Sentir…(2èmepartie)
Voici quelques idées d’exercices à faire, si vous êtes cavalier, ou à faire faire, si vous êtes enseignant, pour apprendre à “sentir”.
Cette liste n’est absolument pas exhaustive, et ne demande qu’à être complétée, et vos bonnes idées seront les bienvenues.
Lorsque vous êtes en selle, faites l’expérience de fermer les yeux quelques instants : toute notion de repère dans l’espace est perdue. De plus, votre équilibre est perturbé, comme si soudain, vous n’étiez plus aussi stable, mais par ailleurs très rapidement, vous vous apercevez que vous êtes beaucoup plus perméable aux sensations provenant du cheval.
Toujours yeux fermés, tâchez de sentir tranquillement chaque partie de votre corps l’une après l’autre, par exemple de bas en haut, puis petit à petit, de plus en plus vite, et pour finir, dans le désordre. Ce point est très important, car par la suite, lors de l’exécution d’un exercice, vous pourrez, dans un laps de temps très court, sentir la place exacte de vos aides et vous corriger si nécessaire.
Si vous êtes enseignant, demandez à vos élèves de ne pas regarder s’ ils trottent sur le bon diagonal, mais d’essayer de le sentir. Demandez leur d’expliquer ce qu’ils ont ressenti et qui a justifié leur réponse. Souvent les élèves donnent la bonne réponse, mais très souvent également, ils ont des difficultés à mettre en mots leurs sensations.
Faites exécuter lentement les mouvements, l’élève dispose alors de plus de temps pour recevoir, puis analyser les informations.
Faites marcher les chevaux à pas comptés, et demandez aux élèves de vous dire quels membres se déplacent : commencez par exemple par les postérieurs. Aidez les à sentir l’ondulation horizontale du rachis avec le déplacement alternatif de la croupe, tantôt à gauche, tantôt à droite, associé à l’avancée du postérieur gauche, puis du droit.
Dans une épaule en dedans exécutée lentement, insistez sur les sensations liées aux déplacements du postérieur interne : c’est très intéressant, car par la suite, lorsque le cavalier aura à solliciter ce postérieur, il pourra le faire au moment de son lever. En effet, le postérieur répondra d’autant mieux à la demande d’engagement, que son potentiel de mobilité sera au maximum, étant en l’air.
Le pas espagnol est aussi un excellent exercice pour sentir le mouvement des épaules du cheval.
Chaque cavalier devrait régulièrement monter à cru, c’est un moyen très efficace de ressentir le fonctionnement du dos de sa monture.
Et quelle merveilleuse sensation, enfin, qu’une cession de mâchoire, suivie, bien sûr, d’une descente de main! Quel beau moyen de développer le tact!
Mais combien de cavaliers apprennent-ils à travailler cela?
Sur ces deux vidéos, les cavaliers ferment les yeux, et essaient d’analyser ce qu’ils ressentent.
March 14th, 2010 at 10:49 pm
C’est effectivement une très bonne idée d’exercice! J’ai déjà eu des profs qui nous demandaient de fermer les yeux, mais principalement pour sauter un obstacle et non dans cet optique là.
Je vais essayer d’appliquer ce que tu décris là.
Merci beaucoup pour ce blog dont je ne me lasse pas!!