Archive for février, 2009

Stage au Portugal.

vendredi, février 20th, 2009

On dit souvent : « L’ami de mon ami est mon ami ». Adrien, un de mes élèves, pourra désormais dire : « Le maître de mon maître est mon maître », car dimanche, je pars à Lisbonne avec lui, pour suivre un stage avec l’écuyer Francisco Bessa de Carvalho.

Francisco bessa de carvalho mhlelièvre   Francisco bessa de carvalho mhlelièvre

 

Francisco bessa de carvalho mhlelièvre      Francisco bessa de carvalho mhlelièvre

Tout cela pour vous dire que vous n’aurez pas de post de sitôt, mais vous ne perdez rien pour attendre et dès mon retour, vous aurez droit à un rapport de stage en bonne et due forme !

 

L’incurvation : 3ème partie.

mardi, février 17th, 2009

Mise en garde : ce petit post ne traite pas des moyens utilisés pour préparer un cheval à l’incurvation, ni de ceux utilisés pour régler les problèmes liés à l’incurvation. De tout cela, je pense en parlerdans quinze jours, à mon retour de stage du Portugal.

Le texte qui suit, a uniquement pour but de donner mon point de vue sur les aides qui servent à incurver un cheval déjà avancé et ne présentant pas de problèmes particuliers dans l’exécution de courbes de différentes tailles.

incurvationmhlelièvre

Vous penserez certainement que je ne traite pas les choses dans le bon ordre, mais l’autre post que je prévois risquant d’être plus long, j’ai pensé que mon escapade parisienne ne me permettrait pas d’y travailler ce week end.

Prenons l’exemple d’une courbe à droite :

La première chose à faire est de savoir exactement où l’on va, et d’avoir une visualisation mentale très précise de la figure à exécuter. 

Ensuite, la main intérieure est la première à agir. Selon la taille de la figure envisagée, le degré d’action de cette main sera différent. Cela peut aller de la seule action des doigts qui jouent sur la rêne, pour permettre à la tête et l’encolure de se porter très légèrement à droite si la courbe est très large; à la main qui agit par rotation du poignet pour augmenter la flexion latérale de l’encolure si la courbe se rétrécit; jusqu’à l’action de la main qui vient, par un mouvement perpendiculaire, se placer dans le garrot pour fléchir de façon conséquente l’encolure si la figure est petite.

incurvationmhlelièvre incurvationmhlelièvre incurvationmhlelièvre

Au risque d’en choquer certains qui pensent que les jambes agissent toujours avant les mains, je pense, au contraire, que cette première action est déterminante pour la suite, même évidemment, si elle ne suffit pas. En effet, un fois que le cheval aura tourné, c’est cette latéro-flexion de l’encolure qui s’ajustera au plus près du tracé, et non le reste du corps, comme nous l’avons vu dans les post précédents!

Le poids du corps doit se porter très légèrement sur la fesse intérieure. Il ne s’agit pas, toutefois de se pencher à l’excès, cela nuirait à l’équilibre du cheval. 

Une fois le cheval fléchi au bon degré dans la partie mobile de sa colonne, la main extérieure se rapproche du garrot pour lui indiquer qu’il doit déplacer ses épaules vers la droite. Les doigts ont un contact plus ou moins ferme sur la rêne selon la sensibilité de chaque animal.

 A ce stade, le cheval est engagé sur sa courbe, l’encolure au plus près du tracé, et le reste du corps s’harmonisant le mieux  possible dans le prolongement de celle-ci, en fonction des capacités physiques de la monture. Les jambes interviennent isolément, s’il y a dérapage des hanches à droite ou à gauche, ou ensemble pour rétablir l’impulsion, si besoin est.

incurvationmhlelièvre

En attendant plus de précisions sur les assouplissements préalables à l’incurvation et sur les moyens à mettre en oeuvre pour résoudre les problèmes liés aux dissymétries dans l’incurvation, je vous invite à donner votre point de vue sur ce post, et à poser des questions qui, je l’espère, trouveront des réponses dans le prochain article. 

A bientôt donc…

  

Visite au musée du quai Branly.

dimanche, février 15th, 2009

 photoquai branlymhlelièvre origine : Ethiopie

De retour d’une superbe visite du musée du quai Branly, je vous livre quelques photos très…cavalières!

photoquai branlymhlelièvre photoquai branlymhlelièvre origine : Amérique du nord

 Le musée étant particulièrement sombre, il ne fut pas très aisé de faire un travail de grande qualité.

photoquai branlymhlelièvre origine : Asie centrale

photoquai branlymhlelièvre   photoquai branlymhlelièvre origine : Asie

photoquai branlymhlelièvre origine : Asie (Inde)

L’ incurvation : 2ème partie.

mardi, février 10th, 2009

La latéro-flexion uniforme du rachis, et de surcroit qui serait produite par l’action de la jambe intérieure, est un vaste sujet qui fait couler beaucoup d’encre, et qui engendre bien souvent des polémiques.

