A propos de l’incurvation, 1ère partie.

Petit rappel anatomique. 

En partant de la tête vers la queue.

L’amplitude des mouvements des articulations de l’encolure est nettement supérieure à celle de la région thoraco-lombaire, c’est la partie la plus souple de la colonne vertébrale et qu’il est d’ailleurs fort intéressant de travailler, mais nous en reparlerons ultérieurement. Cela est dû en partie, et pour faire simple, à l’épaisseur plus grande des disques intervertébraux, aux apophyses transverses (les branches qui partent sur les côtés du corps vertébral) quasi inexistantes et à l’absence des ligaments inter et supra- épineux, remplacés par un ligament nuchal très flexible.

élève mh lelièvre costume espagnol

Au niveau du garrot, de D1 à D8, la latéro-fléxion est rendue pratiquement impossible à cause de forts ligaments qui relient les vertèbres épineuses (celles qui partent vers le haut et qui donne cette forme singulière au garrot) entre elles, et au fait que chaque vertèbre est reliée au sternum.

Au niveau des vertèbres thoraciques qui sont, elles, reliées aux côtes flottantes, la flexion est très limitée entre D14 et D18 et supérieure entre D9 et D14.

En ce qui concerne la région lombaire, la latéro-flexion est très réduite de L1 à L4, et de L4 à L6 elle est impossible. C’est une région où les vertèbres sont, entre autre, constituées de longues apophyses transverses qui limitent considérablement, voire empêchent totalement la flexion latérale.

En outre, l’articulation L6-S1, c’est-à-dire entre la région lombaire et le bassin, la région socro-illiaque, offre de bonnes possibilités de mobilité, mais en rotation seulement.

Pour finir, le sacrum étant formé de cinq vertèbres soudées entre elles, la flexion latérale est nulle.

J’allais oublier les vertègres caudales (de 15 à 18), qui offrent une mobilité certe intéressante, mais surtout sur un plan esthétique!

Cette énumération un peu fastidieuse nous indique que les possibilités de latéro-flexion de la colonne vertébrale ne sont pas du tout identiques selon les différents segments. Il est donc parfaitement vain de rechercher une incurvation régulière de la tête à la queue quel que soit le diamètre du cercle comme il est si souvent demandé!

Nous verrons dans les posts suivants comment un cheval peut s’incurver et avec quelles aides.

Nous parlerons donc de cette « fameuse » jambe d’incurvation que beaucoup, en conséquence de ce qui précède, feraient mieux d’oublier, au profit d’aides plus appropriées à l’anatomie du cheval.

8 Responses to “A propos de l’incurvation, 1ère partie.”

  1. gaton dit :

    j’attends avec impatience la suite de ce post
    pour l’instant, je trouve les rappels toujours interessant

  2. francois giffon dit :

    bravo!tout ceci est si juste.cf dr d.Giniaux,et jean claude racinet »vers une equitation totale.je suis alle voir le squelette de cheval au haras de cluny etc…mais la sangle ,selon sa largeur et selon chaque cheval,ne passe t elle pas vers d 9 d10 ?la ou precisement la lateroflexion est la plus facile vers cette region.la jambe vers la sangle n’agit elle pas au niveau de d 11 d12?donc son action n’a aucune valeur?j’ai voulu imaginer que mes « chevaux m’ont dit » qu’elle avait la une vraie reponse,en particulier sur l’extension du cote naturellement court,lorsque celui ci est a l’exterieur de l’incurvation demandee.a moins qu’il ne suffise de tirer sur la reine interieure pour incurver le cheval(petite provocation),et a moins que l’incurvation ne serve a rien.!!!!il est evident que le cheval peut se ployer lateralement et de facon differente au niveau de l’encolure(voir vertebres citees plus haut),du thorax(d10 a d14) et au niveau de l’arriere main(l2,l3).l’action de la jambe du dedans peut partir ou(et)revenir a l’assiete au niveu de l’ishium du cavalier et peut jouer un grand role dans le report du poids(du cheval)vers le dehors…je m’arrete de peur que mon ignorance ne trouve pas tolerance…et encore bravo pour votre blog tres interressant que je continuerais a lire en silence…cavalierement .nb;peut etre il y a t il des differences entre l’utilisation du cheval de cso et les autres ,pour ma part,dans bien des cas ,je ne pense pas.j’a hate de vous lire pour qu’enfin s’eclaire la lumiere.

  3. will dit :

    Moi aussi, je trouve que le choix et l’entrée en matière de ce sujet très intéressants. J’attends la suite avec impatience. A ce stade, je dirais que, en ce qui me concerne, la question de l’incurvation n’est pas celle de la courbure de la colonne vertébrale du cheval en elle-même, mais bien plutôt ce que permet le ploiement du cheval, à savoir l’engagement des postérieurs, la souplesse des mouvements, la concentration de l’attention du cheval etc..et les moyens de l’obtenir. Ce qui n’enlève rien à la valeur des rappels anatomiques que vous faites si clairement.

  4. Réponse à François.
    Je trouve très bien que des gens de votre niveau équestre participent au débat. Je me souviens de mon maitre, le commandant de Padirac qui recevait régulièrement des amis qui lui étaient chers et avec lesquels il avait parfois des discutions très animées. Mais comme s’était enrichissant! Peu importe que l’on ne soit pas toujours d’accord, l’échange rend intelligent. Pour ma part, je ne prétends pas détenir la vérité, je la cherche, si tant est qu’il y en ait une. Et tant mieux si sur mon chemin, je croise des personnes qui m’insitent à chercher davantage, à me poser des questions, et pourquoi pas à revoir mes positions.
    Vous n’êtes pas ignorant, je ne suis pas intolérante, et surtout, ne soyez pas silencieux!

  5. Réponse à Will.
    Effectivement, je pense que les rappels d’ordre anatomique, physiologique, biomécanique ou éthologique sont indispensables, mais que, évidemment, à eux seuls, ils ne transforment pas un cavalier débutant en un grand écuyer. Cependant, il me semble que ces notions font cruellement défaut à la formation des cavaliers, et que si elles étaient intégrées aux cours, au même titre que la technique équestre pure, de nombreuses et grosses erreurs pourraient, sans doute, être évitées.

  6. will dit :

    Vous avez tout à fait raison, et il est vrai qu’en France les connaissances en biomécanique sont souvent très insuffisantes chez beaucoup de cavaliers. A l’inverse, la physiologie, la biomécanique et l’éthologie ont pris (à mon sens) une importance excessive aux Etats-Unis par exemple, au détriment des éléments plus subjectifs tels que la psychologie, l’expression imagée, l’apprentissage si difficile de la sensation et oserais-je dire la poésie. En équitation, il faut de l’équilibre en toute chose. Mais nous ne risquons rien avec vous, comme le démontre votre blog en général, et la liste de vos auteurs préférés (Oliveira, Karl et Racinet) en particulier qui couvrent à merveille le spectre des points de vue si variés de l’art equestre!

  7. gaton dit :

    je crois surtout qu’il faudrait avant de revoir la formation des cavaliers
    revoir la formation des enseignants
    pour ma part ma formation a surtout consisté a couter moins cher a mon patron qu’un enseignant diplomé (a travail égal, salaire quasi inexistant et formation surtout très minime!!!)

  8. Là, Agathe, tu mets vraiment le doigt là où ça fait très mal!
    Je me demande si les formateurs des enseignants sont les mêmes qui écrivent les manuels fédéraux. J’espère que ce n’est pas le cas!

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