PIROUETTE AU PAS : QUELQUES COMPLÉMENTS D’INFORMATIONS.

May 15th, 2013

 Pour commencer, je reprendrai les éléments précédemment  écrits sur le sujet :

Essai de descriptif:

Le cheval décrit un petit cercle avec ses postérieurs, tandis que ses antérieurs décrivent un cercle concentrique plus grand autour de ces derniers ( déplacement côté concave, le cheval étant incurvé dans le sens du déplacement et regardant donc ses hanches).
Une plus grande amplitude de mouvement est demandée aux épaules afin qu’elles précèdent les hanches.
Le cheval croise son postérieur et son antérieur externes par dessus son postérieur et son antérieur internes. Les membres externes travaillent essentiellement en adduction.

La pirouette a pour but d’apprendre au cheval à s’équilibrer en se grandissant et en abaissant ses hanches, et par voie de conséquence, à s’alléger du devant et à renforcer la musculature de son l’arrière- main.

Pré-requis:

Le cheval doit être à l’aise dans tous les pas de côté, particulièrement dans les appuyers, puisque les aides de base sont les mêmes. Cela semble être une évidence, néanmoins, il ne s’agit pas seulement d’effectuer ces exercices, deux points me paraissent très importants à surveiller :

Les déplacements latéraux doivent être faits avec un grand souci de finesse dans l’emploi des aides, afin que le cheval apprenne à répondre avec beaucoup de sensibilité aux demandes de son cavalier, ce travail demandant des corrections rapides et subtiles.

Le cheval ne doit en aucun cas perdre son impulsion. Il doit rester énergique, sous peine de “s’acculer”, en s’écrasant sur ses postérieurs, et sans pouvoir détacher correctement ces derniers du sol.

Précisons tout d’abord, que lorsque tout se passe correctement, le cavalier, après avoir légèrement ployé sa monture vers l’intérieur, déplace et contrôle les épaules à l’aide de sa rêne extérieure, tandis que sa jambe extérieure, en arrière de la sangle, empêche les hanches de déraper et donc, le postérieur externe de s’écarter vers l’extérieur  au lieu de chevaler par dessus l’autre, vers l’intérieur. L’assiette et parfois la jambe intérieure à la sangle, maintiennent l’impulsion.

J’insiste tout particulièrement sur l’état d’esprit avec lequel le cavalier doit aborder sa pirouette. Il ne doit  être relâché ni mentalement ni physiquement, comme s’il était dans un état trop neutre, par exemple dans une détente appaisante en descente d’encolure.

J’entends par là que la pirouette, comme tous les exercices qui requièrent de la part du cheval une attitude rassemblée, demande au cheval énergie, concentration et brillant, et le cavalier doit être dans les mêmes dispositions : redressement du buste, tension du dos , assiette profonde et impulsive, et réactivité mentale.

Ceci est très important, et pour une même utilisation des aides, peut tout changer!

Trop d’application peut ôter du brillant. Il fait mettre beaucoup de vie dans cet exercice!

Problèmes rencontrés.

Parmi les problèmes rencontrés par le cavalier en cours d’apprentissage de la pirouette au pas, en voici quelques uns rencontrés fréquemment :

  • Le cavalier déplace les épaules de son cheval par une rêne d’appui externe, celui-ci risque de perdre son pli, et de se voir un peu brusquement déséquilibrer vers l’intérieur en tombant sur son épaule interne, interdisant au cheval toute possibilité de s’équilibrer sur les hanches.  Alors, les hanches vont très certainement chasser à l’extérieur du cercle, le postérieur externe s’écartant en travaillant en abduction, et non plus en adduction.
  • Le cavalier utilise trop fort sa jambe extérieure de peur de voir les hanches déraper : le cheval “s’entable”. Les hanches précèdent les épaules qui ne tournent plus autour de ces dernières, les antérieurs ayant beaucoup perdu de leur amplitude de mouvement.
  • Une réaction identique peut avoir pour origine un emploi trop important de la rêne intérieure. En effet, pour marquer le pli, le cavalier fait une rêne contraire interne qui peut bloquer les épaules et les contrarier dans leur déplacement vers l’intérieur. Les hanches de ce fait, vont précéder les épaules.
  • Poids du corps du mauvais côté, vers l’extérieur, ce qui n’aide pas le cheval à aller vers l’intérieur.

