Retrouvailles à Versailles.
J’ai assisté, samedi dernier, à une “Matinale des écuyers”, de l’Académie du spectacle équestre de Versailles.
Je n’ai malheureusement pas de photos du spectacle à vous montrer, tout appareil étant interdit.
Les quelques photos que vous verrez ont été prises par une de mes élèves, qui m’avait accompagnée, et seulement en dehors du manège.
A cette occasion, j’ai eu la bonne surprise de retrouver une ancienne élève, Alexandra, devenue écuyère, et que je faisais travailler lorsque j’enseignais à l’Académie Equestre de Touraine, chez le commandant de Padirac. J’en profite pour dire à ceux qui ne le sauraient pas encore, que c’est le commandant qui fut l’instigateur de ce fabuleux projet. Bien avant Monsieur Henriquet…!
Revenons à cette visite.
La séance se déroule en deux temps :
J’ai eu de l’intérêt pour la seconde partie, car il n’est pas fréquent d’assister à de l’escrime à cheval. Le type d’escrime pratiqué est de l’escrime artistique, aussi appelée escrime ancienne, et provenant de l’école française des XVIIe et XVIIIe siècles.
Les chevaux utilisés pour cette démonstration sont des criollos argentins, petits chevaux ronds, bien musclés, agiles et à la très jolie robe.
Voici dans quel état d’esprit j’étais, en arrivant au spectacle :
D’une part, j’aime beaucoup ce que Bartabas a fait avec son théâtre équestre Zingaro, qui a su garder depuis le début, une identité unique et tout à fait originale. D’autre part, cette idée d’Académie est magnifique, avec de surcroît, un lieu magique, des chevaux de grande qualité et des cavalières de talent.
Juste une petite parenthèse pour vous donner quelques extraits d’un entretien de Bartabas au sujet de l’Académie :
“L ‘aboutissement de notre art, c’est le spectacle : l’élan et la grâce. Le brillant, la finesse, la légèreté…
Au XVIIIe siècle, l’époque où a grandi l’équitation de légèreté, ceux qui la pratiquaient disposaient d’un bagage culturel considérable.” “…Ils apprenaient l’art équestre et, par ailleurs, la peinture, l’épée, la musique, les lettres et l’histoire, éventuellement, la philosophie, les mathématiques.” “En ce sens, mon idée d’une école contemporaine et la réalité des traditions classiques se sont rejointes. En voulant créer une école nouvelle, une école qui n’existe pas, j’ai rejoint la tradition.” “Cette fidélité aux traditions clasiques s’accomplit dans l’implantation à Versailles.”
La réalité actuelle me semble, hélas, bien différente, et bien décevante. Le travail auquel j’ai assisté dans cette première partie, n’est que trop empreint de cette équitation sportive, certes efficace, mais ô combien aux antipodes de la grâce et de la légèreté, avec muserolles croisées bien serrées sous le mors, cadences pressées et sans majesté, fouaillements de queue et oreilles couchées comme principales caractéristiques.
La première partie m’a laissée assez dépitée et perplexe. Je ne comprends pas vraiment ce à quoi j’ai assisté.
Ce lieu unique qu’est Versailles est-il vraiment indispensable comme écrin de ce type d’équitation?
L’intervenant équestre ne serait-il pas, par hasard, cavalier de compétition? Ah, bien sûr, il est certainement très connu, et certainement très compétent pour une certaine pratique équestre.
Mais au fond de lui, est-ce vraiment cette équitation, qu’aime Bartabas? Je venais retrouver la légèreté, étrangement…je suis repartie le coeur un peu lourd.
November 8th, 2009 at 10:36 pm
Bonjour Marie Hélène,
Certes, Historiquement Versailles représente beaucoup et si cette vraie “vitrine” existait il est serait évidemment mieux d’avoir une représentation de ce qu’est cet idéal auquel beaucoup aspirent; ce serait certainement une manière efficace de faire changer encore un peu plus certaines mentalités. Parfois, on est bien impuissants, surtout face à un système un peu verrouillé par … certains travers de la nature humaine… , mais c’est à force de continuer à porter cette philosophie que petit à petit on peut caresser l’espoir que cela change. Le premier pas étant, que Versailles revive. …
Quant aux paroles de Bartabas, elles me font penser à un livre que j’ai lu il y a peu entre Matthieu Ricard (un moine Bouddhiste au parcours très intéressant) et Jean François Revel, son père et Philosophe. Il s’y disait que la Philosophie occidentale de l’antiquité rejoignait la philosophie orientale de part le fait que la philosophie de l’époque n’était pas simplement un enseignement intellectuel, c’était une manière d’être, tout comme le bouddhisme. Appliquer nos propres concepts.
