A PROPOS DE L’ENCAPUCHONNEMENT! (1ÈRE PARTIE)
Dans ce post, il sera question de l’encapuchonnement.
Nous verrons ce qu’est exactement l’encapuchonnement, et quels en sont les causes, les conséquences et les remèdes éventuels.
( Toutes les photos d’encapuchonnement excessif que vous verrez dans ce post, ne sont pas des photos de mes élèves!)
(Ce post un peu long sera divisé en deux parties).
Première partie :
On parle ordinairement d’encapuchonnement lorsqu’au travail, le cheval passe le chanfrein en arrière de la verticale. Mais attention!! Il y a encapuchonnement et encapuchonnement! Cela peut aller du simple retrait de la tête en arrière de la verticale, au rollkür, véritable acte de maltraitance pour le cheval.
Voilà pourquoi on ne peut placer sur un même pied de gravité, tous les types d’encapuchonnement. Je ne suis pas en train de dire que certains cas d’encapuchonnement sont sans importance, et qu’il ne faut pas les combattre. Non, je souhaite seulement signaler, qu’il y a l’encapuchonnement volontairement recherché par le cavalier, blâmable, et ne devant faire l’objet d’aucune tolérance;

et celui qui se produit ponctuellement et non intentionnellement au cours du travail, sur l’effet du retrait d’une main maladroite.
A l’heure actuelle, nombreux sont les cavaliers de dressage, et beaucoup parmi ceux qui sortent en compétition de haut niveau qui, sous prétexte de tendre le dos de leur cheval, enferment bien souvent de façon excessive ce dernier. On en voit certains, littéralement ”pendus” à leurs rênes, arque-boutés vers l’arrière pour faire céder la malheureuse bête!
D’autres cavaliers, par manque de compétence et d’encadrement, encapuchonnent leur cheval sans même se rendre compte qu’ils le font.
Et d’autres encore, travaillent d’arrache pied à affiner leur position et leur assiette, sans lesquelles hélas, cette fichue main manque de précision, bouge parfois de manière inopinée, recule même, et en arrive certaines fois à amener le cheval à s’encapuchonner!
Quoi qu’il en soit, et quelle que soit la catégorie de cavaliers, la cause originelle de l’encapuchonnement est toujours un excès de main.
Ensuite, plus l’encapuchonnement est vicieux, plus s’ajoutent de problèmes. Cassure à la troisième vertèbre, défenses, acculement ou allures défectueuses ne sont que quelques unes des conséquences graves engendrées par par un tel procédé de dressage.
Ceci semble malheureusement être du trot! Observez la défectuosité du diagonal droit, le postérieur gauche n’arrivant pas à avancer!
Voyons plutôt quelles sont les conséquences physiologiques d’une telle pratique :
- hyper extension des ligaments supérieurs cervicaux pouvant conduire à de graves lésions telles que, inflammations, étirement des fibres jusqu’à la rupture, et dommages potentiels au niveau des insertions des ligaments profonds;
- rapprochement excessif des vertèbres en partie ventrale, avec pour conséquences probables, pincement des disques inter-vertébraux, le disque pouvant aller jusqu’à faire une saillie en face dorsale et entrer en contact avec les ligaments, ou des nerfs;
- écrasement des glandes parotides;
- pour ce quatrième point concernant les effets négatif de l’encapuchonnement sur l’oeil et l’oreille, je laisse la parole à Philippe Karl, qui lui-même reprend des propos de Dominique Ollivier :
” Les éléments qui suivent sont extraits du remarquable ouvrage de Dominique Ollivier La vérité sur l’équilibre (Editions Belin). Pour ajuster ses postures et adapter ses mouvements à toutes les exigences de l’équilibre, le cheval dispose comme l’homme de trois référentiels :
le sol…dont il a une perception tactile par ses pieds. Il coordonne ses gestes de façon à maintenir les masses à la verticale des points d’appui.
L’environnement…que le cheval appréhende par la vue, évaluant toutes choses à distance, et pouvant ainsi anticiper ses réactions. Or, on sait que le champ visuel binoculaire du cheval n’opère que dans un angle très réduit, et ne porte loin que lorsque sa tête est placée haut, nuque ouverte (attitude de veille). Une fois encapuchonné, le cheval ne dispose plus que d’une vue monoculaire latérale réduite et d’une vue binoculaire lui permettant à peine de juger où il pose ses pieds. On le fait courir en aveugle ou presque.
C’est pourquoi beaucoup de ces chevaux coupés de leur environnement, perdent toute expression et deviennent comme autistes.
La gravité...qui est perçue par l’oreille interne. Elle comporte trois “canaux semi-circulaires” placés perpendiculairement les uns aux autres et permettant de se situer dans un espace à trois dimensions. De plus, ces canaux sont munis de capteurs qui enregistrent les accélérations verticales, horizontales et latérales.
Toutes ces informations tactiles, visuelles et gravitationnelles, sont traitées par le cerveau. Or, des les situations extrêmes, le cheval comme bien d’autres espèces, stabilise sa tête dans une position optimisant le fonctionnement de ce système de navigation : voilà pourquoi trotteurs, galopeurs et chevaux à l’obstacle fixent l’axe de leur tête à environ 30° de la verticale…”
A suivre…