Les épaules doivent toujours donner l’impression de vouloir passer en avant des hanches!

Proposition de quelques “remèdes”.

Dans le premier cas, le cavalier devrait plutôt se grandir en se redressant sur une rêne directe extérieure agissant en direction de la hanche du même côté. Toutefois, cette action est associée à un léger rapprochement de cette rêne vers le garrot, provoqué par une subtile rotation du buste vers l’intérieur pour inviter les épaules à tourner.
Pour ce qui est du second cas, attention! La jambe n’est pas toujours là pour mettre les hanches à l’intérieur, mais pour les empêcher d’aller à l’extérieur. Tout est question de nuance. Il suffit très certainement de modérer l’action de cette jambe, pour voir la situation s’améliorer.

Enfin, dans le dernier cas, en décollant la main intérieure du garrot, et en transformant la rêne contraire en rêne directe, ici encore, l’amélioration peut être instantanée. Méfiance pourtant! Cette rêne directe est délicate à utiliser et ne doit en aucun cas exercer une traction vers l’arrière, elle pourrait provoquer l’effet inverse et faire chasser les hanches. Le cavalier ne doit pourtant pas renoncer à l’employer, mais au contraire, s’appliquer à garder la main bien fixe, et pour marquer son action, à tourner légèrement son poignet vers l’extérieur en fermant les doigts sur la rêne.

Il ne faut pas oublier non plus, qu’un cheval qui manque de force aura besoin qu’on le laisse un peu avancer dans les débuts de l’apprentissage de cet exercice, sous peine de le voir éventuellement reculer, ce qui est plus ennuyeux.

Maintenant j’aimerais insister sur un point important, le plus important de ce travail : le postérieur interne, support de toute la masse du cheval, et véritable pivot autour duquel ce dernier tourne,  abaissant ses hanches et  fléchissant ses articulations, du bassin aux jarrets.
Cette attitude demandant énormément de force et d’efforts, beaucoup de chevaux dans les débuts de l’apprentissage, cherchent naturellement à s’y soustraire. Ce faisant, les hanches peuvent partir à l’extérieur, se porter excessivement vers l’intérieur, ou bien ne faire ni l’un ni l’autre et rester dans l’axe, mais sans jamais que les postérieurs ne travaillent en adduction ou en abduction. Le cheval alors fait de tout petits pas, les postérieurs se posant l’un à côté de l’autre, sans croiser ni s’écarter, mais plutôt en piétinant.

 

 

Ci-dessus, le postérieur gauche est resté à côté du postérieur droit.
Ci-dessus, le postérieur gauche croise trop par delà le postérieur droit.
ici, le postérieur gauche se pose devant le postérieur droit.
Comme je l’ai dit, ces problèmes peuvent être inhérents au cheval, mais aussi être accrus du fait des maladresses du cavalier. Le dernier cas de figure évoqué ci-dessus est souvent lié à un manque d’impulsion. Pour ce qui est des deux autres cas, je constate fréquemment qu’ils surviennent lorsque le cavalier ne réussit pas à gérer de façon concomitante et équilibrée, la mobilité  des épaules et celle des hanches. 
En effet, si parfois un simple ajustement soit des hanches soit des épaules, suffit à améliorer l’attitude, d’autres fois, cette même correction incite le cheval à échapper de son autre extrémité. Par exemple : le cavalier doit amener les épaules un peu plus vers l’intérieur, mais sous l’effet de cette nouvelle contrainte, le cheval échappe des hanches vers l’extérieur, ou bien encore le cavalier doit tenir d’avantage les hanches, mais le cheval tente de se libérer de cet effort supplémentaire en déportant ses épaules à l’extérieur.
Le cavalier devra alors faire face à ce type de situation, en coordonnant habilement ses mains et ses jambes, de manière à encadrer ponctuellement un peu plus fermement sa monture, pour qu’en même temps, il ait le bon déplacement des épaules et le maintien des hanches à la bonne place.
Voici le défaut que j’observe le plus souvent chez le cavalier : sous l’action renforcée de la jambe extérieure, le cavalier déporte tout son poids de ce même côté, donc vers l’extérieur, ce qui n’est pas recommandé dans la pirouette, et freine le déplacement des épaules vers l’intérieur.
 

