Sentir…(1ère partie)

March 7th, 2010

Il est une qualité, dans la pratique de l’équitation, trop souvent négligée par les cavaliers : c’est le fait de sentir. Sentir son propre corps, sentir celui de son cheval, sentir les contractions ou décontractions de l’un comme de l’autre, mais dans le plus petit détail.
Non pas sentir le mouvement, car cela, bien évidemment, tout cavalier avançant dans son travail et prenant de l’expérience, apprend à sentir, je dirais en quelque sorte, “la forme” des exercices : un changement de pied en trois temps plutôt qu’en quatre, une hanche en dehors ou un cercle vraiment rond. Non, je pense davantage à sentir le “fond” des exercices. Pas seulement sentir si le mouvement est exécuté dans le respect d’un tracé impeccable, mais également dans quelle disposition musculaire il l’est.
Sentir si les aides n’engendrent que le mouvement demandé ou si elles suggèrent aussi, par leur finesse, la fluidité, l’élasticité et la perméabilité dans l’exécution du mouvement.

Ce développement du “sentir” est à la portée du plus grand nombre, mais ne s’improvise pas et devrait être débuté dès les premières séances, quel que soit l’âge du cavalier et grâce à des exercices appropriés dont nous verrons quelques exemples dans la seconde partie.

Pourquoi ne pas mettre tout d’abord à profit les premières minutes d’une séance, quand le cheval est rênes longues, pour travailler la respiration qui est la seule fonction vitale dépendante du système neurovégétatif que l’homme puisse maîtriser.
La respiration participe à la régulation du système nerveux, et de la circulation sanguine, elle participe par voie de conséquence, par une meilleure oxygénation, au bon fonctionnement de l’appareil musculaire.

Il est donc du plus grand intérêt pour le cavalier, d’apprendre à effectuer des respirations complètes, amples et profondes, afin de suffisamment se décontracter pour parallèlement améliorer la proprioception (en physiologie, la proprioception désigne l’ensemble des récepteurs, voies et centres nerveux impliqués dans la perception, consciente ou non, de la position relative des parties du corps. Sherrington, 1906 ; Delmas, 1981).

Voici comment se déroule une respiration complète :

Dans l’idéal, la respiration, doit être d’abord abdominale (la dilatation abdominale permettant la descente du diaphragme), puis thoracique basse et enfin thoracique haute. La partie thoracique de notre système respiratoire ne possède pas véritablement de musculature active capable d’actionner efficacement la soufflerie constituée par nos poumons ; seule la musculature abdominale est apte à la mouvoir par l’intermédiaire du diaphragme. C’est donc essentiellement sur le travail de la zone abdominale qu’il faut centrer les efforts.
Ensuite, se produit la respiration costale inférieure. Dans cette phase, seule la parti basse de la cage thoracique semble respirer.
Puis enfin s’effectue la respiration haute, ou sous claviculaire, qui permet à la partie haute des poumons de s’emplir d’air. Cette phase est particulièrement compromise par les tensions accumulées dans la région de la ceinture scapulaire.

Enfin, dernière phase d’une respiration complète, l’expiration, qui doit être lente et profonde. Elle commence par l’affaissement de l’abdomen, puis de la partie basse de la cage thoracique, et enfin de sa partie haute.

Si j’insiste tant sur l’intérêt d’une bonne respiration, c’est que c’est un des moyens les plus sûrs pour se décontracter, avoir conscience des tensions et ainsi les libérer. Ensuite c’est un cercle vertueux. Qui dit décontraction, dit meilleure proprioception. Ensuite tout s’enchaîne, car un cavalier ayant une bonne conscience de son corps sera perméable aux sensations émanant de son cheval. Les aides alors, pourront être utilisées de façon plus fines et dans un temps plus précis et en adéquation avec la correction à effectuer.

Mais bien sûr, ce travail doit être impérativement effectué dans une bonne posture, sinon point de possibilité pour la cage thoracique de s’ouvrir correctement, et point d’équilibre pour relâcher la partie inférieure du corps. Donc, veiller à se tenir droit, sans raideur toutefois, et bien au dessus de ses pieds.

