« PAS DE CHANCE-BONNE CHANCE »

Voici une petite légende extraite du livre « Légendaire cheval », de Hélène Dubois-Aubin (ed. Mens sana).

 

 Pas de Chance-Bonne Chance

Ce récit remonte à des temps forts anciens, bien avant que la dynastie Hsia ne règne sur la Chine. Il est sûrement à l’origine de la croyance en l’existence de chevaux porte-bonheur, croyance qui perdure encore à notre époque en Asie.

C’est l’histoire d’un jeune garçon nommé Wah-Toong qui rêvait de monter à cheval mais ne pouvait approcher les précieux coursiers de son père. Un jour qu’il mimait une chevauchée fabuleuse avec un cheval confectionné dans du papier, il eut la surprise de sentir le jouet s’animer de lui-même. Ce qu’il avait toujours espéré arrivait enfin : il possédait maintenant une monture capable de galoper en tous sens.

Fou de joie, Wah-Toong poussa son cheval magique dans les allées du jardin de son père, sautant les massifs de fleurs et les planches bien ordonnées du potager. Grisé par l’aventure, il ne se rendit pas compte que son destrier détruisait tout sur son passage, car celui-ci ne voyait rien. Le jeune garçon avait tout simplement oublié de lui dessiner des yeux.

Le père de Wah-Toong, attiré par le bruit de la cavalcade, s’approcha de son jardin et constata le désastre. Rien n’avait résisté au passage de la monture magique. Rouge de colère, il maudit son fils ainsi que celui qui lui avait donné cet animal de malheur. Aussitôt ces paroles prononcées, le cheval se mit à marcher à l’envers à travers le jardin, remettant de l’ordre partout où il avait semé le chaos. Le père de Wah-Toong, constatant que tout avait repris son aspect d’origine, se dit finalement que ce cheval devait être un bienfait pour sa demeure.

C’est ainsi que le drôle d’animal reçut le nom de « Pas de Chance-Bonne Chance ».

Quelques années passèrent et Wah-Toong dut partir à la guerre. Il choisit tout naturellement de monter son cheval magique pour se rendre de l’autre côté de la grande muraille et affronter ses ennemeis. Mais « Pas de Chance-Bonne Chance » refusa d’engager le combat. Il savaient combien les hommes et les bêtes souffraient dans ces terribles affrontements. Il laissa donc son maître à bonne distance des lignes ennemies qu’il rejoignit en un instant. Là, il réussit à convaincre tous les chevaux de laisser les cavaliers loin du champ de bataille. C’est ainsi que l’on évita une guerre sanglante et que la paix s’installa pour longtemps.

5 Responses to “« PAS DE CHANCE-BONNE CHANCE »”

  1. Anne Piola dit :

    Bonjour,

    Très belle histoire en effet !
    Auteur de « Les chevaux fabuleux » ouvrage en deux tomes, recueil de plus de 90 contes et légendes du cheval illustrés, je raconte cette légende asiatique parmi d’autres.
    Dans la version dont j’ai eu connaissance, et que je récite, Wa Tung confectionne son cheval imaginaire avec des vêtements…
    L’histoire mentionne également une jument au nom aussi distinctif que Bonnechance… et celle-ci s’associe amoureusement à ce dernier.

    Bien cordialement,
    Anne Piola
    http://chevauxetmerveilles.com

  2. will dit :

    Bonsoir Marie-Hélène,
    Merci pour ce joli conte, un soir de Noel, et pour le choix de cette magnifique peinture de Han Gan. J’ai une admiration particulière pour ce chef d’oeuvre, depuis longtemps. L’attitude relâchée du cavalier, la douceur de sa main, son assiette lourde et profonde, et le placer impeccable de son cheval dénote une équitation d’une grande finesse, et qui remonte pourtant a plus de 1200 ans!
    Je vous souhaite un Joyeux Noel!

  3. yves dit :

    Oui,de biens jolies légendes et iconographies equestre dans le livre d’héléne Dubois_Aubin…..

  4. yves dit :

    Merci pour votre superbe site,ma fille est une grande fan,quand a moi cela me permet d’apprendre et de paraitre un peu moins ignorant a ses yeux :0) !!!

  5. Bonsoir,
    Merci pour votre gentil commentaire!

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