REPONSE OUVERTE.

May 1st, 2013

Petite réponse ouverte à tous, à la question de Sören concernant les changements de pied.


Je ne pense pas que l’on puisse affirmer que les changements de pied sont mauvais pour un cheval qui est sur les épaules, pas plus que ne le sont les petits cercles pour un cheval raide, ou que le piaffer  pour un cheval faible des jarrets.

Ce qui importe, c’est avant tout la façon dont l’exercice est demandé, et la fréquence des demandes.

J’oserai un parallèle un peu familier : on sait que l’abus d’alcool est néfaste pour la santé, pour autant, il n’est pas interdit de boire de temps à autre, voire quotidiennement, un  petit verre de vin, bien sûr sauf en cas de pathologie avérée.

Tout est toujours une question de mesure et d’équilibre. Dans la vie en général, d’ailleurs! Et le travail des chevaux ne doit pas échapper à cette règle.

C’est pourquoi je pense que, sauf avis contraire du vétérinaire, tout exercice peut être demandé à un cheval. Il va sans dire que je parle d’un exercice à la portée du niveau de dressage du cheval!

Si le cavalier connait parfaitement sa monture, tant sur le plan physique que sur le plan mental, et s’il est entouré de bons conseils, le choix du bon dosage dans la réalisation des exercices aura toutes les chances d’être le bon et de ne pas porter préjudice au cheval.

Si un cheval rechigne systématiquement à réaliser un mouvement, alors que par ailleurs sa bonne volonté semble évidente, c’est qu’il exprime une difficulté dont il faut vraiment tenir compte et agir en conséquence, avec grande modération.

Pour le reste, même si un exercice demande un réel effort au cheval, il peut néanmoins lui être demandé de temps à autre. Je prendrai l’exemple de mon cheval qui n’est vraiment pas fort dans son arrière main, mais qui galope bien volontiers à pied, alors même que cela lui demande de se rassembler de manière relativement conséquente, et en mobilisant beaucoup de force. Et bien je ne  lui demande  que de temps en temps et peu à chaque fois, mais cet exercice reste toutefois inscrit à son répertoire.

Pour finir, et pour rassurer Sören qui posait la question concernant les changements de pied, je dirai quelques mots sur Latina, la jument d’une de mes élèves, et qui est plutôt faite en descendant. Elle commence à aborder les changements de pied aux deux temps. Tout se passe dans le calme, tranquillement, la jument semblant se plaire dans cet exercice. Sa cavalière ne force jamais, ne lui demande pas à chaque séance car elle varie beaucoup les activités, et lorsqu’elle lui demande, je ne pense pas qu’elle y passe plus de cinq minutes.

 

A MEDITER!

April 27th, 2013

“Une contraction est une contre-action”

 

Qu’en pensez- vous?

Dans l’attente de vos avis et réactions…

(Surtout, n’hésitez pas!!)

POR-TRAITS BRETONS.

April 27th, 2013

 

 

 

 

Ces magnifiques étalons viennent du haras de Lamballe.

 

RETOUR SUR L’APPRENTISSAGE (3).

April 18th, 2013

Suite et fin des quelques extraits, de Michel-Antoine LEBLANC et Marie-France BOUISSOU, Ibid..

…Peu d’études expérimentales ont étudié les effets d’une punition. Dans l’une d’elle, des chevaux avaient appris une tâche (choisir entre deux branches d’un labyrinthe), grâce à un renforcement positif. Puis, en cas d’erreur, ils recevaient une “punition” (consistant en un jet de CO² provenant d’un extincteur). Ils ont fait moins d’erreurs, mais passaient par contre beaucoup plus de temps à choisir de quel côté ils devaient aller.