Pour finir, je ne suis restée qu’un an à l’Académie, ce n’est pas pour autant que je suis aujourd’hui une grande cavalière, mais je garde bien précieusement une manière d’être qui a changé ma vie, et un regard différent sur l’équitation.
Je comprends que tu ais le cœur lourd surtout en sachant ce que faire revivre Versailles représentait pour le Commandant. Mais, concrètement, ton blog est un succès, les élèves et lecteurs ne manquent pas de toucher du doigt “au souffle et à l’âme des grand Maîtres”… Si cela peut alléger ton cœur … Bises.
November 9th, 2009 at 1:37 am
Bonjour,
Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur le commandant de Padirac. On ne sait que peu de choses sur lui si ce n’est qu’il a été écuyer au cadre noir et qu’il a écrit un livre “l’équitation de tradition Française”.
Qu’est devenue l’académie équestre de Touraine ?
Merci
November 9th, 2009 at 11:11 am
Bonjour,
Pour Adrien,
J’ai eu la chance de connaitre le commandant de Padirac à l’époque (années 70 !!! ) j’étais adolescente je montais en club mais j’allais en cours dans un château juste a cote de l’Académie Equestre de Touraine..dès que je pouvais je traversais le grillage et j’allais m’installer dans la petite tribune du manège , le commandant était a cheval !!!! j’ai le souvenir de beaucoup de rigueur et d’exigence avec ces chevaux comme avec ces élèves, pour obtenir beaucoup de grâce et de légèreté…Le commandant et l’épaule en dedans !!! sont les bases essentielles de ma philosophie de l’équitation même si ….
A Marie Helene,
Comme vous avec le temps, le recul, l’age, l’expérience,le ressenti,je ne partage pas forcement tout dans la façon de “penser cheval”… mais vous êtes mieux placée que moi pour parler du commandant de Padirac !!!
Quant au post “Retrouvailles a Versailles” Ô combien Marie Hélène je partage votre déception,il y a bien longtemps que je ne vais plus assister a ce genre de spectacle,chaque fois qu’une affiche placarde la ville, j’ai envie d’y aller et une petite voix me dit “a quoi bon tu ne verras ce que tu cherches” je pense que nous sommes condamnées dans notre idéal à rester assez seules avec notre sensibilité équestre qui reste encore très marginale,car au fond s’il y a bien une chose qui ne s’apprend pas ou très difficilement quand on ne l’a pas naturellement c’est “sentir le cheval” “penser cheval” “vivre cheval”….pour pouvoir mettre en application cette “philosophie” il ne faut surtout pas être contraint ni par l’argent ni par le temps,à partir du moment ou les chevaux sont utilisés pour un résultat de quelque nature qu’il soit,concours,obstacle ou dressage, spectacle,le travail passe par la force du cavalier et la contrainte du cheval pour aller plus vite,un cavalier amateur ou pro ne va pas passer deux pou trois ans a travailler avant de sortir en épreuve, et les grands spectacles équestres que nous connaissons ont des obligations de résultats et de rentabilité énormes …
Courage Marie Hélène, continuez a nous donner espoir et envie sur votre blog,moi qui suis bien loin de la Touraine maintenant j’envie les élèves qui ont la chance de venir monter avec vous,peut être un jour aurai je la chance de venir en stage chez vous avec mon “Lince” !!!!
November 9th, 2009 at 1:52 pm
c’est amusant que tu parles de ce sujet là en ce moment, j’ai eu l’occasion dernièrement d’avoir entre les mains les tarifs de ces spectacles et j’ai particulièrement été surprise par le prix exorbitant de ces derniers
on approche les 15€ pour les moins de 12 ans, c’est dire pour les adultes (25€ si je ne me trompe pas)
pour les matinales , c’est effectivement moins cher mais quand m^me
surtout que lors de l’ouverture, il y avait posiibilité d’assister gratuitement au travail des chevaux (ma soeur habitant Versailles en avait profité)
les subventions ont elles été sucrés ?
en tous cas, a ce prix là, on peut comprendre que la rentabilité deviennent le moteur dans le travail deschevaux et je suis bien sur la première a le regretter
as tu eu l’occasion de discuter avec ton ancienne élève, quel est son opinion sur le sujet ?
November 9th, 2009 at 11:03 pm
Je vous prommets que je ferai un petit post sur le commandant de Padirac.
