LA CARESSE.

 

J’ai pu assister récemment à la présentation, tout à fait intéressante et sur laquelle j’aurai l’occasion de revenir, d’une instructrice Parelli.

Après avoir insisté sur quelques notions fondamentales du  comportement du cheval, elle a présenté la méthode en illustrant ses propos d’exemples tirés de situations classiques telles, gérer les peurs du cheval, embarquer ce dernier dans un van, aller le chercher au pré, ou bien encore lui donner un vermifuge ou lui faire une piqûre.

Cette intervention a suscité chez moi quelques interrogations, dont voici la première : la caresse prodiguée au cheval n’est-elle que récompense, ou peut-elle être aussi source de réconfort?

Je replace le sujet dans son contexte. L’instructrice soulignait le fait que lorsqu’un cheval monté, avait peur de quelque chose et qu’alors son cavalier le caressait, celui-ci commettait une erreur dans la mesure où, par cette caresse, il récompensait son cheval d’avoir peur.

Ne pourrait-on penser, au contraire, qu’une caresse douce, ou qu’un « grattouillis » à la base de l’encolure pourrait être tout à fait compris du cheval comme étant une sensation agréable susceptible d’apporter un réconfort bien utile. Si ce même cheval était, de plus, dans « une bonne famille », et qu’il était  habitué aux manifestations délicates et amicales, il aurait tôt fait de faire le rapprochement.

la caresse et le cheval blog mh lelièvre 

La caresse, associée au code vocal « bien… », et à une descente des aides,  pourrait être envisagée comme une récompense dans le travail,

la caresse et le cheval blog mh lelièvre

et si elle était associée à la mise rênes longues, accompagnée d’un arrêt afin que le cheval puisse identifier l’objet de sa frayeur, elle  pourrait être vue comme un réconfort.

la caresse et le cheval blog mh lelièvre

Petite parenthèse : si la caresse se manifeste, comme on le voit souvent, par de grandes tapes sur l’encolure, alors elle n’est, on peut l’imaginer, ni récompense, ni réconfort, et devient probablement source de désagrément, prenant donc un autre sens.

Pour en revenir aux propos de l’intervenante, concerant la caresse qui récompenserait la peur, il peut être judicieux de s’interroger : est-ce bien le cas ou cette même caresse permet-elle d’atténuer la tension en fournissant une sensation déjà connue lors de circonstances plus rassurantes ?

8 Responses to “LA CARESSE.”

  1. Malira dit :

    Et bien je suis plutôt de ton côté… Effectivement, si le cheval est habitué à recevoir des caresses lorsqu’il stress je ne voit pas en quoi ça l’encouragerait à avoir peur, au contraire…
    Pour moi c’est rassurant, c’est ce que je fais avec mon cheval et on arrive malgré ça à passer les obstacles dont il avait peur à la base… Je suis d’ailleurs en plein boulot sur une méchante bâche qui fait peur et on s’en sort bien!!

  2. sylou dit :

    Est-ce parce que j’ai caressé mon cheval en lui parlant lors de refus d’obstacles (de ma seule faute) que mon cheval à refusé une deuxième fois le même obstacle ? Eh bien non ! et pourtant carresser alors que le cheval venait de faire un stop peut paraître comme déraisonnable… Quand je faisait ce geste c’était pour m’excuser auprès de mon cheval de mon manque de discernement et je crois sincèrement qu’il le comprenait… Effectivement, comme vous le dîtes toutes deux, tout dépend du contexte dans lequel le cheval vit et comment il a l’habitude de recevoir les caresses 😉

  3. Baskit dit :

    Il me semblait avoir lu quelque part que la caresse qui « encourage » la peur était l’apanage des carnassiers. C’est vrai qu’un chien qui a peur deviendra encore plus peureux si on le caresse quand quelque chose l’inquiète, lui indiquant qu’il a raison d’avoir peur et qu’il a besoin qu’on le protège.

