Archive for janvier, 2009

Classe de neige…

mercredi, janvier 28th, 2009

cheval dans la neige m h lelièvre Le professeur donne les consignes à son élève, mais celui-ci semble distrait…

                 cheval dans la neige m h lelièvre Arly se met au travail, le pied moyennement sûr, néanmoins.

                                 cheval dans la neige m h lelièvre Galaad, lui, prétend l’avoir, le pied sûr. Un peu facile, à      l’arrêt!

                                               cheval dans la neige m h lelièvre Que de choses extraordinaires à se raconter, par un temps pareil!      

La flexion de mâchoire vue par Jean-Claude Racinet.

dimanche, janvier 25th, 2009

Selon moi, la flexion ou cession de mâchoire, si souvent décriée et à tort d’ailleurs, est une recherche fondamentale dans le dressage d’un cheval. Sa quête doit être permanente.

flexionmâchoire mh lelièvre

Attention cependant de ne pas confondre la flexion de mâchoire avec les mouvements fébrils et perpétuels d’une bouche, qui ne seraient que le reflet d’un cheval travaillant avec nervosité.

Un cheval qui cède dans sa mâchoire est un cheval dont les forces ne sont plus tournées vers la résistance mais au contraire libérées et prêtes à s’exprimer dans la mobilité et l’impulsion.

flexionmâchoire élève mh lelièvre flexionmâchoire élève mh lelièvre

Quel confort alors pour le cheval, mais aussi pour le cavalier qui peut ainsi travailler dans la décontraction!

J’aimerais maintenant, par l’intermédiaire d’un passage d’un texte extrait de son dernier livre (Trente-cinq propositions insolentes pour comprendre l’équitation), laisser la parole à Jean-Claude Racinet. Il nous livre son sentiment sur la flexion de mâchoire, et tout cavalier ayant goûté à la sensation que son obtention procure, comprendra toute l’émotion qui émane de ces lignes.

GNOSE

« Au debut de l’ère chrétienne apparue sur la scène religieuse et philosophique un mouvement appelé la Gnose, du grec gnôsis, qui veut dire connaissance. Une des principales différences doctrinale de la Gnose avec le courant chrétien majoritaire à l’époque portait sur l’interprétation de la parousie, ou retour duChrist. » … »La connaissance était initiatique, c’est-à-dire qu’elle était inséparable de l’expérience, et devait être acquise pallier par pallier. Elle devait être vécue.Pour cela, il n’était point besoin d’Eglises, il suffisait d’avoir déjà un maître engagé sur le chemin, et qui pouvait vous guider grâce à sa propre expérience spirituelle. Si l’ensemble des fidèles avaient suivi la Gnose c’eût été la fin de l’Eglise.Le combat fut impitoyable et l’Eglise utilisa tous les moyens pour éliminer la Gnose y compris ceux que la morale chrétienne réprouve. La Gnose rentra dès lors plus ou moins dans la clandestinité. Il n’est pas interdit de penser que les bauchéristes sont les gnostiques de l’équitation. L’équitation est une science initiatique. A cheval, connaître, c’est avoir ressenti, et celui qui n’a jamais monté à cheval ne pourra strictement rien comprendre à un traité d’équitation, fut-il écrit dans la langue la plus claire et la plus logique. Pour le bauchériste, l’initiation suprême, la parousie, c’est la flexion de mâchoire. Cette flexion n’est pas un simple concept intellectuel : c’est un phénomène physiologique qui retenti dans tout le corps du cheval. Rechercher, pratiquer, j’allais presque dire  » vénérer » la flexion de mâchoire est un pas difficile à franchir, à cause des frayeurs liées à la mise « en arrière de la main », et une fois qu’il est franchi, il n’est plus de retour en arrière.Vous vous êtes classé définitivement dans la catégorie des asociaux équestres, coupé de la masse des fidèles. Mais en retour, quelles joies! Quelle joie de prendre un cheval aux allures détraquées, et grâce au rassembler que procure la légèreté de mâchoire, de lui « refaire » son trot, de lui restituer un galop à trois temps, de lui donner un pas. Il existe aux Etats-Unis des chevaux dits gaited horses : ils s’en vont l’amble, ou le rack (trot en quatre temps, où les antérieurs se posent avant les postérieurs diagonalement opposés, et où il y a toujours un pied au sol); se sont les missouri-fox-trotters, les american-saddlebreds, les tennessee-walkers, etc. Prendre de tels chevaux et leur apprendre à trotter en deux temps, à galoper en trois temps bien clairs, ceci grâce à la loi UNIVERSELLE qu’est la légèreté, quelle jouissance!et combien supérieure à la joie_néanmoins légitime_de gagner un ruban dans un test officiel du troisième « étage »! Aucun juge ne viendra jamais vous féliciter, l’intérêt de votre démarche lui échappe complètement : pourquoi s’intéresser aux infirmes? … »