L’orientation du regard a également son importance. Il est préférable de regarder loin devant, sans se focaliser sur un point précis mais en balayant large, au contraire. Il faut parvenir, à cheval, à avoir moins recours au sens de la vue, dont nous sommes beaucoup trop tributaires.

de l’importance du regard à cheval blog mhlelièvre de l’importance du regard à cheval blog mhlelièvre

On voit bien la différence d’attitude chez le cheval entre les deux photos. Le regard y serait-il pour quelque chose?

le regard à cheval blog mh lelièvre le regard à cheval blog mh lelièvre

La première attitude est absolument à éviter, puisque là, l’évaluation ne se fait que grâce à la vue. La seconde photo est bien meilleure!

Une amie me rapportait un jour les propos d’une aveugle qui disait que son handicap affectait un seul sens alors que chez les voyants pouvaient être handicapés de plusieurs…(c.q.f.d.)

Le cheval au galop et son système d’amortisseurs

February 28th, 2010

Comme il m’arrive de temps en temps, suite à la lecture d’un article paru dans le magazine « la Recherche », j’ai confié au blog de Marie-Hélène ces quelques lignes sur le rôle des fléchisseurs du doigt.

De façon générale, les tendons sont comparables à des câbles, et le muscle à un moteur. Quand les fibres musculaires se contractent, elles raccourcissent et tirent, via les tendons, sur les os, ce qui provoque le mouvement. Il y a plus de vingt ans, R. McNeill Alexander, a montré que tendons et ligaments jouent le rôle de ressorts pendant le mouvement (R. McNeil Alexander et H.C. Bennet-Clark, Nature, 265, 114, 1977.). Chaque fois que la jambe de l’animal touche le sol, ses tendons s’étirent : ils stockent de l’énergie, et la restituent lors de la détente pour la propulsion. « Les animaux qui courent rebondissent en fait sur le sol tout au long de leur mouvement, et utilisent ainsi moins d’énergie qu’ils n’en auraient besoin si leurs tendons n’étaient pas élastiques (R. McNeil Alexander, Nature, 414, 855, 2001.). ». Pour un cheval de 500 kilogrammes, l’effort musculaire est divisé par deux lors du galop grâce à cette élasticité.

Les fléchisseurs du doigt relient, chez le cheval, le sabot au haut de la cuisse, et présentent une morphologie originale : alors qu’ils mesurent une quarantaine de centimètres de long, ils sont majoritairement composés de fibres d’à peine 6 millimètres de long, pour le fléchisseur superficiel, et une dizaine de mm. pour le fléchisseur profond. La contraction de ces fibres ne raccourcit pas le muscle de plus de quelques millimètres et ne sert pas à contrôler le mouvement du membre. A quoi peuvent donc servir des fibres musculaires trop courtes pour contrôler le moindre mouvement ?

Des vétérinaires britanniques avancent qu’ils ont un rôle autre que moteur. Selon eux, les fléchisseurs du doigt seraient des amortisseurs. Au galop, soit à un rythme d’environ 2,5 foulées par seconde, le membre vibre à des fréquences comprises entre 30 et 40 hertz dans le sens de la longueur. Ces vibrations pourraient causer des microfractures dans l’os ou des déchirures tendineuses si elles n’étaient pas amorties. Or, les fibres musculaires absorbent les vibrations bien mieux que les tendons. Les fléchisseurs superficiels et profonds du doigt amortissent ainsi les vibrations qui pourraient endommager os et tendons.

Christine

A propos du poids du corps…A droite ou à gauche? Les avis divergent.

February 22nd, 2010

Voilà tout d’abord ce que disent ou disaient certains écuyers de renom.

Le commandant de Padirac avait une idée bien arrêtée sur la question et écrivait ceci dans son livre, “Equitation La tradition classique”:

“…Le centre de gravité du cheval se trouve toujours à l’intérieur du pli pris par le cheval Quand le cheval est droit le centre de gravité se trouve juste au dessus, juste au milieu…”
…Qu’est-ce qui fait marcher le cheval dans l’épaule en dedans? Ce n’est bien sûr ni la main intérieure, ni le poids pesant à l’extérieur. C’est la jambe intérieure qui, agissant vers la sangle, tire le postérieur du même côté et le fait avancer en croisant. Et plus le cavalier pèsera au dessus du centre de gravité, plus le cheval fera un effort de son postérieur pour supporter ce poids. Si vous êtes assis à l’extérieur, votre jambe intérieure sera attirée vers le haut et, plus question de descendre le genou pour avancer doucement le gras du mollet vers la sangle…”

