La peur chez le cheval : quelques causes…

La peur chez le cheval est bien difficile à admettre pour le cavalier. Il y a bien sûr les peurs justifiées : gros camions, coups de feu…  mais le cavalier pense qu’il y a trop souvent celles qui ne le sont pas : blouson sur le pare-bottes, flaques d’eau, plots, etc.

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Ce qui est certain, c’est qu’à force de nier ces appréhentions, les choses s’enveniment.

Le cavalier doit se défaire des idées reçues telles : il le fait exprès, il ne veut pas travailler ou encore, il y met de la mauvaise volonté, et doit essayer de comprendre les raisons qui poussent le cheval à avoir peur.

Il faut savoir que le cheval est doté d’un large champ de vision de 360° mais qui reste approximatif, et pour examiner quelque chose en détail, il lui faut parfois tourner ou basculer la tête.

Donc, si le cavalier ne lui laisse pas assez de liberté dans les rênes, il ne pourra pas regarder avec attention l’objet de ses craintes, et par là-même ne pourra pas se rassurer. Il faut laisser au cheval le temps de regarder, de sentir et de comprendre en le caressant et en relâchant les rênes, plutôt que de le forcer coûte que coûte dans les mains et dans les jambes, au besoin en lui tapant dessus.

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Ce sera à long terme, permettre à sa monture de surmonter ses peurs dans le calme, au lieu d’aller au devant de graves problèmes pouvant entraîner désobéissance violente, rétivité et accidents.

En outre, la cheval est « programmé » de telle manière qu’il lui faut souvent plusieurs indices négatifs additionnés pour déclencher un mouvement de fuite. Dans la nature, s’il tenait compte du moindre signal inquiétant, il fuirait sans cesse et s’épuiserait. Donc l’élément final déclencheur est parfois si anodin qu’on ne comprend pas qu’il engendre une telle réaction, et pourtant, il y a eu sûrement d’autres causes en amont.

Il faut se poser des questions. En voici quelques unes :

  • Le cheval n’est-il pas contaminé pas le comportement inquiet d’un autre congénère?
  • N’est-il pas inquiet qu’on le sépare de ses compagnons d’écurie, surtout s’il se retrouve seul et qu’il n’a pas l’habitude?
  • N’a-t-il pas de douleurs qui le rendent nerveux?
  • N’est-il pas contaminé pas son cavalier, lui-même tendu ou nerveux?
  • N’est-il pas inquiété par des aides trop fortes et inappropriées, ou par un nouvel exercice qu’il ne comprend pas et dont l’approche n’a pas été assez progressive?

Le cheval est fait pour échapper à ses prédateurs, d’où des sens toujours en alerte et un fort instinct de fuite. Il accumule en quelque sorte des tensions intérieures qui lui permettent de fuire à tout moment quand un danger se présente. Dans la nature, il trouve de bonnes raisons pour évacuer ces tensions. Ce qui n’est pas le cas du cheval au boxe qui, s’il n’est pas lâché en liberté plusieurs fois par semaine, trouvera des prétextes apparemment fallacieux pour évacuer dans le travail le trop plein de tensions.

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One Response to “La peur chez le cheval : quelques causes…”

  1. gaton dit :

    extremement interressant
    nous avions eu l’occasion d’en discuter
    je rajouterais donc que même un cheval sorti en liberté régulièrement a besoin aussi de ses moments de « folie »
    ma grosse est dehors toute la journée et pourtant elle attendra le moment du travail pour bouger (je précise quand elle ne travaille pas régulièrement ou quand justement elle travaille tous les jours et qu’elle a besoin de se « changer les idées »)
    j’avais avant un jeune cheval qui était pareil, il vivait au pré et attendait toujours le travail pour faire l’andouille

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