Incohérence!

J’ ai dernièrement entendu de la bouche d’une sommité équestre, que la recherche de la légèreté pouvait aller jusqu’à ce que le contact avec la bouche du cheval se réduise au seul poids des rênes. Très bien, jusque là, rien à redire.
Le même jour, quelques temps plus tard, la même personne explique qu’il est souhaitable que les rênes ne flottent pas, sous peine que le cheval manque de fixité, échappe au contrôle, “et tout et tout”. Il s’agissait, évidemment, d’une remarque d’ordre général et non concernant un cas précis, ce qu’alors j’aurais pu admettre.
J’aimerais comprendre comment la bouche du cheval ne peut recevoir que le poids des rênes si celles-ci sont tendues, même aussi peu que ce soit!
N’hésitez pas à commenter ce post!!

arly légèreté blog mh lelièvre

9 Responses to “Incohérence!”

  1. Adrien Says:

    Bonjour,
    Pourquoi n’avez vous pas posé la question à cette personne (le Colonel Carde)? Il vous aurait probablement répondu.
    Malheureusement, mes connaissances ne me permettent pas de vous répondre mais je vais essayer de suivre les réponses pour y voir plus clair.

  2. Adrien Says:

    Je viens de feuilleter quelques livres en espérant vous amener quelques éléments de réponse.
    Dans le livre Gymnase et Dressage de Michel Henriquet, l’auteur aborde la notion de contact (Page 63)
    Voila j’espère que ça vous éclairera.

  3. will Says:

    Bonjour Marie-Hélène,
    C’est avec plaisir que je réponds a votre appel à commentaires, d’autant qu’il est exprimé avec une véhémence très sympathique. Je ne suis qu’un vieux cavalier amateur passionné et n’ai donc à ce titre aucune prétention à critiquer l’avis de sommités..Je me bornerai donc à exprimer un avis personnel tout en appelant quelques maîtres à ma rescousse:
    Pour commencer, je rappelle une phrase de Fillis:
    ‘Il est de règle absolue en équitation que la main doit toujours rester en communication avec la bouche’,
    ..tandis que Le Bon écrit:’la grosse difficulté en équitation n’est pas de se servir des rênes, mais plutôt d’apprendre à s’en passer ou, tout au moins, à s’en servir très peu’.
    Voilà le problème posé.
    Personnellement, je pense qu’une fois de plus, Oliveira a raison en parlant de ‘rênes demi-tendues’, que je comprends comme étant la frontière subtile entre tension et guirlande. Il est bon, comme vous le suggérez dans votre billet sur la légèreté de vérifier celle-ci par de brèves remises de main complètes, mais pas plus.
    Cette question de l’intensité du contact des rênes a fait et continue de faire l’objet de débats enflammés (voir par exemple sur le forum ClassicalDressage:

    http://pets.groups.yahoo.com/group/ClassicalDressage/

    Mon avis est qu’une réaction déterminée contre les excès inacceptables et ridicules du dressage de compétition actuel ou l’on voit souvent de véritables treuils montés à la ‘tire dessus et rentre dedans’) est salutaire et que le retour vers le ‘Graal’ de la légèreté est une excellente chose. Encore faut-il que les chevaux pas encore mis, et les cavaliers dont l’expérience est récente conservent un contact avec la main qui peut même être un léger appui sur le mors, sans quoi ils ne parviendront jamais à la légèreté qui est l’ ‘asymptote’ du contact en termes mathématiques, si je peux oser cette métaphore.
    Pour conclure, une citation de Beudant, frappée au coin du bon sens comme souvent:
    ‘La bonne main – Il en est de la main du cavalier comme de la bouche du cheval, et les expressions , n’ont pas le sens qu’on leur prête ordinairement. Il n’y a que le cavalier qui ne sait pas et le cavalier qui sait donner à sa main, puissante ou faible peu importe, la fixité qui, à l’extérieur, permet de retenir le cheval qui tire et qui, en haute équitation, permet l’ exécution des mouvements les plus difficiles en agissant sur la bouche du cheval sans prendre sur l’impulsion.

    Quant à moi, je me remémore souvent une jolie image de mon vieux professeur qui disait:
    ‘La main du cavalier doit être aussi légère vis à vis de la tête du cheval que celle d’un enfant qui fait doucement rebondir un ballon de baudruche sur le plat de sa paume.’
    Merci à nouveau pour ces belles occasions de discussions.