Philippe Karl a une position toute aussi tranchée, mais diamétralement opposée, et explique dans Dérives du dressage moderne que :

“Les lois de l’équilibre sont formelles : le cavalier doit établir son assiette en fonction de la direction suivie par le cheval, même si le pli reste le même pendant tout l’enchaînement de deux pistes…”
“L’équilibre prime le pli : dans l’épaule-en-dedans, le cheval se déplace vers son côté extérieur, le cavalier doit donc s’assoir à l’extérieur pour rester en accord avec l’équilibre du cheval…”
“La gravité universelle et l’équilibre des corps superposés l’impose : le centre de gravité du cavalier doit se porter dans le sens du déplacement demandé au cheval. Le pli d’encolure n’a rien à voir là-dedans…”
“…chaque fois qu’un cheval se porte de côté (esquivant un objet de crainte, évitant la charge du taureau dans les arènes ou dérobant un obstacle dans l’ultime seconde…) il le fait toujours en ployant l’encolure en sens inverse du déplacement. On se rappelle (dissymétrie naturelle) que le pli favorise la surcharge de l’épaule extérieure, et donc le mouvement dans cette direction.
Il ajoute, ce qui en fera grincer plus d’un : “Si La Guérinière n’a rien précisé concernant le rôle de l’assiette dans l’épaule en dedans, c’est probablement qu’il n’a pas jugé utile d’asséner des évidences…”

Nuno Oliveira dans “Principes classiques de dresser les chevaux” explique que sur un jeune cheval en cours d’apprentissage de l’épaule en dedans :

“…Le corps du cavalier doit rester au centre du cheval et non à l’intérieur, ce qui entraînerait une surcharge prématurée du postérieur interne…”

Voici maintenant l’avis intéressant et nuancé de Gerd Heuschmann extraît de son livre “Dressage moderne un jeu de massacre“: Les différentes philosophie équestres ont des conceptions divergentes concernant la position du cavalier pendant les exercices des mouvements latéraux. En particulier lors d’une épaule en dedans, la position envisagée par le HDV12 (règlement de dressage, référent)diffère de celle enseignée par l’école de la Légèreté. Le HDV12 préconise que le cavalier s’asseye vers l’intérieur sur le postérieur interne qui est à l’appui. Le manque de force du postérieur interne est pris en compte par des exercices qui demanderont peu de pli au départ. Ce n’est qu’avec le temps et avec l’acquisition de la force nécessaire que l’on pourra augmenter l’incurvation et le rassembler.
La doctrine française, en revanche, préconise de s’asseoir dans le sens du mouvement c’est-à-dire vers l’extérieur. Cette position favorise l’apprentissage du mouvement latéral au jeune cheval mais de mon point de vue, la faculté de mettre plus de poids sur le postérieur interne n’est pas réalisable dans ce cas. Les chevaux dressés en suivant rigoureusement ces préceptes se démarquent par une très grande mobilité. En revanche, la flexion des hanches et le rassembler dans le sens du HDV 12 ne peProuvent être atteints. Dans les allures naturelles du trot et du galop, l’impulsion ne se développe pas et en vient même à se perdre.
Je trouverais extraordinairement enrichissant que les adeptes des différents procédés échangent leurs idées. Je pense qu’une synthèse des différentes méthodes permettrait d’atteindre les objectifs des l’échelle de progression.