Rappelons qu’en général, dans le cas de la punition, rien ne signale l’événement aversif; même si quelque chose signale l’imminence de la punition, le cheval ne peut rien faire pour l’éviter. Il a donc peu, voire pas, de contrôle de la situation, et la punition n’a que peu de valeur prédictive. En conséquence, il est plus difficile pour l’animal d’associer la punition avec un comportement spécifique, surtout si elle est appliquée de manière inconséquente ou trop importante. Par exemple, si le cheval est battu à la suite d’un refus à l’obstacle, il n’est pas évident qu’il associe punition et refus lui-même. Il peut aussi associer l’ensemble de la situation à la punition : les obstacles, le fait de sauter, voire même le fait d’être monté!

Une sorte d’indifférence à des punitions légères peut aussi s’installer, conduisant les dresseurs à l’utilisation de châtiments de plus en plus sévères. Aussi dans le cas où des punitions semblent nécessaires, elles doivent donc être appliquées dès le début avec l’intensité adéquate.

Enfin des punitions sévères entraînent des émotions qui peuvent interférer avec les processus d’attention et l’apprentissage lui-même. Les changements émotionnels peuvent conduire l’animal à  se montrer agressif ou à présenter une inhibition de son comportement, souvent confondue avec de l’obstination. Ceci peut en retour conduire à une plus grande violence de la part du manipulateur, et l’on entre ainsi dans un cercle vicieux. Enfin la punition peut être associer avec la personne qui en est l’auteur et aboutir à un conditionnement d’évitement de cette personne, qui deviendra incapable d’enseigner quoi que ce soit au cheval qui cherche à l’éviter. Ce dernier sera alors qualifié de difficile, entêté ou stupide.

En fait, il vaut mieux qu’un comportement soit interrompu par ses propres conséquences négatives, que par une punition infligée. Le principe qui veut qu’un apprentissage basé sur des renforcements (positif ou négatif) soit beaucoup plus efficace que s’il est basé sur des punitions est maintenant largement admis et appliqué dans le dressage des animaux.

RETOUR SUR L’APPRENTISSAGE (2).

April 12th, 2013

Voici de nouveau quelques lignes extraites du livre :

Cheval Qui es-tu? L’éthologie du cheval : du comportement naturel à la vie domestique

de Michel-Antoine LEBLANC et Marie-France BOUISSOU.

La punition (première partie): 

…Les punitions se traduisent par une sanction et visent à diminuer la probabilité d’apparition du comportement; dans ce cas l’agent “punitif” peut être un stimulus désagréable…ou l’ajournement d’une stimulation agréable (nourriture, caresse).

…Ce qui caractérise la punition, c’est que le dresseur présente le stimulus aversif pendant ou après que le cheval ait donné une réponse non désirée, alors que dans le renforcement négatif le dresseur présente le stimulus aversif avant que le cheval ait donné la bonne réponse, et le fait cesser dès que le cheval donne la bonne réponse. De plus, lors d’un renforcement négatif, son imminence est généralement signalée…Dans le cas de la punition au contraire, rien ne l’annonce et, de plus, elle ne contient pas d’indication sur le comportement souhaité par le dresseur. La punition diffère des renforcements, qu’ils soient négatifs ou positifs, car elle vise à supprimer ou éliminer une réponse, alors que les renforcements, nous l’avons déjà mentionné, accroissent la probabilité que la réponse apparaisse de nouveau lors de la présentation d’un stimulus particulier. Une telle distinction paraît effectivement utile dans la pratique.

