Archive for avril, 2008

Quelle proportion entre l’inné et l’acquis?

dimanche, avril 27th, 2008

Il en va des chevaux comme des humains, tous n’ont pas le même tempérament. Certains sont naturellement calmes, posés, prennent leur temps pour faire les choses, d’autres sont plus vifs, réagissent au quart de tour, et s’agitent en permanence.

Mais quelle part revient exactement à l’inné et à l’acquis? Quel rôle l’éducation et les conditions environnementales ont-elles joué dans le façonnement psychique de l’individu?

Lorsque vous découvrez un nouveau cheval, dans le but d’en faire un compagnon de travail, il me paraît important de prendre connaissance de son vécu, dans la mesure du possible, bien sûr. Cela peut apporter des éléments pouvant aider à mieux comprendre certains comportements.

Observez le également au box, soyez attentif à ses réactions au moment du pansage, et quand vous le menez en main, notez bien ses réactions.

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Puis sortez-le en longe ou en liberté et voyez comment il se déplace, comment il répond à vos demandes. Tâchez d’être perméable à tous les signaux qu’il vous envoie, à son langage corporel, qui sont autant d’indications qui vous permettront de vous faire une première opinion.

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Cette opinion ne sera pas forcément la bonne car ce n’est pas toujours si simple. Le vrai tempérament d’un cheval peut être modifié dans le bon comme dans le mauvais sens, au contact de l’être humain. Il faut parfois beaucoup de patience et de tact pour qu’il redevienne lui-même, et il peut aussi être vite gâché par le comportement inadapté de la personne qui s’en occupe, à pied aussi bien que dans le travail monté.

En ce qui concerne le travail monté, les écueils peuvent être nombreux. Prenons un exemple : un cheval qui ne répond pas aux jambes n’est pas forcément un cheval insensible et froid de nature. Tous les chevaux n’ont pas systématiquement les mêmes réponses faces aux agressions que représentent des jambes dures. Certains, pour tenter de s’y soustraire, vont fuir, et d’autres, se contractant tellement pour ne plus les sentir, n’avanceront pas, et auront donc droit à une double ration de jambes.

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Prenons  un autre exemple : un cheval qui fuit n’est pas obligatoirement un cheval très chaud, mais peut-être seulement un cheval qui exprime un malaise quelconque. Le cavalier met éventuellement trop de jambes, comme on l’a vu précédemment, ou bien trop de mains et sa pauvre monture fuit pour échapper à cette agression. Avec un peu de chance, ou plutôt de malchance, elle se verra échanger son mors contre un autre plus sévère afin d’enrayer ce problème.

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Mon but, dans ce post, n’est pas de répertorier tous les cas de figure et d’essayer d’y apporter des solutions. C’est juste de sensibiliser les cavaliers qui ne le seraient pas encore, sur le fait qu’il faut se garder de porter un jugement hâtif et définitif sur un cheval. Tant de raisons autres que celles inhérentes au tempérement propre du cheval sont valables pour justifier un comportement bien souvent plus acquis qu’inné. A commencer par les erreurs du cavalier qui doit absolument se dire que c’est lui qui a la raison, et que c’est donc à lui de se remettre en question afin de trouver les solutions les plus adaptées pour préserver l’harmonie entre lui et sa monture.

Le cheval pourra alors donner le meilleur de lui-même.

Vers une mobilité différente.

dimanche, avril 20th, 2008

Il faut tendre vers une économie de moyens, une miniaturisation des aides, comme le dit P. Franchet d’Esperey.

La descente de mains et de jambes a déjà été évoquée, mais les actions qui précèdent cette cession des aides, doivent être de plus en plus affinées au point de ne plus exercer aucune force sur le cheval.

Le dressage ne devrait avoir, comme but ultime, que la recherche de la mobilité en tout sens, obtenue grâce à un minimum d’action, dans l’aisance et la décontraction.

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Il faut imaginer une boule posée sur une table, sur laquelle on exerce une légère poussée où que ce soit sur sa surface. Elle se déplace facilement et régulièrement.

Il doit en être ainsi du cheval : stable dans son attitude, mais prêt à se mouvoir, tant dans le plan latéral que longitudinal, à la plus légère sollicitation de son cavalier.

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Si le cavalier agit en force, le cheval risque de résister à cette force, ce qui va induire des tensions et réduire considérablement sa mobilité.

 En effet, le cheval ne sera alors plus en équilibre entre les aides de son cavalier, mais en appui d’un côté ou de l’autre. Ainsi, le temps qu’il lui faudra pour se mouvoir dans le sens opposé à cet appui sera donc plus long que s’il avait été léger au départ.

Il suffit de regarder un cheval en liberté qui s’amuse, et voir comme il bouge et avec quelle rapidité!

Un autre avantage de ce travail est de ne pas faire les exercices à la place du cheval en l’empoignant avec vigueur, mais de lui donner la possibilité, une fois la demande faite, de s’organiser en prenant son temps, afin de trouver la meilleure réponse locomotrice qui soit.

Ce comportement moteur n’étant pas dû à des demandes exogènes fortes (mains, jambes du cavalier, éperons), mais à une organisation majoritairement endogène. On peut penser, voire espérer… que le cheval aura plus de facilité à reproduire le mouvement.

Le bénéfice est total : le cheval n’est pas contraint, blasé par le travail, il évolue dans la décontraction avec légèreté en n’ayant pas à faire les frais d’aides douloureuses et contraignantes de la part de son cavalier. 

Il me semble que c’est ce vers quoi il faut tendre, ce que l’on peut rêver d’obtenir…Ce à quoi, en tout cas, il serait bon de travailler…A vous de voir !

Retour d’un joli séjour.

samedi, avril 12th, 2008

Des soucis familiaux, rentrés gentiment dans l’ordre, et un court séjour à Vienne, en Autriche, m’ont tenue éloignée de mon clavier un moment.

Je ne pouvais bien sûr pas visiter cette belle ville de Vienne sans assister au spectacle de l’Ecole Espagnole de Vienne, ni sans aller voir le travail du matin des écuyers.

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Christine s’est faite paparazza (là, s’est moi qui invente le féminin de paparazzi)un court instant pour voler quelques clichés des fameux chevaux blancs, toute photo étant malheureusement interdite.

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Le manège est somptueux et ne peut qu’inciter à bien travailler. On ne peut décemment pas être médiocre dans un endroit pareil. D’ailleurs, les écuyers de Vienne sont tout sauf médiocres. Il n’est qu’à voir le niveau de dressage de leurs chevaux et la cadence dans laquelle ceux-ci travaillent.

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Les lippizzans évoluent dans une cadence lente, calme, sans jamais être précipités dans leurs allures. Ils ne sont pas mous pour autant et nous surprennent parfois par un écart subit mais rapidement recadré par leur cavalier.

Les écuyers, quant à eux, sont discrets et économes dans l’emploi des aides, je souligne  particulièrement la fixité des bas de jambes dont beaucoup pourraient s’inspirer, tout en sachant être fermes avec leurs chevaux pour reprimer toute velléité de fantaisie lors du spectacle.

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Le travail du matin est de la même veine et nous laisse globalement cette impression identique de calme et respect des chevaux.

L’impulsion dans la lenteur, moi je trouve ça formidable!