Les manuels fédéraux parlent de cette incurvation régulière obtenue par la jambe interne dans le manuel des galops 1 à 4 et celui des galops 5, 6, 7, où il est précisé que « plus le diamètre d’une courbe est petit, plus la monture doit ployer son rachis… », nous laissant ainsi supposer que le cheval possède les mêmes possibilités de latéro-flexion sur l’ensemble de sa colonne vertébrale, donc aussi dans la région thoraco-lombaire. Mais il est également écrit, dans le manuel des galops 8, 9 :  « l’incurvation est quelque chose de très léger. Vous devez juste apercevoir l’oeil, et non la ganache. Ne cédez pas à la tendance qui consiste à plier exagérément le bout de devant… ».

Mais les explications s’arrêtent là, et aucun conseil n’est donné pour aider un cavalier à décrire un cercle de dix mètre de diamètre, comme il est demandé en compétition officielle, en ne voyant que l’oeil de sa monture et surtout pas la ganache! Que penser de tout ceci ?

Certains grands cavaliers, comme Jean d’Orgeix (article intitulé « réflexions sur le dos » parrut en 1997 dans la revus de l’ENE), mettent en doute, au contraire, les facultés de flexion latérale de la colonne thoraco-lombaire et du même coup, la responsabilité de la jambe intérieure dans l’incurvation.

Ayant eu, personnellement, de nombreux chevaux raides ou contractés à gymnastiquer, j’ai beaucoup travaillé les flexions d’encolure sans lesquels je n’aurais jamais pu, par la suite, aborder les petits cercles, la latéro-flexion thoraco-lombaire ne m’ayant certainement pas permis à elle seule, d’exécuter ces figures…même en poussant sur ma jambe intérieure!

Si l’on cumule les expériences pratiques, les nombreuses observations faites sur le terrain ou sur des photographies, les lectures, telle celle du très bon livre du professeur J-M Denoix sur la kinésithérapie du cheval, et certaines articles scientifiques vétérinaires, comme ceux que Christine a résumés  sur le précédent post, force est de constater que l’impression de courbe régulière dans l’incurvation, est plus un leurre qu’une réalité.

incurvation élève mh lelièvre incurvation élève mh lelièvre

Voici ce que l’on peut imaginer des mouvements vertébraux lors du mouvement d’incurvation.

Prenons l’exemple d’un cheval en cercle à droite :                                                            

  1. Latéro-flexion de la colonne cervicale à droite.
  2. Légère latéro-flexion au niveau thoraco-lombaire entre T9 et T14 qui entraine :
  3. Un mouvement pendulaire du tronc qui est refoulé vers la gauche (la latéro-flexion s’accompagne d’une rotation de chaque vertèbre dont la partie inférieure, dite « ventrale » bascule dans le sens opposé, en l’occurence, ici, à gauche, et comme les vertèbres T9 à T14 sont reliées aux côtes, lorsqu’elles sont en rotation, elles font légèrement basculer la cage thoracique à gauche.)
  4. La rotation du bassin, avec la hanche intérieure qui s’abaisse quand le postérieur droit s’engage.

latero flexion denoix mh lelievre

L’action de la jambe intérieure pour incurver le cheval est-elle une réalité ?

J’émets l’idée que la responsabilité de la jambe intérieure dans l’incurvation n’est peut-être qu’une impression.

Un cavalier qui monte un cheval correctement incurvé, est amené, du fait de l’attitude de ce dernier, à descendre sa fesse et sa jambe intérieures. Cette jambe vient alors naturellement se placer à la sangle, dans le léger creux dû au reflux de la cage thoracique à cet endroit. Ce qui donne l’impression au cavalier qu’elle est au centre de l’incurvation.

Et l’on a vite fait de franchir le pas qui fait imputer à cette jambe d’être la cause de l’incurvation, alors qu’elle n’est que la conséquence de l’organisation du cheval pour s’incurver.

Dans le post suivant, nous verrons commment mener harmonieusement un cheval sur une courbe et quelles sont les aides pour y parvenir en tenant compte au mieux, de l’anatomie du cheval.

Un lien vers un autre blog

lundi, février 9th, 2009

Si vous appréciez l’esprit de ce blog, je ne peux que vous recommander d’aller rendre visite à un autre blog d’un cavalier et aquarelliste de talent.

 Bonne visite !

La latéro-flexion : le poin de vue de la recherche scientifique vétérinaire

dimanche, février 8th, 2009

Je prends, le temps d’un post, le relais de Marie-Hélène, qui explore avec ténacité la littérature équestre pour tenter d’y voir clair dans ce qui concerne les capacités de  latéro-flexion du cheval. J’ai donc, de mon côté, décidé d’aller fouiner du côté de la recherche vétérinaire scientifique.

Des 3 types de mouvement que peut faire la colonne vertébrale la latéro-flexion ne semble pas la plus étudiée, si l’on compare aux nombreux articles concernant la flexion et l’extension dorsoventrale ou la rotation axiale.

