La tête au mur.
La tête au mur, ou travers, est un déplacement latéral constituant une excellente gymnastique pour le cheval. Elle améliore l’incurvation, prépare à l’appuyer, et peut s’avérer être une aide précieuse pour les départs au galop (voir post d’octobre 2008 : départ au galop sur le bon pied) tout en optimisant la coordination motrice du couple cheval-cavalier.
On peut se représenter la tête au mur comme un appuyer courant le long du mur au lieu d’être sur une diagonale. Le cheval est en oblique le long de la paroie, les antérieurs à la piste, les hanches cheminant en piste intérieure, et l’angle variant selon les besoins d’assouplissement du cheval. Ce dernier se déplace latéralement, incurvé dans le sens où il va.
Prenons maintenant l’exemple d’une tête au mur à main gauche : au début du grand côté, le cavalier fait faire à sa monture un petit cercle tangent à la piste, en insistant sur l’incurvation, avec un pli d’encolure obtenu dans la souplesse, la tête légèrement tournée vers l’intérieur sans résistance et une bouche moelleuse. A la fin du cercle, et quand les antérieurs rejoignent la piste, le cheval se trouve en oblique par rapport à la paroi; c’est alors que le cavalier recule la jambe extérieure pour envoyer les hanches de sa monture vers la gauche.
Dans la tête au mur, il y a à mon avis, trois points importants qui requièrent un emploi des aides particulièrement précis :
- L’ensemble tête-encolure.
- Les épaules.
- Les hanches.
Sachant que les épaules doivent rester le long du parre-bottes, sans venir à l’intérieur, le cavalier utilisera une légère rêne contraire vers le garrot pour ployer le cheval, ou maintenir le pli après le cercle. La rêne d’ouverture attirerait les épaules à gauche au détriment du pli et la rêne directe, en agissant en direction du postérieur du même côté, créerait une opposition qui empêcherait justement les hanches de venir à gauche.
La rêne droite gère la course des épaules. En effet, si le cheval fuit en échappant à gauche et en diminuant son oblique, le cavalier écarte la main droite en soutenant la rêne afin de retenir les épaules, autrement la main reste près du garrot.
Les épaules se guident d’autant plus facilement que le travail sur la tête et l’encolure est particulièrement soigné.
La jambe droite est responsable du déplacement des hanches vers la gauche, mais si celles-ci montrent quelques difficultés dans leur mouvement, le cavalier peut aider son cheval par une action de main droite en accord avec celle de la jambe droite : en écartant la main, et en soutenant la rêne en direction de la hanche droite, le cavalier crée en quelque sorte une opposition au déplacement des hanches vers la droite, qui favorise donc le cheminement vers la gauche. On retrouve ici le même effet de rêne direct que celui cité plus haut, mais à l’extérieur cette fois.
Le cavalier pèse discrètement sur la fesse gauche, sans toutefois se pencher, pour aider la déplacement vers la gauche.
Au début de l’apprentissage, il vaut mieux exécuter l’exercice dans une cadence lente, ce qui laisse au cheval le temps de recevoir les informations, de les traiter et de gérer au mieux sa locomotion afin de répondre aux demandes qui lui sont formulées. De plus, si le cheval est soudain “en perdition”, il ne faut pas hésiter à l’arrêter pour qu’il retrouve son calme et pour le remettre dans une attitude correct. ” La position précède l’action.” Dixit Baucher.
Sous couvert de l’impulsion, il faut se garder de forcer le cheval à avancer alors que l’on voit le désordre s’installer. On risque d’accentuer les contractions, de provoquer des gênes, voire des douleurs de plus en plus importantes et de perdre la confiance de l’animal.
Au lieu de celà, il faut sortir régulièrement de l’exercice pour reporter le cheval en avant, et ce n’est que petit-à-petit que le maintien d’une certaine “vitesse” sera demandé.
Toujours à main gauche, si le cavalier inverse la position du cheval, oblique vers l’intérieur du manège, croupe à la paroi, postérieurs à la piste et incurvation à droite, le cheval regardant toujours où il va, il s’agit d’une croupe au mur, ou renvers.