Dans le domaine de l’équitation, l’usage des aides (jambes, éperons, actions de main, actions de la chambrière) constitue en général pour le cheval un mode de renforcement négatif. Ce sont des stimulus déplaisants ou qui lui causent une gêne que l’animal peut faire cesser en donnant la réponse désirée. Rapidement le cheval va comprendre qu’il suffit d’adopter le comportement souhaité par le dresseur pour mettre fin à la gêne qu’il éprouve. Il est donc essentiel de faire cesser l’action des aides dès que le cheval a obéi. Un exemple de punition serait les coups de cravaches ou d’éperons après un refus à l’obstacle, ou un coup de chambrière sanctionnant une tentative de morsure. Les mêmes aides (éperons, cravache ou chambrière) peuvent donc constituer un renforcement négatif ou une punition selon les modalités d’application : ainsi une pression des éperons, précédée d’une action de l’assiette et d’une pression des mollets, que le cheval peut faire cesser en répondant correctement sera considérée comme un renforcement négatif, alors qu’un violent et soudain coup d’éperon (volontaire ou non) entrerait dans la catégorie des punitions.

La punition ayant pour effet de supprimer un comportement, il faut faire attention à ne pas l’utiliser de manière non intentionnelle (par exemple des chocs dans la selle, une action brutale sur le mors, des coups d’éperons involontaires, etc.), afin de ne pas supprimer des comportements désirables.

A suivre…

RETOUR SUR L’APPRENTISSAGE (1).

April 7th, 2013

Voici comme prévu, quelques extraits tirés du livre :

Cheval Qui es-tu? L’éthologie du cheval : du comportement naturel à la vie domestique

de Michel-Antoine LEBLANC et Marie-France BOUISSOU.

La chaîne “stimulus-réponse-renforcement”

On admet en général que, comme la plupart des autres animaux, le cheval apprend grâce à la chaîne d’événements ”stimulus-réponse-renforcement”.

…Le premier élément est le stimulus.C’est un indice présent dans l’environnement : par exemple un signal visuel (mouvement de la chambrière ou de la main), ou sonore (ordre vocal) ou encore tactile (assiette du cavalier, action de mains ou de jambes) pour prendre des exemples dans la pratique équestre.

…Etant donné la grande capacité des chevaux à discriminer des stimulus parfois très proches, le dresseur doit faire attention à être très précis dans sa demande. Si une modalité varie entre différentes présentations, le cheval doit généraliser à des indices voisins afin de répondre correctement. Des stimulus plus forts deviendront donc nécessaires pour obtenir des réponses que l’on obtenait à l’origine. Un exemple familier à tous les cavaliers est le cheval d’instruction qui, blasé par  des stimulus parasites (fournis involontairement par les cavaliers débutants), devient insensible à des stimulus plus subtils. Il faut aussi bien évidemment que le stimulus soit présenté au moment où le cheval est capable d’y répondre; il est ainsi par exemple inutile d’essayer de demander une jambette de l’antérieur gauche si tout le poids de l’animal est dessus! Un autre exemple : ce n’est que lorsqu’un membre est en l’air que l’on peut demander au cheval de le mouvoir latéralement.

Au début du dressage on utilisera des stimulus simples et “naturels” pour le cheval. Puis au fur et à mesure que l’animal progresse, on pourra utiliser des stimulus dont la signification aura été apprise par association avec l’ancien stimulus.

Venons en maintenant au deuxième élément de la chaîne ”stimulus-réponse-renforcement”, à savoir la réponse. Nous avons vu que, quel que soit le problème posé, l’animal va donner au début une réponse au hasard. Une réponse est en général un comportement (appuyer sur un levier, aller à un certain endroit, etc.), mais ce peut être aussi l’omission d’un comportement (rester immobile, ne pas changer de place…). Ce sont les conséquences positives ou négatives qu’entraîne cette réponse, c’est-à-dire le renforcement, qui vont augmenter ou diminuer sa probabilité d’apparition ultérieure.

…Par exemple si l’on veut apprendre à un cheval à reculer on se contente d’abord d’un simple transfert du poids vers l’arrière, puis on demandera un pas, puis deux, etc…Durant les premières phases de l’apprentissage le dresseur doit ignorer les mauvaises réponses et, bien sûr encourager les bonnes réponses.

 A suivre…

A PROPOS DES PRINCIPALES FORMES D’APPRENTISSAGE.

March 27th, 2013

Ce post a pour thème les renforcements et punitions au cours du processus d’apprentissage.

Il se décompose en plusieurs parties.

