RETOUR SUR L’EPAULE EN DEDANS.

Il y a un point important sur lequel j’aimerais insister dans la réalisation de l’épaule en dedans, point relatif au poids du corps du cavalier, et qui concerne les chevaux déjà bien familiarisés avec cet exercice.

Pour plus de détails sur les aides de l’épaule en dedans, je vous invite à relire les deux post portant sur ce sujet en cliquant ici .

Le cavalier est censé avoir inculqué à son élève cheval tous les exercices préparatoires à l’apprentissage de l’épaule en dedans, de sorte que cette étude puisse être abordée dans la confiance et le calme.

Mais comme dans n’importe quel apprentissage, il y a une progression à respecter dans la réalisation de l’exercice,  qui va du plus simple au plus compliqué. Même si l’on souhaite avoir un enfant qui, plus tard, s’exprime dans un langage châtié, il n’y a rien à faire, il va devoir commencer par apprendre des mots simples, pour  faire des phrases simples. Ce n’est qu’ensuite que son langage se complexifiera.

Il en va de même dans l’apprentissage d’une épaule en dedans. Même si le cheval est prêt à aborder cet exercice, ce n’est pas pour autant que le résultat va s’avérer très sophistiqué. Le cavalier devra donc rester, au début du moins, dans un registre d’aides somme toute assez simples, et qui faciliteront la compréhension de l’exercice. Le poids du corps est une de ces aides. Pour ma part, je pense qu’il est intéressant de peser légèrement sur la fesse extérieure, ce qui facilite le mouvement latéral en développant la mobilité et la fluidité du croisement des membres.

Bonne épaule en dedans des débuts où l'on voit nettement la cavalière aider son cheval à se déplacer vers l'extérieur du mouvement.

Par la suite, lorsque le cheval aura acquis plus de force et d’équilibre, et notamment par le biais de cette épaule en dedans des débuts, mais déjà tellement enrichissante, le cavalier recherchera plus de rassembler.

Attitude plutôt intermédiaire dans laquelle cheval et cavalier commencent à s'équilibrer

Dans les débuts de l’apprentissage de l’épaule en dedans, la facilité dans le croisement-décroisement(adduction-abduction) des membres est surtout privilégiée, ce qui aura pour conséquence, le développement de la souplesse de l’articulation coxo-fémorale.

Plus tard, le cavalier va progressivement faire un transfert de poids vers la fesse intérieure. Attention, il ne s’agit pas de tomber à l’intérieur et de déséquilibrer le cheval! Il s’agit de surcharger légèrement le postérieur interne afin d’en développer la force.

Alors qu’auparavant, le cheval se mobilisait vers son épaule extérieure, dorénavant, il va être amené par son cavalier à se rassembler en se grandissant,  et en engageant davantage le postérieur interne.

Dès lors, le cheval gagnera en flexion de l’articulation sacro-iliaque, du grasset et du jarret.

Cette nouvelle attitude va tout naturellement porter le cheval à ralentir son pas, et il faudra bien se garder de le « bousculer ». Néanmoins, ce ralentissement ne doit pas s’accompagner de perte d’impulsion. Il doit au contraire être un concentré d’énergie.

Voici un petit conseil pour bien garder le cheval devant soi et ne pas le laisser reculer vers le pare-bottes ou la lice, la grosse difficulté étant, lorsqu’il se rassemble, de faire en sorte qu’il conserve l’intégrité de son impulsion. Je me répète un peu mais c’est un point très important qui fait toute la différence!

Lors de l’exercice, il faut peser à chaque foulée, comme si l’on voulait véritablement quitter la piste en diagonale, dans l’oblique donnée par l’épaule en dedans. Cela incite le cheval à porter son postérieur interne plus en avant sous la masse. Il m’est même parfois arrivé, alors que le poids du corps ne suffisait pas, de mettre une fraction de seconde mes deux jambes, afin de sentir le cheval devant moi.

Ici, la cavalière pèse et le cheval commence à bien engager le postérieur interne. Il se grandit, élève la nuque (tandis que sa cavalière abaisse beaucoup trop la sienne).

La demande s’effectue pratiquement en deux temps :  

  • Peser comme pour porter le cheval en avant.
  • Et tout de suite après, agir dans les aides de l’épaule en dedans.

Le décalage entre les deux temps peut être un peu délicat à gérer, car s’il est trop long, le cheval peut quitter la piste, mais en revanche, bien maîtrisé, il procure vraiment le sentiment que le cheval va se porter en avant, pour, au dernier moment, finir par croiser son postérieur intérieur.

