Archive for décembre, 2008

Le pas espagnol : 1ère partie.

dimanche, décembre 21st, 2008

« Dans l’équitation du siècle dernier sont inclus quelques précieux exercices de gymnastique, comme le pas et le trot espagnol, que la critique allemande et les soi-disant puristes actuels appellent airs artificiels »… »(le pas espagnol) est un exercice extrêmement bénéfique : il favorise un énorme développement des épaules, amplifie le geste des antérieurs. Associé à la gymnastique qu’on fait faire à l’arrière main, il rend le cheval mobile, élastique et brillant. » Nuno Oliveira.

Le pas espagnol est un pas lent et actif que le cheval exécute en élevant et en étendant alternativement chaque antérieur. Ce geste est appelé jambette.

pas espagnol mh lelièvre

Dans le pas espagnol, le cheval doit rester placé sur la main, sans creuser son dos et en restant énergique dans ses hanches. Les jambettes doivent être symétriques, les foulées longues et régulières, et le cheval droit.

1 pas espagnol mh lelièvre      2 pas espagnol mh lelièvre

1) Là, le cheval manque d’activité derrière.     

2) Ici, les postérieurs fonctionnent davantage.

J’insiste sur la qualité du travail préalable, car si celui-ci venait à être insuffisant, le cheval remonterait l’encolure  en s’ouvrant et en creusant son dos à chaque jambette.

Le cheval doit avoir une bonne élévation du membre, c’est-à-dire, et c’est bien un des buts recherché, que le geste doit être consécutif à une réelle mobilisation de l’épaule, sans quoi, si tel n’est pas le cas, c’est tout bonnement du « Pas de l’oie ».

3 pas espagnol mh lelièvre     4 pas espagnol mh lelièvre

3) Là, le cheval ne mobilise pas son épaule et marche au « pas de l’oie ».

4) Ici la mobilisation est meilleure, mais le cheval a du mal à étendre le membre quand il le lève plus haut.

Le membre ne doit pas s’élever au dessus de l’horizontale pour ne pas contraindre le cheval à ne pas trop remonter l’avant-main, ce qui pourrait lui creuser le dos. A contrario, au « Pas del’oie », l’antérieur ne monte pas assez du fait du non fonctionnement de l’épaule. Alors, l’effet gymnastique de l’épaule est inexistant.

La partie qui va du genou au pied doit s’étendre dans le prolongement de l’avant bras.

5 pas espagnol mh lelièvre          6 pas espagnol mh lelièvre

5) Le cheval mobilise son épaule mais n’étend pas du tout le membre.

6) Amélioration de l’extension.

Une mauvaise progression dans ce travail peut amener définitivement le cheval à se balancer latéralement d’un antérieur sur l’autre pour dégager ses épaules dans la jambette, alors qu’une gymnastique bien menée lui apprend à dérouler son geste dans le sens purement longitudinal.

Le pas espagnol, bien que devant être brillant, doit être exécuté dans le calme, sous peine de voir le cheval frapper le sol du pied à la fin de chaque jambette.

Dans la partie suivante, nous verrons un exemple de progression dans l’apprentissage de cet exercice.

De l’emploi des rênes coulissantes, dites : rênes allemandes (2nd partie)

dimanche, décembre 14th, 2008

 Il serait peut-être abusif d’appeler ces rênes, rênes allemandes, car on prête souvent au duc de Newcastle l’invention de ces rênes, or Newcastle n’était pas allemand, mais anglais. Cet écuyer, d’ailleurs, utilisait cet enrênement fort sévèrement.

newcastle mh lelièvre

Pour ma part, je n’ai jamais utilisé d’enrênements, et n’en utilise d’ailleurs toujours pas. Je suis issue d’écoles où l’on n’utilisait pas cet outil de travail et j’ai sans doute été imprégnée par cette philosophie.
Néanmoins, je pense que les rênes allemandes peuvent avoir un résultat positif avec certains chevaux – dont le dos est déjà en place et le travail de la mise en main sérieusement abouti -mais qui restent instables dans leur bout de devant, ou qui ont des difficultés à travailler en descente d’encolure, ou à abaisser la nuque. Les attitudes que l’on demande alors au cheval doivent déjà être connues de celui-ci.

