Archive for avril, 2011

SEANCE MONTEE : ECHAUFFEMENT ET ETIREMENTS.

jeudi, avril 28th, 2011

J’aimerais revenir sur un commentaire intéressant fait par Silou voici quelques semaines, qui parlait du travail en extension d’encolure, et auquel je n’avais pas répondu.

Avant cela, voici en rappel, un premier post sur les étirements en général :

 GENERALITES

  • Bien maîtrisés, les étirements éveillent les neurorécepteurs (situés dans les muscles profonds, ligaments et tendons, et qui envoient des messages proprioceptifs).
  • Ils sont conseillés car ils préparent à l’effort, et sont parfois thérapeutiques.
  • Ils peuvent être passifs, pratiqués au box, ou actifs (travail en allongement, grandissement, extension d’encolure).
  • Ils favorisent l’équilibration, et l’amplitude du geste sans risquer d’effort prématuré sur des muscles qui n’auraient pas un tonus adapté.
  • Ils permettent d’éviter les contractures dorsolombaires, et évitent également des réflexes de défense liés à un dos froid.
  • Le travail en extension horizontale de l’encolure permet de faire travailler le système musculaire, dit « érecteur », de la colonne, et qui va dans le sens  d’un écartement des corps vertébraux (comme un homme qui s’étire en cherchant à allonger sa colonne: méthode Mézières).

Au niveau du dos, le respect de cette préparation musculo- ligamentaire avant l’effort, permet aux jeunes chevaux comme aux plus vieux, de réguler le système physiologique vertébral.

Pour mettre en fonction la mobilité vertébrale, deux paramètres sont particulièrement importants :

  • Trouver la cadence correspondant au type locomoteur de son cheval, car chaque cheval évolue suivant un tempo qui lui est propre, et qui correspond à son morpho type et à son tempérament.
  • Etablir un climat de confiance qui facilite le geste sans être inhibiteur du dos.

Le rendement maximum d’un mouvement est celui qui s’obtient sans résistance ou opposition.

A partir de la décontraction dans les exercices, rechercher des mouvements aisés et indolores.

Connaître et utiliser les règles biomécaniques dans le travail du cheval.

DEROULEMENT DE LA SEANCE.

  • Commencer par un travail libre au pas : rênes longues
  • Travail en extension cervicale et flexion dorso lombaire en peignant les rênes sur le contact avec la bouche, ou ondulations droite-gauches légères en gardant le contact et en accompagnant l’encolure.
  • Travail en contre flexion cervicale (descente d’encolure) qui renforce l’étirement musculo ligamentaire de la ligne du dessus (supra et inter épineux).

Attention ! Ne pas forcer dans ce travail et toujours garder la ligne du dessus étirée, car sans quoi, il peut y avoir un écrasement du disque dans sa partie postérieure avec micro hernies vers le canal médullaire.

  • Travail en latéro flexion : cercles, cessions à la jambe et épaule en avant, sans raccourcir le côté intérieur mais en allongeant le côté extérieur.(image du plombier et de son tuyau de plomb)
  • Dérouler les exercices dans la décontraction en laissant les articulations trouver leur amplitude. Rechercher la régularité de la cadence dans un mouvement ample et relativement lent mais actif et qui pourra ensuite être développé, mais sans précipitation.

Lors du travail en descente d’encolure, il faut se méfier à ne pas forcer l’engagement des postérieurs car cela peut provoquer un étirement trop contraignant du ligament supra épineux et ajoute un risque de compression des disques.

 A suivre…

RETOUR SUR LE RECULER.

mercredi, avril 20th, 2011

Dans le reculer, il ne faut pas confondre fluïdité et précipitation.

Un cheval qui précipite dans son reculer est un cheval qui vole des foulées en arrière, alors que son cavalier lui a demandé de cesser de reculer.

De mon point de vue, pas plus qu’on entretient la marche en avant, la marche en arrière ne doit être entretenue.

Normalement, pour mettre le cheval en avant, les jambes donnent l’ordre de départ, puis cessent d’agir. Le mouvement en avant est alors maintenu jusqu’à ce que les mains donnent une indication pour ralentir ou arrêter.

Pour reculer, les mains donnent l’indication de départ, puis cessent d’agir. Le mouvement vers l’arrière est conservé jusqu’à ce que, par une infime action, les jambes donnent une indication inverse au mouvement vers l’arrière. Si en effet l’action est ultra légère, le cheval s’arrête, si elle est un peu plus marquée, le cheval repart en avant.

