Les chevaux et la latéralisation
Un texte de Christine Maintier, sur l’actualité scientifique et les chevaux.
Laterality of horses associated with emotionality in novel situations
Voilà pour vous, une nouvelle chronique. L’explication est simple, pour des raisons professionnelles je me promène dans les banques de données scientifiques et je croise parfois quelques articles qui pourraient intéresser Marie-Hélène et ses lecteurs.
Le texte en question est paru dans la revue Laterality (2006) et émane de C. Larose, M.A. Richard-Yris, M. Hausberger et L.J. Rogers.
Cette étude s’intéressait au phénomène de latéralisation chez les chevaux, et comparait les réactions de selles français et de trotteurs de 2 à 3 ans. Le but étant de repérer si les chevaux ont un oeil de prédilection pour repérer les éléments inconnus de leur environnement, et si le dressage permet d’influencer cette prédisposition naturelle.
Quel intérêt ? très pratique éventuellement pour un cavalier. Pourquoi montez-vous à droite? Pourquoi votre cheval n’est-il pas effrayé parfois lorsqu’il marche à une main et s’effraie-t-il lorsque vous croisez un objet à l’autre main?
Le cerveau est le grand responsable ! et notamment sa particularité de mettre en oeuvre des traitements différents d’un hémisphère à l’autre. Le cerveau droit est visiblement celui qui oeuvre lors de la reconnaisance de nouveautés (quand le cheval se demande s’il doit fuir ou aller voir ). Comme, au sein du cerveau, se pratique le croisement entre la localisation et la partie du corps qui entre en action, qui dit hémisphère droit, dit réponse à gauche. En clair, c’est quand le cheval répond de manière émotionnellement forte, qu’il a de forte probabilité d’avoir utilisé son oeil gauche.
Le dressage semble changer visiblement des choses puisque les chevaux les plus habitués à être approchés des 2 côtés (les trotteurs) ne montrent plus tout à fait le même comportement.
Bref, si on monte à gauche, ce n’est peut-être pas tant une histoire de sabre liée au passé militaire de l’équitation. On peut imaginer que les hommes qui vivaient au milieu des chevaux avaient repéré de plus grandes réactions de l’animal, et un regard avec l’oeil gauche quand il se produisait quelque chose. A partir de là, il fallait donc l’habituer à voir venir l’homme par ce même côté pour obtenir une certaine désensibilisation, et de plus comme la plupart des humains sont droitiers…en terme de latéralisation tout le monde y trouvait son compte.
Apprendre très tôt au cheval à être manipulé et approché des deux côtés, c’est peut-être avoir une chance de limiter ses réactions émotionnelles face à la nouveauté.
The main finding was a significant correlation between emotionality reactions and the eye preferred to view a novel stimulus : the higher the emotionality, the more likely that the horse looked with its left eye. These results can help to understand some differents training practices of left-mounting.

February 22nd, 2008 at 2:34 pm
intéressant article ! pour rester dans le sujet voici avec humour mon sentiment perso !
En ceinte des jumeaux et toujours cavalière certes un peu moins leste (chut) je devais faire minimum trois pauses pipi par balade d’une heure : je ne trouvais pas toujours d’aide montoir “genre vieux tronc d’arbre, fossé, portail…” . (je mesure 1m60et et XS 1m75).Tout promontoire même très aléatoire se trouvant sur mon chemin était le bien venu et je me souciai peu du bon côté ou non du montoir.
Plus récemment, un accident de ski m’avait presque privé de pouvoir fléchir mon genou droit. J’étais encore une fois bien contente d’avoir familiarisé XS à accepter que je me hisse laborieusement du côté droit, jusqu’à retrouver ma souplesse.
je suis donc vraiment convaincu d’habituer nos fidèles destrier à
1- être abordé ou conduit en main aussi bien à droite qu’à gauche
2- ne pas bouger au montoir
car il y a toujours un moment où quelque peu diminuer, nous serons heureux d’y avoir été attentif.
February 22nd, 2008 at 3:18 pm
je vois un autre interet a être habitué de monter a droite
c’est pour nous muscler également des deux cotés
les rares fois où je suis montés a droite, j’ai bien senti la différence et cela n’avait géné que moi et pas ma monture
en toutr cas, merci Christine pour ce post très interressant