L’UTILISATION DE LA VOIX.

Je vais revenir, dans ce post, sur l’intervention de l’instructrice Parelli, lors de l’après midi de stage, et sur les interrogations qu’elle a suscitées chez moi.

J’ai précédemment évoqué la caresse,  cette fois il s’agira de la voix, à propos de laquelle l’intervenante nous expliquait que monsieur Parelli himself, demandait à ses aspirants instructeurs de ne pas l’utiliser pendant trois années.

Etait-ce une façon de parler? Cela voulait-il également dire de ne pas l’enseigner aux élèves? Et qu’en était-il à l’issue des trois ans? Pas de réponses, mais la certitude je pense, pour chaque spectateur, que selon cette méthode, la voix était une aide à bannir.

Il ne serait pas juste néanmoins,  de ne pas rapporter l’argumentation de l’instructrice justifiant l’interdiction de cette aide. Dans la mesure où le cheval ne communique pas, ou très peu, à l’aide de son organe vocal, il est plus opportun d’utiliser la gestuelle, mode de communication qu’il utilise plus communément. En parlant de façon permanente et inappropriée, l’humain risque de ne pas se faire comprendre de l’animal, de l’effrayer s’il parle fort, ou de le blaser.

Je suis tout à fait d’accord avec cette dernière assertion. Mais est-ce parce que l’on fait mal quelque chose qu’il faut y renoncer, plutôt que d’essayer d’en améliorer la maîtrise?

On peut également se demander si la gestuelle de l’homme et celle du cheval sont communes, et si donc, spontanément le cheval comprend mieux l’humain?

Ne pourrait-on pas imaginer que l’humain, maîtrisant mieux le mode de communication vocale, mode dont il se sert en premier,  que le mode de communication gestuelle, serait plus à même de surveiller ses paroles que ses gestes?  Certains reprochent aux » équitants » de trop parler, mais sont-ils conscients de la multitude de gestes parasites qui émanent en permanence de ces derniers?

Ne pourrait-on pas imaginer qu’il serait tout à fait intéressant pour l’humain de mener de front le contrôle de la parole et le contrôle de ses gestes? Peut-on réellement demander à toutes les personnes qui gravitent autour d’une écurie de se taire dès qu’elles sont en contact avec les chevaux?

Il est évident que les chevaux dits « sauvages » (en reste-t-il vraiment?), ne connaissent pas la voix, mais peut-on en dire autant des chevaux domestiqués? Quel poulain  n’entend -il pas la voix d’un humain dès sa venue au monde, ou seulement quelques heures après?

Le cheval domestiqué n’est-il pas autant disposé à apprendre une communication vocale simple de la part  de l’humain, que d’ingurgiter des médicaments dans des seringues,  de monter dans de drôles de boites roulantes, ou encore de tourner bêtement au bout d’une corde? Lequel de ces apprentissages est-il le plus naturel?

Et pour terminer, ne  pourrait-on pas se  poser la question suivante : quelle valeur peut-on accorder à une aide valable en toutes circonstances, dans le travail à pied comme monté, qui peut se passer de lien matériel ou physique, et qui, donc, n’exerce pas de contraintes physiques sur le cheval?

La question reste ouverte, et n’attend  plus que le débat!!

10 Responses to “L’UTILISATION DE LA VOIX.”

  1. gaton dit :

    interressant
    mais on éduque bien les chiens à la voix et pourtant ils ne parlent pas
    et ne communiquent pas tant que ça avec leur organe vocal

    lorsue j’appelle ma jument qui est au fond du pré, elle vient
    la gestuelle dans ce cas là ne sert à rien

    enfin, bon de toute manière, je ne suis pas prête a bouger mes oreilles pour comuniquer avec mes équidés préférés (lol)alors il va falloir qu’ils continuent a écouter ma douce voix

    autre réflexion qui me vient
    en attelage que je sache, le meneur utilise la voix commepremière aide et la gestulle ne lui sert a rien dans ces cas précis?!

  2. denis dit :

    J’ai fait le compte de seize mots que j’utilise ,à pied , en selle, trés codifiés; qui m’aident à faire la liaison dans les apprentissages, et à utiliser les autres aides au minima.
    Ce qui est interessant également , c’est qu’avec la voix on s’adresse à l’intelligence du cheval, on s’évite ainsi de provoquer bien des résistances.

    (tres joli site, belle équitation ,je suis fan)
    Denis

  3. Caroline dit :

    « Je parle aux chevaux…ils me répondent » Henri Blake
    « Penser cheval » Henri Blake

    Bonne année a tous

    Caroline

  4. sylou dit :

    Renoncer à cette aide si précieuse qui permet de faire le lien entre le travail à la longe, le travail à pied et le travail monté ??? Vraiment dommage ! surtout quand on s’adresse à des chevaux de sang, parfois susceptibles et qui peuvent se sentir agressés, dans les premiers temps, par une action de jambe, de main ou de stick même délicate…

    Tiens un exemple me vient en tête pour réaffirmer que je ne pourrais pas m’en passer :

