignorent encore l’existence de cette affection qui atteint les muscles et le système nerveux de nos compagnons et gagne du terrain en France depuis 2003, une année de canicule. De nombreux cas ont été recensés en Midi-Pyrénées, au sud de la région parisienne et dans la Loire à cette époque.

Afin de ne pas perdre un temps précieux à chercher ce qui peut bien arriver à votre cheval s’il montre des difficultés de locomotion, je vais vous raconter l’histoire de Yaico mon cheval de 8 ans qui aurait bien pu trouver la mort à cause de ce pseudo pissenlit.

Yaico est un bel entier espagnol bai, gentil et doué pour le dressage, mais c’est un incorrigible glouton. Arrivé tout droit d’Espagne où il a du manquer d’herbe bien verte étant poulain, sa passion dans la vie est : brouter. Une véritable obsession. Il ne laisse sa chance à aucune petite herbe de dépasser les autres. Rustique de nature, il a vite fait de grossir et je dois le rationner à longueur d’année sous peine de le voir se transformer en percheron.

Yaico et sa “maman” .

Alors que rien n’avait changé dans sa routine (même pré, même travail, même alimentation), à la fin du printemps dernier, Yaico a commencé à avoir des difficultés légères et intermittentes pour bouger ses postérieurs, tourner dans le box, reculer, donner ses pieds, et surtout descendre du van par l’arrière.

Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite. Comme tous les espagnols, il est d’une grande souplesse et compensait ses raideurs en faisant des pas de coté et quelques figures de style, peu académiques il est vrai. Etant de tempérament joueur, ces mouvements pouvaient se confondre avec quelques pas un peu brouillons dont il a l’habitude.

Au fil du temps, sur une période de trois mois environ, j’ai noté de plus en plus de positions bizarres pour se rouler ou se relever lorsqu’il se couchait. Et surtout un reculer de plus en plus étrange avec les postérieurs en flexion, comme s’il billardait des postérieurs, et de façon asymétrique. Idem lors des transitions descendantes dont le dernier pas se concluait par une flexion des postérieurs plus ou moins prononcée. Par ailleurs le cheval allait très bien et tous ces symptômes étaient plutôt espacés, ce qui fait que je ne m’affolais pas outre mesure.

J’ai fait venir une ostéopathe qui lui a diagnostiqué une sciatique, puis deux… ! Malgré le repos, les massages, la rééducation, l’argent dépensé et l’inquiétude croissante, aucune amélioration. Un jour, à l’attache, en voulant reculer, il est même tombé de tout son long car les antérieurs reculaient mais les postérieurs restaient cloués au sol. Je l’ai aidé à se relever, il était sonné, surpris de ce qui lui arrivait, mais n’avait pas l’air de souffrir. En effet, la maladie n’est pas douloureuse, ce qui la rend encore plus difficile à détecter !

C’est un second ostéopathe qui m’a mise sur la voie. Après la description des symptômes au téléphone, il évoque d’emblée la porcelle enracinée. Pour ma part, le végétal est un illustre inconnu. Je lui demande quand même de venir examiner Yaico. Après une « révision » du cheval en bonne et due forme, il semble confirmer le mal. C’est la première fois que j’entends parler de cette plante alors que des récits terrifiants m’avaient été racontés sur le sénéçon, un autre ennemi redoutable et souvent mortel de nos pâtures.

Consultation vétérinaire dans la foulée. Après avoir écarté les problèmes d’accrochement de la rotule, les lombalgies, l’éparvin, les miopathies diverses et variées, le syndrome de shivering, et par acquis de conscience avoir réalisé un bilan sanguin complet, mon vétérinaire me confirme lui aussi – faute d’autres pistes- « la maladie de harper », dont il a par ailleurs tout juste entendu parler. Précisons au passage qu’aucune analyse sanguine ou autre ne permet de repérer la présence de la toxine dans l’organisme. Ce serait trop simple !

