Archive for février, 2008

Retour de stage

mercredi, février 27th, 2008

Quelques instants pour rédiger très rapidement, pour vous, le 1er post suite au stage avec Francisco Bessa de Carvalho.

Ce fut plus que bien !!! Mes élèves et moi avons réellement beaucoup apprécié la compétence et la gentillesse de Quico. Nous avons toutes et tous été très attentifs…

 quico lelièvre  quico lelièvre bis  explication quico

conseils expressifs…         sérieux….          écoute attentive…

…et il fut de bon conseil. Mais vous devrez attendre un peu pour en savoir plus…

A bientôt donc.

Les chevaux et la latéralisation

lundi, février 18th, 2008

 Un texte de Christine Maintier, sur l’actualité scientifique et les chevaux.

Laterality of horses associated with emotionality in novel situations

Voilà pour vous, une nouvelle chronique. L’explication est simple, pour des raisons professionnelles je me promène dans les banques de données scientifiques et je croise parfois quelques articles qui pourraient intéresser Marie-Hélène et ses lecteurs.

Le texte en question est paru dans la revue Laterality (2006) et émane de C. Larose, M.A. Richard-Yris, M. Hausberger et L.J. Rogers.

Cette étude s’intéressait au phénomène de latéralisation chez les chevaux, et comparait les réactions de selles français et de trotteurs de 2 à 3 ans. Le but étant de repérer si les chevaux ont un oeil de prédilection pour repérer les éléments inconnus de leur environnement, et si le dressage permet d’influencer cette prédisposition naturelle.

Quel intérêt ? très pratique éventuellement pour un cavalier. Pourquoi montez-vous à droite? Pourquoi votre cheval n’est-il pas effrayé parfois lorsqu’il marche à une main et s’effraie-t-il lorsque vous croisez un objet à l’autre main?

oeil de galaad

Le cerveau est le grand responsable ! et notamment sa particularité de mettre en oeuvre des traitements différents d’un hémisphère à l’autre. Le cerveau droit est visiblement celui qui oeuvre lors de la reconnaisance de nouveautés (quand le cheval se demande s’il doit fuir ou aller voir ). Comme, au sein du cerveau, se pratique le croisement entre la localisation et la partie du corps qui entre en action, qui dit hémisphère droit, dit réponse à gauche. En clair, c’est quand le cheval répond de manière émotionnellement forte, qu’il a de forte probabilité d’avoir utilisé son oeil gauche.

Le dressage semble changer visiblement des choses puisque les chevaux les plus habitués à être approchés des 2 côtés (les trotteurs) ne montrent plus tout à fait le même comportement.

Bref, si on monte à gauche, ce n’est peut-être pas tant une histoire de sabre liée au passé militaire de l’équitation. On peut imaginer que les hommes qui vivaient au milieu des chevaux avaient repéré de plus grandes réactions de l’animal, et un regard avec l’oeil gauche quand il se produisait quelque chose. A partir de là, il fallait donc l’habituer à voir venir l’homme par ce même côté pour obtenir une certaine désensibilisation, et de plus comme la plupart des humains sont droitiers…en terme de latéralisation tout le monde y trouvait son compte.

Apprendre très tôt au cheval à être manipulé et approché des deux côtés, c’est peut-être avoir une chance de limiter ses réactions émotionnelles face à la nouveauté.

The main finding was a significant correlation between emotionality reactions and the eye preferred to view a novel stimulus : the higher the emotionality, the more likely that the horse looked with its left eye. These results can help to understand some differents training practices of left-mounting. 

Effervescence!

dimanche, février 17th, 2008

Désolée, mais cette semaine vous n’aurez peut-être pas de nouveau post, mon esprit étant trop accaparé par la venue de Francisco Bessa de Carvalho, l’écuyer portugais chez qui je suis allée en stage en septembre. Il vient en Touraine les 22, 23, 24 février, et je ne manquerai pas de vous faire un compte rendu circonstancié suite à son séjour tourangeau.