Si malgré l’intervention des jambes, le cheval continue de reculer quelques foulées, et bien c’est certainement qu’il précipitait son reculer.

Là, il n’est bien sûr pas question du cheval qui s’accule aux jambes, problème beaucoup plus grave, et probablement dû à une mauvaise éducation à ces mêmes jambes .

La précipitation vers l’arrière peut être due à une demande excessive de la part du cavalier, à un mauvais équilibre du cheval, ou encore à un manque de force des jarrets. En effet, le cheval se grandit, abaisse les hanches, mais s’assoit un peu trop et perd l’équilibre vers l’arrière en s’écrasant sur ses jarrets. Là encore, décomposer le mouvement, ne faire qu’un pas puis arrêter, voire repartir en avant. Il vaut mieux ne faire qu’un pas correct, que trois mauvais.

COMMENTAIRES DE VIDEOS.

vendredi, avril 15th, 2011

Ce petit cheval, comme vous pouvez le constater, est fort dans son avant main, et ses hanches ne sont naturellement pas inclinées vers le bas. Il faut donc énormément l’équilibrer pour qu’il les abaisse, ce qui n’est pas toujours aisé. Néanmoins, sa cavalière mettant beaucoup d’application et de persévérance dans le travail, l’a déjà bien fait progresser.

Voyons ces deux vidéos.

Sur la première :

  • La cavalière recule un peu trop les mains pour ralentir son cheval.
  • Par conséquent, l’arrêt se fait sur les épaules, nuque affaissée, le cheval sous lui du devant, et désengagé des postérieurs.
  • Pendant le reculer, les poigner se cassent légèrement avec un retrait des petits doigts vers l’arrière : la main recule donc un peu.

Sur la seconde :

  • La préparation est meilleure, la cavalière a les mains mieux placées plus au dessus du garrot.
  • Donc l’arrêt est nettement moins sur les épaules, le cheval, moins sous lui des antérieurs, la nuque est plus haute et les postérieurs plus en place.
  • le reculer est plus aisé, ce qui permet à la cavalière de rester plus légère dans les mains.

Ainsi, nous voyons combien il est important et bénéfique de soigner la préparation, car elle conditionne la suite.

J’espère vous montrer bientôt une troisième vidéo sur laquelle nous pourrons voir Noyalo plus en équilibre, sa cavalière n’hésitant pas à monter davantage ses mains au dessus du garrot, captant un peu plus les hanches de son cheval, tout ceci pour obtenir un reculer plus fluide.

REPONSE AUX COMMENTAIRES.

mercredi, avril 13th, 2011

Juste un petit post pour vous dire que, c’est promis, je ferai très bientôt une réponse au dernier commentaire.

Avez vous essayé les massages dont parlait Caroline récemment?

ENCORE QUELQUES CONSEILS POUR BIEN RECULER.

lundi, avril 11th, 2011

Pour commencer, voici un petit rappel des post précédents ayant trait au reculer.

Vous accèderez au premier post « en cliquant ici« , et au second « en cliquant ici« .

Lorsque la première phase d’apprentissage du reculer est acquise (voir posts précédents), il est temps de commencer à rechercher des reculers plus rassemblés, avec un cheval vraiment « devant soi ».

Il peut paraître paradoxal d’employer cette expression quand il s’agit de reculer, mais finalement cela revient à reculer dans l’impulsion, le cheval étant prêt à se porter en avant  à la moindre sollicitation, tout en restant en équilibre.

Ce type de reculer demande une très bonne préparation, afin que la demande même, se fasse avec un minimum d’efforts de la part  du cavalier, et que pour le cheval, cela « coule de source ».

Combien voit-on de cavaliers mettre les jambes pour reculer tout simplement parce que la phase préparatoire est bâclée, voire inexistante.

Vous pouvez procéder comme suit : ralentissez le pas en allégeant le plus possible le cheval, en prenant et rendant de la main par petits mouvements délicats et moelleux de bas en haut et de haut en bas, à l’aplomb du garrot (il est très important de ne pas reculer les mains). Accordez l’emploi de vos mains avec un soutien renforcé de votre rein (bien souvent les chevaux sont de véritables éponges : on soutient son dos, ils soutiennent le leur, on s’avachit, ils relâchent leur ligne du dessus). Au moment où la main rend, de très légers effleurements des mollets contre les flancs du cheval et un peu en arrière de la sangle, viennent solliciter les postérieurs, pour favoriser l’abaissement des hanches.

Une fois le cheval ralenti, continuez ainsi jusqu’à l’arrêt à peine marqué, puis enchaînez dans la foulée, sur le reculer.

