LE REGARD.

De nombreux cavaliers ont très souvent le regard porté vers le bas (je ne déroge pas toujours à cette règle). Voir aussi un post déjà publié à ce sujet

Cette attitude n’est pas anodine. Elle est le reflet des états psychique et physique  de la personne et ce, à un moment précis, ou en règle générale.

Indirectement, l’être humain est véritablement handicapé par ce sens si indispensable pour lui qu’est la vue.

On parle volontiers d’un handicapé lorsque l’on parle d’un non voyant. Or cette personne, si elle est privée d’un de ses sens, et non pas des moindres certes, a par ailleurs un développement souvent accru des quatre autres sens.

Le voyant lui, qui possède la vue,  pourrait en règle générale être qualifié de handicapé en ce qui concerne les quatre autres sens, tant l’attention qu’il leur accorde est faible.

Et pourtant paradoxalement, à cheval, le cavalier utilise souvent très mal la vue, puisqu’au lieu d’embrasser du regard tout son environnement, comme pour s’y immerger,  il s’en isole au contraire en fixant des yeux un tout petit point bien souvent situé entre la 4ème et la 5ème vertèbre cervicale de sa monture.

Le cavalier est alors très focalisé sur quelques éléments du moment présent, mais peut-être insuffisamment ouvert à la quantité d’informations qui pourraient faciliter ses actions. Il n’est plus à même de prendre conscience des sensations que lui renvoient son corps ainsi que celui de son cheval.

Le cavalier est plongé dans ses pensées : « Je n’y arrive pas… c’est bien… c’est mal… il va me faire tomber… c’était mieux tout à l’heure… ça m’agace… », bref, rien de concret qui aide vraiment à avancer.

Le cavalier doit se recentrer sur ses sensations. Ainsi, il pourra très certainement réaliser qu’il n’est pas équilibré, et que son dos n’est pas en place.

Rien à voir avec le regard, me direz vous! Bien au contraire, vous répondrai- je! Ce que l’on nomme globalement le dos, sous-entendu la colonne vertébrale, commence aux vertèbres cervicales!

Ainsi, bon nombre de cavaliers regardent par terre uniquement parce qu’ils sont en flexion cervicale et que donc, la tête tombe en avant. Comment alors, regarder devant soi?

Au lieu de se rabâcher si l’on est cavalier, ou de rabâcher à ses élèves si l’on est enseignant, qu’il faut à tout prix lever les yeux, il faut absolument n’avoir de cesse que de répéter : sentir l’équilibre du dos, et y remédier si nécessaire par une reverticalisation de l’ensemble, cervicales redressées, et tête posée en équilibre sur l’ensemble.

Tout naturellement les yeux se porteront loin devant eux et y resteront durablement, tant que le cavalier ressentira et harmonisera la ligne de son dos!

 

 

3 Responses to “LE REGARD.”

  1. Julie dit :

    Bonjour Marie-Hélène !!
    Ah, voilà un sujet qui me touche beaucoup. Il me semble que lorsque je suis calme et relativement « zen », j’arrive à garder un peu un regard panoramique, le « regard doux » dont Sally Swift parle également dans son livre. Comme tu le dis plus haut, quand je regarde par terre je suis dans une démarche de repli, comme si des pensées, souvent négatives, valsaient dans ma tête.
    Donc pour que je me tienne bien, il faut que j’arrive à contrôler (au moins à calmer) mon esprit. Je me suis donc rendue compte récemment que les démarches sur le corps qui m’intéressent beaucoup et dans lesquelles je débute seulement sont probablement complémentaires d’une démarche, heu… plus « psychologique », même si je n’ai absolument pas quelle forme cela prendra.
    Je vais d’ailleurs immédiatement commencer à méditer pour trouver la réponse -)
    A bientôt,
    Julie

