A propos d’une mauvaise interprétation des actions de jambes…

Je n’ai pas la prétention d’avoir la bonne solution à tous les problèmes, mais je vais tenter de vous inciter à vous poser les questions qui peuvent vous aider à les résoudre.Le cas qui nous intéresse est le suivant : dans l’incurvation, la jument semble mal interpréter les actions de jambes sur lesquelles elle allonge. La cavalière utilise alors les mains pour la reprendre et cède quand le calme revient. Cela ne change rien, la jument repart de plus belle.Cette situation soulève plusieurs interrogations et amène différents conseils.

  •  Votre jument ne craint-elle pas les jambes ? Etes-vous aussi légère dans les jambes que dans les mains?

Rappelez-vous : les jambes tombent naturellement et sont moelleusement au contact des flancs, n’agissant que ponctuellement en fonction des demandes et sans surprendre le cheval.

  •  Les épaules sont-elles bien orientées ?

Dans une incurvation quelle qu’elle soit, penser d’abord à bien orienter les épaules de votre monture et à combattre les petites résistances que vous pouvez rencontrer dans la bouche et l’encolure. Si l’avant main reste décontractée et flexible, il y a toutes les chances que cela se propage au reste du corps.

Les jambes alors n’ont plus qu’à maintenir l’impulsion, toujours sans effort, et peut-être à faire quelques petites actions de contrôle des hanches.

  • Ne forcez-vous pas sur votre jambe intérieure à la sangle sous prétexte d’incurver le cheval ?

Dans cette partir là de son corps, donc au niveau des dorsales, le cheval a peu de flexibilité les vertèbres étant d’une conformation particulière. En effet, elles ont de longues apophyses transverses qui donne au dos la rigidité nécessaire pour supporter un poids mais pas pour se mobiliser latéralement, contrairement à l’encolure dont les vertèbres ont de courtes apophyses transverses, donc l’idée que la jambe intérieure à la sangle incurve le cheval est quelque peu erronée.

C’est plutôt la disposition des hanches et des épaules par rapport au corps qui donne l’effet d’incurvation.

Si ces points sont respectés et si, de plus, vous restez équilibré sur votre cheval avec une assiette liante, il y a peu de raisons que l’incurvation génère une accélération. Assurez-vous aussi que le fait d’incurver le cheval ne provoque pas de douleur, douleur qui pourrait engendrer la fuite.

Dans un premier temps, assurez-vous d’être en descente de jambes lorsque vous allez agir. Ensuite, je dis souvent que c’est une question de  « timing » : il faut agir très rapidement mais sans brutalité, dès que le problème survient pour rééquilibrer le cheval, sans qu’il ai le temps de s’appuyer et céder tout aussi rapidement.

N’hésitez pas à céder au point de lâcher le contact pour obliger le cheval à se tenir tout seul. Osez le faire !

When your legs are hard you risk a horse that is hard in your hand.

Néanmoins ce n’est pas miraculeux et il faut parfois recommencer plusieurs fois avant qu’il comprenne.

Soyez rigoureux et restez patients. Comme le disait un certain Nuno Oliveira « L’art équestre commence par la perfection des choses simples. »

N’hésitez pas à communiquer sur le blog le résultat de votre travail.

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