Archive for décembre, 2007

Le passage des coins.

dimanche, décembre 30th, 2007

Combien voit-on de manèges et de carrières dont les coins sont sacrifiés pour y entreposer, cônes, plots ou chandeliers, ou bien sont infranchissables pour cause de mauvais entretien de la piste.

Quel dommage, pourtant, quand on connaît tout l’intérêt du passage des coins!

Quel que soit l’espace dans lequel on travaille son cheval, on devrait toujours matérialiser les coins.

Lorsque l’on travail à la piste, les coins ne devraient pas être un plus, mais devraient faire partie intégrante de cette piste. C’est d’abord une question de discipline en ce qui concerne le tracer.

Pour entrer dans le coin, le cheval doit déjà marcher droit. Puis pour passer le coin, il doit s’incurver harmonieusement en restant en équilibre pour enfin sortir du coin en étant prêt à marcher droit de nouveau.

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Pour arriver droit dans le coin, maintenez votre monture bien parallèle au pare-bottes ou à ce qui fait office de pare-bottes. Ne lui mettez pas la tête à l’extérieur par surcroît de rêne extérieure. Ne la ployez pas non plus trop tôt à l’intérieur sous prétexte d’incurvation.

Imaginez-vous plutôt dans une longue allée forestière, bien droite. Vous regardez loin devant vous, sans aller trop vite. Cela devrait vous aider à marcher plus droit.

Pour passer le coin, au début, vous pouvez demander au cheval une petite flexion d’encolure en accentuant l’action de la main intérieure, (cela sous entend que vous avez au préalable travaillé cet exercice) puis relâchez dès qu’il se ploie. Vous aurez ainsi, un cheval plus fluide, qui s’articule mieux et qui ne tourne pas d’un bloc. Par contre, j’insiste sur le fait que vous devez céder rapidement de votre main intérieure afin de redresser sur la rêne extérieure pour sortir du coin en retrouvant le plus vite possible la rectitude.

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Ne faites pas de vos aides un carcan dans lequel votre cheval se sent bloqué, restez léger.

Servez-vous de ce travail pour vérifier la rectitude, l’incurvation et la réponse aux aides. Un coin, c’est à la fois un peu de cercle, d’épaule en dedans, mais c’est aussi un doubler. 

Mains basses ou pas?

jeudi, décembre 27th, 2007

C’est vrai que les mains basses agissent plus sur la langue, très inervée et très sensible, et que les mains hautes agissent plus sur la commissure des lèvres, moins inervée et moins sensible ; mais lorsque vous montez un cheval complètement à l’envers, le dos si creux qu’il en est douloureux, l’encolure tellement relevée qu’aucune direction n’est plus possible, le tout ne générant que stress, et souffrance et bien vous pouvez vous dire qu’il y a état d’urgence. Et l’état d’urgence appelle parfois des moyens fermes et efficaces.

Face à un tel cas de figure, on peut tenter de gérer la crise en utilisant d’une part, la flexion d’encolure sur une rêne, et d’autre part, l’emploi des mains basses.

Lorsque le cheval est trop contracté pour se mettre en place, il ne faut pas forcer  longitudinalement pour le faire céder,  mais s’efforcer de l’amener à déjà décontracter son encolure par des flexions sur une seule rêne.

Le geste doit être lent, souple et profond, la main ne doit pas reculer, elle agit diagonalement et en passant en avant du garrot. On peut faire cela, d’abord à l’arrêt, puis en mouvement, en cercle et sur le droit. A chaque fois que l’on obtient un relâchement de l’encolure, on cède totalement de la main, et on demande à son cheval de baisser sa tête, cette fois ci grâce aux deux mains.

Je tiens à redire qu’il s’agit là d’un cheval en grande difficulté. Par la suite, on peut demander la descente d’encolure différemment, mais j’en reparlerai.

Donc, quand il s’agit d’inciter fermement un cheval à baisser son bout du nez, on descend les mains en pianotant des doigts sur les rênes et dès que le cheval cède, aussi peu que ce soit, ce qui indique la décontraction, on cède en rendant complètement de la main. En aucun cas l’action n’est prolongée ni continue.

Par palliers successifs on continue ainsi à faire descendre le cheval en respectant le même protocole jusqu’à ce que la décontraction se propage à l’ensemble de son dos.

  A ceux qui n’aiment pas faire travailler les chevaux l’encolure basse, sous prétexte que cela les met sur les épaules, je dirai qu’il me semble qu’il y a des cas où l’on ne doit pas les laisser plus longtemps dans une attitude qui risque très vite de porter atteinte à leur intégrité physique ou mentale, quitte je le reconnais, à forcer un peu la décontraction. Cependant, quand l’attitude recherchée est atteinte, on sent tout de suite le confort qu’elle apporte au cheval. Cela n’est pas étonnant puisqu’il s’agit d’une attitude naturelle pour lui.

