Pour les cavaliers qui travaillent seuls

Voici quelques conseils pour vous aider à mieux gérer vos séances quand vous travaillez seuls.

Tout d’abord, tâchez de vous installer dans un endroit clos si possible, de préférence rectangulaire ou carré, pour pouvoir marcher droit. Si vous n’avez qu’un pré à votre disposition, n’hésitez pas à matérialiser des côtés avec ce que vous trouverez : morceaux de bois, cônes de chantier…

Ensuite, je pense qu’il est bon de se faire un plan de séance, et de définir la durée de la séance. Votre plan de séance est dépendant des objectifs que vous vous fixez en fonction de ce que votre cheval a besoin de travailler.

Détendez bien votre monture avant de commencer : l’idéal est de pouvoir la longer ou la mettre en liberté avant de monter dessus.

weblongoct-05-014.jpg

Ensuite faites un travail au pas assez long, qui permettra à votre cheval de continuer à s’échauffer tranquillement en commençant les exercices d’assouplissement. C’est au pas aussi que celui-ci pourra apprendre de nouveaux exercices. Ensuite, selon ce qui lui convient le mieux, vous trotterez ou bien galoperez. N’oubliez pas le retour au calme, au pas, en fin de séance.

webardscn0108.JPG

Vous vous êtes donc défini une durée de séance, mais aussi un temps pour chaque allure, toujours en fonction des besoins de votre monture. Même s’il ne faut pas être trop rigide, en effet, au cours de votre séance vous pouvez être amenés à rencontrer des difficultés qui vous obligent à changer votre fusil d’épaule afin de vous adapter à la situation, tâchez tout de même de ne pas trop vous éloigner de ce qui était établi au départ. Ce pourrait être un mauvais pli à prendre qui nuirait à la rigueur de votre travail. Et lorsque l’on travail seul il est indispensable d’être toujours rigoureux.

Surveillez la symétrie des exercices, variez souvent entre la main droite et la main gauche et alternez les courbes et lignes droites. Ainsi vous éviterez bien de la fatigue à votre compagnon.

Surtout n’oubliez pas les pauses : c’est aussi important pour le physique que pour le mental, si votre cheval sature, il ne peut plus rien apprendre.

Pensez à regarder devant vous, autour de vous, ne vous coupez pas de l’espace dans lequel vous évoluez.

Evaluez votre position régulièrement : si celle-ci se dégrade, votre travail peut être altéré.

Si ça ne va plus et que vous ne vous en sortez plus, ne vous énervez pas et surtout ne vous fâchez pas après votre cheval, dites vous qu’il fait ce qu’il peut par rapport à ce qu’il comprend et que probablement vous êtes responsable. Quoi qu’il en soit, c’est vous qui avez la raison et il vous revient la responsabilité d’éviter tout conflit. Arrêtez-vous, lâchez les rênes, faites quelques petits exercices de respiration ventrale et prenez du recul par rapport à la situation. Analysez en détail ce que vous êtes en train de faire et reprenez point par point l’évolution de votre travail sans hésiter à vous poser toutes les questions qui vous viennent à l’esprit (A-t-il bien compris ce que je demandais ? Ai-je bien fait comprendre ce que j’attendais de lui ? Ai-je  été suffisamment progressive ? N’est-il pas tendu parce qu’il a peur de quelque chose qui m’échappe ou parce qu’il a encore des courbatures de la veille?…). Il serait bien surprenant que vous ne trouviez pas quelques réponses à vos interrogations.

Si malgré tout vous buttez toujours, laissez tomber pour ce jour-là, refaites un petit exercice simple que vous êtes sûr de réussir, et rentrez calmement à l’écurie, ça ira mieux la prochaine fois.

webboxoct-05-075.jpg

8 Responses to “Pour les cavaliers qui travaillent seuls”

  1. sylou dit :

    Marie à bien raison d’insister sur le fait de délimiter l’espace de travail. Sans enseignant et sans barrière pour rappeler à l’ordre on a trop souvent tendance à se contenter d’à peu près en pensant notre travail parfait…
    Quelle déconvenue alors, quand on se retrouve dans les très règlementaires 60X20 : « m…… » 10m ça fait que ça ! eh oui, c’est dur le cercle de 10 m ! J’aime beaucoup travailler dans les champs à l’air libre, mon grand selle d’1m75 aussi, mais je me force de temps à autre à revenir au manège, à regarder les lettres, à prendre conscience des dimensions académiques qui me semblent d’ailleurs minuscules. Mon cheval se tasse et se désengage très souvent au manège, devoir tourner en permanence le contraint fortement, du coup j’apprécie peu cet espace de travail qui est pourtant celui que je rencontre en compétition…
    Preuve donc qu’on est jamais assez rigoureux et qu’il est vraiment nécessaire de se fixer des objectifs clairs et construits quand on travaille seul !

