Archive for janvier, 2012

L’ENCAPUCHONNEMENT : ( 2nd PARTIE)

mercredi, janvier 25th, 2012

Dans le 1er post concernant l’encapuchonnement, nous avons vu que le mauvais emploi de la main était principalement le fait d’une mise en main excessive. Ce type de mise en main pouvant être accidentel comme tout à fait recherché, ce qui est beaucoup plus grave.

Nous avons également dressé une liste des conséquences malheureuses pour le cheval d’une telle attitude, et il reste un point que je voudrais évoquer.

Il s’agit des conséquences « psychologiques » d’un encapuchonnement excessif et répétitif.

Voici ce que Jean-Claude Barrey écrit dans son livre « ETHOLOGIE ET ECOLOGIE EQUINES » 

« La principale difficulté est donc d’inciter le cheval, presque à son insu, à adopter lui-même un certain comportement. Tous les animaux possèdent une tendance très puissante à rechercher les conditions optimales de subsistances qui conviennent le mieux à un instant donné. Ce que font aussi les chevaux par tous les procédés qu’il leur est possible d’essayer. Il s’agit là du comportement d’appétence pour l’état cohérent de moindre tension, un programme très puissant dont le déclenchement, pratiquement automatique, a lieu dès l’apparition de la moindre incohérence entre le milieu intérieur de l’animal et l’environnement qu’il perçoit par tous ses canaux sensoriels. Cette appétence provoquée par toutes sortes de pressions environnementales incite le cheval à essayer différents comportements, jusqu’à ce qu’il trouve celui qui supprime la gêne, provoquant un relâchement de la tension, c’est-à-dire la tranquillité d’esprit, mais pas forcément l’inactivité… »

Appliqué au travail monté, c’est ce type de comportement qui conduit le cheval à « céder », c’est-à-dire à trouver la meilleure réponse-confort, à la demande-gêne qui lui est faite. Il nous faut alors céder (relâcher la pression que nous exercions) nous-mêmes instantanément si nous voulons que le cheval retrouve un état de cohérence.

Prenons  l’exemple d’un cavalier, plein de bonnes intentions vis à vis de son cheval, mais ne maîtrisant pas encore le bon dosage de ses actions de mains. Lorsque ce cavalier ajuste ses rênes pour mettre son cheval en place, il peut manquer de précision, et il lui arrive d’enfermer ce dernier. Mais s’il a  appris que, quand son cheval lui donnait la réponse souhaitée, en l’occurence la mise en main, il devait céder, l’intégrité comportementale du cheval est préservée.

Sur la première photo, à droite, on voit Xilophone encapuchonné. On voit bien la main de sa cavalière, qui recule.

Sur la seconde photo, la main s’est avancée, et Xilophone est correctement placé!

Tandis que le cavalier qui enferme sa monture en permanence, sans jamais céder, non seulement va très certainement au devant de problèmes physiques, mais également psychiques, en ne permettant pas à son cheval de retrouver cet état cohérent de moindre tension si essentiel. Lorsqu’aucune solution n’est trouvée pour rétablir la cohérence (tension exercée sur la bouche, cession pour se soulager de cette tension), il y a inhibition de l’action cohérente, celle qui lui permet de retrouver du confort. Cela s’appelle l’inhibition conditionnée. En psychologie, on pourrait parler de résignation acquise.

Jean-Claude Barrey dit à ce propos :

« …elle induit nécessairement des pathologies en activant violemment l’axe hypothalamus/hypophyse/corticosurrénal…Le stress qui en résulte provoque la libération dans le sang d’une dose massive de glucocorticoïdes qui, tout en renforçant les capacités  de défenses physiques immédiates, abaisse les défenses immunitaires, favorise l’hypertension et les ulcères de l’estomac (fréquents chez les trotteurs) et occasionne des dégâts, souvent importants, dans une zone du cerveau, l’amygdale temporale (chargée de gérer le stress). Les neurones de celle-ci sont sollicités trop brutalement, les réactions chimiques à l’intérieur des cellules s’emballent, libèrent un afflux de déchets oxydants toxiques, qui s’attaquent au génome cellulaire…entraînant la mort de la cellule. Le cheval n’éprouve plus alors d’émotions dues au stress causé par son environnement. Mais, comme son centre de décision comportemental est lié à ses émotions, il ne prend plus de décisions personnelles et répond seulement aux pressions de l’extérieur : il est parfaitement soumis… »

 Et devient un parfait robot! 

Ce tableau est sombre mais bien réel, et pour moi, le premier remède à ce genre de problème est de changer d’état d’esprit, et de réévaluer ses méthodes de travail.

 Le cheval n’exprimant pas oralement ses souffrances, il est  facile pour le cavalier de se fourvoyer dans des dérives pouvant représenter un réel danger!

