Archive for août, 2009

Ebauche de piaffer.

dimanche, août 30th, 2009

Bohemio, cheval entier de 7ans, de pure race espagnole, est l’exemple type du bon cheval exploité trop tôt au rassembler sans travail de base préalable, pour les besoins de la vie de spectacle à laquelle il était destiné.

Voilà bientôt deux ans qu’il a quitté cette vie, ô combien stressante, pour intégrer une nouvelle maison avec de gentils propriétaires, désireux de lui offrir une vie douce, calme, et de lui faire oublier momentanément tous ces airs qu’il a appris dans un faux brillant et qui lui ont été demandés en dépit du bon sens.

Ensemble nous avons repris un travail de base faisant terriblement défaut. Le cheval ne marchait pas, passageait plus qu’il ne trottait, et galopait, soit beaucoup trop vite, soit par bonds quasiment sur place, et particulièrement inconfortables pour le cavalier.

Tout va beaucoup mieux maintenant, bien que ce cheval, extrêmement gentil par ailleurs, reste très délicat. Il est désormais possible de retravailler le rassembler, mais par doses homéopathiques, sur quelques foulées et en étant très sobre dans les demandes.

Pour ce qui est du piaffer, puisque c’est de cela dont je voulais particulièrement parler, nous l’abordons du pas. Bohemio étant un cheval énergique, mais excitable et encore enclin au stress, il a le tonus nécessaire pour piaffer à partir du pas, mais est néanmoins apaisé par cette allure. La transition du passage au piaffer requiert un niveau de dressage et une sérénité qu’il n’a pas encore, et la transition du trot au piaffer génère confusion et contraction, du fait de la concentration d’énergie qu’elle demande. Il n’arrive pas encore à s’organiser tranquillement.

Etant au pas, je ralentis en pesant particulièrement dans ma selle. Je décolle très légèrement mes jambes à partir des hanches pour un maximum d’efficacité au niveau de mon assiette. Mes mollets interviennent très légèrement au début de la demande de piaffer, et éventuellement une autre fois.
Si je sens que je dois de nouveau remettre les jambes, je n’insiste pas, et je préfère, plutôt que d’entretenir mon cheval, reprendre un travail préparatoire. C’est très peu dans le mouvement, que l’on travaille le mouvement, c’est en amont que l’essentiel se fait, et aussi, dans le soucis de savoir s’arrêter à temps, et dans le cas de Bohemio, en repassant calmement au pas.
Il y a une chose que j’essaie d’éviter à tout prix, c’est d’agiter mon corps pour entretenir le mouvement. Outre que je trouve cela très laid, je trouve que c’est aussi extrêmement gênant pour le cheval qui n’arrive pas, alors, à prendre la meilleure cadence qui soit pour exécuter ce qu’on lui demande.
C’est malheureusement un défaut que l’on constate souvent même au plus « haut niveau » (enfin…en compétition)!

Je laisse Bohemio avancer dans son piaffer (qui n’est pas du tout du passage, j’insiste à nouveau), car pour l’instant je sens qu’il est important pour lui de ne pas se sentir contraint sur place : l’appréhension d’être bloqué engendrerait de la contraction qui nuirait à la régularité de la cadence.

Je sais qu’il a la force pour pouvoir piaffer sur place, et je ne manquerai pas de vous montrer sa progression dans cet air qui peut être si beau.

Arrêt dans le travail à pied.

dimanche, août 23rd, 2009

Je ne traiterai, dans ce post, que de l’arrêt sur le cercle.
Il peut se demander de différentes façons : par une aide vocale, par le langage corporel, ou par une aide tactile agissant directement sur une partie de l’animal, comme les rênes qui agissent sur la bouche. La réussite, à chaque fois, dépend d’un apprentissage correctement mené.

Prenons l’exemple d’un arrêt demandé grâce aux mains, par l’intermédiaire des rênes. Pour obtenir un arrêt correct, le cavalier devra, pour commencer, respecter quelques règles de bases.
Ce que j’appelle un arrêt correct pour un jeune cheval, ou bien un cheval débutant au travail à pied, est un arrêt exécuté sans altération de l’attitude, ni de la rectitude, comme si le temps se trouvait subitement suspendu au cours d’une foulée. Imaginez vous en train d’écouter un morceau de musique. A un moment précis, vous appuyez sur « pause » : la musique s’arrête sans altération du son, et losque vous appuyez de nouveau sur le même bouton, la musique reprend là où elle s’était arrêtée.