  4. Sandrine Says:

    Mes compétences en la matière sont bien loin de tout cela… surtout lorsqu’on ne pratique plus… il est néanmoins intéressant de noter qu’en équitation américaine certains cavaliers obtiennent des choses tout à fait intéressantes avec très peu de main contrairement à ce que l’on peut entendre parfois… qui malheureusement est étayé… toutefois au vu des dérives de l’équitation dites “classique”, il faudrait aussi que certains balayent devant leur porte et aient l’esprit plus ouvert et constructif… J’ai pratiqué un peu d’équitation “western” dans un centre de la région parisienne; Mais si je n’adhère pas à tout, je regrette ne pas pouvoir y retourner pour ces approches si différentes dont on devrait s’inspirer un peu plus mais au combien déstabilisantes, notamment apprendre à “diriger” un cheval sans rênes,… et c’est l’un des rares endroits où j’ai à nouveau entendu ces paroles: “avances tes mains !” …

    Je trouves que toute ces dernières réflexions sont très intéressantes. Bravo pour votre commentaire Will, j’aime beaucoup et la dernière citation est très belle.

  5. gaton Says:

    bien d’accord avec Sandrine
    toutes les équitations ont qq chose a apporter
    avant d’arriver en Touraine, je travaillais avec qq’un qui pensais ainsi et j’ai appris énormément
    et le cheval qu’elle m’avait confié était un parfait professeur, pas question avec lui de mettre trop de main sous peine de traverser la carrière (avec ou sans lui !!!)

  6. will Says:

    Une petite remarque de physique qui montre qu’avec des rênes demi-tendues, c’est à dire avec la tension minimum nécessaire pour qu’elles soient en ligne droite entre la commissure et la main du cavalier, on peut obtenir justement ‘le seul poids des rênes’. Ce n’est pas un paradoxe!
    En effet, lorsque les rênes sont sont détendues, elles décrivent une courbe entre ces deux points dite chainette. Au niveau de la commissure, la force appliquée est verticale et égale à la moitié du poids de la rênes. Si on la projette sur la ligne droite qui passe par la commissure et la main, on constate une composante dirigée vers le vas, c’est à dire dans les sens main vers commissure. Le mors a tendance à ‘tomber’ en effet vers les dents inférieures des barres sous l’influence de cette composante. Si, à partir de cette situation, on exerce une tension exactement égale et opposée à cette composante, on obtient une rêne rectiligne, sans tension supplémentaire de la main. On voit ainsi que l’expression ‘demi-tendue’ qui semble floue a priori, a en fait une signification mécanique exacte, et qu’elle correspond à l’action minimale possible de la rêne sur la bouche.
    Avec mes excuses pour ceux que cette excursion mathématique aura ennuyé!

  7. Marie-Hélène Says:

    Merci à tous d’avoir si promptement participé au débat. Et merci à will pour cette explication de la rêne demi-tendue, la technique étant parfois indispensable.
    Personnellement, je reste une inconditionnelle de la rêne “détendue”, en tant que finalité bien sûr, et pas n’importe comment ni à tout bout de champ. Je monte plusieurs chevaux avec lesquels je garde les rênes tendues en permanence. Avec d’autres, par contre, je peux, à certains moments, garder le contrôle avec des rênes détendues. Je trouve cette situation tellement agréable et reposante, que je me garde bien de l’éviter!
    A Adrien je voudrais dire qu’il est des situations où il vaut mieux être calme pour poser des questions. Il y a des journées qu’il est préférable d’oublier et dont il est souhaitable de ne pas parler.

  8. francois giffon Says:

    ne montons pas sur nos gds chx!!!perso je n’aime pas la notion d’appui,mais prefere “contact”.la descente de mains peu amener la flotaison des renes.mais avant ceci la main a demande a la bouche la flexion de la machoire,et la mise en main ,c’est a dire un cheval qui vient en etirant son encolure vers l’avant,gouter le mors.il est certains mors que qqs cavaliers utilisent avec une alliance plutot que 4 renes rendent difficile cette sensation car le cheval a vite fait de s’encapuchoner.le commandant dans milady de paul morand dit au jeune lieutenant a qui il fait essayer milady:”les mains comme dans les oeufs a la neige”.j’ai imagine qu’il voulait dire delicatement sans les deformer…perso, j’aime dire”les renes souples”.a ce propos comme mr racinet le preconisait,je suis un adepte des renes lisses en cuir entretenu,qui nous permettent de rendre en laissant glisser les renes entre les doigts sans que le cheval ne ressente d’acoups comme avec des renes en caoutchouc ou autres.je fais tous mes parcours avec ces renes sans gants meme s’ilpleut… merci encore a vous pour toutes ces reflexions…delicieuse culture equestre cher will,et encore bravo a vous marie helene pour cette recherche permanente…

  9. Marie-Hélène Says:

    Merci François encore une fois pour vos remarques. Mon cheval étant très difficile à fixer dans sa mise en main, j’ai un temps mis un pelham avec alliances. J’ai été relativement satisfaite au début, mais ensuite il s’est durci et a fini par s’enfermer. Je suis dès lors revenue au filet simple.

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