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De la nécessité de l’usage de la voix.

dimanche, juillet 27th, 2008

Il est à mon sens évident de penser que l’usage de la voix est tout-à-fait utile, voire nécessaire, dans la pratique de l’équitation, que l’on soit débutant avec des aides tactiles encore approximatives, ou que l’on soit confirmé, ayant à aider sa monture dans des exercices plus difficiles.

Lorsque l’apprentissage du travail à la voix a été bien mené,il suffit au cheval d’entendre le terme connu désignant l’action, pour qu’il sache instantanément ce à quoi cela correspond et qu’il exécute la chose demandée comme s’il était en liberté.

Les aides tactiles sont plus complexes à comprendre car souvent elles donnent plusieurs indications à la fois : vitesse, direction, rectitude, rebond, amplitude… De plus, le cheval doit souvent exécuter l’exercice en même temps qu’il analyse ces aides.

Pour ce qui est du jeune cheval, il sera très positif pour lui, de retrouver dans le travail monté, les mêmes mots que ceux employés lors du débourrage à la longe. Le mot connu, associé à l’action demandée, rendra sa comprehention plus aisée.

L’usage de la voix permet de garder des aides plus discrètes, car si le cheval est distrait ou un peu mou, il, suffit de le rappeler à l’ordre par un code verbal pour le rendre plus attentif.

Mon cheval, par exemple, n’est jamais aussi attentif que lorsque je ne le travaille qu’à la voix. Il s’organise au mieux sans la gêne provoquée par mes mains et mes jambes, et me donne, alors, le meilleur de lui-même : c’est un vrai bonheur, et je me dis qu’à ce moment, il doit trouver le travail beaucoup moins pénible.

Le cavalier débutant sera plus en confiance s’il sait que son cheval répond à la voix, et il n’aura pas à forcer physiquement pour se faire comprendre. Cela lui permettra de rester plus décontracté et de prendre le temps de placer correctement et en douceur ses aides.

Quand on sait les dommages que des aides tactiles sévères et maladroites, parfois renforcées d’aides artificielles tel l’éperon, peuvent causer à un cheval, on s’étonnera qu’en compétition, l’utilisation de la voix, aide naturelle douce, soit sanctionnée comme une faute!

Quelques vidéos pour illustrer ce qui précède : ici, le reculer.

Premières leçons de reculer à partir de l’arrêt.

dimanche, juillet 20th, 2008

Pour une efficacité maximum dans l’apprentissage du reculer « monté », apprenez à votre cheval à reculer en main.

En licol, vous exercerez une légère traction vers l’arrière sur la longe, tandis qu’en filet, les deux rênes tenues dans une seule main, l’action se fera plutôt vers le haut. Dans les deux cas, vous associerez votre demande à un code verbal et ensuite, s’il n’y a pas de réponse, vous tapoterez gentiment le poitrail avec la main ou une cravache.

Au premier pas en arrière, vous cesserez toute action et récompenserez. Vous recommencerez jusqu’à ce que votre action se limite à une légère action de mains.

Quand ce stade est atteint, reprenez l’exercice, « monté » cette fois, avec une aide à pied qui agira sur le poitrail si l’action de mains ne suffit pas. L’action des mains sera accompagnée d’un grandissement du haut du corps. Suivez alors la même progression qu’à pied.

Ne mettez pas les jambes pour reculer, car si vous ne gardez pas précieusement ces dernières pour le mouvement en avant, vous risquez d’apprendre à votre cheval à s’acculer. Ceci est ma position… mais vous rencontrerez des cavaliers qui indiquent qu’il faut s’aider des jambes lors du reculer…

Conservez toujours un contact léger avec la bouche, premièrement par respect pour celle-ci, et deuxièmement, par souci d’apprendre à votre cheval à respecter la plus petite action de mains.

Le reculer ne doit pas engendrer de rapport de force, avec surenchère d’actions de mains et de jambes. Il ne doit pas être considéré non plus, comme un exercice périlleux nécessitant un tas de moyens à mettre en oeuvre. Si son approche est progressive, logique et s’effectue dans le calme, c’est un exercice somme toute assez simple, et sans danger pour le cheval, s’avèrant même excellent pour son dos et ses hanches.

Toutefois, pour les chevaux ayant un dos délicat avec une tendance à se mettre « à l’envers », il est recommandé de reculer à partir d’une extension d’encolure, le cavalier se portant légèrement en avant.

Les chevaux aux jarrets fragiles ne reculeront pas plus de 5-6 foulées, au même titre , d’ailleurs, qu’on ne leur fera jamais exécuter trop longtemps tout exercice contraignant pour cette partie de leur corps.

En ce qui concerne la rectitude dans le reculer,un petit rappel s’impose : un cheval naturellement infléchi d’un côté, aura toujours tendance à se traverser de ce même côté. Par exemple, s’il est naturellement concave à droite, il mettra ses hanches à droite lorsqu’il reculera, au début en tout cas. Voici donc deux conseils qui me paraissent utiles.

  • Pour un cheval concave à droite, mettez-vous à main gauche, le long du parre-bottes ou d’une lice, afin que ses hanches soit canalisées. Faites l’inverse dans le cas contraire.
  • Pour ce même cheval concave à droite, quand vous aborderez les reculers à main droite, déplacez légèrement les deux mains vers la droite, afin de garder les épaules devant les hanches et donc d’empêcher ces dernières de venir à l’intérieur. (Rappelez-vous que si le cheval met ses hanches à l’intérieur c’est à cause des épaules qui se déportent à l’extérieur, donc traitez la cause, et pas la conséquence, évitez de reculer une jambe ou l’autre pour le redresser.) N’hésitez pas non plus, à déplacer le bout du nez vers la gauche, ce qui facilite le déplacement des épaules vers la droite.

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Et comme le dit l’adage « reculez pour mieux sauter »….Ceci est valable pour les cavaliers d’obstacle mais bien évidemment également pour les cavaliers de dressage, quand il s’agira un jour de « reculer pour mieux piaffer »…

Départ au galop à partir du trot enlevé.

dimanche, juillet 6th, 2008

Ce petit post s’adresse aux cavaliers qui sont en cours de stabilisation de leur position et qui ont parfois des difficultés à partir au galop du trot.

Plusieurs raisons peuvent justifier ces difficultés, mais il est une raison pour laquelle j’aimerais donner un petit conseil.

Souvent, lorsqu’un cavalier est au trot enlevé et qu’il souhaite déclencher un départ au galop, il se remet au trot assis pour faire sa demande. Ce n’est bien sûr pas blâmable s’il le fait correctement. Seulement voilà, c’est souvent malheureusement l’occasion pour lui de modifier son équilibre et de ne plus être en harmonie avec son cheval. Il avance trop sa jambe intérieure, sous prétexte de « faire passer son bassin » il se met en arrière, creuse son ventre et de ce fait , reculant exagérément son centre de gravité, n’est plus en accord avec sa monture.

Cela suffit à produire un départ de mauvaise qualité : non immédiat, en déséquilibre, aprés plusieurs foulées de fuite en avant, voire pas de départ du tout.

Le cavalier doit évidement continuer à travailler sa position jusqu’à obtenir un équilibre favorable aux transitions, mais conjointement il peut faire des départs au galop en restant au trot enlevé jusqu’au galop, sans se rasseoir dans les dernières foulées. Cela empêchera son corps de se contracter comme il le faisait au trot assis.

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C’est déroutant les premières fois, mais c’est étonnant aussi de voir comme le cheval est plus à l’aise et comme les départs sont plus fluides.