Pour Agathe et les autres… à propos de la descente des aides.

Comme tu le dis toi même, Agathe, le dressage est l’art d’apprendre au cheval à retrouver ses capacités naturelles mais avac un cavalier sur son dos. Donc ce n’est pas en le soutenant en permanence qu’il retrouvera son autonomie. Ce soutien ne doit être que ponctuel et cesser quand le cheval se tient ou se porte seul, selon ce qu’on lui demande.

Beaucoup pensent que la tension des rênes est la conséquence de la tension du cheval : les chevaux du 18e siècle étaient-ils tous flottants, eux qui sont représentés rênes flottantes? Je ne pense pas, quand on sait tout ce qu’ils étaient capables d’exécuter. Je crois surtout qu’il est plus facile et plus rapide d’obtenir un semblant de résultat en « coinçant  » son cheval, celui-ci ayant de ce fait beaucoup moins de liberté pour exprimer ses difficultés et ses désaccords. Il nous donne alors l’impression d’être rentré dans le droit chemin et que nous sommes sur la bonne voie.

En réalité, ce n’est qu’un leurre, le cheval n’est certainement pas juste et tôt ou tard nous le trouverons lourd ou bien mou, il tournera en tombant à l’intérieur, ralentira avec beaucoup de difficultés si on ne met pas beaucoup de jambes etc….

Un cheval tendu est un cheval élastique et dans l’impulsion. Ceci s’acquiert grâce à la gymnastique et à un dressage rigoureux aux aides, du temps, de l’écoute et de la patience. C’est à la portée de tous les cavaliers et de tous les chevaux, avec certaines différences, cependant.

Pour répondre à ta question Agathe, je pense qu’on ne doit pas oublier de déployer un cheval ibérique et qu’il faut penser à raccourcir un selle français. Ainsi on peut compenser les petits déséquilibres de leurs aptitudes naturelles réciproques.

4 Responses to “Pour Agathe et les autres… à propos de la descente des aides.”

  1. sylou dit :

    encore beaucoup de boulot en perspective à la lecture de ce paragraphe et un peu d’amertume aussi…

    Pour en adoucir la portée et le côté catégorique je ferais ce commentaire qui n’engage que moi et ma toute petite petite expérience :

    Il y a du bon dans chaque méthode, et il ne faut pas condamner en bloc les méthodes qu’on ne pratique pas soi même.

    j’ai eu la chance ou l’envie (tout dépend du point de vue) de pouvoir travailler avec différents «  »maitres » » et j’ai appris de chacun d’eux : ils ont remplis ma « malle aux trésors équestres » chacun à leur manière en me faisant progresser à différentes périodes de mon apprentissage. C’est pourquoi je leur suis reconnaissante à tous et ne réfute pas plus l’un que l’autre.

    Quand j’ai un soucis à cheval, j’ai grâce à eux une vision assez large de la situation et je peut ainsi tenter de résoudre mon soucis en faisant appel à différents préceptes en m’interrogeant de différents points de vue.

