L’ENCAPUCHONNEMENT : ( 2nd PARTIE)
Dans le 1er post concernant l’encapuchonnement, nous avons vu que le mauvais emploi de la main était principalement le fait d’une mise en main excessive. Ce type de mise en main pouvant être accidentel comme tout à fait recherché, ce qui est beaucoup plus grave.
Nous avons également dressé une liste des conséquences malheureuses pour le cheval d’une telle attitude, et il reste un point que je voudrais évoquer.
Il s’agit des conséquences “psychologiques” d’un encapuchonnement excessif et répétitif.
Voici ce que Jean-Claude Barrey écrit dans son livre “ETHOLOGIE ET ECOLOGIE EQUINES”
“La principale difficulté est donc d’inciter le cheval, presque à son insu, à adopter lui-même un certain comportement. Tous les animaux possèdent une tendance très puissante à rechercher les conditions optimales de subsistances qui conviennent le mieux à un instant donné. Ce que font aussi les chevaux par tous les procédés qu’il leur est possible d’essayer. Il s’agit là du comportement d’appétence pour l’état cohérent de moindre tension, un programme très puissant dont le déclenchement, pratiquement automatique, a lieu dès l’apparition de la moindre incohérence entre le milieu intérieur de l’animal et l’environnement qu’il perçoit par tous ses canaux sensoriels. Cette appétence provoquée par toutes sortes de pressions environnementales incite le cheval à essayer différents comportements, jusqu’à ce qu’il trouve celui qui supprime la gêne, provoquant un relâchement de la tension, c’est-à-dire la tranquillité d’esprit, mais pas forcément l’inactivité…”
Appliqué au travail monté, c’est ce type de comportement qui conduit le cheval à “céder”, c’est-à-dire à trouver la meilleure réponse-confort, à la demande-gêne qui lui est faite. Il nous faut alors céder (relâcher la pression que nous exercions) nous-mêmes instantanément si nous voulons que le cheval retrouve un état de cohérence.
Prenons l’exemple d’un cavalier, plein de bonnes intentions vis à vis de son cheval, mais ne maîtrisant pas encore le bon dosage de ses actions de mains. Lorsque ce cavalier ajuste ses rênes pour mettre son cheval en place, il peut manquer de précision, et il lui arrive d’enfermer ce dernier. Mais s’il a appris que, quand son cheval lui donnait la réponse souhaitée, en l’occurence la mise en main, il devait céder, l’intégrité comportementale du cheval est préservée.
Sur la première photo, à droite, on voit Xilophone encapuchonné. On voit bien la main de sa cavalière, qui recule.
Sur la seconde photo, la main s’est avancée, et Xilophone est correctement placé!
Tandis que le cavalier qui enferme sa monture en permanence, sans jamais céder, non seulement va très certainement au devant de problèmes physiques, mais également psychiques, en ne permettant pas à son cheval de retrouver cet état cohérent de moindre tension si essentiel. Lorsqu’aucune solution n’est trouvée pour rétablir la cohérence (tension exercée sur la bouche, cession pour se soulager de cette tension), il y a inhibition de l’action cohérente, celle qui lui permet de retrouver du confort. Cela s’appelle l’inhibition conditionnée. En psychologie, on pourrait parler de résignation acquise.
Jean-Claude Barrey dit à ce propos :
“…elle induit nécessairement des pathologies en activant violemment l’axe hypothalamus/hypophyse/corticosurrénal…Le stress qui en résulte provoque la libération dans le sang d’une dose massive de glucocorticoïdes qui, tout en renforçant les capacités de défenses physiques immédiates, abaisse les défenses immunitaires, favorise l’hypertension et les ulcères de l’estomac (fréquents chez les trotteurs) et occasionne des dégâts, souvent importants, dans une zone du cerveau, l’amygdale temporale (chargée de gérer le stress). Les neurones de celle-ci sont sollicités trop brutalement, les réactions chimiques à l’intérieur des cellules s’emballent, libèrent un afflux de déchets oxydants toxiques, qui s’attaquent au génome cellulaire…entraînant la mort de la cellule. Le cheval n’éprouve plus alors d’émotions dues au stress causé par son environnement. Mais, comme son centre de décision comportemental est lié à ses émotions, il ne prend plus de décisions personnelles et répond seulement aux pressions de l’extérieur : il est parfaitement soumis…”
Et devient un parfait robot!
Ce tableau est sombre mais bien réel, et pour moi, le premier remède à ce genre de problème est de changer d’état d’esprit, et de réévaluer ses méthodes de travail.
Le cheval n’exprimant pas oralement ses souffrances, il est facile pour le cavalier de se fourvoyer dans des dérives pouvant représenter un réel danger!
Heureusement, il existe encore beaucoup de cavaliers qui n’emmènent pas leurs chevaux vers de tels scénarios catastrophes, qui montent leur cheval avec honnêteté , et ne commettent que des maladresse dues à leur manque d’expérience.
A ces cavaliers je rappellerai qu’il faut éviter de tirer pour entrer en contact avec la bouche du cheval, mais au contraire avoir le cheval devant soi pour ensuite pouvoir délicatement obtenir la mise en main (je ferai ultérieurment un post sur la mise en main). Si malgré cela le cheval résiste et semble réfractaire à ce qu’on lui demande, c’est très certainement qu’il n’est pas prêt et qu’un programme d’assouplissement renforcé est nécessaire.
Ce qui me paraît peut-être encore plus important, c’est de ne jamais oublier de céder et de pratiquer la descente de main. Je rappelle que cet instant, aussi court soit-il, représente pour le cheval une récompense, une possibilité de se décontracter et de travailler dans l’autonomie.
Si ce post vous paraît incomplet, qu’il vous semble rester des zones d’ombre et qu’un complément d’informations pourrait répondre à d’éventuelles questions, n’hésitez pas à me le faire savoir!


January 30th, 2012 at 9:31 am
Bonjour Marie-Hélène.
Il me semble que ce post pourrait se prêter à expliquer ce qu’est le ramener outré de Baucher, qu’Oliveira semble avoir utilisé à la fin de sa vie, si je ne me trompe. En tout cas, il l’aborde dans un de ses ouvrages, mais tellement brièvement… Même si c’est un sujet ultra pointu, que peu de gens pratiquent (et c’est heureux !), peut-être pourrais-tu au moins en parler un peu ?…
January 30th, 2012 at 7:14 pm
Bonjour Sébastien,
C’est promis, j’en parlerai.
February 15th, 2012 at 6:31 pm
Bonjour,
Je suis désolée, mais j’écris exclusivement sur le blog! Et n’ai aucun compte, où que ce soit.