Revenons à notre arrêt. Le risque est grand, si le cheval ne s’arrête pas dès notre demande, de s’arrêter avant lui en faisant point fixe avec son corps, et en résistant avec la main.
Que se passe-t-il alors? Au mieux, le cheval, se trouvant bloqué devant, s’arrêtera en dérapant des hanches vers l’extérieur, au pire, et pour les mêmes raisons, il se mettra à tourner autour du cavalier avant de, peut-être s’arrêter.

Voici une proposition qui peut aider à résoudre cette difficulté.
Tout en marchant, commencer par demander l’arrêt par une action de main faite d’une succession d’ouvertures et de fermetures des doigts sur les rênes. Si cela se suffit pas, on peut lever délicatement la main intérieure, puis, si la réponse se fait toujours attendre, alors il faut lâcher la rêne extérieure pour pouvoir plus librement se déplacer vers la tête du cheval et lui faire face ; l’action de la main intérieure pouvant par ailleurs, augmenter sensiblement. Il faut faire attention, mais à moins d’avoir à faire à un individu particulièrement irrespectueux, cette façon de faire est relativement fiable et sans brutalité pour le cheval qui s’arrête pratiquement à coup sûr dans l’axe de la personne et apprend ainsi à ne pas chasser les hanches.
Si le cheval est habitué à répondre à la voix en longe, il faut évidemment associer ce code à ce nouvel apprentissage, ce sera une aide précieuse. En effet, même s’il y est moins réceptif du fait de la perturbation que provoque la nouveauté de l’exercice, la voix pourra se faire calmante et rassurante s’il est anxieux, ou bien alors plus ferme, s’il est décidé à quelque peu bousculer la personne qui le conduit.

travail à pied mh lelièvre travail à pied mh lelièvre travail à pied mh lelièvre

Par la suite, si le cheval s’arrête à la demande mais chasse encore un peu les hanches (au travail à pied, la présence de la personne du côté intérieur incite souvent les chevaux à déraper de l’arrière main vers l’extérieure, pour se tourner vers cette personne, comme lors des premiers arrêts en longe d’ailleurs, lorsque le cheval fait face au longeur), il suffit, lors de la demande, de « pousser » un peu les épaules vers l’extérieur du cercle afin de les remettre devant les hanches.


Ici, le cheval chasse encore très légèrement les hanches.

Coup de chapeau aux maréchaux

mercredi, août 19th, 2009

Pour un clou se perd un fer ; pour un fer, le cheval ; et pour le cheval, le cavalier.
Proverbe espagnol.

rape.jpg rainette.JPG fumee.JPG

forge.JPG Avoir l’oeil et le bon ! support.JPG

« Pas de pied, pas de cheval ! »

Avec l’aimable autorisation de Didier Prévost.

Cession à la jambe le long de la paroi et contre épaule.

lundi, août 17th, 2009

Gaspard de Saunier, écuyer de la première partie du XVIIIè siècle, écrit : »Plusieurs écuyers prétendent qu’on ne doit pas faire fuir les talons à un cheval la tête à la muraille, les hanches en dedans du manège. Pour moi, je ne puis comprendre leurs raisons ,à moins que ce ne soit pour prolonger le temps de l’éducation de leur disciple. Par ce moyen, le cheval apprendra à passer les jambes l’une sur l’autre sans les entrelacer. »

Le docteur vétérinaire Pierre Pradier cavalier et écrivain, parle, quant à lui, de la cession à la jambe tête au mur, à ne pas confondre bien sûr avec la hanche en dedans tête au mur ou travers. Il souligne que dans ce mouvement, l’incurvation n’étant pas obligatoire, elle n’est pas contôlée, et la jambe agissante est une jambe isolée (en arrière de la sangle).
Il va jusqu’à dire, je le cite : « La cession à la jambe tête au mur est un exercice qui doit être préféré à la cession à la jambe sur la diagonale, exercice nécessitant la conduite de l’ensemble du corps, épaules et hanches… »Cette assertion, bien évidemment, n’engage que lui.
Il ajoute également qu’il n’y a aucun rapport entre cet exercice et la contre épaule en dedans dont je vais parler un peu plus loin, et dont j’ai déjà parlé dans un post précédent (28/06/2008).

Je fais travailler mes élèves sur un enchaînement, peu ortodoxe, me direz vous, mais qui me paraît intéressant pour le cavalier : il passe, d’une contre épaule en dedans à une cession tête au mur, puis à une hanche en dedans tête au mur. Il peut, grâce à cet exercice, vérifier sa capacité à maîtriser l’incurvation, le redressement et le changement d’incurvation du cheval, d’une part, et la perméabilité de sa monture, d’autre part.

