Réflexion…

Il faut, à cheval comme dans la vie en général, avoir des buts, des rêves à réaliser, des objectifs à atteindre. C’est indispensable, cela tire vers le haut et aide à avancer.

Parfois néanmoins, certains cavaliers sont trop ambitieux et manquent de réalisme ou de modestie, et si les objectifs qu’ils visent sont trop éloignés de leurs potentiels du moment, ou de celui de leurs montures d’ailleurs, très rapidement, le plaisir s’estompe au profit du découragement, et l’harmonie cède sa place à l’effort dans la tension.

Une progression de travail à la mesure du couple cheval-cavalier, jalonnée d’objectifs intermédiaires bien ciblés, est un gage de réussite.

Plutôt que de ne regarder que le sommet de la montagne à gravir, le cavalier ne doit pas oublier d’où il est parti, et bien réaliser que chaque étape franchie, chaque difficulté surmontée, chaque problème résolu rapproche un peu plus du but ultime et doit être source de satisfaction.

De plus, dès le début de son apprentissage, le cavalier doit être guidé vers une équitation de « ressenti ». Il est essentiel qu’il apprenne à sentir son corps et celui de son cheval, et petit à petit, à mesure que ses perceptions s’affineront, il sera à même de faire la différence entre un dos contracté et un dos élastique, du bout de ses doigts jusqu’à ses épaules. Il ressentira la qualité du contact, et son assiette lui dira si la cadence est bonne ou mauvaise. Il puisera sa satisfaction au coeur de ses sensations.

équitation décontraction m h lelièvre  équitation décontraction m h lelièvre

Ce qui précède m’amène à faire une parenthèse sur le fait qu’un travail bien conduit devrait comporter une plus forte proportion de travail de base gymnastique sur la locomotion que sur la technique du mouvement recherché.

Donc, même si notre cavalier « raisonnable » garde en tête son objectif terminal, ce dernier ne sera plus sa seule raison de travailler sa monture. Le plaisir d’un dressage bien fait, où le cavalier est en harmonie avec un cheval à l’aise dans son corps et dans sa tête, est une raison non moins importante d’être à cheval chaque jour.

Et comme les petits ruisseaux font les grandes rivières, il serait bien surprenant qu’un cavalier montant avec cet état d’esprit n’obtienne pas de son cheval que celui-ci lui offre de bien jolies choses!

équitation décontraction m h lelièvre

2 Responses to “Réflexion…”

  1. will dit :

    Bonsoir Marie-Hélène,
    Merci pour cet excellent article, qui définit parfaitement la conception de l’Equitation qui devrait être celle de tout cavalier réellement motivé.
    Avoir un but, être conscient de ses propres limites et de celles de sa monture, savoir trouver du plaisir à chaque étape, voilà la sagesse et la clé qui ouvre la voie des grandes joies équestres. Malheureusement, cette sagesse n’est pas la qualité la mieux partagée dans le monde du dressage.
    Je connais une cavalière qui a la chance de posséder un splendide Hanovrien, qui a été dressé jusqu’au passage, piaffer, pirouette par un maître. Hélas, elle n’ a pas d’assiette…Elle s’acharne néanmoins à lui demander ces airs, et n’obtient que mouvements saccadés, résistances, grincements de dents etc.. Le cheval semble d’ailleurs assez aimable, car je ne l’ai jamais vu aller plus loin dans sa colère… Ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est précisément l’intérêt que peut trouver cette personne dans sa démarche. En la regardant récemment s’escrimer sur une tentative de Passage, je pensais au chapitre consacré à Ourphaly par L’Hotte dans ‘Questions Equestres’:
    ‘Mieux que ce passage automatique, que des faux temps viennent encore si fréquemment défigurer et où le cavalier cahoté perd souvent toute grâce, le trot naturel, écouté et libre, charmera le véritable homme de cheval…’
    Votre article s’inscrit parfaitement dans le droit fil de la pensée du grand écuyer.
    Bien cordialement

  2. Sandrine dit :

    Bonjour,

    je pense que dans la démarche de cette cavalière l’intérêt est de montrer et de croire qu’elle peut… elle ne se rend probablement pas compte qu’elle agit dans une mauvaise voie… et souhaite t’elle le savoir ? Parfois on souhaite faire des choses dont on n’est pas capable, mais on veut le faire; là est toute la subtilité de savoir faire la part des choses et aborder sa propre évolution avec humilité sans toutefois « s’encrouter » et ne pas perdre de vue qu’il faut essayer de faire toujours un peu mieux quitte à titiller ses limites de temps en temps… quelque soit notre niveau… mais tout cela demande des années et de la patience, là est toute la problématique…

    Ma petite pensée supplémentaire semble un peu redondante mais il est bon d’en parler comme il est bien agréable de lire articles et commentaires tels que ceux ci …

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