Heureusement, il existe encore beaucoup de cavaliers qui n’emmènent pas leurs chevaux vers de tels scénarios catastrophes, qui montent leur cheval  avec honnêteté , et ne commettent que des maladresse dues à leur  manque d’expérience.

A ces cavaliers je rappellerai qu’il faut éviter de tirer pour entrer en contact avec la bouche du cheval, mais au contraire avoir le cheval devant soi pour ensuite pouvoir délicatement obtenir la mise en main (je ferai ultérieurment un post sur la mise en main). Si malgré cela le cheval résiste et semble réfractaire à ce qu’on lui demande, c’est très certainement qu’il n’est pas prêt et qu’un programme d’assouplissement renforcé est nécessaire.

Ce qui me paraît peut-être encore plus important, c’est de ne jamais oublier de céder et de pratiquer la descente de main. Je rappelle que cet instant, aussi court soit-il, représente pour le cheval une récompense, une possibilité de se décontracter et de travailler dans l’autonomie.

Si ce post vous paraît incomplet, qu’il vous semble rester des zones d’ombre et qu’un complément d’informations pourrait répondre à d’éventuelles questions, n’hésitez pas à me le faire savoir! 

PROMENONS NOUS…

mardi, janvier 17th, 2012

Été comme hiver, si la situation de votre écurie le permet bien évidemment, n’hésitez pas à offrir à votre cheval d’autres horizons que les seuls manèges ou carrières.

Faire une sortie en extérieur régulièrement est idéal, tant pour le mental que pour le physique de votre compagnon. Attention toutefois à la qualité des terrains!

Cependant, ce n’est pas toujours très facile, les routes pouvant être trop nombreuses, en période de chasse les chasseurs trop belliqueux, ou bien tout simplement la possibilité de partir en promenade, inexistante.

Malgré tout, je suis convaincue que la moindre petite opportunité de s’éloigner, aussi peu que ce soit, des aires de travail habituelles, est à exploiter pour sortir le cheval de sa routine quotidienne, ne serait ce que pour l’échauffer au pas avant sa séance, ou pour le faire revenir au calme en fin de séance. Dix petites minutes à chaque fois peuvent suffire, et être d’un grand intérêt.

Je vais vous donner l’exemple de mon cheval qui n’est jamais très motivé pour aller travailler. Ainsi, si je débute ma séance directement dans la carrière, et même l’ayant détendu à la longe, il manque d’impulsion. Ce n’est pas qu’il répond mal aux jambes, c’est que très clairement la chose l’ennuie, et qu’il me le fait savoir!

Plutôt que de « m’échiner » à le faire avancer contre son grès, je ruse, et c’est beaucoup plus avantageux pour tout le monde : j’ai un petit circuit générateur d’impulsion d’une huitaine de minutes aller-retour, et qui lui permet d’être bien vaillant lorsqu’il pose le pied dans la carrière.

Arly est toujours très pressé de retrouver ses compagnons d’écurie lorsqu’il les a quittés pour quelques temps. Donc nous partons bien tranquillement ma fois, moi à côté de lui pendant deux ou trois cent mètres, puis je me mets en selle pour poursuivre mon petit tour, et lorsque s’amorce le retour, de lui-même Arly prend un très beau pas actif. Je n’ai rien à faire avec les jambes, la motivation de retrouver ses congénères a suffit à créer de l’impulsion.

Alors je pense que lorsque des moyens simples, naturels et n’imposant qu’un minimum de contraintes s’offrent à nous, il ne faut pas s’en priver!!

Prochainement, la suite du post sur l’encapuchonnement, comme promis!

A PROPOS DE L’ENCAPUCHONNEMENT! (1ÈRE PARTIE)

samedi, janvier 7th, 2012

Dans ce post, il sera question de l’encapuchonnement.

Nous verrons ce qu’est exactement l’encapuchonnement, et quels en sont les causes, les conséquences et les remèdes éventuels.

 

( Toutes les photos d’encapuchonnement excessif que vous verrez dans ce post, ne sont pas des photos de mes élèves!)

 

(Ce post un peu long sera divisé en deux parties).

Première partie :

On parle ordinairement d’encapuchonnement lorsqu’au travail, le cheval passe le chanfrein en arrière de la verticale. Mais attention!! Il y a encapuchonnement et encapuchonnement! Cela peut aller du simple retrait de la tête en arrière de la verticale, au rollkür, véritable acte de maltraitance pour le cheval.

Voilà pourquoi on ne peut placer sur un même pied de gravité, tous les types d’encapuchonnement. Je ne suis pas en train de dire que certains cas d’encapuchonnement sont sans importance, et qu’il ne faut pas les combattre. Non, je souhaite seulement signaler, qu’il y a l’encapuchonnement volontairement recherché par le cavalier, blâmable, et ne devant  faire l’objet d’aucune tolérance;

et celui qui se produit  ponctuellement et non intentionnellement  au cours du travail, sur l’effet du retrait d’une main maladroite.

