Une idée pour améliorer la tonicité du pas.

Je vais prendre l’exemple de mon cheval, Arly, qui manque de tonicité au pas.

Je travaille toujours assez longtemps le pas en début de séance, et j’y reviens en fin de séance. En début de séance, il me sert à échauffer en douceur les muscles de mon cheval, car même si je le longe toujours avant de le monter, pour lui les choses changent beaucoup dès lors que je suis dessus : son dos s’affaisse, il perd en puissance, et l’engagement et la poussée des postérieurs diminuent.

En fin de travail, j’utilise de nouveau le pas comme retour au calme et parce que mon cheval étant bien échauffé, il est plus à l’aise et me donne de meilleures choses.

Lorsque je débutais mon travail au pas, j’avais, depuis longtemps, pris l’habitude de demander d’emblée à Arly de se livrer dans le pas. De ce fait, il se mettait naturellement en extension d’encolure, donc dos plutôt bien orienté.  Mon but étant d’avoir un pas ample, tonique et bien articulé.

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Mais finalement, j’ai bien vu qu’il peinait dans ce travail, je ne le sentais pas vraiment se porter en avant de bon coeur et je devais le solliciter trop souvent à mon goût. Bien sûr, je m’appliquais à faire et refaire, et c’est là que le bât blesse, à re-refaire la leçon de la jambe, avec descente de jambes entre chaque demande, mais tout était un peu à recommencer à chaque fois. Ce n’était pas franchement mauvais, mais pas non plus tout à fait satisfaisant. Il faisait beaucoup d’efforts pour s’articuler, et les mouvements de balanciers de l’encolure étaient, de ce fait, fort prononcés, ce qui induisait une instabilité de l’avant main assortie de manifestations d’agacements de sa bouche à l’encontre du mors et de ma main qui, alors avait du mal à se fixer.

Depuis une quinzaine de séances, j’ai radicalement changé mon travail. J’échauffe toujours longuement à la longe, et je travaille toujours autant le pas mais je ne demande plus le mouvement en avant en extension d’encolure. Au contraire, je laisse Arly marcher à la vitesse qu’il peut me donner sans effort, ce qui ne l’incite plus à tirer l’encolure vers le bas pour s’aider. Il se tient alors dans son équilibre naturel qui est assez relevé, et je ne recherche que la légèreté. J’essaie d’être extrêmement délicate dans mes mains afin de ne prendre ni ne donner l’envie à Arly de prendre de contact inutile. Je n’interviens sur sa bouche que pour demander ou restaurer la flexion de mâchoire et de nuque, et légèrement déplacer les épaules pour tourner. Je sanctionne par un petit demi-arrêt toute velléité d’appui de sa part. Je l’aide ainsi à se mettre aussi peu que possible sur les épaules.

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Petit à petit, je le sens devenir plus autonome, plus décontracté, aussi. Il ne se défend plus avec ma main. J’ai retiré les éperons et ne me sers de la cravache que deux ou trois fois en début de travail s’il passe en arrière de mes jambes. Un petit tapotement derrière la jambe suffit à déclencher une plus grande réactivité qu’auparavant, d’ailleurs.

J’arrête souvent, je recule, je fais un pas en avant, puis un autre, de façon très décomposée, afin de contrer le moindre déséquilibre sur les épaules.

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Mon cheval est comme un ressort grippé qui se remet à fonctionner, et au bout d’un moment, en équilibre, ayant concentré sa force et son énergie grâce à ce travail rassemblé, il allonge sans effort et tient cet allongement bien plus longtemps qu’avant.

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Je pense aussi, qu’après s’être énormément concentré mentalement pour aller lentement, être autonome, et gérer au mieux son équilibre, le cheval accueille avec plaisir l’allongement qui est pour lui, à ce moment là, comme une pause, une récréation, une certaine liberté.

4 Responses to “Une idée pour améliorer la tonicité du pas.”

  1. gaton Says:

    extrememnt interressant comme sujet
    ma grosse mémère a beaucoup de mal en début de séance pour se livrer au pas
    je sais que la petitesse de ma carrière n’aide pas et je vais de ce pas( ou presque) changer ma façon de voir la chose
    j’avoue que j’avais tendance a m’énerver et a m’impatienter de ce manque d’allant (surtout que ma mémère vit dehors et ne manque absolument pas d’entrain quand elle se déplace dans son paddock)

  2. sylou Says:

    j’ai l’impression en ayant lu ce paragraphe de me replonger dans un excellent ouvrage qu’on m’avait offert : l’école des centaures de Pierre Pradier !
    ça m’a même donné envie de le relire !

    Dans un passage excellent il décrit l

  3. sylou Says:

    (désolé pour la fausse manip) la déconvenue du jeune écuyer qui ne parvient pas à obtenir de bons allongement de trot de son cheval alors qu’il a vu son maitre en montrer d’excellents auparavant avec le même cheval.
    l’explication du maitre est voisine de la constatation expliquée par Marie :

    Le cheval prend les allongements ou “demande de déploiement” comme “une récompense” quand ils sont demandés après des “rétrécissements” d’allures ou des demandes de déplacements latéraux. Ils sont alors mieux vécus et donnés de bonne grâce.

    Pour conclure, il est vrai que le pas est une allure “extraordinaire” qui nous permets sans heurs d’apprendre à mieux connaitre le fonctionnement de notre monture et à réajuster constamment notre travail en fonction.

    merci Marie d’avoir mit une nouvelle fois le doigts sur un point essentiel !

  4. sylou Says:

    en relisant une nouvelle fois ce passage je constate une erreur récurrente dans mon travail de début de détente similaire à ce qu’explique Marie.

    Sous prétexte de commencer la détente rênes plutôt longues, je me retrouvait régulièrement avec des problèmes de déséquilibre des épaules.
    Notamment dans le déplacement des épaules en pli contraire, où je me retrouvais avec un exercice que le cheval voulait bâcler (exécuter dans une allure précipitée) avec un tomber de l’épaule interne…
    Souvent je prenais donc le parti de remonter sur mes rênes et de redemander l’exercice en pas à pas, cadence très lente pour obtenir la décontraction souhaitée et la légèreté du contact avec la bouche…
    conclusion : mon cheval ne se tient donc pas seul sur des rênes longues (en tout cas en début de travail)
    à méditer donc : le travail en extension d’encolure à ne pas tenter en début de travail pour l’instant, mais à préférer en fin de travail comme vérification du bon équilibre …

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