Réflexion…

Il n’est pas vraiment question, dans ce post, de conseils techniques, mais plutôt d’une réflexion sur l’état mental, et par voie de conséquence, physique, dans lequel on se trouve lorsque l’on aborde de nouveaux exercices.

Je prendrai ici comme exemple, l’apprentissage, pour le cheval, du départ au galop du pas, après l’avoir obtenu à partir du trot. Je pourrais tout aussi bien prendre n’importe quel autre exercice.

Je vous fais part de mon expérience d’enseignante, et j’ai pu constater que la plupart des élèves commettaient les mêmes erreurs. Mais venons en à mon exemple.

Le cheval part gentiment au galop du trot, dans le calme, avec une bonne compréhension des aides, et donc en y répondant tout à fait correctement. Le cavalier est calme, confiant, et discret dans ses actions. Le temps est venu maintenant d’effectuer une première demande de galop à partir du pas.

Je formule ainsi ma demande à l’élève : “Vous allez demander à votre cheval un départ au galop à partir du pas.” Je ne formule aucune autre exigence, ni consigne.

L’élève, s’impose alors l’objectif de partir coûte que coûte du pas, sans faire une seule foulée de trot et avec obligation de résultat, surtout.
Et le voilà qui s’agite, se penche en avant, serre les jambes, abandonne l’avant main de sa monture, que sais-je encore, tout ce que son imagination fertile lui propose, et qu’il ne faisait plus depuis longtemps.

Le cheval, bien évidemment part très mal, voire pas du tout.

Bien sûr, me direz-vous, je n’avais pas donné assez de consignes à mon élève, mais il est tout de même intéressant de constater que la réponse que donne celui-ci est rarement inspirée par le cheval, mais plutôt par le souci qu’il a de réussir l’exercice et/ou de faire plaisir à l’enseignant.

Maintenant, je m’adresse aux élèves : N’hésitez pas à demander à votre enseignant si vous pouvez prendre quelques instants pour analyser l’exercice demandé, faites appel à votre bon sens (on ne le fait jamais assez!!!), si vous avez des questions à poser, posez-les.
Demandez-vous ce que votre cheval va comprendre de ce que vous allez lui demander, et au contraire de ce que vous auriez probablement fait, arrangez-vous pour que cela ressemble étrangement à ce qu’il a l’habitude de faire. Faites tout simplement pareil, sauf que vous le faites du pas. Si votre cheval fait quelques foulées de trot, c’est soit par manque d’habitude, soit qu’il faut le rééquilibrer avant la départ, dans son travail au pas, mais ne le perturbez pas un peu plus alors qu’il n’est pas familiarisé avec cet exercice.

Que diriez-vous d’un enseignant qui apprendrait à votre tout jeune enfant une nouvelle tâche en lui mettant la pression, en le “secouant” pour qu’il effectue plus rapidement l’exercice, et sans lui donner le temps de comprendre.
Vous iriez sans nul doute vous plaindre à cet enseignant de ses méthodes expéditives.

Alors surtout, avec vos chevaux, donnez-vous le temps de la réflexion, encore une fois, et j’insiste énormément, utilisez votre bon sens. De plus, essayez de vous mettre à la place de votre compagnon équin, et ce n’est absolument pas faire preuve de sensiblerie ou d’anthropomorphisme que d’avoir un peu d’empathie pour lui.

Vous et votre cheval progresserez plus vite, et en vous accordant à tous deux plus de confort physique et psychique.

Gravure de Nestier harmonie entre cheval et cavalier mh lelièvre

One Response to “Réflexion…”

  1. Caroline Says:

    Je suis en pleine lecture de “l’équitation centrée” de Sally Swift ,très instructif,l’auteure développe parfaitement les propos de Marie Hélène que je remercie encore pour toutes ces pistes qu’elle nous ouvre,j’ai pratiqué la respiration abdominale (pas facile !!! ) mais tellement efficace !!!!!
    Merci encore
    Caroline

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