Et à ceux qui ne veulent surtout pas entendre parler des mains basses, je dirai que la fin justifie les moyens, d’autant plus que ces moyens là ne sont pas violents, et que bon nombre de chevaux souffriraient un peu moins s’ils avaient quelques séances de ce travail à leur actif.

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Petit soucis lié à l’apprentissage de la descente d’encolure.

lundi, décembre 17th, 2007

Lorsqu’un cheval qui débute l’apprentissage de la descente d’encolure, découvre le confort que lui procure cette nouvelle attitude, il peut avoir envie de tirer sur les rênes vers le bas pour dégager plus encore son dos.

De plus, cet exercice se pratique avec des rênes assez longues qui offrent au cheval un sentiment de liberté dont il aimerait bénéficier au maximum en se débarrassant totalement de la main.

Il est important de lui apprendre qu’il ne doit pas arracher les rênes, mais il faut doser la réprimande. En effet, il ne faut pas qu’une action de main trop brutale vienne lui interdire de descendre l’encolure.

Donc, ne donnez pas un coup sec vers le haut, ce qui aurait pour effet de relever la tête du cheval, comme lors d’un demi-arrêt, mais au contraire, en ayant les mains fixes, fermez vigoureusement les doigts sur les rênes comme pour faire, en quelque sorte, un mur, contre lequel il va se heurter lorsqu’il va tirer. Relâchez dés que le cheval a compris et ainsi de suite jusqu’à ce que la leçon soit acquise.

N’oubliez pas de bien tenir votre dos afin de ne pas être subitement déséquilibrés en avant.

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De l’utilité du pas.

dimanche, décembre 16th, 2007

En premier lieu, le pas est l’allure reine pour l’échauffement d’un cheval à la sortie du boxe et pour le retour au calme avant de rentrer au boxe.

Ensuite, cette allure restitue le calme lorsque celui-ci s’est altéré aux allures supérieures et permet par conséquent de revenir sur des actions incomprises ou mal exécutées. Elle permet également d’entreprendre de nouvelles figures ou de nouveaux assouplissements, tels les pas de côté. Le bénéfice pour le cheval étant de pouvoir prendre plus de temps pour comprendre ce qu’on lui demande, donc de moins stresser et de voir les risques de se blesser, diminuer.

En outre, c’est au pas que se vérifie la véritable impulsion qui est de se porter généreusement en avant et dans le calme.

Il n’est pas négligeable, non plus, de constater que d’un point de vue gymnique, le travail au pas introduit bien le galop. Le mécanisme du pas est plus proche de celui du galop que de celui du trot. 

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Qui veut voyager loin ménage sa monture

Racine « Les plaideurs »

A propos du contre galop

samedi, décembre 15th, 2007

Le contre galop est un véritable travail d’assouplissement, à mon avis à ne pas négliger.

J’ai vu beaucoup de chevaux améliorer leur galop, ayant conjointement été gymnastiqués au contre galop.

Il y a un point important, dans cet exercice, que j’aimerais souligner : travaillez au contre galop avec un léger pli d’encolure à l’intérieur. Cela libère l’épaule extérieure et facilite le geste de l’antérieur, notament dans les courbes et dans les coins.

Cette attention particulière évite à bien des chevaux de se désunir devant dans les tournants.

Evidemment ce n’est pas toujours ce que les gens apprennent au départ, cela semble pourtant logique!

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Le Galop …dans une perspective d’auto-régulation

dimanche, décembre 9th, 2007

Il n’est pas toujours aisé d’obtenir un beau galop souple, ample et lent, dans lequel le cheval s’articule correctement. Il faut du temps pour bien gymnastiquer ce dernier afin qu’il arrive à mettre son dos en place sans peser, en restant en équilibre sur des hanches qui s’abaissent facilement.

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Le conseil que je vais vous donner ici s’applique au travail de base du galop.

Tant que votre cheval s’articule difficilement, soit il peut, galoper vite et à plat, ou bien encore, ne maintenir son galop que quelques foulées et repasser rapidement au trot.

Dans le premier cas, cherchez à le ralentir, bras souples, mains légères, assiette liante et profonde, jambes relâchées et au besoin en le calmant de la voix.