Ce texte me touche particulièrement car j’ai souvent eu l’occasion de travailler ou d’aider des propriétaires à travailler des chevaux sur lesquels beaucoup n’auraient pas misé grand-chose, et qui, grâce à la flexion de mâchoire, ont vu leur physique s’embellir, leurs capacités motrices nettement s’améliorer et le « moral » revenir progressivement.

flexionmâchoire élève mh lelièvre

La tête au mur.

dimanche, janvier 18th, 2009

La tête au mur, ou travers, est un déplacement latéral constituant une excellente gymnastique pour le cheval. Elle améliore l’incurvation, prépare à l’appuyer, et peut s’avérer être une aide précieuse pour les départs au galop (voir post d’octobre 2008 : départ au galop sur le bon pied) tout en optimisant la coordination motrice du couple cheval-cavalier.

tête au mur élève mh lelièvre

On peut se représenter la tête au mur comme un appuyer courant le long du mur au lieu d’être sur une diagonale. Le cheval est en oblique le long de la paroie, les antérieurs à la piste, les hanches cheminant en piste intérieure, et l’angle variant selon les besoins d’assouplissement du cheval. Ce dernier se déplace latéralement, incurvé dans le sens où il va.

tête au mur élève mh lelièvre

Prenons maintenant l’exemple d’une tête au mur à main gauche : au début du grand côté, le cavalier fait faire à sa monture un petit cercle tangent à la piste, en insistant sur l’incurvation, avec un pli d’encolure obtenu dans la souplesse, la tête légèrement tournée vers l’intérieur sans résistance et une bouche moelleuse. A la fin du cercle, et quand les antérieurs rejoignent la piste, le cheval se trouve en oblique par rapport à la paroi; c’est alors que le cavalier recule la jambe extérieure pour envoyer les hanches de sa monture vers la gauche.

Dans la tête au mur, il y a à mon avis, trois points importants qui requièrent un emploi des aides particulièrement précis :

  • L’ensemble tête-encolure.
  • Les épaules.
  • Les hanches.

Sachant que les épaules doivent rester le long du parre-bottes, sans venir à l’intérieur, le cavalier utilisera une légère rêne contraire vers le garrot pour ployer le cheval, ou maintenir le pli après le cercle. La rêne d’ouverture attirerait les épaules à gauche au détriment du pli et la rêne directe, en agissant en direction du postérieur du même côté, créerait une opposition qui empêcherait justement les hanches de venir à gauche.

tête au mur élève mh lelièvre

La rêne droite gère la course des épaules. En effet, si le cheval fuit en échappant à gauche et en diminuant son oblique, le cavalier écarte la main droite en soutenant la rêne afin de retenir les épaules, autrement la main reste près du garrot.

tête au mur élève mh lelièvre

Les épaules se guident d’autant plus facilement que le travail sur la tête et l’encolure est particulièrement soigné.

La jambe droite est responsable du déplacement des hanches vers la gauche, mais si celles-ci montrent quelques difficultés dans leur mouvement, le cavalier peut aider son cheval par une action de main droite en accord avec celle de la jambe droite : en écartant la main, et en soutenant la rêne en direction de la hanche droite, le cavalier crée en quelque sorte une opposition au déplacement des hanches vers la droite, qui favorise donc le cheminement vers la gauche. On retrouve ici le même effet de rêne direct que celui cité plus haut, mais à l’extérieur cette fois.

tête au mur élève mh lelièvre

Le cavalier pèse discrètement sur la fesse gauche, sans toutefois se pencher, pour aider la déplacement vers la gauche.

Au début de l’apprentissage, il vaut mieux exécuter l’exercice dans une cadence lente, ce qui laisse au cheval le temps de recevoir les informations, de les traiter et de gérer au mieux sa locomotion afin de répondre aux demandes qui lui sont formulées. De plus, si le cheval est soudain « en perdition », il ne faut pas hésiter à l’arrêter pour qu’il retrouve son calme et pour le remettre dans une attitude correct.  » La position précède l’action. » Dixit Baucher.