Et d’ailleurs, je trouve que Nuno oliveira, dans Propos d’un vieil écuyer aux jeunes écuyers“, va dans le sens d’une plus grande ouverture en écrivant : “…Le cavalier qui a du tact, qui est bien assis, bien descendu dans sa selle, doit sentir dans sa colonne vertébrale tout ce qui se passe au niveau du dos et des membre du cheval. Tout en restant droit, il doit pouvoir s’asseoir un peu plus d’un côté que de l’autre pour alléger ou surcharger telle ou telle partie du corps du cheval. Il peut peser plus sur un étrier que sur l’autre, sur une fesse que sur l’autre, en se servant de la ceinture, baisser plus une épaule que l’autre, mettre une épaule en arrière ou l’autre en avant. Il peut aussi se pencher légèrement en avant pour alléger l’arrière-main, ou en arrière pour alléger l’avant-main. Chacune de ces actions est différente et c’est grâce au “sentiment” et à des réflexes ultra-rapides que vous donnez l’aide juste au juste moment. Dresser un cheval c’est surtout sentir et s’efforcer, d’aprés ce que l’on sens, de l’aider et non de le forcer…” “…Ne croyez pas que pendant le dressage d’un cheval, l’on ne doive pas changer un peu sa position pour l’aider…” “…Ce sont les sensations que vous donne le cheval qui vous font choisir comment vous asseoir à tel ou tel moment. Le théoricien, lui, ne pense qu’au système. C’est par la pratique que le cavalier sait ce qu’il doit faire car il s’est habitué à sentir et à agir rapidement. le cheval est un être vivant, avec des réflexes naturellement plus rapides que ceux de l’homme. Le but du cavalier c’est de s’efforcer d’agir aussi rapidement que le cheval selon ses sensations.”

orientation poids du corps du cavalier blog mh lelièvre orientation poids du corps du cavalier blog mh lelièvre
Sur la seconde photo, aprés rectification, le cavalier pèse moins sur la fesse extérieure, mais pourrait peser d’avantage vers l’intérieur, dans le sens du mouvement.

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Ici, la cavaliere a vraiment corrigé son attitude, et d’ailleurs la jument est beaucoup mieux.

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Sur cette photo, il y a encore un léger surpoids sur la fesse gauche, qui n’est pas justifié par le cheval.

orientation poids du corps du cavalier blog mh lelièvre

Là, la cavalière est en harmonie avec son cheval.

orientation poids du corps du cavalier blog mh lelièvre

Et pour terminer, cette photo sur laquelle le cavalier a la position qui convient.

Pour ma part, j’accorde du crédit à chacune de ces opinions et n’ai pas d’avis tranché, convaincue que l’adaptabilité qui requière de la flexibilité mentale, est une grande qualité qui fait évoluer.

Voici une définition de l’adaptabilité rapportée à notre discipline : qualité d’un savoir faire, qui peut être modifié aisément en harmonie avec les différents chevaux et/ou situations auxquelles son application est soumise.

Voici maintenant comment j’utilise les multiples façons de peser dans sa selle, par exemple dans une épaule en dedans :

  • Pour aider un cheval qui découvre cet exercice, ou un autre ayant des difficultés à croiser ses postérieurs également dans cet exercice, je pèse sur la fesse extérieure.
  • Au contraire, avec un cheval qui fuit sur le côté, manquant de flexibilité dans les hanches, ou de force dans les postérieurs mais qui est déjà avancé dans ce mouvement, je mets le poids du corps vers l’intérieur.
  • Mon objectif final étant de rester droite au milieu de ma monture, le poids du corps réparti autant que faire se peut, de part et d’autre du rachis.

    Il m’arrive cependant dans certains cas, de n’être guidée dans l’utilisation du poids de mon corps, que par la seule recherche du “sauvetage” de mon équilibre.
    En effet, je monte certains chevaux qui ont une réelle dissymétrie entre les deux hanches, je pense notamment à un poney qui a la hanche droite beaucoup plus basse que la gauche, et qui dans l’épaule gauche en dedans, fait littéralement tomber à droite, vers l’extérieur.

    Dans une telle situation, il est pour moi de première importance de me remettre d’aplomb. Et lorsque je me sens droite, ayant remis du poids sur ma fesse gauche, prête à employer correctement mes aides, je n’exagère pas en disant que j’ai le vide sous ma fesse droite.

    C’est le prix à payer pour retrouver de l’harmonie, même si cela paraît excessif.

    Ce n’est qu’un exemple de ce que peut être l’adaptabilité.

    Apprenez à sentir puis n’hésitez pas à essayer différentes façons de faire, afin de sélectionner un moyen qui aide le cheval à progresser. Moyen qui pourra de nouveau être modifié en fonction de l’évolution du travail.

  • Travail à l’obstacle en liberté.

    February 14th, 2010

    Pour ne pas tomber dans la monotonie, et pour varier les activités proposées à votre cheval, vous pouvez installer un petit obstacle sur la piste et lui faire sauter en liberté.

