ÉBAUCHE DES PREMIÈRES FOULÉES DE PIAFFER.

Après avoir mené de façon concomitante, plusieurs exercices préparatoires, le cavalier conduit son cheval vers les premières foulées de ce qui ressemble à du piaffer.

On ne sait pas toujours quel exercice déclenchera la diagonalisation tant attendue, c’est pourquoi personnellement, je demande à mes élèves de travailler, dans une même période, différents exercices tels, des départs au trot cadencé du pas compté, des départs au trot cadencé du reculer, des balancements un pas en avant un pas en arrière plusieurs fois, avant de partir au trot.

Une fois ces exercices assimilés, la mobilisation sur place, ou légèrement en avançant, se dessine. Le cheval a compris.

Les débuts sont parfois maladroits, la diagonalisation n’étant pas parfaite, ou le cheval, manquant encore de force, ne saute pas assez dans ses foulées. Je pense qu’il est intéressant, à ce stade, d’alterner entre récompense immédiate à l’arrêt, et départ au petit trot cadencé.

La grande question est : doit on attendre que le cheval ait assez de force pour aborder cet exercice, ou bien cet exercice peut-il au contraire, l’aider à acquérir de la force?

Pour ma part, j’opte pour la deuxième solution, et  je pense que si le cheval arrive à comprendre aisément ce que l’on attend de lui, par le biais d’exercices appropriés et abordés sans que le cavalier ne force, il n’y a aucune raison pour ne pas poursuivre l’apprentissage. Les progrès viendront petit à petit.

Les efforts seront demandés sur des laps de temps courts, avec une stimulation dosée de la part du cavalier, et de préférence, sans se fixer d’échéance de résultats.

Comme vous le verrez sur les toujours très petites vidéos, le style est encore imparfait, mais les progrès vous seront montrés au fur et à mesure.

J’ai parlé des tâtonnements du cheval, mais qu’en est- il de ceux du cavalier qui découvre l’art de piaffer, en même temps que sa monture?

Les principaux défauts que je rencontre chez mes élèves, et qui sont le signe d’une assiette encore trop timide, sont principalement une légère agitation du couple bassin-buste, comme pour stimuler le cheval, et une tendance à accompagner de manière excessive du bas des jambes. Autant d’erreurs qui gênent le cheval dans ses efforts.

Et pour terminer ce post qui vous amènera, nombreux je l’espère,  à poser vos questions et à parler de votre expérience, voici deux précieux conseils pour votre approche du piaffer :

  • laisser le cheval avancer légèrement dans le piaffer n’est pas un problème, mais le laisser reculer doit être considérer comme une erreur à corriger plus que rapidement;
  • il faut impérativement éviter de comprimer sa monture entre les mains et les jambes lorsque l’on aborde ce travail. Ce comportement inadapté qui peut justement inciter le cheval à reculer, voire à s’acculer, risque de le priver de la possibilité d’exprimer sa force musculaire et sa force d’expression, le brillant.

 

Affaire à suivre…!

6 Responses to “ÉBAUCHE DES PREMIÈRES FOULÉES DE PIAFFER.”

  1. sylou dit :

    On a failli attendre !
    Alors comme d’habitude, nulle envie de critique de ma part, dans ce commentaire ! C’est encore et toujours de l’humour ! Je le clame haut et fort pour étouffer dans l’œuf tout fronçage de sourcil éventuel 😉
    C’est pour dire que, dans beaucoup de manuel on ne voit ce sujet abordé que fort tard et à demi-mots ! Pensez-vous le graal pour l’équitant amateur que nous sommes ! St piaffe priez pour nous !
    Plus sérieusement, on en rêve tous et pour cause. On nous conforte dès notre plus jeune âge dans l’idée que cet air-là n’est pas pour nous et n’est réservé qu’à l’élite dont nous ne ferons, de toute façon, jamais partie. Aucun prof pour vous l’enseigner, vous n’en êtes pas digne…
    Du coup, même lors de l’achat de notre propre cheval, nous n’osons même pas y songer. Pour ma part c’est totalement par hasard qu’il me fut donné par ma 2ème monture !
    Mon pur-sang était au repos forcé pour un mois et je me voyais octroyé le seul droit aux balades au pas une heure par jour. A la même époque, je lisais avec ferveur un excellent ouvrage que je vous recommande : «souvenirs de manège » de Pascale Berthier : http://www.psreditions.com/product.php?id_product=82
    Elle fut élève de Racinet et raconte avec simplicité et humour sa découverte de l’équitation de légèreté. J’ai dû le parcourir 5 fois déjà et je ne m’en lasse pas !
    Bref j’étais là sur mon gris à marcher au pas et en essayant de rendre ce repos forcé productif, et à me repasser en mémoire ce que j’avais lu la veille sur les différentes sortes de pas, les différentes attitudes à alterner. Et bien mes premières foulées de piaffer, je les eu en ralentissant mon pas vers le pas compté, tout en me redressant et en dissociant mon assiette. Je n’ai eu qu’à récompenser de suite ces premières foulées hésitantes pour conforter mon cheval dans cet essai. Par la suite en recréant les mêmes conditions avec les mêmes aides il me le redonnait à loisir et dans la légèreté. Alors évidemment, il s’agissait d’un cheval avec du sang… Et il faut admettre qu’avec un cheval plus froid ou avec un physique différent les choses ne sont pas aussi idylliques…
    Preuve en est, avec mon grand selle français, beaucoup plus âgé, avec un dos très long et des problèmes de sacro-illiaques que le chemin jusqu’au piaffer fut bien plus long et bien plus scolaire…
    Avec lui il a fallu « animer » un peu la machine… Beaucoup travailler à pied, rechercher des exercices préparatoires, pendant un an et demi, susceptible de créer le fameux « …sous cadence, dans la sur impulsion mentale… »
    Première étape : créer un pas d’école sans qu’il se campe et ce par la jambette, travailler la transition pas d’école –trot cadencé, ce dans le souci permanent de la légèreté… Bref ce fut et c’est toujours long et laborieux et pas du tout réalisé avec le même naturel dont avait fait preuve le pur-sang. Et pour tout dire c’est encore bien fragile…
    C’est donc avec le plus vif intérêt que je vais m’empresser de tester les exercices préparatoires proposés ici et que je vous ferais part de mes impression 🙂

