RETOUR SUR LA PIROUETTE AU PAS.

Pour les lecteurs qui ne naviguent pas sur le blog, voici un post déjà écrit voici plusieurs mois, mais complété de nouvelles indications indiquées en bleu, et accompagné de nouvelles photos.

Essai de descriptif:

Le cheval décrit un petit cercle avec ses postérieurs, tandis que ses antérieurs décrivent un cercle concentrique plus grand autour de ces derniers ( déplacement côté concave, le cheval étant incurvé dans le sens du déplacement et regardant donc ses hanches).
Une plus grande amplitude de mouvement est demandée aux épaules afin qu’elles précèdent les hanches.
Le cheval croise son postérieur et son antérieur externes par dessus son postérieur et son antérieur internes. Les membres externes travaillent essentiellement en adduction.

  Ici, la jument n’a pas le chanfrein vraiment à la verticale, et bascule un peu la nuque vers l’intérieur!

On voit que ces deux chevaux ont besoin de travailler cet exercice, afin d’améliorer l’abaissement des hanches!

La pirouette a pour but d’apprendre au cheval à s’équilibrer en se grandissant et en abaissant ses hanches, et par voie de conséquence, à s’alléger du devant et à renforcer la musculature de son l’arrière- main.

Pré-requis:

Le cheval doit être à l’aise dans tous les pas de côté, particulièrement dans les appuyers, puisque les aides de base sont les mêmes. Cela semble être une évidence, néanmoins, il ne s’agit pas seulement d’effectuer ces exercices, deux points me paraissent très importants à surveiller :

Les déplacements latéraux doivent être faits avec un grand souci de finesse dans l’emploi des aides, afin que le cheval apprenne à répondre avec beaucoup de sensibilité aux demandes de son cavalier, ce travail demandant des corrections rapides et subtiles.

Le cheval ne doit en aucun cas perdre son impulsion. Il doit rester énergique, sous peine de « s’acculer », en s’écrasant sur ses postérieurs, et sans pouvoir détacher correctement ces derniers du sol.

Précisons tout d’abord, que lorsque tout se passe correctement, le cavalier, après avoir légèrement ployé sa monture vers l’intérieur, déplace et contrôle les épaules à l’aide de sa rêne extérieure, tandis que sa jambe extérieure, en arrière de la sangle, empêche les hanches de déraper et donc, le postérieur externe de s’écarter vers l’exterieur, au lieu de chevaler par dessus l’autre, vers l’intérieur. L’assiette et parfois la jambe intérieure à la sangle, maintiennent l’impulsion.

 

J’insiste tout particulièrement sur l’état d’esprit avec lequel le cavalier doit aborder sa pirouette. Il ne doit  être relâché ni mentalement ni physiquement, comme s’il était dans un état trop neutre, par exemple dans une détente appaisante en descente d’encolure.

J’entends par là que la pirouette, comme tous les exercices qui requièrent de la part du cheval une attitude rassemblée, demande au cheval énergie, concentration et brillant, et le cavalier doit être dans les mêmes dispositions : redressement du buste, tension du dos , assiette profonde et impulsive, et réactivité mentale.

Ceci est très important, et pour une même utilisation des aides, peut tout changer!

Trop d’application peut ôter du brillant. Il fait mettre beaucoup de vie dans cet exercice!

Problèmes rencontrés.

Parmi les problèmes rencontrés par le cavalier en cours d’apprentissage de la pirouette au pas, en voici quelques uns rencontrés fréquemment :

  • Le cavalier déplace les épaules de son cheval par une rêne d’appui externe, celui-ci risque de perdre son pli, et de se voir un peu brusquement déséquilibrer vers l’intérieur en tombant sur son épaule interne, interdisant au cheval toute possibilité de s’équilibrer sur les hanches.  Alors, les hanches vont très certainement chasser à l’extérieur du cercle, le postérieur externe s’écartant en travaillant en abduction, et non plus en adduction.
  • Le cavalier utilise trop fort sa jambe extérieure de peur de voir les hanches déraper : le cheval « s’entable ». Les hanches précèdent les épaules qui ne tournent plus autour de ces dernières, les antérieurs ayant beaucoup perdu de leur amplitude de mouvement.
  • Une réaction identique peut avoir pour origine un emploi trop important de la rêne intérieure. En effet, pour marquer le pli, le cavalier fait une rêne contraire interne qui peut bloquer les épaules et les contrarier dans leur déplacement vers l’intérieur. Les hanches de ce fait, vont précéder les épaules.

Trop de pli d’encolure, sur cette photo!

  • Poids du corps du mauvais côté, vers l’extérieur, ce qui n’aide pas le cheval à aller vers l’intérieur.