    Certains chevaux, d’emblée, s’amuseront comme s’il s’agissait d’un jeu, d’autres, au contraire, n’apprécieront pas, voire cèderont à la panique, comme ce fut le cas pour Fun, le poney que vous verrez sur les quatre petites vidéos. Permettez-moi, d’ailleurs, de faire une parenthèse sur son cas.

    Ce poney a dû commencer sa carrière, comme beaucoup d’autres sans aucun doute, dans les mains des uns et des autres, en sautant souvent, haut, vite, et à tort et à travers. Certes il sautait, mais avec une telle organisation, si tant est que l’on ait pu parler d’organisation, que ses sauts étaient presque à chaque fois extraordinairement mauvais!

    Fun, depuis longtemps, ne fait plus que du travail sur le plat, mais il a tout de même fallu le remettre en confiance sur les barres, ce que nous sommes parvenus à faire justement grâce au travail en liberté, sur de très petits obstacles. Curieusement, ce n’est pas en utilisant des dispositifs très encadrants, sensés l’aider, qu’il s’est calmé, cela générant encore trop d’appréhention.
    Non, c’est juste en incluant dans son travail ordinaire en liberté, un petit croisillon d’abord, puis par la suite un petit vertical, et posé tout simplement sur la piste, qu’il a retrouvé une confiance depuis longtemps disparue. Ce ne fut pas anodin pour lui, mais je l’ai laissé avoir peur, s’agacer, se mettre en désordre, sans avoir l’air d’y prêter plus d’attention que cela, et en m’efforçant de ne pas intervenir, je souligne néanmoins, que s’il y avait eu le moindre risque pour son intégrité physique, je serais bien évidemment intervenue. Mais ce n’était pas le cas et je l’ai laissé aller jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’il finisse par se rendre compte qu’il n’y avait aucune difficulté qui ne soit à sa portée, aucun danger qu’il ne puisse surmonter, et petit à petit la peur s’est évanouie. L’exercice était compris et intégré, et même accepté par la suite avec une barre plus haute. Il a fallu environ deux séances, qui parraissent bien longues quand on se force à ne pas agir, mais qui ne sont rien du tout finalement, au regard de toutes ces années de stress.

    Je referme ici la parenthèse et reprends le fil de mon sujet. Quand enfin donc, les chevaux anxieux ont recouvré le calme, et pour que ceux qui s’amusent le fassent dans le respect de certaines règles, on peut envisager de faire les rectifications qui s’imposent afin d’obtenir un travail correct.
    Je parlerai ici des chevaux qui se réceptionnent à faux aprés leur saut.

    Prenons l’exemple de Fun qui est naturellement fléchi à gauche, et profitons-en pour faire un petit rappel : à main gauche, il s’incurve facilement mais avec une tendance à déporter les épaules à droite, à l’extérieur et les hanches à gauche, vers l’intérieur. A main droite, c’est l’inverse, il a plus de difficulté à se fléchir, les épaules tombant à droite, vers l’intérieur et les épaules dérapant à gauche, vers l’extérieur.

    Ces petites dissymétries naturelles font que lorsqu’il saute un obstacle à main droite après un abord au trot, il se réceptionne volontier sur le pied gauche.
    En effet, lors du saut, (qui n’est autre qu’un grand temps de suspension d’une foulée de galop, ce qui justifie que le galop soit pris derrière) il garde l’attitude qu’il a à l’abord et dont nous avons parlé précédemment, et qui favorise un léger report de poids sur le latéral droit propice à une réception sur le pied gauche.
    Ce problème ne se rencontre pas à main gauche, puisque l’attitude, alors, favorise le départ à gauche. Il ne se rencontre pas non plus à main droite, si l’abord se fait au galop, le poney étant sur le bon pied dès le départ, (il a assez de métier pour partir sur le bon pied en longe ou en liberté) il y reste ensuite, installé dans son mécanisme de galop à droite, et aidé par l’avancée prédominante du latéral droit qui participe au redressement de l’ensemble du corps.

    Pour corriger la réception de Fun sur le mauvais pied, je place une barre en travers de la barre à sauter. Cette barre, prenant appui au sol à une de ses extrémités, part en oblique vers la gauche, en direction du milieu de la barre à sauter. Ce dispositif permet un rééquilibrage en repoussant les épaules vers la gauche, ce qui redresse également les hanches. Le poney calque en quelques sortes son orientation sur celle de la barre.