Donnez peu d’informations à la fois et juste celles qui indiquent votre volonté de ralentir. Il y a bien sûr un risque qu’il repasse au trot, repartez alors immédiatement au galop, sans brutalité toutefois, de sorte qu’il comprenne qu’il ne devait pas prendre l’allure inférieure. Recommencez inlassablement jusqu’à ce qu’il puisse, l’ensemble du travail aidant, maintenir un galop plus lent.

Dans le second cas, et bien repartez fermement au galop à chaque fois qu’il redescend à l’allure inférieure, pour lui indiquer qu’il commet une erreur. Vous pouvez sanctionner la transition descendante non désirée, par un « non » vigoureux de la voix avant de repartir au galop.

Quoi qu’il en soit, je pense qu’il est vraiment néfaste de mettre les jambes alors que votre cheval est encore au galop, pour l’empêcher de passer au trot. C’est un cercle vicieux : on lui prête très vite l’intention de vouloir descendre à l’allure inférieure dès qu’il ralentit, et c’est finalement ce fait même que l’on sanctionne et non plus le passage au trot.

Dès lors, il devient difficile de ralentir quand on le souhaite, le cheval étant habitué à toujours être reporté en avant. A moins, bien sûr, de mettre encore plus de mains et de jambes comme on le voit souvent.

On est loin alors , du beau galop lent et souple dans la descente des aides.

De plus, on ne développe pas l’autonomie de son cheval. On l’emprisonne dans des aides qui ne laissent aucune possibilité « d’auto-organisation » qui pourrait répondre au mieux à la demande du cavalier.

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Offrez à votre monture les meilleures conditions pour apprendre une nouvelle tâche et ne faites pas, si je puis dire,  les efforts à sa place, il n’acquerra rien de valable ni de durable. 

Pas de deux improvisé!

dimanche, décembre 9th, 2007

Ce n’est malheureusement pas moi qui ai décidé cette jolie tête au mur.

Ils avaient dû se concerter à l’avance et depuis, ils sont si contents d’eux, qu’ils m’en offrent une à chaque fois qu’ils changent de main en liberté.

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Jambe isolée en arrière de la sangle.

dimanche, décembre 9th, 2007

Pour savoir si votre cheval répond bien à la jambe isolée en arrière de la sangle, je vous propose un petit exercice.

Arrêtez-vous au milieu de la carrière ou du manège, rênes longues.

Reculez une de vos deux jambes pour chasser les hanches du cheval du côté opposé.

Si votre cheval avance au lieu de cela, c’est qu’il ne respecte pas votre jambe isolée. Vous devez alors cesser  sur le champ l’action de votre mollet et l’arrêter en agissant sur les rênes. Relâchez ensuite votre action de main et reprenez celle de la jambe, et ainsi de suite.

Changez régulièrement de jambe et répétez le même travail jusqu’à ce que le cheval déplace ses hanches à droite et à gauche sans avancer ni être retenu par les mains.

Monter à cru, c’est pas du tout cuit!

jeudi, décembre 6th, 2007

Monter à cru est un travail tout à fait propice au développement de la décontraction et de l’équilibre.

Il ne s’agit pas dans cet exercice de prouver ses capacités à tenir sur un cheval qui bouge, quoi qu’il puisse en coûter : jambes serrées et mains raccrochées à la bouche.

Bien au contraire, je recommande de tout lâcher et de se laisser imprégner par les mouvements de sa monture.

Si vous n’êtes pas habitué, faîtes-vous longer par quelqu’un de confiance sur un cheval sage et confortable. Equipez celui-ci d’un tapis et d’un surfaix auquel vous pourrez ajouter un dispositif non contraignant pour l’animal et qui pourra vous être utile en cas de gros déséquilibre.

Commencez au pas : laissez vos jambes et vos fesses bouger au gré des mouvements de votre cheval. Quand celui-ci tourne à droite, laissez votre poids du corps à droite,  quand il tourne à gauche, gardez la fesse gauche bien à gauche et la jambe du même côté bien descendue. Ne donnez pas prise à la force centrifuge vers l’extérieur, c’est très déstabilisant.

Quand vous serez à l’aise au pas, vous prendrez le trot puis le galop. Surveillez bien votre buste : qu’il ne prenne ni avance ni retard, car alors pour compenser le déséquilibre vous serrerez certainement les jambes…entre autres…

Une fois que vous serez en harmonie avec votre monture mettez-lui un filet afin de travailler dans l’autonomie.

Vous vous régalerez, j’en suis sûre!

N’oubliez pas cependant de bien détendre le cheval avant la séance.

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Engagement paroxystique du postérieur

mardi, décembre 4th, 2007

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Au grand étonnement de la cavalière, d’ailleurs