L’un et l’autre de ces deux exercices sont bons à utiliser pour corriger les dissymétries du cheval : si l’on prend pour exemple un cheval naturellement fléchi à droite, il sera préférable de faire des têtes au mur à main gauche et des croupes au mur à main droite en augmentant l’incurvation et l’angle (sur certaines gravures de l’époque de la Guérinière, les chevaux sont parfois perpendiculaires au mur), tandis que les têtes au mur à droite et les croupes au mur à gauche seront exécutées avec moins d’angle et moins d’incurvation.
Tout sera inversé, pour un cheval présentant des dispositions opposées.
Quand, enfin, le cavalier pense maîtriser cet exercice, il peut vérifier son travail en faisant faire une tête au mur à deux chevaux en liberté et en même temps. S’il y parvient, c’est qu’effectivement il maîtrise bien l’exercice!
Je ne prendrai pas, cas par cas, toutes les situations problématiques qui peuvent se rencontrer, je vous laisse au contraire l’initiative de nous faire par de vos expériences afin que nous puissions en parler ensemble.
January 22nd, 2009 at 12:13 am
Dans le prolongement de cet excellent article, je voudrais signaler un exercice très efficace pour assouplir un cheval et ‘s’emparer des hanches’, qui combine l’épaule en dedans et le travers. A main gauche par exemple, on commence par une épaule en dedans, puis on ramène les épaules sur la piste tout en ployant les hanches en dedans, obtenant ainsi le travers a main gauche, et on enchaine ainsi les deux mouvements successivement sur par exemple une portion du grand coté. Le cheval se déplace en oscillant sur un secteur de cercle imaginaire qui se déplacerait avec lui-même, et garde une incurvation constante – mais le sens du croisement des membres s’inverse à chaque changement de mouvement. Cet exercice suppose bien sûr que le cheval est confirmé sur chacun des deux mouvements séparément, et que l’on évite tout forcement bien sûr.
January 24th, 2009 at 5:44 pm
Merci encore pour vos commentaires pertinents. J’espère que les lecteurs sauront profiter de cet excellent exercice que vous proposez.
February 1st, 2009 at 11:26 am
bravo pour tout cela.tout est juste pour moi !a propos du judicieux commentaire de will je me permets d’ajouter que mr de la gueriniere disait qu’il faut apprendre au cheval a fuir le talon.donc passer de l’epaule en dedans a gauche au renvers a droite demande au cheval de fuir le meme talon(le gauche bien sur…)nous pouvons donc aussi partir de la contre epaule en dedans et passer au travers(a main gauche,contre epaule en dedans cheval incurve a droite et allant a gauche,travers ou tete au mur,cheval incurve a gauche).l’interet de passer d’une (contre)epaule en dedans a un (travers) renvers c’est que l’on beneficie de l’impulsion possible dans l’epaule en dedans pour rentrer dans un renvers qui risque de diminuer le mouvement en avant,tout en demandant au cheval de fuir le meme talon.je me permettrai un autre petit commentaire concernant la tete au mur.dans l’article,il est tres peut question de la jambe (interne au pli) interieure.je pense que son role est primordial pour tois raisons:1-elle seule donne l’impulsion car l’action de la jambe externe sert uiquement a placer les hanches et ne doit presque pas soliciter le cheval pour autre chose sous peine de nuir au mouvement
2-si elle est placee correctement,c’est a dire le plus possible vers la sangle(pour cause anatomique)elle est le pilier de l’incurvation.le cheval s’incurve avec la jambe interieure et non pas avec la main(qui elle,finalise la direction et qui par une rene contaire d’opposition,aide au placer deshanches a l’interieur.
3-petit a petit les hanches sont aspirees par cette jambes interieure.
et noublions jamais que commedisait le general Decarpentry,l’idee de tout mouvent lateraldot etre dans la tete du cheval assimile a l’idee du mouvement en avant….tout ce ceci pour ne pas tourner en rond….
February 1st, 2009 at 8:51 pm
Merci beaucoup pour votre participation de la vie de mon modeste blog. Il est très enrichissant d’avoir l’avis de cavaliers passionnés et avides de connaissances techniques, et j’espère que les lecteurs n’hésiteront pas à vous lire.
Vous me permettrez, néanmoins, d’avoir une légère divergence de point de vous en ce qui concerne la jambe intérieure dans l’incurvation.
Mais j’espère que nous en rediscuterons!
November 3rd, 2010 at 1:27 pm
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