Archive for mars, 2008

Approche du travail les mains hautes.

dimanche, mars 30th, 2008

Avant toute chose, je précise que ce travail n’a de valeur que si, à mesure qu’elles montent, les mains vont vers la nuque du cheval, de manière à n’agir que sur la commissure des lèvres. Comme je l’ai dit précédemment, cette partie du cheval est moins inervée et donc moins sensible que la langue et que les barres.

Aprés avoir délicatement pris le contact avec la bouche du cheval, monter lentement les mains, jusqu’à ce que le mors, remontant dans la bouche, amène les machoires à se desserrer. Céder immédiatement. Petit à petit, il faudra de moins en moins de temps et d’élévation pour que le cheval cède.

Ensuite, par élévation progressive d’une seule main, et aprés avoir obtenu la cession de la mâchoire, demander une flexion latérale de l’encolure. Le degré de flexion de l’encolure dépend des possibilités physiques de chaque cheval et de son niveau d’apprentissage. Tâcher, avant de céder, de maintenir quelques instants le cheval dans cette attitude sur une rêne légère et dans l’autonomie. Reproduire cet exercice aux deux mains.

Lorsque le cheval est installé dans une flexion d’encolure, il suffit de lever la main extérieure pour obtenir une cession de nuque. Si le cheval tente de s’appuyer, restaurer la légèreté par un demi-arrêt.

Céder alors , et laisser le cheval se mettre en descente d’encolure par décontraction de toute la ligne du dessus.

En répétant méthodiquement cet enchaînement d’exercices, on finit par obtenir, plus ou moins rapidement selon les chevaux, la descente d’encolure sur un léger soutien des mains. Un raccourci s’est mis en place, qui ne rend plus nécessaire les flexions latérales inductrices de cette extension d’encolure. Celles-ci restent, néanmoins, un excellent étirement avant de commencer une séance.

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Exemple de mise en main progressive grâce aux mains hautes

Ce travail peut être commencé à pied, puis continué monté à l’arrêt, et perfectionné aux trois allures.

Il impose au cavalier d’avoir déjà acquis une certaine finesse dans l’usage de ses mains et une bonne stabilité dans sa position.Quant au cheval, il doit faire preuve de perméabilité physique et mentale pour être ainsi gymnastiqué sans se défendre. C’est pourquoi certains cas particuliers peuvent appeler des aménagements adaptés.

Petit retour sur les mains basses.

dimanche, mars 23rd, 2008

Ce post est écrit en retour du commentaire d’un blogger ayant un avis différent de celui que je propose, en ce qui concerne l’utilisation en certaines circonstances des mains basses.

J’ouvre avant tout une parenthèse pour remercier encore une fois tous ceux qui contribuent à faire vivre ce blog, modeste mais passionné.

Les prises de position différentes de celles  qui y sont écrites sont très intéressantes, car elles permettent la discussion et incitent à entretenir l’esprit d’analyse. De plus, l’échange me paraît indispensable à tout apprentissage ou perfectionnement.

Je vais donc redonner mon opinion sur le travail les mains basses, puisque ce commentaire m’amène à reformuler ma pensée.

Tout d’abord, je voudrais préciser que je travaille, et fais souvent travailler à certains de mes élèves, l’action de monter les deux mains en direction de la nuque du cheval pour inciter ce derner à prendre le contre pied, et donc à aller  vers le bas.

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La réalité du terrain m’amène à dire que cette action est tout de même délicate, et sa mise en oeuvre peut s’avérer requérir un certain temps. De plus, les cavaliers pas encore très confirmés ne trouvent pas toujours leur place en ayant les mains hautes, ce qui engendre parfois des situations conflictuelles qui peuvent durer trop longtemps à mon goût.

J’ai le souvenir d’un stage donné par un enseignant élève de Philippe Karl, que j’apprécie beaucoup d’ailleurs, et auquel participait une de mes connaissance. Ce cavalier avait une jument délicate qui se contractait vite le dos en relevant assez haut l’encolure. Dès lors, le contrôle de la vitesse et de la direction devenaient aléatoires. Et bien, il a fait sa séance les mains hautes, sur les conseils de l’enseignant, sans jamais vraiment trouver le bon contact avec la bouche de sa jument qui, très gênée, se défendait de plus en plus à la main en tentant de fuir cette gêne. Au final, elle n’a eu que très peu de fois l’envie d’aller vers le bas et très sincèrement, j’ai eu mal au dos pour elle durant toute la séance.