    Aprés quelques passages, je peux retirer la barre, les réceptions sont alors corrects.

    Les vidéos ne sont pas très bonnes, car n’ayant pas d’assistant, j’ai dû filmer en faisant travailler mon élève!!

    Retour sur les têtes au mur.

    February 6th, 2010

    Je vous propose à nouveau deux vidéos du même cheval dans la tête au mur.

    D’une part, elles sont un peu plus longues, et d’autre part, on y voit une légère amélioration.

    A vous de juger, et n’oubliez pas d’essayer et de nous faire part de vos impressions.

    Promenade en ombres chinoises.

    February 5th, 2010

    chevaux en ombres chinoises blog mh lelièvre chevaux en ombres chinoises blog mh lelièvre chevaux en ombres chinoises blog mh lelièvre

    Ombre noires sur givre blanc.

    A propos du petit personnel.

    February 2nd, 2010

    Que fait un petit chat palefrenier, après une dure journée de labeur?

    Photo amusante d’un petit chat qui baille blogmhlelièvre

    Il baille!!!

    Et si nous parlions d’autre chose!!

    January 30th, 2010

    Je suis ravie de constater que beaucoup de cavaliers réprouvent certaines méthodes et le disent haut et fort.

    Cependant, le beau existe aussi, et je constate amèrement que les langues ne se délient pas aussi facilement pour en parler!

    J’aimerais tellement que mes fidèles lecteurs se mettent à leur clavier pour partager avec les autres (attention, certains le font, et je les en remercie de tout coeur) leurs émotions, leurs découvertes et autres expériences équestres!

    N’ayez pas peur de parler de vous et de vos chevaux!!

    cheval en liberté

    Voici le cheval de Caroline que a l’air de bien s’amuser!

    chevaux au pré mh lelièvre

    Pour commencer, voici une photo qui m’amuse assez : chevaux en liberté, sur la main s’il vous plaît!!
    Au premier plan, Galaad, sur les hanches, impeccable! On ne peut pas en dire autant d’Arly (c’est le mien bien sûr), derrière, bien sur les épaules!!!

    Heureusement, comme vous allez le voir sur la vidéo suivante, il se rattrape, dans de magnifiques pesades, sous mon regard amusé, et sous le postérieur agacé mais guère dissuasif de son compère.

    Sujet nettement plus léger et certainement moins important que le rollkür, n’est-ce pas?
    Mais, spectacle ô combien plus esthétique et plus supportable!

    Essais de tête au mur à pied.

    January 24th, 2010

    Voici en vidéos (malheureusement trop courtes), plusieurs propositions de progression pour l’apprentissage de la tête au mur dans le travail à pied.

    Sur la première vidéo, la propriétaire du cheval aborde la tête au mur de la façon la plus courante. La plus courante, car elle permet à la personne qui travaille, de rester dans le sens du déplacement du cheval, contrairement à ce que vous verrez plus loin.
    Cependant, ce n’est pas forcément la meilleure façon de capter le pli derrière la ganache, et d’empêcher le cheval de basculer la nuque, et de conserver une bonne incurvation.
    C’est bien la raison pour laquelle, nous avons cherché à aborder l’exercice différemment, ainsi que vous allez pouvoir le découvrir.

    Dans la seconde vidéo, nous retrouvons un exercice présenté antérieurement, dans lequel la propriétaire du cheval, attire l’arrière-main de ce dernier à elle. En effet, et contrairement au demi-tour classique autour des épaules, elle est placée vers l’intérieur du manège, et essaie de conserver la tête de son cheval également vers l’intérieur. Ce travail peut, comme nous allons le voir ensuite, constituer un excellent début de progression dans l’étude de la tête au mur.

    Dans la dernière vidéo, nous avons donc la suite logique de l’exercice précédent.
    Le tout début de l’exercice reste identique, mais ensuite, la propriétaire se déplace et invite son cheval à venir vers elle pour esquisser ses premiers pas de tête au mur.
    Même si cela n’est pas flagrant sur ces trop courtes vidéos, il semblerait que le cheval accepte mieux cette seconde méthode, dans laquelle pourtant, il est plus “débutant”, et que de plus, il soit moins enclin à basculer la nuque.

    Il reste à voir ce que l’avenir de la progression nous dira!

    Travail à la longe.