L’affection est aussi appelée « harper australien » à cause d’une épizootie de grande ampleur observée en Australie et en Nouvelle Zélande, qui a permis de décrire la maladie et de faire le lien avec la plante. Plus proche de chez nous, on a vu ces dernières années pas mal de cas dans la Sarthe.

Pour Yaico, on sortait enfin du brouillard et on tenait sans doute le diagnostic. Restait à discuter de la possible rémission et des moyens (assez faibles finalement) dont on disposait pour l’aider à guérir. Bien sûr, en me promenant dans son pré et sur ma pelouse où il aime particulièrement brouter après le travail, je remarquais un bon nombre de porcelles enracinées entièrement croquées par le goinfre ou dont les fleurs étaient consciencieusement tondues. Les fleurs étant à priori encore plus toxiques que les feuilles.

Depuis ce jour je voue une haine tenace à la moindre fleur jaune qui pointe ses étamines dans mon jardin et que j’abats sans pitié à coup de bêche. Tant pis pour la salade de pissenlits !

Une fois la maladie repérée, il s’avère que le meilleur traitement est… le temps. Enfin, si le stade de la maladie n’est pas trop avancé, car on distingue 4 stades distincts correspondant à des symptômes croissants. Pour Yaico il semblerait que l’on en était au stade 2. Evidement, la première mesure était de l’empêcher de retoucher à la moindre feuille de porcelle enracinée.

Différents méthodes ont été essayées au cours de l’histoire pour guérir le harper (c’est une maladie connue depuis l’Antiquité). Il existe même un acte chirurgical (barbare) mais possible, dont le résultat est irrégulier : parfois spectaculaire, parfois inopérant. Des injections de corticostéroïdes donnent également des résultats mitigés. Le caractère épizootique du harper a souvent été démontré et notamment chez des chevaux d’une même famille (par exemple une jument et son poulain), la sensibilité à la toxine serait-elle héréditaire ? En fait, beaucoup d’inconnues subsistent quant à cette pathologie. Les rares chercheurs qui se sont penchés sur le sujet…cherchent. Les poneys et les ânes n’y sont pas sensibles, même si on leur en donne en grande quantité. Certains chevaux non plus et ce indépendamment de la race ou du sexe. On ne sait pas pourquoi certains sujets passent au travers de l’intoxication.

Chez moi par exemple, Yaico partage ses pâtures avec un selle français absolument pas touché par cette intoxication ! Celui ci ne touche-t-il pas à la plante ou n’y est-il pas sensible ?

Après avoir fait pas mal de recherches sur internet, consulté et recoupé des témoignages, bavardé sur des forum… Je n’étais pas très rassurée quant à l’issue de l’aventure. D’autant que mon vétérinaire restait dans le flou sur l’avenir de mon cheval et notamment son avenir sportif. Seul l’ostéopathe averti était optimiste et préconisait un bon draineur hépatique pour aider à éliminer le poison de l’organisme de Yaico.

Selon l’étude vétérinaire de Pierre Collignon (la thèse la plus complète que j’ai consultée sur le sujet) conduite sur 58 chevaux atteints, le temps de rémission spontanée a varié entre 8 mois et quelques années. Certains sujets sont morts, mais 90 % des chevaux observés s’en sont sortis sans séquelles. On dit même qu’un cheval tournant actuellement en concours de dressage international s’est totalement remis de cette maladie. De quoi envisager un avenir tout à fait honorable pour Yaico !

Ce qui est certain, c’est que la rémission est lente et progressive.

Actuellement Yaico va beaucoup mieux (cela fait maintenant à peu près un an), il recule presque normalement sans harper, donne à nouveau volontiers ses pieds et fait demi tour dans son box comme une danseuse étoile à l’entraînement. Certains jours, une petite gêne peut réapparaître et il descend du van encore difficilement. Mais pour le reste, je ne remarque aucune irrégularité d’allures même lors des transitions descendantes.

