Travail à l’obstacle en liberté.

Pour ne pas tomber dans la monotonie, et pour varier les activités proposées à votre cheval, vous pouvez installer un petit obstacle sur la piste et lui faire sauter en liberté.

Certains chevaux, d’emblée, s’amuseront comme s’il s’agissait d’un jeu, d’autres, au contraire, n’apprécieront pas, voire cèderont à la panique, comme ce fut le cas pour Fun, le poney que vous verrez sur les quatre petites vidéos. Permettez-moi, d’ailleurs, de faire une parenthèse sur son cas.

Ce poney a dû commencer sa carrière, comme beaucoup d’autres sans aucun doute, dans les mains des uns et des autres, en sautant souvent, haut, vite, et à tort et à travers. Certes il sautait, mais avec une telle organisation, si tant est que l’on ait pu parler d’organisation, que ses sauts étaient presque à chaque fois extraordinairement mauvais!

Fun, depuis longtemps, ne fait plus que du travail sur le plat, mais il a tout de même fallu le remettre en confiance sur les barres, ce que nous sommes parvenus à faire justement grâce au travail en liberté, sur de très petits obstacles. Curieusement, ce n’est pas en utilisant des dispositifs très encadrants, sensés l’aider, qu’il s’est calmé, cela générant encore trop d’appréhention.
Non, c’est juste en incluant dans son travail ordinaire en liberté, un petit croisillon d’abord, puis par la suite un petit vertical, et posé tout simplement sur la piste, qu’il a retrouvé une confiance depuis longtemps disparue. Ce ne fut pas anodin pour lui, mais je l’ai laissé avoir peur, s’agacer, se mettre en désordre, sans avoir l’air d’y prêter plus d’attention que cela, et en m’efforçant de ne pas intervenir, je souligne néanmoins, que s’il y avait eu le moindre risque pour son intégrité physique, je serais bien évidemment intervenue. Mais ce n’était pas le cas et je l’ai laissé aller jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’il finisse par se rendre compte qu’il n’y avait aucune difficulté qui ne soit à sa portée, aucun danger qu’il ne puisse surmonter, et petit à petit la peur s’est évanouie. L’exercice était compris et intégré, et même accepté par la suite avec une barre plus haute. Il a fallu environ deux séances, qui parraissent bien longues quand on se force à ne pas agir, mais qui ne sont rien du tout finalement, au regard de toutes ces années de stress.

Je referme ici la parenthèse et reprends le fil de mon sujet. Quand enfin donc, les chevaux anxieux ont recouvré le calme, et pour que ceux qui s’amusent le fassent dans le respect de certaines règles, on peut envisager de faire les rectifications qui s’imposent afin d’obtenir un travail correct.
Je parlerai ici des chevaux qui se réceptionnent à faux aprés leur saut.

Prenons l’exemple de Fun qui est naturellement fléchi à gauche, et profitons-en pour faire un petit rappel : à main gauche, il s’incurve facilement mais avec une tendance à déporter les épaules à droite, à l’extérieur et les hanches à gauche, vers l’intérieur. A main droite, c’est l’inverse, il a plus de difficulté à se fléchir, les épaules tombant à droite, vers l’intérieur et les épaules dérapant à gauche, vers l’extérieur.

Ces petites dissymétries naturelles font que lorsqu’il saute un obstacle à main droite après un abord au trot, il se réceptionne volontier sur le pied gauche.
En effet, lors du saut, (qui n’est autre qu’un grand temps de suspension d’une foulée de galop, ce qui justifie que le galop soit pris derrière) il garde l’attitude qu’il a à l’abord et dont nous avons parlé précédemment, et qui favorise un léger report de poids sur le latéral droit propice à une réception sur le pied gauche.
Ce problème ne se rencontre pas à main gauche, puisque l’attitude, alors, favorise le départ à gauche. Il ne se rencontre pas non plus à main droite, si l’abord se fait au galop, le poney étant sur le bon pied dès le départ, (il a assez de métier pour partir sur le bon pied en longe ou en liberté) il y reste ensuite, installé dans son mécanisme de galop à droite, et aidé par l’avancée prédominante du latéral droit qui participe au redressement de l’ensemble du corps.

Pour corriger la réception de Fun sur le mauvais pied, je place une barre en travers de la barre à sauter. Cette barre, prenant appui au sol à une de ses extrémités, part en oblique vers la gauche, en direction du milieu de la barre à sauter. Ce dispositif permet un rééquilibrage en repoussant les épaules vers la gauche, ce qui redresse également les hanches. Le poney calque en quelques sortes son orientation sur celle de la barre.

Aprés quelques passages, je peux retirer la barre, les réceptions sont alors corrects.

Les vidéos ne sont pas très bonnes, car n’ayant pas d’assistant, j’ai dû filmer en faisant travailler mon élève!!

4 Responses to “Travail à l’obstacle en liberté.”

  1. gaton dit :

    ce sujet m’interesse fortement car il m’arrive régulièrement de faire travailler ainsi ma grosse mémère
    et je me pose d’ailleurs régulièrement la question de savoir si elle n’aime tout simplement pas ça (est ce de l’anthropomorphisme?) ou si il y a un autre problème derrière

  2. je ne pense pas du tout que ce soit de l’anthropomorphisme de dire que ta jument n’aime peut-être pas sauter. Ce n’est pas une machine et elle a tout-à-fait le droit d’avoir des préférences pour certaines activités. A toi de trouver pourquoi elle n’aime pas et d’imaginer comment remédier à cela.

  3. Cath dit :

    Très intéressant le coup de la barre. Je n’y aurais pas pensé.
    Merci et bonne journée.

  4. Sandrine dit :

    vraiment très intéressante ton approche…

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