Rectification du poids du corps sur la seconde photo.

Les épaules doivent toujours donner l’impression de vouloir passer en avant des hanches!

Proposition de quelques « remèdes ».

Dans le premier cas, le cavalier devrait plutôt se grandir en se redressant sur une rêne directe extérieure agissant en direction de la hanche du même côté. Toutefois, cette action est associée à un léger rapprochement de cette rêne vers le garrot, provoqué par une subtile rotation du buste vers l’intérieur pour inviter les épaules à tourner.
Pour ce qui est du second cas, attention! La jambe n’est pas toujours là pour mettre les hanches à l’intérieur, mais pour les empêcher d’aller à l’extérieur. Tout est question de nuance. Il suffit très certainement de modérer l’action de cette jambe, pour voir la situation s’améliorer.

Enfin, dans le dernier cas, en décollant la main intérieure du garrot, et en transformant la rêne contraire en rêne directe, ici encore, l’amélioration peut être instantanée. Méfiance pourtant! Cette rêne directe est délicate à utiliser et ne doit en aucun cas exercer une traction vers l’arrière, elle pourrait provoquer l’effet inverse et faire chasser les hanches. Le cavalier ne doit pourtant pas renoncer à l’employer, mais au contraire, s’appliquer à garder la main bien fixe, et pour marquer son action, à tourner légèrement son poignet vers l’extérieur en fermant les doigts sur la rêne.

Il ne faut pas oublier non plus, qu’un cheval qui manque de force aura besoin qu’on le laisse un peu avancer dans les débuts de l’apprentissage de cet exercice, sous peine de le voir éventuellement reculer, ce qui est plus ennuyeux.

N’hésitez pas à rebondir sur ce post!

3 Responses to “RETOUR SUR LA PIROUETTE AU PAS.”

  1. sylou dit :

    « J’entends par là que la pirouette, comme tous les exercices qui requièrent de la part du cheval une attitude rassemblée, demande au cheval énergie, concentration et brillant, et le cavalier doit être dans les mêmes dispositions : redressement du buste, tension du dos , assiette profonde et impulsive, et réactivité mentale.
    Ceci est très important, et pour une même utilisation des aides, peut tout changer!
    Trop d’application peut ôter du brillant. Il fait mettre beaucoup de vie dans cet exercice! »

    Plus que sur la pirouette au pas c’est sur ces quelques lignes, pour ma part, que j’ai envie de rebondir…
    Comment dire, elles m’ont interpelées et presque dépitées car cela fait plusieurs années que je recherche « l’inverse » chez mon cheval beaucoup trop bouillant à ses débuts à mon goût…
    Du coup, j’ai cultivé cette attitude neutre de tout mon corps, le fait de ne jamais utiliser deux jambes en même temps dans un exercice, ni même la main en même temps que la jambe. La jambe impulsive c quoi déjà ? Je l’ai remplacé par la voix au besoin, jamais je n’ai osé me remunir d’un stick… bref et le brillant dans tout ça alors ? Je lui ai dit adieux, ne l’ayant jamais connu par peur de le rechercher… Du coup je n’acculerais pas ou n’emboutirais un peu par hasard des fois ???
    J’ai eu le piaffé par la main seule et en dissociant mon pas et non par la jambe, du coup maintenant je me retrouve à devoir faire des appels de langue pour motiver mon cheval à passager…. Bref, à force de vouloir calmer je suis dans une certaine impasse pour progresser… et quand j’entends « dans la sous cadence mais la sur impulsion mentale » je hoche la tête en pensant oui mais non c trop risqué…
    Comment éviter que la recherche d’impulsion ne dérive trop vite vers de l’agacement des contractions, un durcissement de la mâchoire, voire des manifestations de mécontentement de ma monture ? J’ai tellement peur de le voir se repointer ou de perdre tout mon travail de décontraction si péniblement mené et de faire un formidable bond en arrière…
    Question de tact équestre sans doute ou l’on reconnait tout l’art de l’écuyer, ou pas me direz-vous… vrai question à mon sens en présence de chevaux près du sang et délicats en tous cas…

  2. Interrogations tout à fait légitimes, et bonne réponse à la fin du commentaire!
    Je pense que de toute façon, il vaut mieux travailler dans le calme que dans l’excitation.
    Ensuite on peut augmenter très progressivement l’attention et la tension dans le but d’obtenir ce brillant tant recherché.
    Je me répète, mais rien n’empêche d’aller très très doucement dans cette recherche, et de redescendre d’un cran s’il le faut.

  3. sylou dit :

    merci pour cette synthétique réponse… à méditer donc 🙂 encore un long et vaste sujet de travail en perspective pour ma part donc…

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