    J’ai deux chevaux dans deux boxes accolés séparés par une paroi de bois assez haute (mes chevaux ne peuvent se voir). Quand je change les couvertures le soir à la rentré du pré, je commence par le grand selle français, je tire à moi la couverture entreposée à l’abris, sur la fameuse paroi de séparation. Si je ne prends pas la peine de prévenir, par la voix, pour le rassurer, mon pur sang qui est à côté, il s’effraie et me le fait savoir (il se cogne partout de stress, il racle le dessus de sa porte avec ses dents…). Au contraire, si je prends le temps de lui parler, en effectuant ma manœuvre, il me manifeste son mécontentement par des soupirs appuyés, mais ne bouge pas, et même quand je continue de lui parler une fois la manip finit et que je sors du box il sort la tête du sien et me répond. Ce récit est véridique, je ne fais pas d’anthropomorphisme promis ! Je pense donc vraiment que même si mon cheval ne comprend pas les mots que j’emploie il est sensible au fait que je le rassure par mes paroles et le ton de ma voix. Quels gestes pourrais-je donc faire pour remplacer mes paroles dans ce cas précis ??? Et j’ai plein d’anecdotes similaires. Dans mon travail à la longe, je commence d’abord par la voix avant de pouvoir y associer un geste et finir par me passer du son, mais c’est très long.
    pas question donc d’y renoncer 🙂

  5. gaton dit :

    ton comentaire ne m’étonne pas du tout, Sylou

    je ne l’avais pas noté mais c’est vrai que ma jum communique avec moi également par la « voix »
    puisqu’elle sait très bien se faire entendre si on est en retrad pour donner le foin la journée
    ou si par mégarde j’oublie d’ouvrir son box le matin pour qu’elle puisse sortir et bien , elle appelle également(la gestuelle ne servirait a rien dans ce cas là)

    et il lui arrive souvent de dire un petit « bonjour, je t’ai bien vu » lorsqu’on sort de la maison et qu’elle nous voit

    il est vrai que ce genre de rapport avec les chevaux ne peut se faire qu’avec des équidés qui sont habitués a avoir toujours les m^mes personnes qui s’occupent d’eux

  6. Anne dit :

    Bonjour,

    Ce que je comprends de ce « ne pas parler pendant 3 ans » appuie justement ce dont vous parlez : il faut sans doute à certains bien trois années (si ce n’est plus !) pour apprendre à ne pas parler à tort et à travers, à utiliser les bons termes, les mêmes, la bonne inflexion de la voix, en corrélation ou non avec les gestes…

    J’ai des collègues de travail qui m’agressent dès qu’elles ouvrent la bouche, en raison de leur voix criarde, aiguë, des éclats de rire non contenus, des propos non avenus… Je suppose que 3 ans ne leur serait pas suffisant pour apprendre à ne baisser le ton, à parler à bon escient et non à tort et à travers, etc. 😉

  7. will dit :

    Sur cette question, et plus généralement sur la communication avec les chevaux, j’ai beaucoup aimé le livre de F. Pignon et M. Delgado ‘Au galop vers la liberté’. J’y ai trouvé beaucoup de réponses, fondées sur une expérience et une sensibilité extraordinaires, et exposées qui plus est avec modestie. Une lecture à recommander!

  8. Cat dit :

    Pour moi, la voix est totalement indispensable. Et l’avantage est qu’elle est toujours disponible qu’on soit monté, à pied, hors de la vue du cheval…
    Ce qui me gène c’est l’à priori qui est dessous. Quelque chose est-il forcément bon parce que naturel ? Ou forcément mauvais parce que acquis ? Effectivement, on peut se poser la question de savoir si le poulain né dans un boxe, vacciné et vermifugé est « naturel ».
    Si un cheval me mord, je comprends qu’il y a un problème même si pour ma part, si quelqu’un m’énerve, je ne le mords pas !
    Bonne soirée.
    Cordialement

  9. Bonjoue Anne,
    La question qu’il faut se poser alors, est la suivante : les enseignants Parelli mettent-ils à profit ces trois années, pour enseigner une solide formation théorique de l’utilisation de la voix à leurs élèves, avant que celle-ci ne soit mise en pratique auprès des chevaux, une fois ce délai écoulé?

  10. Anne dit :

    Bonjour à toi, Marie-Hélène,

    Je pense qu’on peut comprendre et « s’enseigner » seuls quant à l’utilisation de la voix, à partir du moment où ses connaissances équines (et équestres) sont assez solides.

    Je pense qu’avant cela, des « grands débutants », n’ayant que peu ou pas l’expérience du cheval, ont plutôt tendance à parler haut et fort, à crier, voire criailler, à parler à son cheval d’une voix dure en s’énervant parce qu’il ne leur donne pas ce qu’il demande… (je parle d’expérience)

    Bien entendu, les animaux réagissent à nos inflexions de voix, et à certains mots, mais ils ne peuvent faire le distinguo entre « on me parle durement pour me punir » et « on me parle durement parce qu’on s’énerve de ne pas y arriver ».

    Dans le même ordre d’idée, et pour étayer mes propos :
    Vous êtes à côté de votre cheval, avec un ami.
    1. Vous dites à votre cheval : « Tout doux, Bijou ».
    2. Vous dites à votre ami : « Il est très doux, Bijou ».

    Dans le premier cas, il semble évident que le cheval comprend que vous vous adressez à lui… Mais dans le deuxième…? Il ne peut tout de même pas comprendre qu’on parle DE lui… Pour lui, « Bijou » c’est son nom, et quand on prononce ce mot, c’est qu’on l’appelle…

    Voilà le distinguo essentiel qu’on doit comprendre, à mon sens, pour utiliser convenablement la voix.

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