Je ne remets absolument pas en doute les bienfaits de cette action, mais elle demande une approche progressive pour le cheval et son cavalier, et dans un premier temps, je pense qu’il est bon d’avoir à sa disposition un moyen rapide, pas forcément agréable pour le cheval, je l’accorde, pour désamorcer « l’engrenage infernal » d’un cheval qui se contracte de plus en plus.

La question se pose alors de savoir s’il vaut mieux, dans un tel cas, revenir très ponctuellement sur les mains basses durant 2 ou 3 secondes pas plus, cela suffit en général, ou garder les mains hautes, en n’agissant, certe, que sur la commissure des lèvres, mais plus longtemps, faute d’un résultat assez rapide? Le dos, dans ce cas, est contracté plus longtemps et donc, douloureux!

Personnellement, j’opte pour la première solution. J’explique toujours à mes élèves les avantages et les inconvénients de ce que je leur fais faire en soulignant bien le fait que cette action est provisoire et que dès que le moment sera propice, d’autres actions plus fines prendront le relais qui, pratiquées en concomitance avec des exercices appropriés contribueront à rééduquer le dos de leur monture. 

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Le débat reste ouvert, bien sûr.

A vos plumes! ou plutôt à vos claviers…

 

 

Une nouvelle rubrique : Vos questions

mercredi, mars 19th, 2008

Comme il m’en a été fait la remarque, il n’existe pas réellement dans ce blog une possibilité de déposer facilement vos questions. Et poser des questions, là où on dépose les commentaires d’articles, n’est peut-être pas très aisé.

Pour tenter de rectifier ce défaut une nouvelle rubrique est donc créée :

Vos questions…et des tentatives de réponses

N’hésitez pas à vous y exprimer. A bientôt donc…

Comportement du cheval

lundi, mars 17th, 2008

Quand les lectrices nous donnent de bons tuyaux.

L’adresse Internet laissée précédemment par Agathe amène à lire un document sur les chevaux considérés comme difficiles à l’approche.

Document intéressant… à lire.

A propos du piaffer.

samedi, mars 15th, 2008

 High school air : the piaffe

A dressage movement where the horse is in a highly collected and cadenced trot. The front end of the horse must be mobile and light. The center of gravity should be more towards the hint end.

Avant de commencer l’étude du piaffer, il faut que le cheval ai été assoupli dans l’épaule en dedans, dans les déplacements latéraux côté concave (appuyer, tête au mur, pirouette) et dans toutes les transitions longitudinales, les départs au trot de l’arrêt répétés étant particulièrement conseillés.

Tous ces exercices développent la mobilité, l’abaissement et la flexibilité des hanches, condition sine qua non à l’exécution de cet air relevé. Autre préalable indispensable, la légèreté de l’avant-main qui ne découlera du travail précédent que si le cavalier fait bon usage de ses mains en pratiquant le plus souvent possible la descente de mains (se reporter au post : descente de mains).

Le choix des procédés à utiliser dans l’apprentissage du piaffer doit être guidé par les qualités physiques et mentales du cheval. La façon de faire ne sera pas la même avec un cheval court, abaissant facilement les hanches, qu’avec un cheval long qui mobilise moins bien son articulation lombo-sacrée. De même, les différences d’influx nerveux induiront-elles des approches différentes de l’exercice. Par exemple, avec des chevaux à l’influx nerveux important, le piaffer peut être abordé par des transitions « pas-reculer-pas » de plus en plus raccourcies et rapprochées, jusqu’à une légère mobilisation sur place. Ensuite, un report en avant au pas ample et calme est recommandé, plutôt que de partir au trot. A l’inverse, avec un cheval très calme, voire lymphatique, on travaillera les transitions « trot-arrêt-trot » de façon énergique et sur des foulées de plus en plus courtes, jusqu’à faire quelques pas de piaffer à la place du trot.