  2. gaton dit :

    comme quoi, chacun son problème
    pour moi, c’est plutôt le contraire, je ne dispose que d’une toute petite carrière (un cercle de 10 m, je sais parfaitement ce que sait!!!)je rêve de ligne droite et ma jument aussi

    en tout , je profite encore de ce post pour remercier Marie pour son blog et ses conseils toujours bienvenu
    je descends de cheval et ses conseils de ce matin m’ont été très utile et très efficace
    lorsque on travaille seuls, le plus gros risque est la démotivation (en tout cas pour moi)
    je dispose de peu de place et surtout de peu de temps pour pouvoir travailler sereinement et il est vite plus facile de se dire que de toute manière ma grosse est au paddock toute la journée et que donc elle est sortie
    le fait de lire régulièrement les conseils et également les réponses des autres me permet de réfléchir et de positiver les difficultés que je peux rencontrer
    en tout cas depuis que je viens sur le blog, j’ai l’impression de progresser etça c’est la meilleure des motivations

  3. gaton dit :

    je voudrais revenir sur le problème de raideur a main gauche de ma grosse vache

    raideur a gauche ,qui est en fait le problème du côté droit qui a du mal à s’étirer
    chez ma jument, je pense que cela vient surtout des épaules (j’attends que tu puisses venir me le confirmer !!)
    tu m’a conseillé de travailler le pli plutôt a gauche, même a main droite
    mais je me rapelle d’un instructeur dans le midi (je n’arrives pas a me rapeller de son nom, désolé)qui conseillait plutôt de travailler le pli droit (en tout cas, le bon côté) en partant du principe que pour pouvoir contracter un coté, il faut d’abord l’étirer
    que doit je en penser? (sa méthode parraissait séduisante, si on excepte le fait qu’il lui arrivait de descendre de cheval avec ce dernier en sang au niveau des éperons)

  4. Silou et gaton ont raison toute les deux, mais en partie seulement. Elles ont toutes les deux des grands chevaux qui ont besoin de se ployer et de s’étirer. A ne faire que de l’extérieure avec essentiellement des lignes droites, le cheval de Silou risque de manquer de gymnastique et de se figer dans sa ligne du dessus et donc d’avoir de plus en plus de difficultés à s’incurver. La jument de Gaton, quant à elle, risque de se contracter dans un effort permanent pour se ployer, et à long terme ses allure peuvent s’étriquer à force de n’être jamais développées comme sa taille l’exigerait.

  5. STL dit :

    Pareil j’ai un cheval d’1m80 et de plus très long, il a beaucoup besoin de s’étirer en début de séance… je commence toujours soit par une détente en liberté avec des transitions et des changements de main fréquents, soit par une longue détente montée.
    Quand je le détends monté, je commence sans les mains, on ne fait que de grandes courbes et des transitions faciles (dans l’ordre au fur et à mesure de la détente : pas-arrêt, pas-trot, trot-pas, trot-arrêt, arrêt-reculer, pas-galop, galop-trot, galop-pas)
    Petit à petit j’insère des courbes plus serrées et des assouplissements (qu’il donne sa tête, qqes cessions au pas, des évasements de cercle…)
    Tout ça me prend bien un quart d’heure.
    On fait une petite pause et on peut commencer le travail placé.

    C’est ma façon de faire, d’autres préfèreront avoir tout de suite un contact avec la bouche, une attitude assez placée dès la détente… je fais comme ça parce que j’aime travailler sans mors et ça me permet de progresser dans les deux en une seule séance…

  6. BOA dit :

    a 50 ans je me découvre une passion pour l’équitation, les chevaux surtout. peut on en faire une profession à cet âge là ?

  7. J’ai un peu de difficultés à vous répondre, ne sachant pas quel est votre niveau. Mais si vous êtes réellement passionné et après avoir acquis suffisamment de compétences au niveau comportement du cheval, soins aux chevaux, entretien d’une écurie, pourquoi ne pas proposer vos services auprés d’un centre équestre ou d’un particulier ayant ses chevaux à domicile. Si vous en avez la possibilité, pourquoi ne pas ouvrir une petite structure qui accueillerait des chevaux à la retraite.
    Ou bien encore, si cela vous plaît et que vous êtes assez aguerri à cheval, passer l’examen d’accompagnateur de tourisme équestre. Ce ne sont là, bien sûr, que quelques exemples, et il y a certainement beaucoup d’autres solutions.

  8. BOA dit :

    Merci pour ces quelques idées Marie Hélène, Je pense effectivement à une petite structure d’accueil de chevaux à la retraite car je connais quelques gros loulou qui ont 18 et 20 ans et qui en ont marre de tourner dans des manèges, ils rêvent de prairie bien méritées.
    Je n’ai que le niveau 3 actuellement. j’ai pensé qu’une partie des batiments et des terres pourraient servir de gites équestre pour les randonneurs et leur chevaux. tout en proposant des rando aux alentours.
    Mais n’y en a t’il pas déjà trop, est-ce rentable ? à partir de quel seuil ?

Leave a Reply