Je l’ai aidé à éliminer la toxine de son organisme en lui donnant un draineur hépatique à base de plantes tous les jours pendant 6 mois. Je fais actuellement une pause pour ne pas trop le carencer. L’exercice s’est également révélé très bénéfique. Après une séance de travail, même au stade le plus critique de la maladie, il se déplaçait mieux. Les chevaux atteints doivent marcher le plus possible, c’est un facteur clé de la guérison. En plus d’aider l’organisme à éliminer, il est probable que l’exercice entretienne les connexions nerveuses et les muscles atteints. D’autant que les malades ne souffrent pas en mouvement (jusqu’au stade 3).

J’ai également adapté le travail du cheval. En main, je l’ai aidé à bouger et à se placer de telle sorte qu’il n’ait jamais à tourner serré ou se déplacer autrement qu’en avant et droit. Pas de reculer bien sûr. Certaines séances montées étaient assez périlleuses. Lors des cercles au galop notamment, où son arrière main pouvait s’affaisser tout à coup : Yaico trébuchait alors et se rattrapait du mieux possible. Nous ne sommes jamais tombés mais nous avons eu quelques frayeurs. En fin de travail les irrégularités s’atténuaient.

Au bout du compte, le plus difficile fut presque de traiter les prés. Une fois la porcelle installée, adieu à l’herbe bio. C’est le seul cas ou l’on se réjouit d’avoir des herbicides bien musclés à disposition dans nos campagnes ! Le traitement consiste à utiliser un herbicide de type Boston ou Bofix à raison de 4 litres par hectare. Si l’on est pas agriculteur soi même, il faut demander à quelq’un du secteur agricole de l’obtenir car le produit n’est pas accessible au commun des mortels. Ensuite, il faut respecter certaines conditions pour traiter : la température doit être supérieure à 8 degrés la nuit, sans pluie à venir, ni brouillard, ni vent, et le produit doit être pulvérisé avant la pousse d’avril (mi avril) ou en « sève descendante » en automne, lorsque la porcelle enracinée ne fleurit plus.

Les chevaux seront tenus éloignés de leur pré pendant au moins trois semaines.

Nous avons traité le pré de Yaico au pulvérisateur à main. A défaut de matériel agricole adapté, mon mari s’est courageusement attelé à la tâche, chaussé de bottes bien étanches, de gants et d’un masque de protection. Il a fait nombre de kilomètres à pied en pompant, pompant, tel un shadok (pour les vieux qui connaissent la série) !

Au bout d’un mois, la plante est devenue violacée, puis s’est étiolée et a disparu. Avec elle les autres trèfles, pissenlits, pâquerettes…Sans regrets.

Si les surfaces à traiter ne sont pas trop grandes ou que l’on est un adepte inconditionnel du bio (il est certain que l’usage des produits conventionnels est néfaste pour l’environnement), on peut envisager l’arrachage manuel. Il faut quand même une certaine motivation, car il convient d’enlever la totalité de la racine pivotante, la plante étant capable de se régénérer à partir de son système racinaire.

L’hiver est passé sans nouvelle trace de porcelle enracinée dans nos prés. Je guette à l’heure actuelle une repousse éventuelle de l’ennemi, sachant que les graines ne sont pas détruites par l’herbicide. L’idéal serait donc un traitement herbicide suivi d’un labour à 30 cm et d’un ensemencement avec un mélange de graminées, quasiment chaque année…Une bataille a été gagnée pour cette fois mais pas la guerre.

L’augmentation considérable de la proportion d’ Hypochoeris radicata semble liée à la sécheresse survenue en France en 2003. Les prévisions climatologiques donnent à penser que de nouveaux réchauffements vont sévir dans les années à venir, ce qui laisse prévoir une augmentation du harper australien en France. Malheureusement très peu d’études se penchent sur le problème. Un travail serait en cours à l’INRA de Nouzilly (Indre et Loire) mais je n’ai pas eu de détails sur le sujet.

