L’équitation dans l’Europe occidentale du Moyen Age.
Sunday, April 25th, 2010Fermes en selle, les chevaliers maniaient avec dextérité leurs masses d’arme, et leurs grandes et lourdes épées. Ils allaient sur l’ennemi a vive allure, sans chercher à placer leurs chevaux. Leur équitation était une équitation de combat faisant plus appel à l’audace, la vaillance et aussi à la violence, qu’à la subtilité d’une technicité finement élaborée.
En France, cette équitation fut abandonnée dés le siècle suivant et remplacée par l’équitation de tournois dont nous parlerons plus loin.
Les espagnols, en revanche, vaincus en 1195 par les marocains, tirèrent profit de l’équitation de leurs adversaires.
Au XIIIè siecle, la reconquête de la péninsule ibérique par les chrétiens face aux musulmans, donna naissance à une équitation typiquement ibérique dite à la génette. Cette équitation sera pratiquée en Espagne et en Amérique (les Indes occidentales), jusqu’au début du XVIIIe siècle.
Voici ce que dit, dans la Revue indigène d’avril-mai 1913, Ismaël Hamet à propos du terme “génette” : “…En langue castillane, le mot même de gineté, signifie cavalier ou écuyer. Il passe pour être dérive du nom de la tribu des Zénata ou Zénétes, celle qui fournit le plus de contingents montés aux conquérants de l’Espagne. Pour admettre cette étymologie, il faut se souvenir que, dans la langue ancienne, le « g » espagnol n’avait pas encore le son guttural qu’il a acquis ensuite et se prononçait comme le « j » français devant un « i ». Or, en dialecte nord-africain, la confusion du « j » et du « z » est fréquente ; Zénata a donc donné jinata, d’où gineté… Dès cette époque, les Zénata montaient court et ils firent école au point que l’on se piqua bientôt dans l’Europe du Sud de monter « à la génette ». On appela aussi « genet » un cheval clé petite taille, issu du croisement de la race locale avec les étalons amenés de Barbarie par ces mêmes Zénata.“
Quant aux chevaliers du reste de l’Europe, ils inventèrent des jeux appelés tournois. Revêtus d’une armure qui portait leur poids à environ 150 kilos et qui les privait de toute souplesse, bien calés dans une sorte de selle à piquet, les jambes raides et tendues vers l’avant, ils montaient des chevaux lourds, et qui bien souvent, ne galopaient pas.
Les chevaliers devaient littéralement “porter” leurs chevaux dans les jambes, mais comme celles-ci étaient fort mal placées, des éperons aux collets immenses et aux molettes énormes virent le jour.
Avec une telle position et de tels moyens, la palette de nuances des allures était on ne peut plus limitée.
Par voix de conséquence, s’arrêter étaient une entreprise très difficile, et c’est pourquoi les chevaux se sont vu embouchés d’énormes mors à très longues branches.
Même les rênes étaient une terrible contrainte puisqu’elles étaient faites de chaînes et de lourdes bandes de cuir qui bloquaient l’encolure!
C’est l’exacte opposé des harnachements des cavaliers ibériques au moment de la “Reconquista”.
Au cours du Moyen Âge franco-germano-anglais, il y eu une régression de l’art de la guerre et, en même temps, de l’art de l’équitation parmi les peuples sédentaires de l’Europe occidentale, due aux méthodes de combat et à la mauvaise qualité des chevaux.
Dans ces conditions, l’équitation de devait que pâtir de tout cela!
Références : Denis Bogros(1927-2005) Des hommes, des chevaux, des équitations
Petite histoire des équitations pour aider à comprendre l’Équitation
(1989)
