Les rênes coulissantes, dites allemandes : 1ère partie.

Dans ce premier post concernant les rênes allemandes, la question sera abordée d’un point de vue de « Physique ».

Les rênes permettent d’exercer une force motrice sur la bouche du cheval.

Les rênes allemandes, puisqu’elles reproduisent le principe de la poulie mobile (anneaux du filet), permettent, selon les lois de la physique,  de diviser cette force motrice.

Imaginons que cette force soit divisée par deux pour le cavalier.

  • Le cavalier peu expérimenté exerce la traction habituelle sur ses rênes : le cheval subit alors une force deux fois plus grande, avec tous les dangers que ça comporte (nous verrons cela dans la seconde partie).
  •  Le même cavalier monte un cheval qui « tire », il peut utiliser sa force habituelle pour un résultat deux fois supérieur. Ceci semble bien pratique!
  • Le cavalier expérimenté utilise les rênes allemandes comme un outil ponctuel de précision, qui lui permet, pour un résultat équivalent, de diviser ses actions par deux. 

Dans la seconde partie, nous verrons dans quels cas particuliers on peut, si on le souhaite,  utiliser les rênes allemandes, et comment les utiliser. Nous verrons également les dangers d’une mauvaise utilisation de cet enrênement.

2 Responses to “Les rênes coulissantes, dites allemandes : 1ère partie.”

  1. Sandrine dit :

    Très intéressant… les deux premiers points renforceront probablement les convictions des « anti-enrênements », et j’attends avec impatience ton développement sur le troisième point.
    Conclusion logique que j’anticipe à la lecture de ces lignes: à ne jamais utiliser dans les mains d’un cavalier peu expérimenté… là ce n’est pas trop difficile… ou dans celles d’un cavalier qui souhaite se faciliter certaines tâches contournant le fond du problème pour des résultats plus aisés et rapides… un peu plus creusé. Et pour un cavalier qui n’est ni l’un ni l’autre c’est alors, à contrario d’un outil barbare, une aide de plus pour un travail juste… que je suis curieuse !!! je manque beaucoup d’expérience et les opinions rapides sont vite construits.

  2. will dit :

    Bonjour Marie-Hélène,
    Merci pour cet article qui aborde la question sous un angle rationnel comme il se doit. Je me permets d’y ajouter quelques précisions:
    -l’analyse de l’effet de poulie que vous mentionnez fort justement doit prendre en compte ici le fait que les deux parties de chaque rêne, avant et après la ‘poulie’ que constitue l’anneau de filet n’ont pas la même direction. On peut considérer que l’angle entre le brin compris entre l’attache à la sangle et le filet d’une part, et celui compris entre le filet et la main du cavalier d’autre part est de l’ordre de 60°. Comme la force exercée sur la bouche du cheval est la résultante vectorielle des tensions subies par chaque brin de la rêne, il en résulte que:
    -le facteur d’amplification de la tension sur la rêne est de 1.7 environ au lieu de 2. Donc moins fort que le doublement dont on parle souvent et qui ne se produirait que si les deux brins etaient alignés qur la même direction
    – plus important, la direction de la force exercée par le cavalier sur la bouche du cheval est abaissée d’un angle égal a la moitie de l’ angle des brins ( ici donc 30°), ce qui à mon sens est un point essentiel: la rêne allemande a un effet abaisseur sur la tête et l’encolure du cheval. Cet effet de distingue de l’effet abaisseur de la bride en ce sens qu’il permet d’indiquer une direction à l’ensemble de l’encolure, au lieu de se limiter au ramener et à la cession de mâchoire. Ceci explique que, maniées avec tact et discernement, les rênes allemandes peuvent être utile pour obtenir des descentes d’encolure et une remontée du dos;
    – enfin, le point d’attache sur la sangle joue un rôle important, mais souvent mal compris. On entend souvent dire que l’effet des rênes allemandes est plus sévère quand elles sont attachées sous le poitrail que lorsqu’elles sont fixées à hauteur du quartier sur les flancs. Or, leur facteur d’amplification est d’autant plus fort que l’angle des deux brins est fermé, ce qui implique que c’est justement lorsque le point d’attache est sur les flancs que la sévérité est la plus grande!
    Voilà, j’ espère ne pas vous avoir trop ennuyée avec mes petites considérations de mécanique, et j’attends la suite de cette discussion avec grand intérêt.

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