Voilà comment nous procédons : le cavalier étant à main gauche par exemple, je lui demande d’aborder le grand côté légèrement en piste intérieure, puis d’effectuer une contre épaule en dedans sur un tiers de la longueur. Il déplace les épaules de son cheval vers la droite, l’amenant de se fait à déplacer les antérieurs sur la piste laissée libre à cet effet, la jambe droite reste à la sangle tandis que la gauche veille à ce que les hanches ne dérapent pas, une incurvation harmonieuse tenant compte des possibilités du cheval étant alors recherchée.

contre épaule en dedans mh lelièvre c maintier

Vers la fin du premier tiers, le cavalier commence à redresser son cheval. A l’aide de ses mains, il déploie le bout de devant, et en reculant délicatement la jambe droite, il met les hanches du cheval dans l’axe de son corps. Le cheval est alors relativement droit, et même s’il garde un léger pli derrière la ganache à droite, on ne peut plus parler d’incurvation au sens où on l’emploie habituellement, et par conséquent, on ne parle plus, non plus, de contre épaule en dedans.

cession a la jambe mh lelièvre c maintier

webpasdecotesp1040301.JPG

Avant d’aborder le travail du dernier tiers, j’aimerais insister sur le fait qu’il est fondamental, pour commencer sa contre épaule, d’être en piste intérieure. Sinon, comment le cheval pourra-t-il déplacer ses épaules, en l’occurence dans notre exercice, vers la droite, s’il est collé à la parroi? Il se passera la chose suivante : ce ne seront pas les épaules qui se déplaceront vers la droite, mais les hanches vers la gauche, dans un « chasser » plus propre à la cession qu’à la contre épaule.
Il reste enfin au cavalier à entamer son troisième tiers, et ce, en hanches en dedans tête au mur. Pour ce faire, il ploie son cheval, cette fois à gauche, en accentuant, s’il le faut, l’action de la jambe droite en arrière de la sangle, afin de renforcer l’incurvation à gauche.

tête au mur c maintier blog mh lelièvre

Je fais faire cet exercice au pas car l’élève a peu de temps, finalement, pour être clair, précis et bien se faire comprendre de son cheval.

La cession à la jambe comme outil pédagogique.

dimanche, août 9th, 2009

Ce post est une illustration d’un propos que j’ai tenu dans un post précédent et qui concerne l’élaboration de stratégies pédagogiques les mieux adaptées au couple cheval-cavalier.

Durant tout mon apprentissage à l’équitation équestre de Touraine, je n’ai pas fait une seule cession à la jambe (je ne parle pas de la tête et de la croupe au mur). L’épaule en dedans était l’assouplissement roi, et la cession à la jambe n’était évoquée que pour souligner son peu d’intérêt, voire ses effets néfastes.
Lorsque j’ai volé de mes propres ailes et pris mon indépendance, j’ai dû envisager des solutions capables de véritablement aider mes élèves.
J’ai beaucoup aimé ces quinzes années à travailler l’équitation classique, mais j’ai le souvenir douloureux de moments difficiles, qui devaient d’ailleurs l’être autant pour le cheval, et qui devenaient des impasses dont on ne m’aidait peut-être pas assez à sortir.
Pour exemple, et parce que c’est en rapport avec ce qui va suivre, je citerai tous les problèmes liés au retrait de la main intérieure. Je devais chercher seule, n’ayant comme seule consigne que de ne pas tirer sur la rêne intérieure. Cette consigne n’aidait guère à résoudre le problème ! Et surtout quelle aide précieuse ! Pauvres chevaux qui devaient faire les frais de mes recherches infructueuses!!

Avec le temps, et de plus en plus d’expérience, je me suis rendue compte qu’il existait de nombreux moyens à mettre en oeuvre par le biais de différents exercices, pour aider les élèves à utiliser correctement leurs mains, je parle des mains, mais c’est aussi valable pour le corps et les jambes. Evidemment, ces exercices, et je pense en l’occurence à la cession à la jambe, n’ont pas tous la même valeur sur le plan de la gymnastique du cheval. Mais s’ils aident le cavalier à mieux se servir de ses aides, alors, par voie de conséquence, ils seront tout de même bénéfiques pour la cheval.
Pour le cavalier, et pour employer un langage technique, j’espère ainsi que se fasse un transfert d’apprentissage. Car ces exercices permettent des apprentissages qui modifient, en les facilitant, d’autres apprentissages.

Ceci m’amène à parler de la cession à la jambe que j’ai utilisée avec un grand nombre d’élèves qui, eux aussi, avaient tendance à tirer sur leur rêne intérieure. Lorsqu’ils effectuent des épaules en dedans, contre épaules en dedans ou épaule en dedans sur la diagonale, les élèves ont beaucoup de mal au début, à ne pas reculer cette « fichue » main intérieure, ils finissent par se tordre, tordent également leur cheval qui finit par se défendre, et c’est le cercle vicieux.

