Le demi-arrêt.
Demi-arrêt (Fr)- Half-halt (Eng)-Die halbe Parade (D)-La mezza fermata (It)-La media parada(Sp)
Jean- Claude Racinet explique que pour La Guérinière, le demi-arrêt est un arrêt interrompu, une action d’arrêter qui s’interrompt avant l’arrêt complet et est toujours suivie d’une descente de main.
Ce demi-arrêt a pour but de rééquilibrer le cheval en l’asseyant sur les hanches. Ce rééquilibrage est recherché par le soutien du “bout de devant” par la main du cavalier et dans un ralentissement. L’action de la main s’exerce de bas en haut.
Baucher, quant à lui, a repris le procédé en le limitant au rééquilibrage, sans ralentissement.
Il l’utilise dans les résistances de poids, en relevant sans brusquerie mais fermement la tête du cheval, puis cède totalement en laissant cette dernière dans la position qu’elle a prise.
Pratiqué avec tact, le relèvement de l’encolure entraîne l’abaissement des hanches, l’engagement des postérieurs ,et par conséquent, la possibilité, pour ceux-ci, d’augmenter la charge qu’ils portent.
Dans l’équitation moderne, et en l’occurence celle pratiquée sur les rectangles de dressage, le demi-arrêt conserve son caractère ralentissant, mais la mise sur les hanches ne se fait pas par un relèvement du “bout de devant”, mais par des jambes et une assiette actives, qui poussent sur une main fixe pour engager les postérieurs.
Peut-être sommes nous là confrontés aux dangers d’une opposition entre les aides propulsives et rétro propulsives ?
La Guérinière et Baucher n’utilisent les jambes que pour restaurer l’impulsion qui viendrait à décroître lors du demi-arrêt. Par exemple, pour la Guérinière, si le cheval s’arrête au lieu de ralentir.
Pour ma part, lorsque j’effectue une action qui s’apparente au demi-arrêt, je suis plutôt dans l’esprit de la Guérinière et de Baucher que dans celui de ce qui se pratique en équitation officielle, je ne pousse pas des jambes sur la main.
Toutefois, contrairement à Baucher, je ne laisse pas l’angle “tête-encolure” s’ouvrir au delà d’un certain degré, car je pense qu’il pourrait m’être difficile d’empêcher certains chevaux délicats de creuser leur dos.
Sur un cheval qui fait une résistance de force, qui se met à tirer en accélérant et en se mettant sur les épaules, je vais le ralentir et le “décoller” de la main en le grandissant légèrement.
Pour ce faire, tenant fermement mon dos pour ne pas me laisser entraîner vers l’avant, et gardant mes mains bien devant moi, coudes au corps , pour ne pas tirer, je ralentis par un retrait du haut du corps. Mes mains interviennent très légèrement de bas en haut, tandis que mes doigts agissent par ouverture et fermeture successives sur les rênes. La descente de mains récompensant immédiatement toute bonne réponse du cheval.
Les jambes ne sont là que pour sanctionner les transitions inopportunes et non demandées.
Sur un cheval qui fait une résistance de poids, qui est lourd et ne se porte pas, j’ai le même type d’actions pour rechercher la légèreté du “bout de devant”, mais sans ralentissement.
Autre cas de figure, celui du cheval qui fait une résistance de force en “verrouillant” sa bouche sur le mors et en s’armant contre la main, mais sans prendre de vitesse : je joue vivement dans les doigts en émettant des vibrations sur les rênes et toujours sans reculer les mains, pour restaurer la décontraction de la mâchoire et pouvoir continuer le travail dans l’harmonie. Là aussi les jambes n’agissent que pour rétablir l’impulsion.
Vous l’aurez compris, le dressage d’un cheval ne se résume pas aux seuls demi-arrêts et autres actions qui s’y rapportent, et il serait illusoire de penser que ces moyens suffisent à transformer un sujet faible dans son dos et ses hanches et qui n’est pas en équilibre. Le demi-arrêt n’est qu’un élément d’un ensemble d’exercices qui, au fil du temps, contribueront à assouplir, fortifier et rendre harmonieux le cheval qui ne l’est pas au départ.
Néanmoins, le demi-arrêt, s’il n’est pas la panacée, est toutefois indispensable!
February 7th, 2008 at 9:06 am
Bonjour Marie-Hélène,
Comment et à quel moment, utiliser ses jambes (ou une jambe et alors laquelle) pour faire avancer son cheval (en particulier lorsqu’on est au trot enlevé)???
Merci de votre réponse.