Sous couvert de l’impulsion, il faut se garder de forcer le cheval à avancer alors que l’on voit le désordre s’installer. On risque d’accentuer les contractions, de provoquer des gênes, voire des douleurs de plus en plus importantes et de perdre la confiance de l’animal.

Au lieu de celà, il faut sortir régulièrement de l’exercice pour reporter le cheval en avant, et ce n’est que petit-à-petit que le maintien d’une certaine « vitesse » sera demandé.

Toujours à main gauche, si le cavalier inverse la position du cheval, oblique vers l’intérieur du manège, croupe à la paroi, postérieurs à la piste et incurvation à droite, le cheval regardant toujours où il va, il s’agit d’une croupe au mur, ou renvers.

L’un et l’autre de ces deux exercices sont bons à utiliser pour corriger les dissymétries du cheval : si l’on prend pour exemple un cheval naturellement fléchi à droite, il sera préférable de faire des têtes au mur à main gauche et des croupes au mur à main droite en augmentant l’incurvation et l’angle (sur certaines gravures de l’époque de la Guérinière, les chevaux sont parfois perpendiculaires au mur), tandis que les têtes au mur à droite et les croupes au mur à gauche seront exécutées avec moins d’angle et moins d’incurvation.

Tout sera inversé, pour un cheval présentant des dispositions opposées.

Quand, enfin, le cavalier pense maîtriser cet exercice, il peut vérifier son travail en faisant faire une tête au mur à deux chevaux en liberté et en même temps. S’il y parvient, c’est qu’effectivement il maîtrise bien l’exercice!

tête au mur élève mh lelièvre Je plaisantais , bien sûr…

Je ne prendrai pas, cas par cas, toutes les situations problématiques qui peuvent se rencontrer, je vous laisse au contraire l’initiative de nous faire par de vos expériences afin que nous puissions en parler ensemble.

Pas espagnol, 3ème partie : le pas espagnol en selle.

dimanche, janvier 11th, 2009

Outre le fait que le pas espagnol, lorsqu’il est bien exécuté, est un exercice beau en soi, c’est aussi un excellent moyen de gymnastiquer les épaules du cheval et de donner de l’élégance au geste des antérieurs. De plus, c’est une aide non négligeable dans l’apprentissage du passage (voir photo ci-dessous). Mais cela fera sans doute l’objet d’un autre post. 

pas espagnol étude passage élève mh lelièvre

Pour débuter le pas espagnol en selle, il est nécessaire de reprendre la même progression qu’à pied, progression sur laquelle je ne reviendrai pas, puisqu’elle est décrite dans le post précédent.

La jambette est demandée par un léger soutien de la rêne de filet vers le haut, du côté de la demande, associé à un toucher de la cravache sur l’épaule du même côté. Une deuxième personne à pied peut être une aide précieuse, dans les premiers temps, pour faire la jonction entre le travail à pied et le travail monté. Elle soulignera les indications du cavalier à son cheval si ce dernier ne réagit pas , grâce à une cravache touchant le membre aux endroits habituels. Petit à petit, la cravache du cavalier sur l’épaule de sa monture se substituera à celle de l’aide à pied, et plus tard, seule l’action de main suffira.

Le pas espagnol sera alors déclenché par l’alternance de légères rênes d’appui . Cette rêne d’appui aura pour effet de dégager délicatement l’épaule du côté de la jambette.

Au niveau de son assiette, le cavalier fera un subtil report de poid vers la fesse opposée au côté de l’antérieur levé, sans toutefois aller jusqu’à se pencher, ce qui serait inesthétique et déséquilibrant pour le cheval. Les jambes, quant à elles, sont chargées de gérer le mouvement en avant. Je pense qu’il est inutile et disgracieux d’avoir cet espèce de mouvement latéral des jambes qui consiste à écarter avec excès la jambe du côté de la jambette pour libérer l’épaule. Il est plus important, à mon sens de maintenir la cheval dans une bonne attitude générale découlant d’un travail longuement mûri.

Il faut bien choisir la vitesse qui convient à chaque cheval. Par exemple, certains sont si généreux lorsqu’ils donnent la jambette, qu’ils restent bien trop longtemps le membre levé. A ceux-là, je demande plus de mouvement en avant afin que l’enchaînement en avançant soit possible.

