A PROPOS DE LA PEUR CHEZ LE CHEVAL : PETITS CONSEILS.

Il arrive parfois lors d’ une séance de travail, que le cheval se mette à avoir peur de quelque chose lorsqu’il passe à  certains endroits de la carrière ou du manège.

En général, nous ne voyons aucune raison qui puisse justifier cette peur : nous n’entendons rien, ne voyons rien, et avons l’impression que tout est comme d’habitude.

Mais c’est réagir en humain. Essayons plutôt de nous mettre à la place de notre compagnon, afin de trouver des solutions constructives, qui développeront sa confiance et son assurance.

 Le  cheval ayant une ouie et une vue beaucoup plus développées que les nôtres, il est fort probable qu’il ait entendu ou vu quelque chose qui nous échappe totalement. De plus, chez les sujets à la sensibilité délicate, ou au tempéremment vif, l’instinct de fuite refait vite surface. Il suffit que quelque chose ne soit pas à sa place habituelle, qu’un bruit anormal se fasse subitement entendre, ou qu’un humain se fasse particulièrement remarquer pour que l’animal se méfie, et entame un processus d’évitement qui n’est pas toujours agréable ni sécuritaire pour le cavalier.

Il  peut aussi arriver qu’ayant un trop plein d’énergie à évacuer,  le cheval prenne un prétexte pour prendre la fuite et libérer ainsi l’excès de tensions. Dans ce cas là, il est préférable de descendre et de faire une bonne séance de longe, ou de travail en liberté, en autorisant évidemment le cheval à s’exprimer librement.

S’il ne s’agit pas d’un trop plein d’énergie, mais bien de peur, il y a quelques règles qui doivent être respectées si le cavalier souhaite  que les choses rentrent  petit-à-petit dans l’ordre, et sans avoir à se fâcher, ce qui est bien souvent inutile.

Tout d’abord, n’évitez pas la source de la peur. Au contraire, menez-y votre cheval en tâchant de garder, autant que faire se peut, les rênes détendues, afin que ce dernier ne se sente pas empêché de fuir si le besoin s’en fait sentir. Néanmoins, si effectivement, le processus de fuite se déclenche, il faut y mettre un terme. La tâche n’est pas toujours aisée, car il faut être ferme, sans bloquer l’animal, et rassurer tout en gardant le contrôle de la situation.

 Incitez le cheval à ne pas détourner le regard, ni à tourner le dos à l’objet de ses frayeurs. Le cheval est un animal curieux, et bien souvent, après avoir insisté un peu, on obtient de lui qu’il aille sentir du côté critique. A partir de là, même si la partie n’est pas gagnée, elle semble en bonne voie de le devenir.

Dans ce genre de situation, il faut  rester très calme, et avoir tout son temps, quitte à sacrifier le reste de la séance. Aider le cheval à mieux gérer sa peur est aussi important que de lui apprendre à exécuter un appuyer. Un cheval franc et paisible, est un cheval bien dans sa tête, et qui ne pourra qu’être plus à l’aise dans le travail.

Cependant, il ne faut pas nier l’évidence, certains restent parfois plus longtemps que d’autres sur l’oeil, ou au moins un peu plus sensibles dans certaines circonstances, comme les jours de grand vent, par exemple, prenant un prétexte deci delà pour faire un écart, ou alors jetant leur dévolu sur un élément et refusant de s’en approcher à moins de cinq mètres, durant toute la séance.

Lorsque je monte un cheval qui garde une sensibilité flagrante pour un certain objet, ou un certain endroit pendant  la séance, et ce, malgré le travail de mise en confiance, j’essaie de trouver un compromis.

Je pourrais décider de mettre le cheval en épaule en dedans à chaque fois que je passe à l’endroit critique, pour être « tranquille ». Mais le cheval, lui, ne le serait pas, puisqu’ayant dans le dos la source de son appréhension, sans pouvoir, ni la regarder, ni la fuir.

Je choisis donc de faire en premier une contre épaule en dedans, puis ensuite une tête au mur, afin que ma monture puisse travailler,tout en ayant la possibilité de voir ce qu’elle redoute. J’ai constaté plus d’efficacité en m’y prenant ainsi, avec la possibilité d’exécuter par la suite, une épaule en dedans avec un cheval plus décontracté.

 

One Response to “A PROPOS DE LA PEUR CHEZ LE CHEVAL : PETITS CONSEILS.”

  1. will dit :

    Parvenir à contrôler les peurs de son cheval est un vaste problème, dont les solutions varient selon l’âge, le passé et le caractère du cheval, mais aussi la nature de l’objet redouté.
    Voici une expérience vécue, qui ne prétend pas avoir une portée universelle bien entendu:
    Je commence à sortir de ce genre de problème avec Pacha, un jeune cheval ibérique de 7 ans que je monte depuis deux ans. Il est arrivé d’Espagne, juste débourré et probablement sans ménagements. Il avait peur de tout dans le manège au point de ne pouvoir rester sur la piste plus que quelques mètres sans faire des écarts et zigzaguer de manière très désagréable. Sa peur se focalisait surtout sur les calicots de couleur placés sur le pare-botte, ainsi que sur tout objet posé sur le rebord (vêtement, bouteille etc..). Le confronter à l’objet de sa peur ne donna pas de résultat. Je pense qu’une des raisons en était que l’odorat ne pouvait lui être d’aucun secours pour ce type d’objet. Un autre cavalier qui le montait et qui était partisan de la confrontation a du admettre que les défenses devenaient de plus en plus violentes et commençaient à virer à la panique. Nous sommes parvenus à en sortir grâce à l’approche suivante:
    -patience (deux ans..)
    -commencer chaque séance de travail en conduisant systématiquement le cheval rênes longues à l’approche de l’objet et le laisser libre de s’en écarter en le laissant croire que cela n’avait aucune importance…, mais en revenant dessus plusieurs fois en essayant de gagner quelques centimètres à chaque fois – le flatter alors beaucoup
    – puis pendant le travail, chercher à concentrer son attention sur l’exercice en cours (allongements au trot enlevé pour gagner de l’impulsion), afin de lui faire oublier la présence de l’objet lorsque on arrive à proximité de lui. L’épaule en dedans a l’opposé de celui-ci s’est aussi révélée efficace. Il me semble que la peur de Pacha diminuait lorsqu’il se rendait compte qu’il était passé près de l’objet sans s’en apercevoir.
    – terminer la reprise dans la carrière à l’extérieur, pour renforcer cet oubli.
    Le travail en duo avec un autre cavalier montant un cheval expérimenté et calme fut en outre très bénéfique, quand cela était possible.
    Le plus difficile, c’est de ne pas se décourager lorsque les progrès enregistres un jour semblent s’être évaporés le lendemain!
    Mais le jeu en a valu la peine, car le comportement de Pacha est enfin devenu normal depuis deux mois.

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