    Tout ça pour dire que la tension (pour en venir au sujet tant redouté) pour moi est un principe que j’ai mis des années à comprendre, à ressentir devrais je dire car c’est bien là qu’est mon soucis majeur. L’équitation, est autant un art qu’un sport : il demande donc à un certain niveau de ressentir pour progresser. Le jour où, j’ai commencée à réussir à « tendre » mon cheval il avait 11 ans,( je l’ai eu à 4ans…), dans l’interprétation que j’en avait comprise en tous cas, je suis parvenu à améliorer des choses très importantes, comme la rectitude par exemple, ou la constance de la mise en main, ou l’engagement des postérieurs. J’ai pu progresser sur le plat, oublier un peu mes actions de mains désordonnées, continuelles ou intempestives et me concentrer aussi sur l’espace qui m’entourait. De là j’ai ouvert mes épaules, commencer à mieux respirer. Je me suis peu à peu décrispée et j’ai pu être plus à l’aise dans mon assiette notamment au trot assis. Réussir à appréhender cette notion si floue auparavant, m’a donc permis de gravir un palier.
    Cependant je dois bien admettre si je veux être totalement juste, que si j’ai gagnée des choses j’en ai perdu d’autres… Tout serait tellement simple sinon (même pas drôle…)
    Oui, Marie tu as mis le doigt où ça fait mal :
    C’est vrai que je trouve mon cheval parfois mou dans mon travail sur le plat si je ne travaille pas sur une surface suffisamment grande (genre un champ de 100m sur 60m…), et que cette méthode me demande une forme physique importante. C’est vrai aussi qu’à force de moins demander de chose avec mes doigts, j’avais perdu en flexibilité de l’encolure, puis en souplesse des épaules, puis en souplesse en général… Finalement n’avais-je pas durci un peu l’ensemble du véhicule cheval ???
    Je me suis donc une nouvelle fois remise en question et suis revenu à mes bon vieux exercices de St André et à ses autres potes qui préconisent de suffisamment bouger épaules et hanches : pour cela je n’ai surtout pas omis d’essayer de décoller ma jambe en agissant de la façon la plus brève possible. Du coup, nous voilà 1 mois plus tard et j’ai regagné de la mobilité dans le dos, un engagement des postérieurs hallucinant dans les transitions galop – pas , qui étaient jusque là un peu heurtées. Bref j’essaye de réussir un astucieux mix : Je fais des compromis et le mélange donne pour l’instant de bons résultats. En extérieur je me contente de « tendre » aux trois allures, sans que mon cheval se mette à l’envers même dans un allongement de galop (plus jamais de rênes allemandes) : ce qui est déjà un gros boulot en soi. et 2 ou trois fois par semaine je travaille au manège dans un esprit plus à « la française ». (merci Marie pour les mini cours de ce blog au passage) qui remettent les pendules à l’heure aux vilains cavaliers pressés dont je fais partie !
    A part ça, je n’ai toujours pas réussi à sortir un allongement de trot dans le manège et mes têtes au mur au trot sont toujours pitoyables : il y a donc encore un long chemin. Le mot de la fin sera de dire que je suis heureuse que ma malle contiennent des « trésors » toujours aussi éclectiques !

  2. Sandrine dit :

    décidément je trouve ce blog de plus en plus interessant et enrichissant… bientôt ma grande reprise après 12 années d’arrêt… j’ai trouvé à proximité de chez moi un centre équestre qui pratique l’équitation américaine… l’occasion de découvrir et confronter des manières d’aborder les choses différemment… peut être… je me pose beaucoup de questions… à voir plus concrètement…
    Pour en revenir au post de Sylou, c’est très interessant de voir cette évolution au fil du temps, les ressentis et conséquences vis à vis de telle ou telle manière d’aborder les choses.
    Ce qui est terrible c’est que l’on se conforte dans une situation et peut être parfois des convictions que l’on pense bonnes et pourtant… « cents fois sur le métier remettez l’ouvrage »… c’est ainsi que l’on avance et c’est ce qui met piquant et passion: une alternance entre déceptions, stagnations et moments agréables…voire exceptionnels… ces moments rares que l’on espère secrètement retrouver voir « péréniser » mais qui nous échappent.

  3. STL dit :

    Merci pour ce blog!!
    Il est super et vraiment thérapeutique!
    Je monte seule depuis 2 ans un cheval qui a des hauts et des bas… je prends énormément de plaisir mais ai très peur de sombrer dans de gros travers…
    Je lis donc beaucoup et me filme pour tenter de me corriger, mais des notes précises et réfléchies comme les vôtres font beaucoup de bien!

    Bonne continuation, je vous mets en lien pour pouvoir venir souvent 🙂

  4. Réponse à Silou: ne te méprends surtout pas sur mes intentions. En aucun cas je ne jette la pierre aux cavaliers qui cherchent et qui de ce fait s’intéressent aux différentes méthodes. Aucune méthode ne détient à elle seule la vérité, il est par conséquent indispensable de tenir compte de l’avis des gens compétents en la matière. Toutefois il faut rester cohérent vis à vis de son cheval et ne pas changer de façon de faire à tout bout de champ.
    Néanmoins, ne t’en déplaise, je resterai catégorique sur un point : je rejette toutes les méthodes qui coincent le cheval entre les mains et les jambes, na!

    Merci à STL nouvelle blogueuse pour ses encouragements.
    Dès que j’aurai un moment, je ferai un nouveau « post » sur les cavaliers qui travaillent seuls et j’essayerai de leur donner quelques conseils

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