REPONSES A VOS QUESTIONS : SUITE

A propos de :

  • Les petites blessures du cavalier :

Demandez à un cycliste professionnel s’il n’a aucun désagrément lié à sa pratique sportive, et je pense qu’il vous répondra très certainement que, si, cela lui arrive de temps à autre. Le corps n’est pas fait pour subir des contraintes répétées, et en l’occurrence, en  ce qui concerne mon propos : les frottements dus à la selle. La peau arrive à se défendre à certains endroits, par exemple aux mains, où elle fabrique du tissu  supplémentaire pour se protéger (la corne), mais à d’autres, cela n’est pas possible. Alors même si l’on prend un maximum de mesures de précaution, on ne maîtrise pas tous les facteurs responsables de ces petits désagréments, et il me semble donc normal que cela puisse arriver ponctuellement. Et bien sûr, je n’échappe pas à cette règle!

  • L’assiette dans les transitions descendantes :

J’ai souvent entendu dire qu’il fallait bloquer l’assiette pour effectuer les transitions descendantes. Je ne suis pas en accord avec cette idée. Il n’y a pas un seul  exercice que le cheval ne puisse faire sans faire fonctionner son dos, et le cavalier, s’il veut rester en harmonie avec ce dernier, doit considérer qu’il doit à son tour, maintenir le bon fonctionnement de son dos, et de son assiette. Comment espérer obtenir le liant dans une transition, si soi-même on se fige. De plus, qui dit blocage du bassin, dit contraction des abdominaux, et impossibilité de respirer par le ventre. Hors, on sait combien la respiration abdominale est primordiale pour accéder à la décontraction.

  • Les talons descendus :

Ils ne doivent l’être que parce que la cheville étant décontractée, reste  très flexible. Le talon, par conséquent, descend sous le poids de la jambe qui se déploie et « tombe (si elle aussi, est décontractée) dans celui-ci ». A priori, il n’est pas nécessaire de forcer sur la cheville pour obtenir ce résultat. Néanmoins, pour des personnes manquant de souplesse comme moi (je ne suis pas laxe du tout), voici un petit exercice facile à faire pour étirer les muscles des mollets et favoriser ainsi, la descente du talon. Mettez vous sur une marche les pieds joints, en laissant dépasser dans le vide, environ les deux tiers postérieurs des pieds, puis descendez les talons de ce que vous pouvez, sans vous faire mal. Répétez cela quand vous voulez, dès que vous avez une marche à disposition. Sachez restez raisonnables!!

  • Le soutien du dos :

 Si tous les cavaliers se tenaient déjà comme ils se tiennent à pied, une grande partie du travail de redressement du buste serait faite. Hors, pour la piéton lambda qui n’a pas de problème majeur, se tenir droit est naturel, se fait inconsciemment, et dans un relatif état de décontraction. Si à cheval, les choses se compliquent, ce n’est pas tant à cause du dos, qu’à cause d’autres parties du corps qui ne réagissent pas correctement face aux mouvements du cheval.  Si le bassin s’oriente et se mobilise correctement de façon sychrone avec le dos du cheval, et si le cavalier garde son équilibre de piéton, bien au dessus de ses pieds, alors le reste est plus facile à gérer, et le dos du cavalier n’a guère de raisons de se relâcher. Lorsque la poitrine se ferme, les épaules se rabattant vers l’avant, et que le haut du corps se relâche, provoquant des ondulations disgracieuses et des secousses désagréables, c’est en général que les lombaires ne s’articulent pas comme elles le devraient. Dans le cas contraire, le rein étant souple et mobile, le dos reste naturellement soutenu,  la poitrine ouverte, et les omoplates comme se resserrant l’une vers l’autre.

 C’est promis, pour Marie-Laure, et tous ceux que ça intéresse, je ferai d’ici une dizaine de jours, un post sur l’utilisation des jambes. Les piqûres de rappel sont toujours nécessaires!

10 Responses to “REPONSES A VOS QUESTIONS : SUITE”

  1. sylou dit :

    sympa les réponses du week-end !

    Bah ouf alors les bobos arrivent aussi aux autres 😉 en attendant, par fierté peut-être, peu de gens osent l’avouer ! Du coup quand ça arrive on se demande si on est normal… eh les cavaliers parlez nous aussi de vos soucis ça relativisera les choses !