 

A l’heure actuelle, nombreux sont les cavaliers de dressage, et beaucoup parmi ceux qui sortent en compétition de haut niveau qui, sous prétexte de tendre le dos de leur cheval, enferment bien souvent de façon excessive ce dernier. On en voit certains, littéralement « pendus » à leurs rênes, arque-boutés vers l’arrière pour faire céder la malheureuse bête!

 

D’autres cavaliers, par manque de compétence et d’encadrement, encapuchonnent leur cheval sans même se rendre compte qu’ils le font.

Et d’autres encore, travaillent d’arrache pied à affiner leur position et leur assiette, sans lesquelles hélas, cette fichue main manque de précision, bouge parfois de manière inopinée, recule même, et en arrive certaines fois à amener le cheval à s’encapuchonner!

Quoi qu’il en soit, et quelle que soit la catégorie de cavaliers, la cause originelle de l’encapuchonnement est toujours un excès de main.

 

Ensuite, plus l’encapuchonnement est vicieux, plus s’ajoutent de problèmes. Cassure à la troisième vertèbre, défenses, acculement ou allures défectueuses ne sont que quelques unes des conséquences graves engendrées par par un tel procédé de dressage.

Ceci semble malheureusement être du trot! Observez la défectuosité du diagonal droit, le postérieur gauche n’arrivant pas à avancer!

Voyons plutôt quelles sont les conséquences physiologiques d’une telle pratique :

  • hyper extension des ligaments supérieurs cervicaux pouvant conduire à de graves lésions telles que, inflammations, étirement des fibres jusqu’à la rupture, et dommages potentiels au niveau des insertions des ligaments profonds;
  • rapprochement excessif des vertèbres en partie ventrale, avec pour conséquences probables, pincement des disques inter-vertébraux, le disque pouvant aller jusqu’à faire une saillie en face dorsale et entrer en contact avec les ligaments, ou des nerfs;
  • écrasement des glandes parotides;
  • pour ce quatrième point concernant les effets négatif de l’encapuchonnement sur l’oeil et l’oreille, je laisse la parole à Philippe Karl, qui lui-même reprend des propos de Dominique Ollivier :

 » Les éléments qui suivent sont extraits du remarquable ouvrage de Dominique Ollivier La vérité sur l’équilibre (Editions Belin). Pour ajuster ses postures et adapter ses mouvements à toutes les exigences de l’équilibre, le cheval dispose comme l’homme de trois référentiels :

le sol…dont il a une perception tactile par ses pieds. Il coordonne ses gestes de façon à maintenir les masses à la verticale des points d’appui.

L’environnement…que le cheval appréhende par la vue, évaluant toutes choses à distance, et pouvant ainsi anticiper ses réactions. Or, on sait que le champ visuel binoculaire du cheval n’opère que dans un angle très réduit, et ne porte loin que lorsque sa tête est placée haut, nuque ouverte (attitude de veille). Une fois encapuchonné, le cheval ne dispose plus que d’une vue monoculaire latérale réduite et d’une vue binoculaire lui permettant à peine de juger où il pose ses pieds. On le fait courir en aveugle ou presque.

C’est pourquoi beaucoup de ces chevaux coupés de leur environnement, perdent toute expression et deviennent comme autistes.

La gravité...qui est perçue par l’oreille interne. Elle comporte trois « canaux semi-circulaires » placés perpendiculairement les uns aux autres et permettant de se situer dans un espace à trois dimensions. De plus, ces canaux sont munis de capteurs qui enregistrent les accélérations verticales, horizontales et latérales.

Toutes ces informations tactiles, visuelles et gravitationnelles, sont traitées par le cerveau. Or, des les situations extrêmes, le cheval comme bien d’autres espèces, stabilise sa tête dans une position optimisant le fonctionnement de ce système de navigation : voilà pourquoi trotteurs, galopeurs et chevaux à l’obstacle fixent l’axe de leur tête à environ 30° de la verticale… »

 

 

 A suivre…

MEILLEURS VOEUX

dimanche, janvier 1st, 2012

Que 2012 soit pour vous une année de Renouveau.

Renouveau, mot plein de promesses, tout comme la lettre par laquelle il commence : R

R comme, avoir le plus grand Respect pour sa monture;

R comme, porter loin son Regard;

R comme, Ressentir plus profondément;

R comme, Rectitude;

R comme, Rassembler plus léger;

 Et enfin R comme, Remise en question, ce qui pour tout cavalier digne de ce nom, doit être une constante!

 Je vous souhaite encore, une année 2012 Rayonnante.