Ainsi le cheval s’allège, reste tonique, est plus mobile, et requiert moins de jambe de la part de son cavalier.

Si vous trouvez que ce post manque de clarté, n’hésitez pas à me le faire savoir!!

3 Responses to “RETOUR SUR L’EPAULE EN DEDANS.”

  1. sylou dit :

    C’est intéressant cette histoire de poids… et c’est ce que je viens de redécouvrir,

    (Marie m’ayant déjà expliqué l’intérêt de porter, cette fois, le poids à l’intérieur dans le cas de difficultés dans la tête au mur, pour aider mon cheval).

    en me plongeant dans les dvd de Philippe Karl. Comme quoi l’image et le dessin sont parfois un plus nécessaire au texte. Il y explique aussi cette histoire de poids de l’assiette qu’on doit « positionner dans le sens du déplacement des postérieurs du cheval ». Donc à l’extérieur pour le cas de l’épaule en dedans et à l’intérieur pour la tête au mur ou hanches en dedans.

    Non c’est mal dit, la preuve qu’il m’est bien difficile d’exprimer ceci par des mots seuls 🙂 allez donc voir les dvd 🙂

    Là où ça devient encore plus intéressant pour moi : c’est qu’il se sert par la suite de ses déplacements de poids, qu’il a pris l’habitude de faire connaitre au cheval, pour lui faire effectuer plus aisément des exercices plus complexes qui peuvent entraîner des défenses ou résistances, quand ils sont exécutés différemment. Je parle notamment du changement de pied au galop… C’est édifiant…la façon dont il joue avec les transferts de poids, et franchement ça change tout, rendant beaucoup plus fluide ses demandes !

    C’est si bluffant, que ça m’a inspiré la réflexion suivante : je suis vraiment une handicapée… l’assiette est une aide à part entière, aussi importante si ce n’est plus que mes mains ou mes jambes, qu’elle idiote j’ai été de la laissé tomber si longtemps ! Mais il n’est jamais trop tard pour se corriger, je vais donc recommencer à jouer de la fesse 😉

  2. Alexandra dit :

    Bonjour,

    Je suis tombée sur ce blog par hasard grâce à Sylou, et je suis contente qu’une enseignante prenne la peine d’exposer sa vision des choses.

    Il y a une question stupide que je n’ai jamais osé poser au sujet de cette histoire de poids dans l’épaule en dedans qui me trotte depuis longtemps et que j’ai résolue toute seule avec le temps: comment fait-on, si on met le poids vers l’extérieur dans l’épaule en dedans, pour la différencier du départ au galop???

    Personnellement, c’est un point qui m’a longtemps posé problème car avec le poids du corps à l’extérieur mon cheval part au galop. Impossible donc d’obtenir des épaules en dedans avec mon poids du corps à l’extérieur, ça le rendait chèvre. Avec le temps et en y allant progressivement, j’arrive aujourd’hui à avoir des épaules en dedans à peu près potables avec mon poids sur l’ishion intérieur qui emmène vers l’extérieur (plus ou moins discrètement selon la disposition du loulou), et pour partir au galop depuis l’épaule en dedans je n’ai qu’à changer d’ishion. Qu’en pensez-vous ?

    Merci d’avance pour votre réponse !

  3. Dangle dit :

    Prenons l’épaule en dedans à main gauche, par exemple. Le pli est à gauche, la jambe gauche à la sangle, la jambe droite un peu en arrière et le poids du corps à l’extérieur donc à droite par une pesée de l’ischion droit, le poids du corps de ce côté pouvant être amplifié et même remplacé par une pesée plus forte sur l’étrier droit.
    Le départ au galop étant dans une large mesure affaire de convention tout en étant logique avec la biomécanique du cheval, la meilleure façon de procéder afin que le cheval ne s’embrouille pas est, dans la continuité de l’épaule en dedans exécutée comme ci-dessus de réduire le pli à presque rien, de lever la rêne gauche et tout en conservant la même position des jambes et de mettre le poids à GAUCHE par pesée de l’ischion tout en donnant une poussée d’assiette impulsive avec une prédominance passant par le JARRET gauche. Par la suite, la position de la jambe (ici gauche), la pesée de l’ischion et le mouvement d’impulsion du jarret suffiront.
    Cette façon de faire est la meilleure pour obtenir lar la suite des changements de pied. Vos épaules s’orientent naturellement en fonction du positionnement des jambes et par la suite vos bascuments d’épaules de plus en plus discrètes feront partie de l’inversion des aides pour ce changement de pied.

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