Corrections dans les pas de côté.

Tant que le cavalier et/ou le cheval ne maîtrisent pas un pas de côté, quel qu’il soit, je trouve qu’il est préférable de faire les corrections nécessaires à l’amélioration de l’exercice en décomposant les actions

Dans un déplacement latéral, il y a, pour moi, trois composantes importantes, qui sont :

  • La rectitude, avec la bonne latéralité par rapport à la piste ou le pare-bottes.
  • La vitesse convenable, bien sûr dans l’impulsion.
  • L’attitude de la ligne du dessus avec la bonne incurvation et la décontraction.

Je ne les ai pas classées par ordre d’importance, car cela dépend vraiment des chevaux. En effet, certains chevaux souples, se déplacent facilement de côté, mais fuient, donc il faut avant tout les calmer ou les reéquilibrer en les ralentissant. D’autres sont calmes mais raides, et ont des difficultés à croiser les membres, donc le déplacement latéral est à travailler en priorité. Et d’autres encore peuvent manifester leur manque d’aisance en se creusant, ceux-ci doivent être décontractés dans leur ligne du dessus.

marie hélène lelièvre pas de coté Cession à la jambe.

Parfois, quand plusieurs problèmes se juxtaposent, beaucoup de cavaliers manquent de justesse et d’à propos dans leurs corrections. On peut les voir, tirer, retenir, déplacer, tout en poussant à la fois, laissant le cheval perplexe face à ce qu’il doit comprendre et effectuer.

Il faut dire qu’ils s’entendent si souvent dire qu’il ne faut perdre l’impulsion sous aucun prétexte, qu’ils continuent souvent à “pousser dans les jambes” leur monture, alors même que celle-ci fuit, se contracte et se tord.

A mon avis, il est plus sage et plus instructif pour le cheval que son cavalier décompose ses corrections. Par la même occasion, il perfectionnera son “main sans jambes, jambes sans mains”.

marie hélène lelièvre pas de coté Epaule en dedans.

Encore une fois, il ne faut pas assimiler l’impulsion à la vitesse. Il vaut mieux un cheval qui va lentement avec un croisement généreux, qu’un autre qui va plus vite en précipitant le chevalement de ses membres.

On n’active pas un cheval mal orienté, de même que je ne pense pas qu’il faille le réorienter tout en continuant de le pousser. On le réoriente d’abord en remettant les épaules devant les hanches (mains sans jambes), et on active de nouveau le postérieur, aprés avoir cédé dans ses mains (jambes sans mains).

De même que pour un cheval qui fuit, donc va trop vite, parce qu’il échappe des épaules, on évite une association de mains vers l’arrière, qui ralentissent, et vers le côté, qui replacent correctement les épaules. Au lieu de cela, on remet les épaules devant les hanches par une action simplement latérale des mains, et ensuite, si le cheval va toujours trop vite, alors on le reprend.

Il va de soi également que l’on ne cherche pas à mettre en main un cheval, alors que l’on est en train de le ralentir, ou de lui replacer correctement les épaules et ou les hanches. Tant qu’il n’est pas calme et droit, il ne décontractera pas sa ligne du dessus. Ici encore, chaque chose en son temps.

Toutes les difficultés qui se présentent, quand elles sont cumulées, doivent être traitées séparément. Je me suis rendue compte, en faisant travailler ainsi mes élèves, que les chevaux comprennent mieux ce qui leur est demandé, puisqu’ils n’ont qu’une information à traiter à la fois. Les élèves réagissent également de façon positive, car ils peuvent se décontracter entre chaque action.

marie hélène lelièvre pas de coté Tête au mur.

  marie hélène lelièvre pas de coté Déplacement latéral type cession à la jambe.

Et, bien sûr, à mesure qu’il progressera, le couple cheval/cavalier s’affinera, le cavalier faisant de plus en plus rapidement les rectifications sur un cheval corrigeant de plus en plus vite son attitude.