Alors, en attendant de nouvelles informations, soyez vigilants, promenez vous le nez dans l’herbe des pâtures pour savoir si le risque existe.

Mais n’en oubliez pas de profitez du printemps !

 

Christine Lévêque*.

 

PS : Merci à Romain Girard (l’ostéopathe, botaniste à ses heures) pour son intuition et au docteur David Jumert pour son suivi de la santé de nos chevaux.

 

*Christine Lévêque est journaliste. Elle a dirigé pendant 12 ans le service Amérique Latine de Courrier international.

PHOTOS :

 

 

 

 

Sur la figure 1, on voit les tiges et feuilles de la mauve à petites fleurs Malva parviflora qui est une plante annuelle. Cette Dicotylédone de la famille des Malvacées fut parfois soupçonnée par certains auteurs comme pouvant être incriminée dans la maladie du harper australien, mais les publications qui l’évoquent restent très minoritaires.

Le pissenlit commun Taraxacum officinale est visible sur la figure 2. Cette plante ubiquitaire de la famille des Astéracées est vivace, et peut, à première vue, être confondue avec Hypochoeris glabra ou Hypochoeris radicata. Elle possède en effet une racine pivotante, des feuilles en rosette et des fleurs de couleur jaune. Cependant, les feuilles sont lisses et à contour découpé, la tige est nettement plus courte que dans le genre Hypochoeris et n’est jamais divisée.

La figure 3 présente une vue de la plante entière de la porcelle glabre Hypochoeris glabra prise en début de floraison. Elle met en évidence la forte ressemblance entre Hypochoeris glabra et Hypochoeris radicata (figure 4), mais la différence se fait principalement à la forme des feuilles, hipsides pour Hypochoeris radicata (figure 5) et glabres pour Hypochoeris glabra (figure 6). Ces deux plantes sont des Dicotylédones de la famille des Astéracées (anciennement Composées), à racine pivotante et offrant une très bonne résistance à la sécheresse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PIROUETTE RENVERSÉE : SUITE ET FIN.

March 16th, 2014

Il est temps maintenant de tenter la pirouette renversée!

A partir du cercle décrit initialement, il va falloir envisager de dessiner une figure de plus en plus petite jusqu’à ce que les antérieurs restent quasiment sur place, tandis que les postérieurs décrivent un petit cercle.

Il faut donc dans un premier temps, conduire les épaules comme lorsque l’on souhaite faire un cercle plus petit, en visualisant parfaitement son tracer (cela compte énormément pour la réussite de l’exercice), et en déplaçant progressivement les mains vers l’intérieur du cercle, l’utilisation des jambes restant identique.

Jusqu’ici, il n’y a pas de réelle difficulté. C’est à partir du moment où le cheval doit tourner sur place que l’exercice peut devenir plus délicat! On rencontre fréquemment deux types de problèmes :

  1. le cheval peine à se fixer au centre du cercle, cherchant à déplacer ses épaules sur un cercle trop grand. Dans ce cas, le cavalier doit renforcer l’action de ses mains, mais surtout sans rien bloquer sous peine de voir s’éteindre l’impulsion. Il faut veiller avec beaucoup de rigueur à être toujours parfaitement équilibré sur ses deux fesses afin d’agir en conservant le plus possible l’encolure au milieu des deux rênes!
  2. au contraire, le cheval se fixe au centre mais tourne sans lever suffisamment les pieds qui restent comme collés au sol. Il perd trop d’impulsion, et le cavalier doit lui demander de se déplacer un peu plus en avançant. Pour ce faire, il mollit des doigts et tonifie son dos et son assiette dans le but de lui demander plus d’énergie. Si ce n’est pas assez, le mouvement doit être momentanément interrompu et le cheval reporté en avant avec les deux jambes. Ceci doit pouvoir se régler en deux ou trois secondes.

