Vers une mobilité différente.
Il faut tendre vers une économie de moyens, une miniaturisation des aides, comme le dit P. Franchet d’Esperey.
La descente de mains et de jambes a déjà été évoquée, mais les actions qui précèdent cette cession des aides, doivent être de plus en plus affinées au point de ne plus exercer aucune force sur le cheval.
Le dressage ne devrait avoir, comme but ultime, que la recherche de la mobilité en tout sens, obtenue grâce à un minimum d’action, dans l’aisance et la décontraction.
Il faut imaginer une boule posée sur une table, sur laquelle on exerce une légère poussée où que ce soit sur sa surface. Elle se déplace facilement et régulièrement.
Il doit en être ainsi du cheval : stable dans son attitude, mais prêt à se mouvoir, tant dans le plan latéral que longitudinal, à la plus légère sollicitation de son cavalier.
Si le cavalier agit en force, le cheval risque de résister à cette force, ce qui va induire des tensions et réduire considérablement sa mobilité.
En effet, le cheval ne sera alors plus en équilibre entre les aides de son cavalier, mais en appui d’un côté ou de l’autre. Ainsi, le temps qu’il lui faudra pour se mouvoir dans le sens opposé à cet appui sera donc plus long que s’il avait été léger au départ.
Il suffit de regarder un cheval en liberté qui s’amuse, et voir comme il bouge et avec quelle rapidité!
Un autre avantage de ce travail est de ne pas faire les exercices à la place du cheval en l’empoignant avec vigueur, mais de lui donner la possibilité, une fois la demande faite, de s’organiser en prenant son temps, afin de trouver la meilleure réponse locomotrice qui soit.
Ce comportement moteur n’étant pas dû à des demandes exogènes fortes (mains, jambes du cavalier, éperons), mais à une organisation majoritairement endogène. On peut penser, voire espérer… que le cheval aura plus de facilité à reproduire le mouvement.
Le bénéfice est total : le cheval n’est pas contraint, blasé par le travail, il évolue dans la décontraction avec légèreté en n’ayant pas à faire les frais d’aides douloureuses et contraignantes de la part de son cavalier.
Il me semble que c’est ce vers quoi il faut tendre, ce que l’on peut rêver d’obtenir…Ce à quoi, en tout cas, il serait bon de travailler…A vous de voir !