Mains basses ou pas?

C’est vrai que les mains basses agissent plus sur la langue, très inervée et très sensible, et que les mains hautes agissent plus sur la commissure des lèvres, moins inervée et moins sensible ; mais lorsque vous montez un cheval complètement à l’envers, le dos si creux qu’il en est douloureux, l’encolure tellement relevée qu’aucune direction n’est plus possible, le tout ne générant que stress, et souffrance et bien vous pouvez vous dire qu’il y a état d’urgence. Et l’état d’urgence appelle parfois des moyens fermes et efficaces.

Face à un tel cas de figure, on peut tenter de gérer la crise en utilisant d’une part, la flexion d’encolure sur une rêne, et d’autre part, l’emploi des mains basses.

Lorsque le cheval est trop contracté pour se mettre en place, il ne faut pas forcer  longitudinalement pour le faire céder,  mais s’efforcer de l’amener à déjà décontracter son encolure par des flexions sur une seule rêne.

Le geste doit être lent, souple et profond, la main ne doit pas reculer, elle agit diagonalement et en passant en avant du garrot. On peut faire cela, d’abord à l’arrêt, puis en mouvement, en cercle et sur le droit. A chaque fois que l’on obtient un relâchement de l’encolure, on cède totalement de la main, et on demande à son cheval de baisser sa tête, cette fois ci grâce aux deux mains.

Je tiens à redire qu’il s’agit là d’un cheval en grande difficulté. Par la suite, on peut demander la descente d’encolure différemment, mais j’en reparlerai.

Donc, quand il s’agit d’inciter fermement un cheval à baisser son bout du nez, on descend les mains en pianotant des doigts sur les rênes et dès que le cheval cède, aussi peu que ce soit, ce qui indique la décontraction, on cède en rendant complètement de la main. En aucun cas l’action n’est prolongée ni continue.

Par palliers successifs on continue ainsi à faire descendre le cheval en respectant le même protocole jusqu’à ce que la décontraction se propage à l’ensemble de son dos.

  A ceux qui n’aiment pas faire travailler les chevaux l’encolure basse, sous prétexte que cela les met sur les épaules, je dirai qu’il me semble qu’il y a des cas où l’on ne doit pas les laisser plus longtemps dans une attitude qui risque très vite de porter atteinte à leur intégrité physique ou mentale, quitte je le reconnais, à forcer un peu la décontraction. Cependant, quand l’attitude recherchée est atteinte, on sent tout de suite le confort qu’elle apporte au cheval. Cela n’est pas étonnant puisqu’il s’agit d’une attitude naturelle pour lui.

Et à ceux qui ne veulent surtout pas entendre parler des mains basses, je dirai que la fin justifie les moyens, d’autant plus que ces moyens là ne sont pas violents, et que bon nombre de chevaux souffriraient un peu moins s’ils avaient quelques séances de ce travail à leur actif.

webeliphoto-048.jpg

One Response to “Mains basses ou pas?”

  1. Sleipnir dit :

    Merci pour cet expose.

    Je ne suis pas du tout d’accord avec la solution proposee dans ce cas de figure d’un cheval extremement delicat « a la renverse », plutot que de monter un tel cheval, la solution se trouve pour ma part dans le travail a pied, dans le travail en longe et au mur en longe Colbert, afin d’etirer ce cheval, et certainement pas en agissant vers le bas, c’est a dire sur les barres ou la langue du cheval, contre lesquels ce dernier peut resister, mais en agissant vers le haut et vers l’avant. L’action sur la commissure des levres, partie molle de la bouche du cheval permettra d’obtenir des cessions de bien meilleure qualite, il faut et il suffit de conserver les mains au dessus de la bouche du cheval pour s’en rendre compte. Le principe de reciprocite de Francois Baucher, et la logique des contraires prennent alors tout leur sens dans le processus de reeducation d’un tel cheval et de construction de son dos.

Leave a Reply