  2. sylou dit :

    et bien…. voilà « enfin » ré aborder un sujet primordial…
    nul trace de sarcasme dans mon commentaire, mais il est vrai que c’est un point, voir le point pour moi qu’on devrait commencer par aborder au tout premier cour qu’on reçoit en tant que futur cavalier, tant il est important voir, juste essentiel…
    Malheureusement, il est, tardivement, voir pas abordé du tout, sauf au travers, comme le cite justement marie, du célèbre « ne regarde pas par terre » ou « la couleur du sable n’a pas changé ? »….
    -c’est fin … et ça nous fais rire jaune…- dans les centre équestres… En tous cas, on y pense une minute et on oublie… C’est fort dommageable pour la suite vous rétorquerais-je et ce n’est pas Michel Robert qui me contredirais, compte tenu du chapitre entier qu’il consacre au fameux « regard panoramique »…
    Bref pour moi, la très juste citation « la position précède l’action » a pris toute son ampleur beaucoup trop tard dans ma vie équestre et je le regrette fort… Depuis que je l’ai admis (comprendre qu’une chose est mal, est une chose, admettre qu’une autre est la clef, et installer ainsi un cercle vertueux en est une autre).
    En fait, du coin de ma toute petite lucarne, le fait d’avoir accepté de changer ma façon de faire concernant d’abord, mon regard m’a été imposé par mon 2ème cheval, (un poulain de 4 ans…) et non beuglé par un moniteur. Et bien vous voyez, ça m’a été 100 fois plus profitable, et je l’en remercie chaque jour… Nos chevaux, quand on sait les écouter, sont nos plus justes maîtres…
    Je dis bien imposé, sous peine de me retrouver « au tas », seule, le cul dans la boue d’un champ cet hiver… Il m’a fallu, je crois bien, 3 séances pour comprendre, ce qu’il voulait me dire, et ces trois séances là, ont été assez « chaudes ». Je sortais d’une salle histoire équestre et j’étais, comme l’évoquent Marie et Julie, dans une situation consciente et inconsciente de replie complet, de honte, de tristesse… Conséquences concrètes : nuque pliée, dos vouté, regard dans la crinière…. Super inutile juste bonne à être trimballée par ma monture comme passagère clandestine ! Je faisais l’estafette comme le raconte Pradier dans son fameux « à l’école des centaures ».
    Sans le savoir, je bloquais tout le reste, par ce tout petit angle de mon cou. Re bref, quand j’ai accepté de regarder à nouveau autour de moi, tout a changé dans ma relation avec mes chevaux… j’ai pu commencer efficacement mon travail de ressentit. Mon bassin s’est délié et tout est venu quasi en bloc… Un pack complet de sensations depuis longtemps refoulées… Depuis c’est un nouveau chemin équestre, une séance de sophrologie chaque jour ou j’apprends à interpréter chaque sensation qu’ils m’envoient… Je ne suis plus sur eux, je suis avec eux…
    Tout ça vous parait sans doute bien excessif, et vous fera sans doute sourire… moi je vous répondrais, que depuis cette prise de conscience, j’ai aussi compris ce qu’était vraiment, l’indépendance des aides. Maintenant mes mains sentent et « vivent leur vie », pendant ce temps mon regard embrasse tout le paysage et nous guide sur le juste tracé, mon bassin s’occupe lui de sentir s’il « marche avec les postérieurs », mon dos s’occupe de l’équilibre de tout le monde pour ne pas charger inconsciemment l’avant main de ma monture… etc, etc … je ne suis plus (comme je me caricaturais moi-même : « la femme tronc » )…
    Voilà, pour vous dire, parfois on courre pendant des années après quelque chose, sans savoir par ou prendre le problème, on cherche on est studieuse et obstinée… on souffre, car rien n’avance malgré tous nos efforts. Un jour, votre cheval vous dit : eh !!! « putain » fais le tri, va à l’essentiel sinon je te vire ! et l’électrochoc est salutaire 🙂
    merci cheval

  3. Marie dit :

    Bonjour,

    Je suis tombée sur votre site par hasard, et j’ai beaucoup de plaisir et d’intérêt à le lire.
    Ce n’est absolument pas le sujet de ce post, et je m’en excuse, mais e souhaiterais savoir si vous pouviez me dire où vous avez acheter votre bridon sans mors. Ce n’est en effet ni un bitless ni un side-pull, et je serais très intéressée de l’essayer.
    Je vous en remercie par avance.
    Cordialement,

    Marie

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