    January 17th, 2010

    Je vais parler du cas d’un cheval qui précipite ses allures lorsqu’il est tourné en longe. Il s’agit le plus fréquemment d’un sujet un peu vif ayant beaucoup d’influx nerveux.
    Ce type de cheval prend rarement le temps de s’organiser, ce qui l’amène à un déséquilibre latéral, à une convexité parfois très marquée, et le plus souvent, à rétrécir son cercle.

    Voyons quel travail convient le mieux dans une telle situation, afin de faire progresser ce cheval. Il me paraît momentanément judicieux d‘abandonner l’idée d’un cercle fixe, et à ce propos, je pense que dans ce cas, le rond de longe n’est pas l’outil le plus adapté, pour privilégier le déplacement sur un carré ou un rectangle.

    Je m’explique : le cheval précipite car il est vif, bien sûr, mais aussi et surtout, parce qu’il tombe à l’intérieur. La raison veut qu’alors, on l’éloigne de soi, chambrière pointée vers son épaule. Cette intervention peut s’avérer insuffisante dans la mesure où, de par nature, le cercle n’incite pas à marcher droit, et pour que le cheval soit dans la rectitude sur cette figure, et dans le cas qui nous intéresse, ne plus tomber sur l’épaule interne, il doit s’incurver un minimum. Ce qui n’est pas le cas.

    C’est là que le carré ou le cercle deviennent intéressants, car le cheval peut apprendre à marcher droit, sans être en même temps dans l’obligation de s’incurver.
    Toujours la même philosophie : chaque chose en son temps!!

    Comment procéder :

  • Le longeur va quitter le cercle pour marcher large, en veillant à se placer à hauteur de l’épaule de son cheval, tout en traçant une piste parallèle à la sienne.

  • Si malgré tout, le cheval menace de quitter la piste, le longeur pointe sa chambrière vers l’épaule de ce dernier. De plus, il peut aussi, de façon concomitante, avancer sur deux ou trois pas en direction du cheval, cette fois, donc en quittant sa piste parallèle, pour accompagner et renforcer l’action de la chambrière.
  • Ce ne sera que lorsque le cheval marchera sans regret à la piste, que le longeur envisagera de tourner, et en aucun cas, ce ne sera le cheval qui en prendra l’initiative. Je le répète, tant que le cheval manifeste quelques velléités de changement de direction, le longeur doit marcher large!

    Petit-à-petit, commençant à se redresser latéralement, le cheval va se rééquilibrer et tout naturellement réguler ses allures.
    La convexité qui peut encore être assez prononcée, au début, même quand le cheval marche large, va diminuer sensiblement jusqu’à disparaître complètement.
    C’est alors qu’un vrai travail sur le cercle pourra reprendre, quitte à être de nouveau interrompu à la moindre alerte.
    Il faut rester très vigilant face aux tous premiers signes de dégradation, et n’avoir aucune tolérance vis-à-vis d’eux.

    Voici, pour finir, quelques erreurs que le longeur doit éviter de commettre :

  • Être à hauteur de l’épaule ne veut pas dire devant le cheval, car sinon, gare aux demi-tours!
  • Ne pas se mettre trop derrière le cheval, dans le cas qui nous intéresse, c’est grand maximum à hauteur de la sangle. Il ne faut pas oublier que l’on doit gérer avant tout les épaules!
  • Et donc, il ne faut pas non plus solliciter le cheval à hauteur de l’arrière main, ce qui aurait pour effet de le porter en avant au lieu de l’éloigner latéralement, accentuant par là même, la précipitation dans laquelle il tend déjà à se trouver.
  • Éviter de courir à côté du cheval pour marcher large. Donc ne pas prendre de retard et faire de grands pas. Ceci pour éviter de susciter toute excitation.
  • Avoir une très grande vigilance sur le fait de ne pas reculer quand le cheval se déporte vers l’intérieur ; le longeur ne doit pas s’effacer devant le cheval mais c’est bien l’inverse qui doit se passer.

    Bonne éducation oblige!!!

    Même si l’on voit le cheval améliorer sa cadence et son attitude et le longeur cesser de courir, à mesure des vidéos, on devine aisément ce qu’il reste à travailler. Dans un premier temps, nous allons nous appliquer à ce que tous deux parviennent à marcher large!