Archive for décembre, 2011

ÉCUYÈRES D’AUTREFOIS.

jeudi, décembre 29th, 2011

Dans son très bel ouvrage « La Femme et le Cheval« , Rosine Lagier raconte l’histoire d’Emilie Roux.

Hintergrund

Enfant de Paris, Emilie Roux fit de sérieuses études d’équitation sous la houlette de son oncle François Loisset. Enfant gâtée par le succès, le public parisien était émerveillé par son énergie et son habileté. Devenue brillante cavalière passionnée par son art, connue sous le non d’Emilie Loisset, elle montait et dressait tous les jours pendant quatre ou cinq heures cinq ou six chevaux, dont son célèbre alezan Mahomet avec lequel elle enchaînait pirouettes vertigineuses et lançades aériennes, et son cheval gris Ben-Azet, le rebelle avec lequel elle aimait lutter pour le transfigurer. « Ce n’est presque plus de l’équitation, cela ressemble à un poème… » Elle se servait d’un surfaix auquel était adaptées deux fourches et, pour la forme, un étrier qu’elle laissait le plus souvent flotter à son gré : « Elle était si intimement liée à son cheval que l’on se demandait comment elle faisait pour en descendre. » Elle se rendait souvent aux concours hippiques et se promenait au bois dans sa voiture attelée qu’elle menait elle-même.

En 1882, écrasée par son cheval dans un exercice périlleux, elle trouva la mort à l’age de 25 ans.

On raconta que le prince qui voulait l’épouser acheta le cheval pour l’abattre…

 

 

« PAS DE CHANCE-BONNE CHANCE »

vendredi, décembre 23rd, 2011

Voici une petite légende extraite du livre « Légendaire cheval », de Hélène Dubois-Aubin (ed. Mens sana).

 

 Pas de Chance-Bonne Chance

Ce récit remonte à des temps forts anciens, bien avant que la dynastie Hsia ne règne sur la Chine. Il est sûrement à l’origine de la croyance en l’existence de chevaux porte-bonheur, croyance qui perdure encore à notre époque en Asie.

C’est l’histoire d’un jeune garçon nommé Wah-Toong qui rêvait de monter à cheval mais ne pouvait approcher les précieux coursiers de son père. Un jour qu’il mimait une chevauchée fabuleuse avec un cheval confectionné dans du papier, il eut la surprise de sentir le jouet s’animer de lui-même. Ce qu’il avait toujours espéré arrivait enfin : il possédait maintenant une monture capable de galoper en tous sens.

Fou de joie, Wah-Toong poussa son cheval magique dans les allées du jardin de son père, sautant les massifs de fleurs et les planches bien ordonnées du potager. Grisé par l’aventure, il ne se rendit pas compte que son destrier détruisait tout sur son passage, car celui-ci ne voyait rien. Le jeune garçon avait tout simplement oublié de lui dessiner des yeux.

Le père de Wah-Toong, attiré par le bruit de la cavalcade, s’approcha de son jardin et constata le désastre. Rien n’avait résisté au passage de la monture magique. Rouge de colère, il maudit son fils ainsi que celui qui lui avait donné cet animal de malheur. Aussitôt ces paroles prononcées, le cheval se mit à marcher à l’envers à travers le jardin, remettant de l’ordre partout où il avait semé le chaos. Le père de Wah-Toong, constatant que tout avait repris son aspect d’origine, se dit finalement que ce cheval devait être un bienfait pour sa demeure.

C’est ainsi que le drôle d’animal reçut le nom de « Pas de Chance-Bonne Chance ».

Quelques années passèrent et Wah-Toong dut partir à la guerre. Il choisit tout naturellement de monter son cheval magique pour se rendre de l’autre côté de la grande muraille et affronter ses ennemeis. Mais « Pas de Chance-Bonne Chance » refusa d’engager le combat. Il savaient combien les hommes et les bêtes souffraient dans ces terribles affrontements. Il laissa donc son maître à bonne distance des lignes ennemies qu’il rejoignit en un instant. Là, il réussit à convaincre tous les chevaux de laisser les cavaliers loin du champ de bataille. C’est ainsi que l’on évita une guerre sanglante et que la paix s’installa pour longtemps.

