LA RENAISSANCE FRANCAISE : SUITE ET FIN.

 

A propos du ramener et de la mise en main, voici ce que Federigo Grisone disait : « …s’embride, le mufle retiré pour aller férir du front, il n’en sera pas seulement plus ferme de bouche, mais aussi il tiendra son col ferme et dur jamais ne la mouvant hors de son lieu, et avec un doux appui s’accompagnera et agencera de sorte la bouche avec la bride, la mâchant toujours qu’il semblera qu’elle y soit miraculeusement née : et tant plus on le travaillera, tant plus croîtra sa vertue, et de quelque qualité qu’il soit ou bonne ou mauvaise, il se montrera en cette façon toujours gaillard et galant avec une grande apparence de perfection. »

Fiaschi, quand à lui, qu’il fallait : « Toujours porter la tête de bonne sorte : sans lui laisser trop avancer le mufle en avant, ni pareillement s’égorger ou rengorger, mais moyennement entre les deux, et en port gaillard et haut. »

Les controverses au sujet de la qualité du contact ne sont pas spécifiques à notre époque, car déjà à la Renaissance  Salomon de La Broue exprimait un point de vue visiblement différent de celui d’autres écuyers : « Il y a entre les hommes de guerre et de cheval, des opinions différentes sur les tempéremments des bouches des chevaux; les uns veulent que l’appui soit à pleine main, parce que c’est celui qui se rapporte plus à la fermesse de la tête, et qui fait par conséquent que le cheval que le cheval doit mieux accoster et donner dans un foule : et même qu’il semble que par ce ferme appui, le chevalier se sent plus ferme à cheval : les autres veulent qu’il soit fort léger à la main; et pour moi, je suis de cet opinion, pourvu que la bouche soit assurée. »

Sur la flexibilité de la mâchoire inférieure, Grisone pensait que le cheval : « …agencera de sorte la bouche avec la bride, la maschant toujours qu’il semblera qu’elle y soit miraculeusement née. »

Antoine de Pluvinel parlant de légèreté :  » Il faut bien prendre garde de presser le cheval auparavant de l’avoir allégery. »

Et pour finir, je citerai de nouveau Pluvinel, mais cette fois écrivant sur la merveilleuse descente des aides (qui n’est formulée en ces termes, que sous La Guérinière): « S’il manie de science et volontairement, il faut diminuer toutes les aydes, en sorte que les regardants puissent dire véritablement que le cheval est si gentil et bien dressé qu’il manie tout seul. »

One Response to “LA RENAISSANCE FRANCAISE : SUITE ET FIN.”

  1. will dit :

    Merci, Marie-Hélène, pour ces beaux articles, pleins d’érudition sur les Anciens. On y découvre que les grandes questions équestres avaient été déjà posées avec beaucoup de profondeur, et que les réponses sont toujours d’une actualité étonnante.

Leave a Reply