J’ai toutefois trouvé deux articles scientifiques annonçant clairement les angles que peuvent adopter les différentes vertèbres.

Au niveau de l’encolure, la latéro-flexion peut atteindre entre chaque vertèbre des valeurs allant de 25 à 45°, excepté pour les 2 premières cervicales où la latéro flexion n’est que de 3,9° (Clayton & Townsend, 1989).

L’étude des articulations de 8 vertèbres  thoraciques (T6,T10, T13, T17), lombaires (L1, L3, L5) ou sacrées (S3) montrent que la flexion latérale dans ces régions ne peut être que de 1,9° à 3,6° (Faber, Johnston & al., 2001).

On peut également ajouter que l’articulation lombo-sacrée permet une forte mobilité dorso-ventrale, en s’appuyant sur des processus articulaires de petite taille et verticaux, car la courbure entre les vertèbres lombaires et le sacrum est de 15 à 25°, mais empêche quasiment les mouvements de latéro-flexion (Evrard P, 2002, Osthéopathie vétérinaire, Olivier Editeur, 414p.).

 bendspine.gif bendgraph.gif

Si j’en crois donc ces lectures scientifiques, l’incurvation autour de la jambe, ressentie ou recherchée par les cavaliers, ne peut être imputée, que fort modestement, aux vertèbres thoraciques et lombaires…

 

Christine MAINTIER

 

 Abstract of two articles about movements of the vertebral column of horses during normal locomotion.

In theses researches, at least three types of movement, dorsoventral flexion and extension, axial rotation and lateral bending, were shown to occur at each of the intervertebral joints.

Lateral bending was relatively more uniform along the length of the neck, with mean values ranging from 25 to 45 degrees for each joint except between the first two cervical vertebraes, which had a mean of only 3.9 degrees of lateral bending.

The study about kinematics of 8 vertebrae (T6, T10, T13, T17, L1, L3, L5, and S3) showed that the value of lateral bending is only  from 1.9 degree to 3.6 degrees.

A  feature of this is that it produces the impression of an « even bend from poll to tail ».

 

Sources :

 Faber M., Johnston C., Schamhardt H., René van Weeren R., Roepstorff L. & Barneveld A. (2001).Basic three-dimensional kinematics of the vertebral column of horses trotting on a treadmill, American Journal of Veterinary Research, 62, 757-764.

Clayton H.M. & Townsend H.G.(1989) Kinematics of the cervical spine of the adult horse. Equine Veterinary Journal,21(3):189-92.

A propos de l’incurvation, 1ère partie.

dimanche, février 1st, 2009

Petit rappel anatomique. 

En partant de la tête vers la queue.

L’amplitude des mouvements des articulations de l’encolure est nettement supérieure à celle de la région thoraco-lombaire, c’est la partie la plus souple de la colonne vertébrale et qu’il est d’ailleurs fort intéressant de travailler, mais nous en reparlerons ultérieurement. Cela est dû en partie, et pour faire simple, à l’épaisseur plus grande des disques intervertébraux, aux apophyses transverses (les branches qui partent sur les côtés du corps vertébral) quasi inexistantes et à l’absence des ligaments inter et supra- épineux, remplacés par un ligament nuchal très flexible.

élève mh lelièvre costume espagnol

Au niveau du garrot, de D1 à D8, la latéro-fléxion est rendue pratiquement impossible à cause de forts ligaments qui relient les vertèbres épineuses (celles qui partent vers le haut et qui donne cette forme singulière au garrot) entre elles, et au fait que chaque vertèbre est reliée au sternum.

Au niveau des vertèbres thoraciques qui sont, elles, reliées aux côtes flottantes, la flexion est très limitée entre D14 et D18 et supérieure entre D9 et D14.

En ce qui concerne la région lombaire, la latéro-flexion est très réduite de L1 à L4, et de L4 à L6 elle est impossible. C’est une région où les vertèbres sont, entre autre, constituées de longues apophyses transverses qui limitent considérablement, voire empêchent totalement la flexion latérale.

En outre, l’articulation L6-S1, c’est-à-dire entre la région lombaire et le bassin, la région socro-illiaque, offre de bonnes possibilités de mobilité, mais en rotation seulement.

Pour finir, le sacrum étant formé de cinq vertèbres soudées entre elles, la flexion latérale est nulle.

J’allais oublier les vertègres caudales (de 15 à 18), qui offrent une mobilité certe intéressante, mais surtout sur un plan esthétique!

Cette énumération un peu fastidieuse nous indique que les possibilités de latéro-flexion de la colonne vertébrale ne sont pas du tout identiques selon les différents segments. Il est donc parfaitement vain de rechercher une incurvation régulière de la tête à la queue quel que soit le diamètre du cercle comme il est si souvent demandé!

Nous verrons dans les posts suivants comment un cheval peut s’incurver et avec quelles aides.

Nous parlerons donc de cette « fameuse » jambe d’incurvation que beaucoup, en conséquence de ce qui précède, feraient mieux d’oublier, au profit d’aides plus appropriées à l’anatomie du cheval.