Attention! A partir du moment où vous abordez l’arrêt, il devient très délicat de maintenir l’action des jambes. Effectivement, il ne s’agit pas d’induire en erreur le jeune cheval qui a toujours appris que les jambes servaient au mouvement en avant. Soyez sûr de votre tact et du niveau de votre cheval.

Il ne faut en aucun cas  prendre en force le cheval avec les mains et /ou les jambes, car alors, toute la philosophie de ce travail serait entièrement faussée.

En effet, le but majeur de cet exercice est d’accéder, par la légèreté et l’abaissement des hanches,  à un équilibre « instable » qui nous permettra d’obtenir une mobilité telle, que le reculer sera facile et juste. Or, qui dit force, dit résistances, cheval qui se fige, se met dans un mauvaise équilibre, et perd sa mobilité.

Bien évidemment, avant d’avoir un reculer tout à fait juste, il y aura beaucoup de tatonnements et d’erreurs, mais il est très important de partir avec un bon état d’esprit, et une vision juste du chemin à parcourir. Alors, gentiment, les corrections se feront jusqu’à l’obtention du bon résultat. Et puis certains chevaux ont plus de difficulté à abaisser les hanches que d’autres : c’est le cas de Latina, ci dessous,  à qui ce travail fait beaucoup de bien.

A suivre.

 

REPONSES OUVERTES AUX QUESTIONS DES LECTEURS.

dimanche, avril 3rd, 2011

Au sujet de l’épaule en dedans :

Pour ce qui est du poids du corps vers l’extérieur, cela provoque tout simplement un petit déséquilibre vers l’extérieur qui peut dans un premier temps aider le cheval qui aurait des difficultés à se déplacer de côté vers l’extérieur. P. Karl donne l’exemple de quelqu’un qui porterait une grosse valise, et qui mimerait un cheval en épaule en dedans. Et bien cette personne aurait plus de facilité ssi elle tenait cette valise dans sa main extérieure. Faites-en l’expérience!
Ensuite, pour ce qui est de l’application de ce principe, et bien elle dépend justement de la facilité qu’a un cheval à aller vers l’extérieur. Plus il peine, plus vous pouvez l’aider ainsi, et a contrario, plus il échappe sur son épaule extérieure, moins cela est judicieux de le faire.

A relire : le post du 14/01/2011, qui lui-même renvoie à d’autres posts relatifs à ce sujet.

J’en profite pour redire qu’il ne faut pas hésiter à naviguer sur les autres post, en cliquant sur la liste des mois qui se situe à droite sur la page d’accueil, et qui renvoie à tous les posts déjà publiés.

Au sujet de la détente lors d’une séance :

L’idéal, bien sûr, est que le cheval ait été détendu sans avoir le cavalier sur son dos avant d’être monté (plus de renseignements à ce sujet en « cliquant ici« ).

Chaque cheval a une détente qui lui est propre. Néanmoins, il y a de grandes lignes à respecter :

  • Travailler suffisamment longtemps au pas avant toutes choses.
  • Commencer le travail dans chaque allure avec des rênes pas trop courtes.
  • Et si possible plutôt dans la descente d’encolure.
  • Commencer le trot par une phase au trot enlevé.
  • Si on commence par le galop, ne pas s’asseoir trop profondément au début.
  • Travailler sur des grands cercles et des lignes droites.

De mon avis, le premier point est incontournable, mais ensuite on peut considérer la détente de plusieurs manières.

Après le travail au pas, il est possible de faire un travail léger, dit de détente, au trot puis au galop (ou l’inverse d’ailleurs!!), sur des rênes assez longues et une attitude étirée vers l’avant et vers le bas. Puis ensuite, reprendre chaque allure pour un travail plus serré.

Ou bien, travailler chaque allure, en commençant par une phase de détente dans chaque allure :

  • Pas : détente + travail plus serré.
  • Trot : détente + travail plus serré.
  • Galop : détente+ travail plus serré.

 D’aucuns penseront certainement que ces recommandations sont excessives, mais elles préserveront votre monture de risques de blessures. C’est une question de respect.

Bien évidemment, tout ces conseils sont adaptables. Différents facteurs peuvent influer sur le type de détente à choisir:

  • Age du cheval.
  • Niveau de dressage.
  • Capacité mentale à se mettre au travail.
  • Possibilités physiques (raideur, souplesse).

Si vous estimez que ce sujet mérite quelques développements supplémentaires n’hésitez pas à me le faire savoir.