    Comme toi, je ne crois pas que ce concept s’applique aux herbivores, toujours prêts à fuir, et qui ont besoin qu’on les mette en confiance pour affronter ce qu’il considère initialement comme dangereux. Je ne connais pas la méthode Parelli, mais je suis étonné par ce principe…

  4. Anne dit :

    Bonjour,
    Il y a certains concepts équestres qui comprennent le cheval comme étant un individu à dominer absolument… Il y a une vision assez manichéenne derrière cela, et j’ai le sentiment que ces cavaliers ne savent pas aller au delà dans leur relation, de punition /récompense, comme si le cheval était incapable de comprendre autre chose.
    Le contact physique, d’un humain relâché, tranquille, est apaisant. Le massage du garrot abaisserait le rythme cardiaque, un massage de la nuque arrive aussi parfois à décontracter le cheval…

    Pour revenir à « récompenser la peur » du cheval : la peur est un phénomène incontrôlable, désagréable. Elle ne peut être récompensée, cela n’a aucun sens. Par contre, elle peut être renforcée si le cavalier, devient agité (voire agressif).
    On pourrait considérer que l’on renforce les réactions de peur (bond, écarts ect …) mais cela reste très très peu probable car ce que le cheval apprend au moment où il a peur, est lié à l’objet de sa peur, non pas à ses mouvements.

    Toucher le cheval lorsqu’il a peur, c’est lui transmettre « moi je n’ai pas peur ! »
    Ce que dit Baskit au sujet des chiens est très intéressant, et je ne crois pas non plus que cela s’applique au cheval. Néanmoins, lors d’une situation effrayante, il est bon de montrer au cheval qu’il n’y a pas lieu d’avoir peur, en incitant celui-ci à aller toucher ce qui l’effraie. De plus, la sécurité du cheval se trouvant dans la fuite, le simple fait de calmer (rassurer, caresser) dans l’absence de fuite est, je pense, prouver au cheval qu’il n’y a pas lieu d’avoir peur.

    Je ne connais pas très bien les méthodes Parelli, le fait est que je ne suis pas fan… Néanmoins, le cow-boy est un très grand homme de cheval.

  5. Dominique dit :

    Cette instructrice Parelli méconnaît (c’est un comble!) l’intelligence et la sensibilité des chevaux. En effet, un cheval bien dressé (s’il est en cours d’apprentissage, c’est le moment de le lui faire comprendre) est capable de faire la différence entre la caresse de félicitation et le « c’est bien » dit par son cavalier, d’une part et la caresse d’encouragement, accompagnée d’un calme « tout va bien/ vas-y/ n’aie pas peur/on y va tous les deux » (au choix), d’un encadrement des jambes et d’une position adéquats, d’autre part.

  6. Thomas dit :

    Bonjour,
    j’étais présent lors de cette après midi avec Marie Claire de Selliers.
    Il me semble que l’instructrice disait de ne pas carresser dans le cas ou le cheval aurait peur d’un plastique qui vole, d’un nouvel élément dans la carrière par exemple ou d’un élément qui pourrait survenir brusquement. Son point de vue est qu’en ne carressant pas son cheval lorsqu’il a peur d’un élément, le cavalier montre a son cheval qu’il n’y prête aucune attention. Le cheval fonctionnant par association, le cavalier se sert de cela pour le désensibiliser. Mais pour ça il faut avoir un cheval en confiance avec son cavalier!
    Après chacun à sa méthode pour communiquer avec son cheval. Et de multiples méthodes bien utilisée pour récompenser ou désensiliser le cheval fonctionnent!
    En tout cas les méthodes de cette dame et celles de parelli sont des méthodes de fonctionnement et de comportement de bases que beaucoup de cavaliers devraient adopter pour développer la complicité avec leur chevaux nécessaire à un bon travail et à une bonne progression…

  7. sylou dit :

    un lien très intéressant publié par la
    STATION DE RECHERCHE
    89520 ST SAUVEUR EN PUISAYE (Yonne)

    où les nouvelles pratiques éthologiques et ceux qui les diffusent à tort et à travers ont un peu battues en brèche :

    « Les éthologues de notre station de recherche, saturés par le battage médiatique autour d’une pseudo-éthologie et inquiétés par l’adhésion de la Fédération Française d’Equitation et de nombreux cavaliers à cet endoctrinement, se mobilisent pour remettre les choses au point. Notre vocation première est de faire de la recherche et de la diffuser et non de rentrer dans des polémiques couvrant des intérêts commerciaux certains, mais alors que la Fédération Française d’Equitation officialise ces pratiques, trop c’est trop, et nous ne pouvons plus laisser dire et faire n’importe quoi sans réagir. »

    http://dressagedechevauxetdeponeys.sports.officelive.com/BARREY.aspx?ref=nf

    à lire c’est édifiant …

  8. gaton dit :

    merci Sylou
    je viens de le lire et effectivement cela remet beaucoup de chose a leur place

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