Les rênes allemandes devraient normalement être moins contraignantes que la martingale, car leur action cesse pratiquement dès lors que la main du cavalier n’agit plus. Il n’en reste pas moins que c’est un enrênement, et que son utilisation demeure délicate.

Les rênes allemandes ne doivent être utilisées qu’avec un filet simple et que par des cavaliers confirmés.

Je pense qu’il est très mauvais de vouloir les  employer  pour forcer un cheval à se placer, et qui plus est, en agissant des deux mains à la fois. En attirant ainsi la bouche du cheval vers l’arrière, il y a risque, à long terme, de voir apparaître de graves lésions des cervicales. Sans compter que très vite, le cheval en arrière de la main peut, soit échapper au contrôle de celle-ci, soit rétiver.

L’action à rechercher doit être presque toujours unilatérale, (en cédant bien de la main qui n’agit pas) pour rompre les résistance rencontrées. Une légère action de la rêne intérieure avec cession de la rêne extérieure engendre la décontraction.

Si aucun résultat n’apparaît, il est inutile d’insister, car cela veut certainement dire que l’on agit mal, ou que le cheval a des problèmes physiques plus importants qu’il n’y paraît et que l’on risque de le faire souffrir.

La plus grosse erreur qui soit, est de ne pas céder quand le cheval prend la position voulue. Celui-ci s’habitue alors à forcer contre les rênes coulissantes et leur action renforce et développe à l’envers la musculature de la partie inférieure de l’encolure.

Le cavalier qui utilise cet enrênement doit veiller à agir en même temps, de la rêne allemande et de la rêne de filet du même côté, afin de pouvoir progressivement diminuer l’action sur l’enrênement au profit de celle de la rêne de filet.

Il est fort dommage de voir les rênes allemandes servir plus souvent à « dégrossir » le dressage d’un cheval, plutôt qu’à le parfaire. Combien de dégâts cela fait-il! Et c’est à cause de cela, de plus, que cet enrênement a si mauvaise presse!

Pour ma part, j’ai décidé que je n’étais pas pressée, et que je ne voulais pas insister au delà d’une certaine mesure, et je pense, peut-être à tort, que si le cheval ne me donne pas plus, c’est qu’il a de bonnes raisons pour ne pas le faire. Cet avis n’engage que moi. Voilà pourquoi je n’utilise pas d’enrênements.

Remerciements.

mardi, décembre 9th, 2008

Je tiens une nouvelle fois à remercier celles et ceux qui contribuent à faire vivre ce blog.

Merci encore pour vos commentaires, et à ce propos, j’invite les lecteurs à lire le très intéressant complément d’informations que Will à fait  sur le premier post concernant les rênes allemandes.

Nota bene : 

J’avais effectivement évoqué un facteur d’amplification de 2 pour illustrer mon propos. Il s’agissait bien entendu d’une simplification, car l’idée était plus de faire comprendre le principe du système que de rentrer dans une description exhaustive. Je suis donc tout à fait ravie que mon raccourci théorique ait amené ces précisions. Grand merci donc à l’auteur de ces nouveaux éléments.

Les rênes coulissantes, dites allemandes : 1ère partie.

dimanche, décembre 7th, 2008

Dans ce premier post concernant les rênes allemandes, la question sera abordée d’un point de vue de « Physique ».

Les rênes permettent d’exercer une force motrice sur la bouche du cheval.

Les rênes allemandes, puisqu’elles reproduisent le principe de la poulie mobile (anneaux du filet), permettent, selon les lois de la physique,  de diviser cette force motrice.

Imaginons que cette force soit divisée par deux pour le cavalier.

  • Le cavalier peu expérimenté exerce la traction habituelle sur ses rênes : le cheval subit alors une force deux fois plus grande, avec tous les dangers que ça comporte (nous verrons cela dans la seconde partie).
  •  Le même cavalier monte un cheval qui « tire », il peut utiliser sa force habituelle pour un résultat deux fois supérieur. Ceci semble bien pratique!
  • Le cavalier expérimenté utilise les rênes allemandes comme un outil ponctuel de précision, qui lui permet, pour un résultat équivalent, de diviser ses actions par deux. 

Dans la seconde partie, nous verrons dans quels cas particuliers on peut, si on le souhaite,  utiliser les rênes allemandes, et comment les utiliser. Nous verrons également les dangers d’une mauvaise utilisation de cet enrênement.