    Se tenir droit est naturel quand on marche 🙁 bah là y’a du progrès à faire ! Moi j’ai sytématiquement mal aux épaules après 2 km de marche seulement, à cheval heureusement non ! ça veut dire que ma selle doit m’aider à mettre mon bassin de tel sorte que mon dos se tient mieux ? Le cheval s’est donc une bonne école du dos 🙂

    Enfin, je retiens une chose de tout ça : c’est qu’heureusement rien n’est jamais figé à cheval. Même si on vieillit on peut toujours améliorer sa position et ou en tous cas son bien être 🙂 j’y croyais pas moi, me disant que les choses stagneraient ou iraient en empirant ! bah non la décontraction peu être gagnée si on en a l’envie, si on y prête chaque jour attention. En plus s’est un gain pour nous et pour le cheval : du coup ce qui me semblait un « détail » au départ m’a permis de passer un palier et d’enfin commencer à sentir ! C’est juste énorme

    C’est ces petites attention de tous les jours qui m’ont permis de descendre mes étrivières (à la même taille depuis dix ans quand même) d’un trou, et de continuer (après 1 mois d’adaptation – il faut être juste) à me sentir bien. Je peux moins me servir de mon articulation de cheville pour me sortir du pétrin c’est clair : du coup j’ai du développer l’amorti de mon assiette et ça m’oblige à être attentive à toujours garder mon cheval décontracté pour ne pas qu’il se raidisse et rentre dans des allures que je ne pourrais amortir !

    Je finis donc sur le blocage de l’assiette pour les transitions descendantes :
    effectivement sans moyens de se raccrocher, difficile de bloquer l’assiette pour transitionner ! par contre je serre mes mollets et ai encore tendance à donner un coup d’épaules en arrière ou d’utiliser la voix en plus pour me faire comprendre plus vite lors des premières 🙁 pas très esthétique quand on sait que M. Oliveira préconisait de juste avancer la ceinture dans sa selle !

    100 fois sur le métier…. 😉

  2. gaton dit :

    hey Sylou
    si ça peut te rassurer, lorsque j’étais en formation à Marseille, toutes les semaines un cavalier d’un age plus que respectable (il avait atteint le siecle de vie)venait se promener sur son vieux cheval (d’un age également respectable puisque plus de 25 ans)

    comme quoi, tout n’est pas perdu, lol

  3. Bravo à Nuno Oliveira qui faisait ses transitions rien qu’en avançant la ceinture, mais aussi quel dommage de se priver de cet excellent moyen de communication qu’est la voix!
    Quand je pense qu’en compétition, son utilisation est sanctionnée beaucoup plus sévèrement qu’une utilisation excessive des éperons, par exemple. Je trouve cela tout bonnement honteux!!

  4. Caroline dit :

    Bonjour,
    Pour ma part,j’ai vite mal au dos suite à une mauvaise chute à l’obstacle il y a 7 ans (double fracture du bassin ) étant donné mon age(plus d’un 1/2 siècle !! ) il reste de vieilles douleurs contre lesquelles je dois lutter pour continuer de monter à cheval,alors pour ne pas trop forcer sur la ceinture j’utilise la voix,le cheval répond parfaitement en liberté il est habitué aux ordres a la voix et monté c’est très confortable,je ne force pas ,il répond et on se fait plaisir !! Heureusement pour nous ,nous ne faisons pas de concours !!!!
    Merci Marie Hélène pour la vie de ce blog,j’ai beaucoup aimé aussi les post culturels et historiques

  5. sylou dit :

    pour revenir sur mon commentaire, je voudrais juste rajouter :

    ce que je ne trouve pas élégant dans mes transitions de début de travail, ça n’est pas mon intervention orale (je parle souvent à mon cheval, car il apprécie vraiment quand je le féllicite) mais mon coup d’épaules en arrière 😉 je ne veux pas « tirer » sur les rênes, je ne peux plus bloquer mon assiette, donc je tâche de me servir de mon haut du corps et non plus de mes bras. Et d’ailleurs pour vous rassurer, je parle aussi sur le carré – j’ai même chanter un jour !- (dès que je suis loin des juges ou que je leur tourne le dos 😉 ça nous aide tous les deux donc pourquoi s’en priver, il suffit d’être discret !