Sinon, pour gaton, oui, j’ai discuté avec Alexandra, et elle trouve cela super, évidemment. J’aurais sans nul doute, au même age, été ravie de faire la même chose. Il faut se mettre à sa place, c’est magique tout de même de se retrouver là! Même si c’est une bonne cavalière, son expérience est encore mince, et ses cours tourangeaux sont bien loin maintenant, donc ce qu’elle vit est unique pour elle. Et elle doit penser que c’est “la référence”. Normal! Je me suis d’ailleurs bien gardée d’avoir d’autres mots que des mots de félicitation pour ce qu’elle avait présenté!
November 10th, 2009 at 1:07 pm
J’attends votre article sur le Commandant de Padirac avec impatience alors!
Je viens de regarder les photos et une chose m’interpelle :
Pourquoi couper les crins de la queue des chevaux ?
Non seulement je ne suis pas convaincu du rendu esthétique mais en plus nos amis ne peuvent plus chasser les mouches!
November 10th, 2009 at 1:46 pm
sans doute pour garder le coté traditionnel
au 18e, seuls les nobles avaient le droit de couper la queue de leurs chevaux
et au 19e et début 20e, les bourgeois le faisaient aussi par snobisme
pour résumer, c’étaient une manière de monter sa classe sociale
a notre époque je suis bien d’accord cela devient de la maltraitance, mais sans doute qu’à Versailles, il n’y a pas de mouche!!!
pour e^tre plus sérieuse, il me semble que Marie hélène a dit qu’ils s’agissaient de criollo, s’ils arrivent directement d’Argentine, la queue est coupé par tradition également la bas
November 10th, 2009 at 10:41 pm
Bonsoir Marie-Hélène,
Moi aussi, j’attends avec intérêt votre article sur le Cdt de Padirac.Je ne connais de lui que son livre ‘Equitation- la Tradition Classique’, que j’avais acheté, je l’avoue, d’abord pour les beaux dessins de Sauvat. Mais j’ai vite trouvé de l’interêt à la lecture du texte, dont je retiens surtout la plus belle définition de l’Equitation que je connaisse: ‘Nous montons pour le plaisir de nous sentir transportés..,noyés, ..bercés..’etc.
J’ai été aussi intrigué de découvrir un écuyer du Cadre se réclamant autant de La Gueriniere et récusant autant Baucher.
Quant à Bartabas, j’éprouve exactement le même sentiment que vous, et la même désillusion à son égard. J’avais beaucoup aimé l’époque Zingaro avec les dindons en liberté et le vin chaud servi aux spectateurs. Depuis il y a eu Chimère et Eclipse et puis une orientation de plus en plus show et de moins en moins équitation. Son art est le spectacle avant tout désormais…
November 12th, 2009 at 3:53 pm
Encore un petit brin d’optimisme de ma part alors, car je rentre d’un stage de 2 jours où toute la première journée était animée par le docteur vétérinaire Pradier. Il nous a présenté beaucoup de choses (comme le travail en liberté, à la longe et différents types de chevaux à l’âge et aux disciplines différents). et notamment 2 chevaux de dressage dont un allemand niveau st georges et un lusitanien en fin de dressage n’ayant jamais participé à aucune compétition. Il a insisté sur le fait que tous les chevaux présentés était travaillé de la même façon dans un seul soucis de décontraction et de légèreté. Effectivement voire une cavalière en filet simple, sans éperons, sans stick, effectuer des appuyers au trot nez dans le sable rênes tenues délicatement à une main était un ravissement, qui a même émue le docteur aux larmes… Bref il y a encore des cavaliers qui travaillent propres et dans la plu pure tradition française.
November 15th, 2009 at 6:14 pm
Merci à tous pour vos commentaires et bravo pour l’interaction entre vos commentaires!
August 17th, 2010 at 12:41 pm
Bonjour,
J’aimerais assiter à une “Matinale des écuyers”. Commen puis-je être au courant des horaires? de l’adresse….bref comment dois je faire? Faut il réserver? Payer? Je suis belge, je viendrais la veille et logerais dans un hôtel à Versailles. Pouvez vous m’aider?
Un tout grand merci par avance.
August 30th, 2010 at 8:50 pm
Bonjour,
Pour plus d’exactitude dans les réponses que vous attendez, je vous suggère de vous mettre directement en relation avec le site de l’Académie, dons voici le lien.
Cordialement. http://www.acadequestre.fr/
May 11th, 2011 at 6:00 pm
Very nice post, I certainly love this website, keep on it!
http://recordsmartphones.com/