DEUX BEAUX LIVRES POUR NOËL.

dimanche, décembre 18th, 2011

La période des fêtes est toujours propice à l’achat de beaux livres, agréablement illustrés. C’est le cas des deux livres que je souhaiterais vous recommander.


Le premier, « Légendaire cheval », de Hélène Dubois-Aubin, ed. Mens sana.

Légendaire cheval

 Le second, « La femme et le cheval », de Rosine Lagier, ed. Charles Hérissey.

La femme et le cheval : des siècles d'histoire

Ces ouvrages ne parlent pas de technique équestre (ou très peu dans le second), et je trouve très enrichissant d’élargir ses connaissances en ayant également une approche du cheval, culturelle et historique.

En outre, leur iconographie est très belle, puisqu’elle est riche de nombreuses reproductions de peintures, gravures , sculptures et autres vieilles affiches, et  photos!

Très bonne lecture à tous!!

« LA NUQUE LE POINT LE PLUS HAUT ».

vendredi, décembre 16th, 2011

Dans ce post il sera question de la position de la nuque comme point le plus élevé du cheval.

Nous tâcherons de voir si cette affirmation reste indéfectible en toutes circonstances, quelles que soient les attitudes et différentes phases de travail du cheval.

Il sera rappelé la bonne progression à respecter dans l’apprentissage gymnastique du cheval afin d’amener celui-ci à un rassembler correct, intégrant sainement la notion de « nuque le point le plus haut ».

La nuque est le point le plus élevé, quand le cheval remonte l’encolure de telle sorte que le cavalier peut quasiment voir la têtière du filet ou de la bride. Bien sûr, cette notion n’a rien à voir avec un cheval qui se défend et qui relève la tête!! Au contraire, elle apparaît au cours d’un travail déjà abouti, et doit impérativement être indissociable d’une orientation correcte de l’arrière main, sans laquelle hélas, le cheval effondrerait son garrot en creusant son dos.

La recherche de la nuque le point le plus élevé du cheval, si elle est évidente dans un rassembler déjà assez avancé, ne doit pas être permanente, puisqu’au cours de son apprentissage, le cheval passe par différentes attitudes, comme par exemple, l’extension d’encolure. De plus,  chaque fois que cela s’avérera nécessaire, en cas de perte de décontraction, cette attitude sera momentanément abandonnée au profit d’une autre, encolure, donc nuque, plus basse.

 

 

Le jeune cheval qui découvre le fait d’avoir un poids sur le dos est dans un premier temps, fortement perturbé. Il se creuse, effondre son garrot, relève l’encolure et ouvre la nuque.

Seul le travail en extension d’encolure permet au poulain de se déplacer aisément dans son équilibre naturel, sous la selle. Les muscles de la ligne du dessus s’étirent, le dos monte et se tend moelleusement sous la charge, les gestes se libèrent, favorisant le mouvement en avant.

A ce niveau de dressage, la nuque n’est pas le point le plus haut puisque l’encolure est orientée vers l’avant et vers le bas, avec une surcharge encore prononcée de l’avant main.

Dès que ce travail de base se trouve être fortement consolidé, la recherche du rassembler peut commencer. Ce souci du rassembler ne veut pas dire que du jour au lendemain l’attitude du cheval va changer du tout au tout. La progression devra être très mesurée, mais avec un souci permanent de grandissement et de soutien du bout de devant, et d’activité des postérieurs. Le cheval travaille alors dans une attitude horizontale, voire légèrement plus grandie.

A ce stade du travail, la notion de rassembler est une idée directrice qui doit conduire le cavalier à ne jamais laisser le dos de son cheval se relâcher sous le faux prétexte du redressement du bout de devant. Cette notion reste également tout en nuances, car à chaque cheval ses capacités, et à chaque exercice également sa vertu plus ou moins grande de « rassembler » un cheval. Pour exemple, citons l’allongement du trot qui logiquement, rassemble moins le cheval qu’un ralentissement.Il n’en reste pas moins que l’allongement sera d’autant meilleur qu’il aura été précédé d’une attitude rassemblée, c’est à dire non relâchée!

La tenue de hanches sur le cercle, quant à elle, induit le rassembler dès le début de son apprentissage.

Dans cette phase d’apprentissage, le cheval n’a pas forcément encore la nuque le point le plus haut. Ce n’est absolument pas grave s’il n’y a pas d’encapuchonnement. De plus, il faut savoir tenir compte de la morphologie de chaque cheval : certains ont le chignon plus développé que d’autres.