4 Responses to “Corrections dans les pas de côté.”

  1. francois giffon Says:

    encore bravo!a nouveau les bonnes questons!ilfaut se souvenir que pendant que le cavalier effectue sa demande,le cheval,lui,se demande ce que son cavalier lui veut.ce n’est que lorsqu’il cesse son action que le cheval,libere,peut donner la meilleure reponse.il est donc certain que deux choses a la fois…dans les differents pas de cote,on doit se demander sur quel membre le cheval veut et doit envoyer la majeure partie de sa masse et aider ce report de poids avec l’assiette.penser a l’impulsion comme une priorite car ce n’est que dans cette idee la que le cheval ne se coincera pas et donnera la meilleure reponse.demander trois pas ,cesser la demande de la jambe isolee,suivre l’idee du mouvement avec l’assiette,et en avant… par contre ,si je puis me permettre,en ce qui concerne les legendes de vos deux dernieres photos,la tete au mur se fait comme son nom l’indique …au mur et ce que vous appelez deplacement lateral type cession a la jambe s’appele chez moi sauf erreur,contre epaule en dedans vers la gauche sur la piste.merci encore pour ces echanges de points de vue.

  2. Marie-Hélène Says:

    Bonjour François,
    encore merci pour vos commentaires tout à fait intéressants.
    En effet, pour la hanche en dedans, j’ai pris un raccourci : n’étant ni sur un cercle, ni sur une diagonale, j’ai un peu rapidement appelé ce déplacement latéral “tête au mur”. Toutefois, en ce qui concerne l’autre pas de côté, reculant très légèrement la jambe droite, et n’ayant pratiquement pas d’incurvation, je l’ai sciemment appelé “type cession”, contrairement à la contre épaule en dedans où ma jambe serait restée à la sangle avec la jument incurvée.
    Merci pour ces remarques, elles enrichissent la discussion.

  3. will Says:

    Je me permets d’intervenir dans cette très intéressante discussion, avec quelques commentaires qui viennent s’ajouter à vos échanges.
    -Beaucoup de gens veulent ‘faire des pas de côté’, mais ne savent pas quel en est l’intérêt réel. Je pense que la réponse peut se trouver, comme toujours, chez Nuno Oliveira qui disait:’La pratique nous montre qu’un cheval ne peut donner son dos avant d’avoir ployé ses côtés autour de la jambe intérieure’. Certes, on peut ployer son cheval sans nécessairement recourir aux pas de côté (petits cercles, spirales), mais ceux-ci offrent une puissance et une gamme de possibilités de ploiement infiniment plus efficaces. Sauf un: celui que vous appelez, Marie-Hélène, en faisant fort justement la distinction, ‘type cession’ sans incurvation. Je suis de ceux qui pensent que cet exercice est d’une utilité discutable, justement parce qu’il n’apporte rien du point de vue ploiement ni engagement. Mon vieux professeur avait l’habitude de dire que cet exercice n’avait eu qu’une seule raison d’être: ‘remettre dans l’alignement un cheval de troupe lors de revues militaires ‘. A part les cavaliers de la Garde, plus personne ne devrait donc en avoir besoin!
    -par contre la cession à la jambe avec incurvation extérieure telle que vous la montrez sur une de vos photos est très utile pour éduquer élève et cheval avant d’aborder les pas de côte plus difficiles. Elle est malheureusement mal comprise de certains enseignants, qu’on voit parfois apostropher l’élève qui l’exécute d’un ‘Remettez votre cheval droit’, bien mal à propos à mon sens..

  4. will Says:

    Marie-Hélène, François,
    Je m’aperçois à la relecture que mon message pourrait trahir ma pensée: quand je dis ‘beaucoup de gens..’, je veux dire ‘beaucoup de novices..’ . Il va de soi que que ma formulation trop générale ne s’applique pas aux cavaliers confirmés, et donc a fortiori encore moins aux participants des discussions sur ce blog!

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