Le trot enlevé dans une séance de dressage.
Trot enlevé (Fr) – Rising trot (Eng) – Leichttraben (D)- Il trotto sollevato (It)- El trote levantado (Sp)
Lorsque vous entamez la première phase de trot de votre séance de travail sur le plat, n’hésitez pas à prendre le trot enlevé. Cela facilite l’échauffement du dos de votre monture, et par la même occasion, celui du vôtre.
Peu nombreux sont les chevaux vraiment bien échauffés avant le travail. C’est très dommage, car ce sont des athlètes comme les autres, et on ne concevrait pas qu’un footballeur puisse débuter un match, ou un coureur s’élancer sur un 100 mètres sans avoir fait, au préalable, plusieur séries d’étirements.
Malheureusement, dans le domaine de l’équitation, les mentalités évoluent très lentement, et lorsque vous longez votre cheval avant de le monter, vous passez plus souvent pour quelqu’un de peureux que pour quelqu’un de respectueux de l’intégrité physique de son fidèle collaborateur. Et ne parlons pas des cavaliers qui, bien que n’étant pas soumis à des efforts aussi intenses que ceux deleur monture, s’échauffent encore moins qu’ils n’échauffent ces dernières.
Je pense donc, qu’un temps au trot enlevé est une transition douce entre le travail au pas et le travail au trot assis, plus contraignant musculairement pour le couple chaval-cavalier.
Mettez à profit cette période au trot enlevé pour ressentir les différents segments de votre corps et les mettre en place, afin d’être en équilibre, les jambes bien à l’aplomb du buste et pouvoir ainsi, vous décontracter au maximum.
Pour sortir de la selle, amorcez l’élévation en exerçant une légère poussée sur la partie de vos pieds qui se trouve entre la voûte plantaire et les orteils.
A ce propos, je tiens à insister sur les inconvénients liés à l’appui sur ces orteils : vous risquez de remonter les talons, comme un piéton qui marche et se propulse en avant, et par voie de conséquence, perdre l’équilibre, donc vous allez serrer les genoux pour parer à une chute quasi inéluctable sur l’encolure. Si c’est le cas, vous bloquez toutes vos articulations basses, et en plus de votre équilibre, vous perdez votre décontraction…
Donc, nous en étions à la phase d’élévation. Aussitôt que vous avez entamé le début du processus, laissez le dos de votre monture prendre le relais. A chaque fois que le cheval est propulsé en avant par la poussée d’un postérieur, son dos monte légèrement du côté de la poussée, et si vous vous laissez faire, vous êtes alors aidé dans votre mouvement élévatoire par cet effet “catapultant” .
Lors de ce mouvement ascendant, l’articulation des genoux s’ouvre, les cuisses se déploient, les jambes (en anatomie, la jambe n’est que la partie entre le genou et la cheville) coulissent verticalement et poussent le talon légèrement vers le bas.
Dans la phase descendante, regagnez délicatement le creux de la selle en restant toujours au dessus de vos pieds. L’articulation des genoux se referme sans blocage et les pieds reprennent une attitude plus parallèle au sol.
C’est dans cette phase descendante que vous pouvez mettre les jambes si besoin est, pour donner ou redonner de l’impulsion à votre cheval. A ce moment, en effet, les jambes retrouvent une position plus ”enrobante”, propice à une action impulsive, tandis qu’à l’instant où vous vous levez, elles perdent un peu de contact en se tendant légèrement pour aider à la poussée vers le haut.
C’est un coup de main (ou de mollet… si vous préférez) à prendre qui vous amènera à travailler sans effort, laissant ainsi la liberté au cheval de s’échauffer plus librement, sans souffrir des maladresses d’un cavalier qui, trottant assis trop tôt dans la séance, a le rein raide et rebondit douloureusement sur le dos de sa monture.
Essayez…et faîtes-moi part de vos impressions…
March 19th, 2008 at 8:00 pm
Merci pour ces réflexions de bon sens auxquelles j’adhère entièrement, que ce soit pour préparer une séance sur le plat, ou bien à l’obstacle.