Avec ces quelques éléments vous devriez pouvoir vous faire une idée de ce qu’est une pirouette renversée. Ceci étant, la liste des conseils n’étant pas exhaustive, si vous avez des difficultés non évoquées plus haut, n’hésitez pas à m’en faire part, et je m’efforcerai de vous aider.

 

 

DIFFÉRENCE ENTRE PIROUETTE ET PIROUETTE RENVERSÉE.

February 16th, 2014

 1 : Retour sur la pirouette.

Essai de descriptif :

(Pour plus de précision concernant la pirouette, vous pouvez vous référer aux posts écrits le 03/11/09, le 05/06/11, et le 15/05/13) Pour les deux exemples, la pirouette et la pirouette renversée, et pour une meilleure compréhension des explications, nous partirons du principe qu’à chaque fois, le cavalier part d’un cercle à main droite pour exécuter soit  l’un soit  l’autre des deux exercices. 

Le cheval décrit un petit cercle avec ses postérieurs (dans une bonne pirouette, les postérieurs restent presque sur place), tandis que ses antérieurs décrivent un cercle concentrique plus grand autour de ces derniers. C’est un déplacement côté concave, le cheval étant incurvé vers l’intérieur du cercle. Une plus grande amplitude de mouvement est demandée aux antérieurs afin que les épaules précèdent les hanches. Ces dernières doivent toujours donner l’impression de vouloir passer en avant des hanches! Le cheval croise son postérieur et son antérieur gauches par dessus son postérieur et son antérieur droits, le déplacement du postérieur ayant moins d’amplitude que celui de l’antérieur, comme nous l’avons déjà indiqué. Les membres gauches travaillent essentiellement en adduction. Quant aux membres internes, leur travail n’est pas équivalent! Comme les épaules décrivent un plus grand cercle, l’antérieur interne travaille en abduction pour aller chercher son terrain. Les postérieurs étant censés décrire un plus petit cercle, le postérieur interne travaille sur place en pivot, se levant et se reposant au sol pendant que le postérieur externe vient se poser devant lui. La pirouette a pour but d’apprendre au cheval à s’équilibrer en se grandissant et en abaissant ses hanches, et par voie de conséquence, à s’alléger du devant et à renforcer la musculature de son arrière-main. Elle développe par ailleurs la mobilité des antérieurs et des épaules. 

2 La pirouette renversée.

Essai de descriptif :

Le cheval décrit un petit cercle avec ses antérieurs (dans une bonne pirouette renversée, les antérieurs restent presque sur place), tandis que ses postérieurs décrivent un cercle concentrique plus grand autour de ceux-ci.  Ils partent vers l’extérieur. C’est un déplacement côté convexe, le cheval étant incurvé vers l’extérieur du cercle. Une plus grande amplitude de mouvement est demandée aux postérieurs. Le cheval écarte son postérieur et son antérieur gauches. Ils travaillent en abduction, l’antérieur ayant toutefois moins d’amplitude de mouvement que le postérieur. Quant aux membres droits, leur travail n’est pas équivalent!  Comme les épaules décrivent un plus petit cercle, l’antérieur droit travaille sur place en pivot, se levant et se reposant au sol tandis que le postérieur droit croise par dessus le gauche, en adduction. La pirouette renversée ne met pas le cheval sur les hanches. Au contraire, ce dernier reporte un peu de poids sur l’avant, afin de libérer l’arrière main pour mieux la mobiliser.  Elle développe la mobilité des postérieurs, dénoue la région lombaire et favorise la tension de la ligne du dessus. 

C’est un excellent exercice d’assouplissement, et nous verrons dans le prochain post comment s’y prendre pour l’aborder  le plus facilement possible!

 

Sur cette vidéo, vous pouvez voir un cheval exécuter une pirouette renversée, sans pour autant la maîtriser encore, de sorte que l’on peut le voir déplacer son cercle. Cela rend le travail de pivot de l’antérieur droit quelque peu aléatoire. De plus le cheval n’est pas encore suffisamment décontracté pour avoir une attitude plus étirée.