D’autres sont pressés, avançant trop vite, ils se dépêchent de lever puis de reposer le membre, et souvent en frappant le sol. Ils ne manquent pas forcément d’extension, mais souvent d’élévation, et le geste n’est pas brillant. Dans ce cas je ralentis le cheval, le rassemble davantage, de sorte qu’il prenne son temps, décompose et développe son geste.

Ce ne sont que deux exemples parmi tant d’autres. Si vous avez des exemples propres à vos montures, ils sont les bienvenus car ils permettront d’entretenir la discussion autour de cet air si agréable à regarder et si utile à l’avant-main quand il est bien construit.

On voit trop souvent des couples très démonstratifs dans leur pas espagnol, mais au détriment de la qualité, la cavalier ressemblant à un « pantin désarticulé » et le cheval gardant les jarrets loin derrière en creusant son dos, et ce sont malheureusement les mêmes qui servent de contre exemple aux détracteurs de cet exercice bienfaiteur. 

    

Pas espagnol : 2ème partie. Idée de progression au travail à pied.

dimanche, janvier 4th, 2009

Prérequis : le pas espagnol mettant en jeu essentiellement le travail des épaules,  il est important de ne l’aborder que quand le cheval est suffisamment énergique dans ses hanches et bien orienté dans son dos. Faute de quoi, en remontant l’avant-main, il risquerait de creuser le dos et de laisser les postérieurs travailler loin derrière.

Il est préférable de débuter l’étude du pas espagnol à pied, le cavalier plaçant sa monture à la piste et le long du pare-bottes ou de la lice de la carrière.

L’idée de départ est de demander au cheval arrêté, de lever le membre lorsque celui-ci est touché du bout de la cravache.

pas espagnol  élève mh lelièvre

Je pense qu’au début, si l’animal ne réagit pas, il ne faut pas hésiter à le toucher de différentes manières et à différents endroits, mais bien sûr, jamais avec violence. Toutefois, par la suite, il serait intéressant de travailler l’élévation du membre par des touchettes plutôt exercées entre le coude et le genou, et l’extension du membre, entre le genou et le pied.

Il est recommandé de travailler d’abord le lever de l’antérieur du dedans, et ce pour deux raisons. La première est que le cavalier étant placé du côté intérieur, il est plus à l’aise pour agir sur le membre du même côté.

 Ensuite, quand le cheval donne ses premières jambettes et qu’il n’est pas encore stabilisé dans son équilibre, il risque de se déporter sur son épaule extérieure. Il est bon à ce moment là, qu’il soit canalisé par le pare-bottes ou la lice. Ces premières demandes effectuées sur l’antérieur du dedans seront demandées de façon symétrique aux deux mains.

pas espagnol  élève mh lelièvre

Cependant, dès que le cheval aura intégré cette première phase, il conviendra de lui demander de lever l’antérieur de dehors, et là encore, aux deux mains.

pas espagnol  élève mh lelièvre pas espagnol  élève mh lelièvre

Ensuite, quand le cheval lève sans souci ses deux membres sur l’action de la cravache, le cavalier peut commencer à associer ses demandes à un soutien de la main sur la rêne de filet du même côté que la jambette, jusqu’à ce que l’aide de la cravache devienne inutile et ne serve qu’à de petits rappels pontuels.

Il est temps, maintenant, d’envisager d’avancer entre chaque jambette. Voici des  exemples d’enchaînements.

pas espagnol  élève mh lelièvre

  • Antérieur de dedans, mouvement en avant, antérieur de dedans, mouvement en avant…etc, à chaque main.
  • La même chose avec l’antérieur de dehors à chaque main.
  • Enfin, alternance, antérieur de dedans, mouvement en avant, antérieur de dehors, mouvement en avant et ainsi de suite.

La phase suivante consiste à demander au cheval d’avancer pendant la jambette : au lieu de demander le mouvement en avant quand le cheval vient de reposer le pied, vous le demandez lors de l’élévation. Dans cette période de travail, la progression sera la même que dans la précédente.

Pour terminer, vous rapprocherez les demandes de jambettes en avançant jusqu’à ce qu’elles se produisent à chaque foulée.

Le moment d’aborder le pas espagnol en selle est arrivé, et dans le prochain post, je vous proposerai une progression de travail restant dans l’esprit de ce que le cheval a déjà appris à pied.