  2. gaton dit :

    je vais te faire raler, Sylou, j’ai eu l’occasion de piaffer la première fois sur un vieux tonton (qui avait été dressé à la haute école ) en promenade sans rien demandé
    le pépère était content et m’a offert ce bonheur
    bonheur que j’ai pu ressentir qqfois ensuite mais a ma demande

    pour ce qui est des enseignants, il faut dire que bien peu savent le demander et donc l’enseigner

  3. sylou dit :

    bah tu ne me fais pas râler :p c’est vrai que c’est censé être une allure naturelle du cheval…. à nous de savoir les amener à nous le redonner monté 🙂

  4. gaton dit :

    et oui!!!
    l’art du dressage est d’amener a faire faire un cheval ce que l’on veut alors qu’il est tout a fait capable de le faire tout seul du moment qu’on ne lui change pas son centre de gravité

  5. will dit :

    Bonsoir Marie-Hélène,
    Voici un sujet bien intéressant, et qui suscite toujours autant de passion dans les discussions.
    Je pense qu’il convient de distinguer entre mobilisation/début de diagonalisation d’une part, et Piaffer proprement dit de l’autre. Ce dernier est me semble-t-il l’expression ultime du Rassembler (Beudant le qualifiait de Rassemblé rythmé). C’est seulement lorsque le cheval a acquis le Rassembler qu’il peut s’engager suffisamment et rester léger tout en exprimant son impulsion seulement sur la composante verticale du mouvement.
    Si l’on accepte ce point de vue, le temps nécessaire pour aborder le Piaffer peut être très long, et peut même ne jamais se produire, selon les limitations du cheval ou du cavalier.
    En ce qui me concerne, je n’ai connu le Piaffer qu’avec deux chevaux: l’un,Allegro, qui me l’ a appris, était un Lusitanien ayant appartenu à Antoine de Coux, et qui donc était un artiste et un cheval professeur complet.
    L’autre, Eole, à qui je me suis efforcé de le lui apprendre. C’était un merveilleux Selle Français, plein d’impulsion et de gentillesse en même temps. J’ai passé trois ans à travailler son Rassembler, et un jour, il m’a donné non pas un Piaffer, mais un petit galop sur place. Mon professeur de l’époque m’avait expliqué que le but était alors tout proche. Eole m’avait donné ce merveilleux galop car il n’avait pas encore tout compris de la diagonalisation, mais avait besoin d’exprimer l’énergie accumulée d’une manière ordonnée et cadencée, et avait trouvé tout seul que le galop sur place répondait a ces critères. A partit de ce jour, nous avons travaillé la diagonalisation de la façon que vous évoquez (surtout l’alternance de pas compté et de reculer dans le calme sur trois ou quatre foulées)et nous avons fini tous les deux par connaitre cet air de rêve qu’est le Piaffer. Que l’on a du encore approfondir, polir avec beaucoup de patience pour essayer d’obtenir cette cadence lente et cette amplitude haute dont parle Oliveira.
    Je me suis permis de faire cette petite note non pas pour critiquer votre billet que je trouve excellent, mais pour partager une expérience vécue, selon une conception qui n’est surement pas la seule.
    Bien amicalement
    Will

  6. Sandrine dit :

    Un clin d’oeil au galop merveilleux et à l’energie du piaffer….. Mon premier et seul, je l’ai eu à partir d’exercices tout betes, un pas en avant, un pas en arriere…. J’ai appris à mes depends que cet exercice etait un premice du piaffer…. Heureuse…. 2secondes mais Quel sensation ! Et…. Quel eclat de rire du commandant lorsque je fus embarquee au galop par le bon vieux Quasim si placide !!! Ce fut un de mes plus grand souvenir et qu’est ce que ça me fait rigoler quand j’y repense….

Leave a Reply