Petit retour sur les mains basses.
Ce post est écrit en retour du commentaire d’un blogger ayant un avis différent de celui que je propose, en ce qui concerne l’utilisation en certaines circonstances des mains basses.
J’ouvre avant tout une parenthèse pour remercier encore une fois tous ceux qui contribuent à faire vivre ce blog, modeste mais passionné.
Les prises de position différentes de celles qui y sont écrites sont très intéressantes, car elles permettent la discussion et incitent à entretenir l’esprit d’analyse. De plus, l’échange me paraît indispensable à tout apprentissage ou perfectionnement.
Je vais donc redonner mon opinion sur le travail les mains basses, puisque ce commentaire m’amène à reformuler ma pensée.
Tout d’abord, je voudrais préciser que je travaille, et fais souvent travailler à certains de mes élèves, l’action de monter les deux mains en direction de la nuque du cheval pour inciter ce derner à prendre le contre pied, et donc à aller vers le bas.
La réalité du terrain m’amène à dire que cette action est tout de même délicate, et sa mise en oeuvre peut s’avérer requérir un certain temps. De plus, les cavaliers pas encore très confirmés ne trouvent pas toujours leur place en ayant les mains hautes, ce qui engendre parfois des situations conflictuelles qui peuvent durer trop longtemps à mon goût.
J’ai le souvenir d’un stage donné par un enseignant élève de Philippe Karl, que j’apprécie beaucoup d’ailleurs, et auquel participait une de mes connaissance. Ce cavalier avait une jument délicate qui se contractait vite le dos en relevant assez haut l’encolure. Dès lors, le contrôle de la vitesse et de la direction devenaient aléatoires. Et bien, il a fait sa séance les mains hautes, sur les conseils de l’enseignant, sans jamais vraiment trouver le bon contact avec la bouche de sa jument qui, très gênée, se défendait de plus en plus à la main en tentant de fuir cette gêne. Au final, elle n’a eu que très peu de fois l’envie d’aller vers le bas et très sincèrement, j’ai eu mal au dos pour elle durant toute la séance.
Je ne remets absolument pas en doute les bienfaits de cette action, mais elle demande une approche progressive pour le cheval et son cavalier, et dans un premier temps, je pense qu’il est bon d’avoir à sa disposition un moyen rapide, pas forcément agréable pour le cheval, je l’accorde, pour désamorcer “l’engrenage infernal” d’un cheval qui se contracte de plus en plus.
La question se pose alors de savoir s’il vaut mieux, dans un tel cas, revenir très ponctuellement sur les mains basses durant 2 ou 3 secondes pas plus, cela suffit en général, ou garder les mains hautes, en n’agissant, certe, que sur la commissure des lèvres, mais plus longtemps, faute d’un résultat assez rapide? Le dos, dans ce cas, est contracté plus longtemps et donc, douloureux!
Personnellement, j’opte pour la première solution. J’explique toujours à mes élèves les avantages et les inconvénients de ce que je leur fais faire en soulignant bien le fait que cette action est provisoire et que dès que le moment sera propice, d’autres actions plus fines prendront le relais qui, pratiquées en concomitance avec des exercices appropriés contribueront à rééduquer le dos de leur monture.
Le débat reste ouvert, bien sûr.
A vos plumes! ou plutôt à vos claviers…