Je ne renie pas ma formation et ne me fais pas trop d’illusions sur les vertus thérapeutiques de la cession à la jambe, comparées à celles de l’épaule en dedans, mais utilisée ponctuellement pour redresser chevaux et cavaliers, c’est un bon exercice transitoire qui donne, à mon avis, une bonne assurance de la rêne extérieure et libère la rêne intérieure. En effet, comme il est demandé au cavalier de ne pas incurver sa monture, il va se remettre d’applomb, remettre ses mains côte à côte, et en se redressant, il va pouvoir à nouveau avoir un cheval droit dans les aides.

cession à la jambe mh lelièvre

J’utilise aussi la cession à la jambe avec de jeunes chevaux qui n’ont encore jamais fait de déplacements latéraux. Après leur avoir appris à chasser les hanches à pied, je leur demande alors qu’ils sont montés. Je les place le long de la paroi du manège ou de la carrière, je recule la jambe extérieure, et pas à pas, juste en guidant les épaules à droite ou à gauche, j’effectue quelques foulées latérales. Ils sont moins enclins à fuir, ayant un obstacle devant eux qui les canalise, et comme je ne recherche pas d’incurvation mais les laisse relativement droits, les difficultés sont de moindre importance.

C’est évidemment quitter la voix royale, et là encore les puristes vont réagir. Mais je pense qu’il n’est pas forcément mauvais de prendre parfois des chemins de traverse afin de s’adapter au mieux à des situations délicates. J’en reviens à mon point de vue d’élaboration de stratégies visant à réduire les conflits entre les cavaliers et leurs chevaux, et en ce qui concerne mon approche de la cession à la jambe, je n’ai eu que des retours positifs. Jamais je n’ai eu un cheval qui, suite à ce travail, ne s’incurvait plus dans les autres pas de côté, comme cela se dit parfois, et petit à petit, tous mes élèves réussissent à faire des épaules en dedans correctes, mais en ayant considérablement réduit le temps de tâtonnement souvent plus que gênant pour le cheval.

cession à la jambe mh lelièvre

Là encore, tout est question de dosage. Et il ne s’agit pas de faire des cessions à la jambe à tout bout de champs, et il faut rester conscient des limites de cet assouplissement.

A vos réactions!!!

Portraits.

jeudi, août 6th, 2009

Voici, pour vous faire patienter jusqu’au prochain post, qui ne saurait tarder d’ailleurs, deux photos d’Arly, que je trouve jolies.

jolie photos cheval mh lelièvre

jolie photos cheval mh lelièvre

Arly au trot.

dimanche, août 2nd, 2009

Cette vidéo montre Arly au trot lors du stage avec l’écuyer portugais, en avril de cette année.
Il n’y a rien d’extraordinaire à voir, mais je voulais simplement dire qu’avec du temps et de la patience, on arrive toujours à obtenir une cadence relativement souple et élastique dans la décontraction.
Lorsque j’ai acquis Arly, ce qui à l’époque, m’avait paru être un achat en dépit du bon sens bien que l’ayant tout de même fait, il trottait vite, comme il se dit élégamment, « comme une trottinette », passant la langue sur son mors, l’oreille gauche à plat sur la tête, et le bout du nez complètement contracté, tendu en avant. Vous comprenez pourquoi je parlais d’une acquisition faite en dépit du bon sens! Mais ce fut un coup de coeur, et « le coeur a ses raisons que la raison ignore »!
Oh! Comme je ne regrette pas d’avoir fait ce choix. Malgré de grands moments de désespoir, ce petit cheval m’a sans doute bien plus appris, par ses difficultés, que si tout avait été simple. J’ai dû chercher et chercher encore, ce que je fait toujours d’ailleurs, j’ai dû travailler ma patience, et sans cesse me remettre en question, et au final, c’est beaucoup de bonheur.
Je ne fais pas de mouvements savants, j’aimerais seulement qu’il se fixe un peu plus du bout de devant en acceptant mieux son mors, de sorte qu’il reste plus stable et plus souvent dans la descente de main.

Quelle ambition!!

Travail à pied.

dimanche, août 2nd, 2009

Voici une petite vidéo montrant Quiebro et Hélène au travail à pied dans un exercice qui paraît somme toute, assez simple, mais qui, en réalité, ne l’est pas tant que ça.
En général, la personne qui travaille à pied, a l’habitude de se mettre à gauche de son cheval lorsqu’elle veut lui faire chasser les hanches vers la droite, et vice versa.
Ici, nous voyons Hélène rester du même côté de son cheval, et le touchant à la badine sur un postérieur ou sur l’autre, celui-ci déplace ses hanches vers la droite ou vers la gauche.