DE L’UTILISATION DE LA JAMBE.

Adrien au Portugal

Nous avons précédemment parlé de la jambe fixe. Mais une jambe fixe n’est bien entendu pas une jambe qui a l’interdiction formelle de bouger.

De même nous avons parlé de la jambe décontractée. Et la jambe décontractée, à son tour, n’est pas une jambe qui ne doit se contracter en aucun cas.

Le cavalier peut être amené ponctuellement à bouger soit l’une, soit les deux jambes. En effet, il peut utiliser une jambe isolée en arrière de la sangle pour déplacer les hanches ou partir au galop, mais il peut aussi être amené à faire une action un peu « électrique » des deux jambes à la sangle, pour remobiliser l’attention d’un cheval froid. Alors, il décollera très légèrement les deux mollets, puis les  approchera de façon vive et de courte durée pour le stimuler, et finira par un retour au tonus musculaire zéro. J’insiste sur le fait d’écarter les mollets avant de s’en servir, de manière à ce que l’action soit vraiment « détachée » du cheval, elle n’en est que plus efficace. Pour finir, un cavalier qui fait piaffer son cheval, recule délicatement les deux jambes comme pour aller chercher les postérieurs, et les inciter à s’engager davantage.

 

jambe qui recule légèrement comme pour aller chercher les postérieurs.

La question n’est donc pas de ne pas utiliser ses jambes, mais de les utiliser à bon escient (donc pas en permanence, car alors le cheval se blase et n’apprend pas l’autonomie), et en alternant : contraction, pour créer l’action, et décontraction, pour récompenser la réponse. Il vaut mieux revenir plusieurs fois à ce principe, que de  négliger la décontraction, sous le prétexte que lors de cette phase le cheval se relâche.

Si un cheval est blasé aux jambes, ou s’il n’est pas encore éduqué aux jambes, alors il faut travailler la leçon de la jambe. Voilà à peu près comment elle se déroule : action de jambes (quelle qu’elle soit, une jambe isolée ou les deux) par contraction légère des seuls muscles utiles au mouvement (s) effectué (s) par la ou les jambes, puis décontraction immédiate dans l’attente de la réponse. S’il n’y a pas de réponse, alors action de la cravache (dans le calme et de sang froid, cela va de soi), puis caresser et recommencer aussi souvent que nécessaire. Au cavalier de déterminer, en fonction du niveau du cheval, le nombre de fois ou il répètera sa demande avant d’en venir à la cravache. De plus, pour ne pas surprendre sa monture, il  devra toujours poser cette dernière avant de l’utiliser de manière plus ferme.

Voilà, si certains points vous semblent être à développer, n’hésitez pas à me le faire savoir, et je tâcherai d’aller plus avant dans mes explications.

3 Responses to “DE L’UTILISATION DE LA JAMBE.”

  1. sylou dit :

    bien d’accord avec ce post sur les différents « états » des jambes

    et sinon quel bonheur la photo d’adrien :
    les deux rênes semi détendues avec son cheval léger la nuque le point le plus haut… quelle chance il a de pouvoir monter des chevaux parfaite illustration de la légèreté dont on rêve tous…

  2. Julie dit :

    Bonjour,

    J’ai un cheval espagnol de 8ans, et à chaque fois que je le monte je dois souvent lui rappeller la leçon de jambe en début de séance et après il est vraiment super réactif, mon but à moi c’est qu’il réponde à la plus discrète des demandes, et d’affiner un maximum mes aides.

  3. Marilou dit :

    Bonjour,

    Je viens de découvrir votre blog, qui est une vraie mine d’or.
    Je continue ma lecture assidue, je tenais simplement à laisser un commentaire sur ce post, car la photo est marquante; marquante de justesse, elle reflète une réelle beauté.

    Merci pour ce fabuleux partage de votre savoir.

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