Il y a bien sûr, d’autres cas, qui demanderont des aménagements de tous ces exercices. Ne restez pas figés dans un type de travail, nuancez en fonction de l’évolution de l’apprentissage et du comportement de votre monture.

Un piaffer lent et soutenu est très difficile à obtenir, il faut donc savoir se contenter d’un piaffer plus ordinaire.

Néanmoins, même ordinaire, ce piaffer doit rester juste.

  • Attention à ne pas laisser le cheval s’acculer et de ce fait être tenté de reculer, auquel cas il faudrait le reporter vigoureusement en avant.
  • Veillez à ce que le cheval ne soit pas sous lui du devant. Si c’est le cas, avancez légèrement dans le piaffer en vous redressant et en grandissant votre cheval.
  • Ne laissez pas s’installer l’excitation ni le désordre, ce qui nuirait à la diagonalisation du mouvement. Restaurez alors le calme en remettant tranquillement au pas à chaque fois que votre cheval s’énerve. 

Le piaffer n’est pas du piétinement sur place!

Rappelez-vous : Oliveira disait : « Agir et laisser faire ». Ce qui veut dire, agir, puis pratiquer la descente de mains et de jambes.

Ne piaffez pas à la place de votre cheval!

 

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Différents stades de piaffer de trois chevaux que j’ai contribué à former :

Arly en tout début d’apprentissage, Zapador, plus avancé, et Galaad, bien confirmé dans cet air.

L’enseignement de Francisco Bessa de Carvalho.

dimanche, mars 9th, 2008

L’enseignement de Francisco Bessa de Carvalho, écuyer depuis plus de vingt ans à l’école d’art équestre de Lisbonne, repose sur des fondements très classiques. Par classique j’entends, issus de la tradition équestre du 18e siecle : disponibilité des hanches et des épaules, grâce à un travail gymnastique important. Pour ce faire, l’importance est donnée aux petits cercles,

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certains pouvant aller jusqu’à 6m de diamètre,

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 et aux pas de côtés : épaules en dedans, appuyers, têtes au mur

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Selon le niveau des chevaux, ces exercices peuvent être effectués aux trois allures.

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A travers les enchainements serrés, voire très serrés… de ces figures et déplacements latéraux, l’écuyer recherche également la disponibilité mentale du cheval. N’est-ce pas là la véritable impulsion?

Jamais « Quico », puisque c’est ainsi que tout le monde l’appelle, ne nous fait « bousculer » notre cheval : plutôt que la vitesse, il recherche la réactivité. De nombreuses transitions en tous genre sont alors exécutées. Ce travail emmène les couples les plus avancés jusqu’au rassembler : passage, piaffer.

Cet homme de cheval, dont la réputation n’est plus à faire, montre envers les cavaliers et leurs chevaux un grand respect. Jamais il n’élève la voix et reste courtois en toutes circonstances. Certains ou plutôt certaines cavalières françaises qui donnent parfois des stages, pourraient en tirer des leçons. Quico prodigue des conseils spécifiques et avisés pour chaque élève et offre aux chevaux de fréquentes phases de repos durant lesquelles les points importants qui viennent d’être vus sont résumés.

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Bref, au risque de me répéter : un vrai bonheur de travailler avec cet écuyer! 

Haras de Muschamp.

dimanche, mars 9th, 2008

Samedi 8 Mars, au coeur de la Touraine du sud, était organisée une journée portes ouvertes au haras de Muschamp, éleveur de race Trakehner depuis 1950 et centre d’insémination.

Ayant la chance d’être au rendez-vous, j’ai pu profiter de la visite commentée du laboratoire d’insémination. J’ai également assisté à la présentation de trois très beaux étalons.

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Un accueil chaleureux, Janet Scollay-Lorch et son époux, propriétaires des lieux, ayant un mot aimable pour chacun, ainsi qu’un excellent « five o’clock, étaient réservés aux personnes présentes.

Premières impressions de stage.

dimanche, mars 2nd, 2008

Un stage avec Francisco Bessa de Carvalho, ça décoiffe!

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Du cavalier ou sa monture, on ne sait pas qui est le plus concentré.

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Bien sûr, quand le résultat est bon,  le cavalier peut en perdre à moitié la tête …

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Et quand le cavalier fait une pause, son cheval se repose.

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