De l’art d’enseigner l’équitation.
Wednesday, July 29th, 2009Dresser un cheval est tout un art, et de nonbreux livres sont consacrés au dressage des chevaux. Ecrire des livres sur l’art de dresser un cheval est également tout un art. Mais ce dont on parle moins souvent, c’est du fait d’enseigner au cavalier l’art de dresser un cheval. Et je pense que bien enseigner l’équitation est très certainement tout un art !
Si nous nous en tenons à une définition simple de la pédagogie, on peut dire que c’est une science de l’éducation qui étudie les moyens ou les méthode de la transmission d’un savoir.
Enseigner l’équitation est une tâche délicate car elle met en jeu deux acteurs, et l’acte pédagogique, de ce fait, est double. L’enseignant doit, en quelque sorte, améliorer le dressage du cheval, par l’intermédiaire du cavalier qu’il doit également “éduquer”. Si l’on considère, de plus, que le niveau du cheval et du cavalier sont différents (si tant est que l’on puisse comparer un cheval et un humain, qui ont chacun leurs propres facultés motrices et d’apprentissage), la tâche est encore plus ardue.
Cette tâche est complexe, car il ne suffit pas à l’enseignant de communiquer de façon linéaire et magistrale, son savoir en demandant à l’élève de répéter inlassablement et de façon “mécanique” des gestes ou des actions, jusqu’à ce que celui-ci développe son habileté et acquière ainsi la maîtrise de la discipline.
Il ne faut pas non plus que l’enseignant pense que pour réussir un geste technique, il suffit au cavalier de faire appel à sa compréhension alliée à sa seule volonté.
L’enseignant doit faire travailler le couple cavalier-cheval dans un climat de confiance et de sécurité dans le but de développer les habiletés techniques pour l’un, et d’améliorer le dressage pour l’autre, tout en préservant l’intégrité physique et mentale des deux.
Enseigner l’équitation, c’est tenir compte des multiples bouleversements que vit le cavalier en situation d’apprentissage et c’est également bien connaître les phénomènes liés à l’interaction entre la motricité et l’affectivité afin d’élaborer les stratégies pédagogiques les mieux adaptés à l’objectif et au couple.
Un bon enseignant, qui est également un dresseur, est donc un bon technicien. Il doit posséder des connaissances en biomécanique du cheval, et doit être au fait du fonctionnement du corps humain. bien sûr, on ne lui demande pas d’être vétérinaire, ni médecin! Il doit être conscient des capacités et des limites du cheval et les respecter.
Mais ces qualités, si elles caractérisent le dresseur, ne suffisent pas pour enseigner. En effet, l’enseignant doit, de plus, posséder l’envie de partager son vécu, de transmettre son savoir, dans le respect et l’écoute de l’autre. Il doit respecter la personnalité et les limites de chacun de ses élèves, croire en leurs potentialités pour permettre et valoriser le moindre progrès. Les cours doivent donc se dérouler dans un climat qui reflète ces différents paramètres. Le respect, la politesse et la cordialité sont donc les incontournables caractéristiques de base d’une séance qui se réclame de cette éthique d’un véritable enseignant d’équitation qui ne se suffit pas à être uniquement cavalier, dresseur, voire “gourou”…
Toutes ses qualités sont essentielles pour conduire véritablement tout élève et tout cheval vers une technicité de plus en plus aboutie, mais aussi et surtout, vers une harmonie et une complicité au sein du couple, chaque jour plus affirmée.