  6. Mika dit :

    Etant personnellement un être humain « sous tension », bourré de contractions parasites… j’ai recyclé à cheval des exercices respiratoires de streching que mon professeur de danse nous faisait faire (il y a bien longtemps…) en début de séance. Au pas, rênes longues, yeux fermés si possible, prendre un rythme respiratoire ample et lent, puis, sur l’inspiration : laisser les poumons se gonfler en les visualisant comme deux gros ballons, ils ouvrent alors naturellement la poitrine/thorax, redresse le dos et dégage les épaules (basses) vers l’arrière, les bras suivent naturellement le mouvement en partant vers l’arrière avec extension des coudes puis des poignets, les mains puis les doigts finissant en hyper-extension, étirer jusqu’au bout des doigts sans bloquer la respiration en ressentant l’air frais qui descend jusqu’au creux du ventre, loin.(attitude « du saut de l’Ange »). Puis sur l’expiration : visualiser de nouveau les poumons comme deux ballons qui se vident lentement, le thorax/poitrine s’aplatit puis se creuse, le dos s’arrondit (partie dorsale puis lombaire) entrainant les épaules à s’arrondir (en restant basses) et entrainant naturellement les bras dans un mouvement vers l’avant, ils se déplient puis se tendent, les mains se retournent et se joignent doigts croisés devant avec l’impression de « souffler la fin de son air sur le dos de ses mains », nuque fléchie (attitude du « chat qui fait le gros dos »). Le mouvement global est finalement celui d’une oscillation lente du rachis (comme la mêche d’un fouet) dont le point de départ se trouve dans le thorax au niveau du plexus solaire (juste un peu au dessus du creux épigastrique) qui est un point d’énergie. Je répète ce mouvement sur 4 ou 5 cycles respiratoires en gagnant peu à peu de l’amplitude sur des cycles respiratoires de plus en plus profonds et lents, en visualisant bien mes poumons comme deux gros ballons qui se remplissent et se vident lentement et le flux d’air qui entre et qui sort, frais dans un sens, tiède dans l’autre. Voilà, j’espère avoir été claire et que cela pourra vous être utile.

  7. sandrine dit :

    Commentaire vraiment très intéressant, merci Mika.
    Ce genre d’approche ne pourrait il pas être intéressant pour les enfants de temps en temps ? J’y avait pensé « en version simplifiée » mais n’est jamais eu l’occasion de mettre en pratique… je vais en avoir l’occasion bientôt car je vais la faire monter seule pour rattrapper un cours. Je vais avant tout voir si je peux faire visualiser ça à ma fille « a pied », si ce genre de chose peut les aider à leur faire capter leur attention sur le feeling et la bonne position plutôt que passer un cours entier le dos voussé (je l’ai vu une fois sans trop pouvoir intervenir) sans se rendre compte que ce n’était pas une bonne chose. Leur dire de se redresser ? on obtient alors des épaules bloquées et des dos figés.

  8. Merci Mika pour ce commentaire-conseil vraiment très intéressant. Je pense effectivement que la respiration contrôlée est la clé de tout, mais voilà, quelle part de notre temps est elle consacrée aux choses essentielles? Ne devrions nous pas prendre systhématiquement 10mn en début de séance pour nous centrer sur notre respiration? Notre culture équestre est vraiment à perfectionner!

  9. sylou dit :

    c’est bien vrai ! les 10mn que l’on passe au pas rênes longues pour permettre à nos chevaux de se chauffer on devrait bien les mettre à profit pour s’occuper de nous aussi ! je n’y pense que quand je suis stressée et que je tente de faire redescendre ma pression 😉 alors que ça devrait être un automatisme ! sinon pour vous faire sourire : j’ai chanté sur casi toute ma reprise samedi pour bien décontracté mon cheval, et je lui ai parlé dans toutes mes transitions montantes et descendantes : aucune remarque des juges sur mon protocole à ce sujet ! on dirait que les choses évoluent 🙂

  10. sandrine dit :

    Je reviens sur le commentaire de Mika car j’ai eu l’occasion aujourd’hui de faire monter ma fille (7ans1/2) à poney. Qu’il est compliqué d’aiguiller un enfant pour l’amener à être dans une bonne attitude … Je me suis donc enfin servie de la respiration avec cette image de  » ballons » qui se gonflent en allant simplemnt au pas à la carrière. Jelui ai demandé de lacher ses rênes et m’en suis occupée, pui elle a fermé les yeux et je lui ai alors demandé de respirer un peu de la même manière qu’indiqué par mika, en lui touchant laa poitrine en lui indiquant comment devaient glisser ses homoplates… effet immédiat !
    Ensuite nous avons travaillé une 20aine de min en carrière sur une serpentine toute bête, demi cercles en « indiquant » avec sa main car elle avait une facheuse tendance à tirer, puis droit, en lui expliquant que ses bras et ses jambes sont un couloir pour le poney dans lequel on le guide. ensuite quand l’exercie était mieux maitrisé, et la position adéquate même si à cet age ce n’est pas évident d’avoir de la constance, je lui ai expliqué le role du bassin qui « envoie » dans ce couloir, vers les mains… histoire qu’elle sente les prémices de ce qu’elle n’a jamais l’occasion de faire en cours. Et bien je regrette que ce genre de travail ne se fasse pas plus souvent auprès des enfants, d’une part, et d’autre part on se rend compte à quel point la visualisation est importante pour aider à se faire comprendre et aider à indiquer une attitude juste en évitant la crispation du « je veux trop bien faire ».

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