La première partie est consacrée  à l’énumération des différents types de renforcements et de punitions utilisés dans le processus d’apprentissage.

Les parties suivantes vous proposeront quelques extraits de textes écrits par des scientifiques sur ce sujet.

Les avis de certains auteurs divergent quant au sens qu’ils accordent aux termes de renforcement positif, renforcement négatif, et de punition.

Dans ce post, je prendrai comme référence, les auteurs qui envisagent les modalités d’interactions entre réponse et renforcement de la manière suivante :

Les 4 catégories du conditionnement opérant :

  1. Le renforcement positif : ajout de quelque chose d’agréable pour augmenter la probabilité qu’un comportement se produise.
  2. Le renforcement négatif : suppression d’une chose aversive pour augmenter la probabilité qu’un comportement se produise.
  3. La punition positive : ajout d’une chose aversive pour diminuer la probabilité qu’un comportement se produise.
  4. La punition négative : suppression de quelque chose d’agréable, pour diminuer la probabilité qu’un comportement se produise.

Il faut considérer les termes “positif” et “négatif” non pas avec une connotation de jugement de valeur mais simplement comme un moyen de préciser qu’un élément est ajouté (positif) ou supprimé (négatif).

Les théories du conditionnement opérant définies par le psychologue Burrhus Frederic Skinner(1904-1990) servent également de références théoriques aux éthologues, car les principes d’apprentissage sont les mêmes pour les animaux, tel le cheval, et pour les hommes.

Essayons d’associer à chaque catégorie de conditionnement un exemple concret . Prenons l’exemple d’un dresseur qui voudrait apprendre au travail à pied une levade à son cheval uniquement à la demande (sachant que ce dernier a déjà spontanément produit ce mouvement) :

  • Apprentissage par  renforcement positif : le dresseur met son cheval en liberté et décide de jouer avec lui. Au cours de cette séance, il cherche à déclencher un cabrer en stimulant son cheval soit par des bruits ou une gestuelle spécifique, lorsque le cabrer se produit celui-ci est   aussitôt  récompensé, par exemple, d’une friandise. 
    • Production spontanée d’un comportement (souhaité par le dresseur)=>récompense par ajout d’un élément agréable =>augmentation de la probabilité que le comportement se reproduise.
  • Apprentissage par renforcement négatif: le dresseur agit directement sur son cheval grâce à ses aides tactiles (badine derrière les postérieurs pour rassembler, et mains qui agissent par demi-arrêts sur les rênes pour déclencher l’élévation de l’avant main). Ces actions mettent le cheval dans un certain inconfort et, pour s’y soustraire, il va produire différentes réponses. Lorsque la bonne réponse est produite (levade), le dresseur cesse aussitôt ses actions, permettant ainsi à son cheval de retrouver du confort.
    • Production provoquée d’un comportement=>récompense par suppression d’une stimulation gênante=>augmentation de la probabilité que le comportement se reproduise.
                 
                                                                                                                    
  • Conditionnement par punition positive : le cheval se cabre sans y avoir été invité. Le dresseur agit de la cravache sur la croupe du cheval pour le porter en avant, ce qui le fait redescendre.  
    • Production spontanée d’un comportement (non souhaité par le dresseur)=>sanction par ajout d’un élément désagréable=>diminution de la probabilité que le comportement se reproduise.


  • Conditionnement par punition négative :  le cheval se cabre sans y avoir été invité. Le dresseur ne donne aucune récompense pour ne pas encourager le cheval à recommencer.
    •  Production spontanée d’un comportement (non souhaité par le dresseur)=>sanction par suppression d’un élément agréable=>diminution de la probabilité que le comportement se reproduise.
A suivre…

LES TROIS GRANDES ETAPES DE LA FORMATION DU CAVALIER.

March 18th, 2013

A voir de nombreux cavaliers évoluer dans leur pratique de l’équitation, j’ai l’impression que trois grandes phases se détachent de l’ensemble d’un parcours équestre, de son point de départ jusqu’à son aboutissement.