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Le trot enlevé dans une séance de dressage.

samedi, février 9th, 2008

Trot enlevé (Fr) – Rising trot (Eng) – Leichttraben (D)- Il trotto sollevato (It)- El trote levantado (Sp) 

Lorsque vous entamez la première phase de trot de votre séance de travail sur le plat, n’hésitez pas à prendre le trot enlevé. Cela facilite l’échauffement du dos de votre monture, et par la même occasion, celui du vôtre.

Peu nombreux sont les chevaux vraiment bien échauffés avant le travail. C’est très dommage, car ce sont des athlètes comme les autres, et on ne concevrait pas qu’un footballeur puisse débuter un match, ou un coureur s’élancer sur un 100 mètres sans avoir fait, au préalable, plusieur séries d’étirements.

Malheureusement, dans le domaine de l’équitation, les mentalités évoluent très lentement, et lorsque vous longez votre cheval avant de le monter, vous passez plus souvent pour quelqu’un de peureux que pour quelqu’un de respectueux de l’intégrité physique de son fidèle collaborateur. Et ne parlons pas des cavaliers qui, bien que n’étant pas soumis à des efforts aussi intenses que ceux deleur monture, s’échauffent encore moins qu’ils n’échauffent ces dernières.

Je pense donc, qu’un temps au trot enlevé est une transition douce entre le travail au pas et le travail au trot assis, plus contraignant musculairement pour le couple chaval-cavalier.

Mettez à profit cette période au trot enlevé pour ressentir les différents segments de votre corps et les mettre en place, afin d’être en équilibre, les jambes bien à l’aplomb du buste et pouvoir ainsi, vous décontracter au maximum.

Pour sortir de la selle, amorcez l’élévation en exerçant une légère poussée sur la partie de vos pieds qui se trouve entre la voûte plantaire et les orteils.

A ce propos, je tiens à insister sur les inconvénients liés à l’appui sur ces orteils : vous risquez de remonter les talons, comme un piéton qui marche et se propulse en avant, et par voie de conséquence, perdre l’équilibre, donc vous allez serrer les genoux pour parer à une chute quasi inéluctable sur l’encolure. Si c’est le cas, vous bloquez toutes vos articulations basses, et en plus de votre équilibre, vous perdez votre décontraction…

Donc, nous en étions à la phase d’élévation. Aussitôt que vous avez entamé le début du processus, laissez le dos de votre monture prendre le relais. A chaque fois que le cheval est propulsé en avant par la poussée d’un postérieur, son dos monte légèrement du côté de la poussée, et si vous vous laissez faire, vous êtes alors aidé dans votre mouvement élévatoire par cet effet « catapultant » .

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Lors de ce mouvement ascendant, l’articulation des genoux s’ouvre, les cuisses se déploient, les jambes (en anatomie, la jambe n’est que la partie entre le genou et la cheville) coulissent verticalement et poussent le talon légèrement vers le bas.

Dans la phase descendante, regagnez délicatement le creux de la selle en restant toujours au dessus de vos pieds. L’articulation des genoux se referme sans blocage et les pieds reprennent une attitude plus parallèle au sol.

C’est dans cette phase descendante que vous pouvez mettre les jambes si besoin est, pour donner ou redonner de l’impulsion à votre cheval. A ce moment, en effet, les jambes retrouvent une position plus « enrobante », propice à une action impulsive, tandis qu’à l’instant où vous vous levez, elles perdent un peu de contact en se tendant légèrement pour aider à la poussée vers le haut.

C’est un coup de main (ou de mollet… si vous préférez) à prendre qui vous amènera à travailler sans effort, laissant ainsi la liberté au cheval de s’échauffer plus librement, sans souffrir des maladresses d’un cavalier qui,  trottant assis trop tôt dans la séance, a le rein raide et rebondit douloureusement sur le dos de sa monture. 

Essayez…et faîtes-moi part de vos impressions…

Le demi-arrêt.

samedi, février 2nd, 2008

Demi-arrêt (Fr)- Half-halt (Eng)-Die halbe Parade (D)-La mezza fermata (It)-La media parada(Sp) 

Jean- Claude Racinet explique que pour La Guérinière, le demi-arrêt est un arrêt interrompu, une action d’arrêter qui s’interrompt avant l’arrêt complet et est toujours suivie d’une descente de main.