Puis enfin, petit à petit, par une recherche plus poussée du relèvement de l’avant main et de l’engagement des postérieurs, la nuque devient vraiment le point le plus haut. L’équilibre du cheval change et n’est plus horizontal. L’avant main s’allège, tandis que l’arrière main, justement disposée, prend en charge le poids supplémentaire qui lui est attribué. Les articulations postérieures se fléchissent des hanches aux jarrets, contribuant ainsi à raccourcir le polygone de sustentation, parfois jusqu’à l’extrême, lors d’une pesade.

 

Si cette fameuse notion de « la nuque le point le plus haut » est une des pierres angulaires du rassembler, elle doit, lorsqu’elle est enseignée, être accompagnée de moult recommandations. Elle peut s’avérer extrêmement néfaste si elle est pratiquée seule, sans souci du bon fonctionnement de l’arrière main, mais a contrario, elle procure au cavalier qui l’associe à un travail juste de l’arrière main, l’immense bonheur de sentir ce qu’est la légèreté d’un cheval qui se rassemble harmonieusement!

Faiblesse du postérieur droit qui devrait être plus engagé sous la masse.

 

Prochainement, il sera question de l’épineux sujet de l’encapuchonnement, et de ses effets pervers.

 

PAS ESPAGNOL A PIED.

jeudi, décembre 8th, 2011


Sur ces deux vidéos, nous voyons Majolie au pas espagnol au travail à pied.

Cette jument avait très peur de la cravache, et il a fallu beaucoup de temps pour qu’elle l’accepte au niveau de l’avant-main. Ce n’est toujours pas gagné pour ce qui est de l’arrière main, et lorsqu’elle sens son contact, elle a tendance à précipiter. C’est pourquoi j’ai momentanément renoncé à l’utiliser pour animer les postérieurs.

Par conséquent, je me mets devant elle pour lui demander le pas espagnol, et je trouve cela très pratique (bien qu’il faille faire très attention à ne pas se prendre un coup de pied dans les genoux), car je peux régler un tas de choses.

  • Hauteur de l’encolure;
  • rectitude par déplacement de l’avant main;
  • vitesse;
  • orientation des hanches;
  • stimulation aisée d’un antérieur ou de l’autre.
Bien sûr, le maniement de la cravache demande à être un peu peaufiné. On peu garder la cravache dans la main de son choix, et en la croisant sous l’encolure, animer tantôt un antérieur, tantôt l’autre. Mais on peut également, si besoin est, changer la cravache de main pour atteindre la hanche opposée.

Vous voyez que la jument a quelques difficultés à s’organiser, je pense que cela est dû à sa corpulence, et lorsqu’elle est au pas espagnol monté, elle développe beaucoup moins le geste de l’épaule.

Tout cela n’est pas grave, je prends mon temps, et je lui demande systématiquement à chaque séance : à pied avant de débuter le travail monté, puis montée, une fois qu’elle est échauffée.

De toute façon cet exercice reste une excellente gymnastique des épaules pour Majolie, à qui cela fait le plus grand bien!

COMMENT SE PLACER PAR RAPPORT AU CHEVAL, LORSQUE L’ON TRAVAILLE EN LIBERTÉ.

dimanche, décembre 4th, 2011

Plutôt que de « poursuivre » le cheval en courant derrière, ou de marcher en parallèle à son déplacement au risque de lui imposer un couloir trop étroit, mieux vaut se déplacer en diagonale, comme on peut le voir sur la vidéo, lorsque l’on travaille  en liberté.

Ce déplacement permet d’avoir une attitude impulsive vis-à-vis de l’animal, en évitant facilement d’envahir son espace personnel, donc d’induire un comportement moins agressif, et pour finir, d’éviter de lui faire faire demi tour.

Il faut choisir la diagonale qui permet, lorsque l’on arrive à son extrémité, d’être à la même main que le cheval.

Ensuite, il suffit de laisser celui-ci passer le petit côté et s’engager sur le grand côté. Alors, il faut faire demi-tour sur la diagonale et repartir en sens inverse. Tant que le cheval reste à la même main, c’est un va et vient permanent sur la même diagonale.

Lors d’un changement de main, il y aura également changement de diagonale.