1ère phase : dissociation des aides;

2ème phase : accord des aides;
3ème phase : indépendance des aides.
Ces trois grandes périodes s’imbriquent nécessairement les unes dans les autres, le cavalier débutant devenant un jour confirmé, et le cavalier confirmé, après de longues années de travail, devenant un cavalier (voire un écuyer) abouti, admiré par ceux qui le regardent.
Le débutant découvre d’abord un nouvel équilibre, puis les aides et leur emploi. N’étant pas stable, il a des difficultés à coordonner ses mouvements, et ne peut en général n’utiliser que ses jambes ou ses mains à la fois, les unes servant bien souvent à se tenir au cheval tandis que les autres agissent. Il est dans la dissociation des aides,(non volontaire). Le dosage des aides et la décontraction sont encore bien loin.
A force de persévérance, ce cavalier se stabilise, maîtrise mieux ses gestes, et parvient même à utiliser ses mains et ses jambes simultanément, accédant ainsi progressivement au statut de cavalier confirmé.
Le cavalier confirmé possède désormais un bon équilibre, et n’éprouve donc plus la nécessité de se “raccrocher” à sa monture. Par le biais d’ exercices de plus en plus complexes, le travail sur l’accord des aides s’installe, et s’améliore de plus en plus.
Cette phase est longue. Certains, qui sont le plus grand nombre d’ailleurs, n’iront jamais au delà et s’en accommodent parfaitement, pensant parfois qu’ils sont arrivés à une entière maîtrise de la technique, et qu’ils n’ont plus qu’à apprendre des exercices de plus en plus difficiles à leur cheval.
Pour d’autres, la tâche est ingrate. Ils savent qu’il reste encore beaucoup de travail. Le plus délicat, mais le plus beau, reste encore à atteindre : l’aisance totale !
Parce qu’ils cherchent et se remettent en question, ceux-là n’ont pas une progression tout à fait linéaire. De grands bonds en avant, à ce qui leur semble être des régressions vertigineuses, ils avancent lentement (mais sûrement) vers l’ultime étape.
A ce stade, la frustration est parfois grande pour ces cavaliers dont on pourrait dire qu’ils en savent trop, ou pas assez. En effet, ils n’ont plus l’innocence du débutant qui va en quelque sorte à l’essentiel par des moyens, certes grossiers, mais fort simples, et ne possèdent pas encore la dextérité  du cavalier abouti dont les actions paraissent d’une simplicité absolue tant elles sont fines!
A ce stade souvent, les actions sont trop nombreuses, souvent trop compliquées et parfois maladroites. Une seule raison : une maîtrise imparfaite du corps.
Lorsque le cavalier confirmé aura dépassé ce dernier handicap, il aura enfin atteint la dernière étape qui fera de lui un cavalier abouti!

Ce cavalier est capable de ressentir chaque partie de son corps, d’en évaluer immédiatement l’état de tension musculaire, et d’effectuer la plus fine correction afin que le dosage de ses actions soit le plus juste possible. C’est parce qu’il a une conscience totale et parfaite de son corps, que ce cavalier a pu accéder à l’indépendance des aides qui mène à cet état de grâce où celui-ci semble ne faire qu’un avec sa monture, dans un état de décontraction donnant à imaginer que c’est le cheval qui mène la danse !

 

 

 

 

 

ACTUALITÉS ÉTHOLOGIQUES.

March 9th, 2013

Pour la deuxième année consécutive, une journée d’actualités éthologiques est organisée le mardi 26 mars 2013 à l’ENE à Saumur.

Parmi les conférenciers présents à ce colloque, Léa Lansade, qui nous fera aussi le plaisir d’animer le prochain “Café-rencontres équestres” de l’association “Quadrupède” le samedi 23 mars, interviendra notamment sur le lien entre le tempérament et le stress. Certainement passionnant!

Pour plus de renseignements et une éventuelle inscription à cette journée saumuroise, vous trouverez toutes les informations nécessaires

 en cliquant ici

Et pour un avant goût de cette journée, rendez-vous le 23 mars au “Café-rencontres”!!

voir post du 24 février