Ce demi-arrêt a pour but de rééquilibrer le cheval en l’asseyant sur les hanches. Ce rééquilibrage est recherché par le soutien du « bout de devant » par la main du cavalier et dans un ralentissement. L’action de la main s’exerce de bas en haut.

Baucher, quant à lui, a repris le procédé en le limitant au rééquilibrage, sans ralentissement.

Il l’utilise dans les résistances de poids, en relevant sans brusquerie mais fermement la tête du cheval, puis cède totalement en laissant cette dernière dans la position qu’elle a prise.

Pratiqué avec tact, le relèvement de l’encolure entraîne l’abaissement des hanches, l’engagement des postérieurs ,et par conséquent, la possibilité, pour ceux-ci, d’augmenter la charge qu’ils portent.

Dans l’équitation moderne, et en l’occurence celle pratiquée sur les rectangles de dressage, le demi-arrêt conserve son caractère ralentissant, mais la mise sur les hanches ne se fait pas par un relèvement du « bout de devant », mais par des jambes et une assiette actives, qui poussent sur une main fixe pour engager les postérieurs.

Peut-être sommes nous là confrontés aux dangers d’une opposition entre les aides propulsives et rétro propulsives ?

La Guérinière et Baucher n’utilisent les jambes que pour restaurer l’impulsion qui viendrait à décroître lors du demi-arrêt. Par exemple, pour la Guérinière, si le cheval s’arrête au lieu de ralentir.

Pour ma part, lorsque j’effectue une action qui s’apparente au demi-arrêt, je suis plutôt dans l’esprit de la Guérinière et de Baucher que dans celui de ce qui se pratique en équitation officielle, je ne pousse pas des jambes sur la main.

Toutefois, contrairement à Baucher, je ne laisse pas l’angle « tête-encolure » s’ouvrir au delà d’un certain degré, car je pense qu’il pourrait m’être difficile d’empêcher certains chevaux délicats de creuser leur dos.

Sur un cheval qui fait une résistance de force, qui se met à tirer en accélérant et en se mettant sur les épaules, je vais le ralentir et le « décoller » de la main en le grandissant légèrement.

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Pour ce faire, tenant fermement mon dos pour ne pas me laisser entraîner vers l’avant, et gardant mes mains bien devant moi, coudes au corps , pour ne pas tirer, je ralentis par un retrait du haut du corps. Mes mains interviennent très légèrement de bas en haut, tandis que mes doigts agissent par ouverture et fermeture successives sur les rênes. La descente de mains récompensant immédiatement toute bonne réponse du cheval.

Les jambes ne sont là que pour sanctionner les transitions inopportunes et non demandées.

Sur un cheval qui fait une résistance de poids, qui est lourd et ne se porte pas, j’ai le même type d’actions  pour rechercher la légèreté du « bout de devant », mais sans ralentissement.

Autre cas de figure, celui du cheval qui fait une résistance de force en « verrouillant » sa bouche sur le mors et en s’armant contre la main, mais sans prendre de vitesse : je joue vivement dans les doigts en émettant des vibrations sur les rênes et toujours sans reculer les mains, pour restaurer la décontraction de la mâchoire et pouvoir continuer le travail dans l’harmonie. Là aussi les jambes n’agissent que pour rétablir l’impulsion.

Vous l’aurez compris, le dressage d’un cheval ne se résume pas aux seuls demi-arrêts et autres actions qui s’y rapportent, et il serait illusoire de penser que ces moyens suffisent à transformer un sujet faible dans son dos et ses hanches et qui n’est pas en équilibre. Le demi-arrêt n’est qu’un élément d’un ensemble d’exercices qui, au fil du temps, contribueront à assouplir, fortifier et rendre harmonieux le cheval qui ne l’est pas au départ.

Néanmoins, le demi-arrêt, s’il n’est pas la panacée, est toutefois indispensable!