Archive for novembre, 2012

A PROPOS DU TROT.

jeudi, novembre 29th, 2012

Comme nous avons précédemment évoqué l’altération du pas, nous allons dans ce post évoquer l’altération du trot.

Nous allons prendre l’exemple du trot allongé, car c’est dans cet exercice que l’altération de l’allure peut s’exprimer de la façon la plus spectaculaire, comme on peut d’ailleurs souvent le constater en compétition.

Dans le cas d’un trot correct, les canons des deux membres d’une paire diagonale, doivent être parallèles. Si l’on sort du cadre du trot pur, cette affirmation n’est plus valable au piaffer, au passage et au trot espagnol.

Le problème est qu’à l’heure actuelle en compétition, elle n’est bien souvent plus valable non plus, ni au trot de travail, ni au trot allongé. En effet, une nouvelle mode a fait son entrée sur les rectangles de dressage, où l’on voit des trots particulièrement spectaculaires mais quelque peu dénaturés, le trot de travail devenant ni plus ni moins du trot passagé, et le trot allongé, du trot espagnol!

Revenons à l’exemple choisi, le trot allongé, et constatons en regardant  la photo ci-dessous, qu’il est à peine exagéré de dire que certaines fois, il peut ressembler à du trot espagnol.

Sur cette photo, les canons ne sont absolument plus parallèles, l’antérieur étant projeté très en hauteur!

Comment arrive-t-on à un tel trot?

Le cheval que nous montre la photo précédente, présente une ligne du dessus hyper tendue, avec un dos « body buildé » sans doute très fort, mais manquant probablement d’élasticité.

Les postérieurs sont engagés, mais le cheval est trop raccourci, ne s’étendant pas suffisamment pour donner un allongement alors sans doute moins spectaculaire, mais plus harmonieux et moins contraignant physiquement. C’est simple, si l’on cache les membres, le cheval pourrait tout aussi bien être au trot rassemblé!

L’attitude de ce cheval est certainement voulue par son cavalier, désireux de développer force et brillant. On peut toutefois légitimement se demander si les contraintes nécessaires à l’obtention d’un tel résultat préserveront longtemps l’intégrité physique du cheval!

La photo suivante ne nous montre pas du tout le même cas de figure, bien qu’on y voit aussi un trot altéré, les canons non parallèles.

Le cheval présenté est tout le contraire du précédent. Ligne du dessus relâchée, dos creux, et propulsion faible avec des postérieurs loin derrière. Le garrot est affaissé, et les épaules manquent de liberté.

Il semble que seuls les antérieurs allongent, tant les postérieurs sont en retard, ne pouvant s’engager!

Dans ce cas ci, je ne pense pas que l’attitude du cheval soit voulue par le cavalier, mais procède plutôt d’un travail présentant des lacunes, et dans lequel le dos du cheval porte mal son cavalier. A long terme, voire à moyen terme, cette disposition de la ligne du dessus n’est pas sans risque pour l’intégrité physique du cheval.

On pourrait commenter ces deux photos en résumant ainsi : sur la première, les postérieurs sont en place et les antérieurs se mobilisent trop, en allant au delà de la ligne des postérieurs, et sur la seconde, les antérieurs sont à peu près à leur place, mais les postérieurs sont beaucoup trop en arrière de la ligne des antérieurs.

Dans les deux cas, les cavaliers restent dans une attitude non conforme à celle requise lors de la réalisation d’un trot allongé. On pourrait les croire au trot de travail. Il n’émane pas de leur position l’envie d’accompagner leur monture vers l’avant pour la laisser s’étendre.

RETOUR SUR LA DESCENTE DE MAIN.

mardi, novembre 20th, 2012

 Pour répondre à Julie, j’ai choisi de faire un petit post susceptible je l’espère, d’intéresser d’autres lecteurs.

Il y a une multitude de nuances dans la façon de pratiquer la descente de main. A chaque cheval correspond une descente de main spécifique. De nombreux facteurs régissent la descente de main : le niveau de dressage, la conformation du cheval, son type d’équilibre, ou bien encore la spécificité de l’exercice.

Par contre, la descente de main n’ a qu’un seul but : rendre au cheval son autonomie dans les exercices qui lui sont demandés.

Le cavalier doit faire l’apprentissage de la descente de main dans la subtilité. Il doit être progressif et ne jamais surprendre son cheval. Mais néanmoins, en ce qui me concerne, je peux demander à l’élève d’aller jusqu’à la rupture totale de contact (bien sûr, il reste toujours le poids des rênes…), si j’estime que le cheval est prêt et que cela ne lui est pas préjudiciable. L’action peut aller de la simple ouverture des doigts, jusqu’à l’avancée des mains. Elle peut ne durer qu’une seconde, mais aussi beaucoup plus longtemps.

Alors que la sacro sainte idée de la permanence du contact coûte que coûte est bien accrochée dans les mentalités, je revendique le droit de « lâcher » (oh le vilain mot!) la bouche de mes chevaux s’ils sont bien préparés.

Je termine ce post par une question : si le cheval se tient, s’il tourne lorsqu’on lui demande, s’il ralentit quand le cavalier le souhaite, bref s’il est léger et autonome avec des rênes détendues,  pourquoi faudrait-il lui imposer plus de contact?

EN DERNIÈRE MINUTE.

lundi, novembre 19th, 2012

Amis(es) cavaliers (es) bonjour,
je dispose de 3 places (2 adultes et 1 enfant <12 ans) pour le spectacle de la « Matinale des Écuyers » de l’Académie Équestre de Versailles le samedi 8 décembre à 11 h 15 (manège des Écuries du Château de Versailles).
Nous ne pourrons malheureusement pas nous y rendre en raison d’un contretemps et je me dis que, tombant pendant le Salon du Cheval, elles peuvent éventuellement intéresser quelqu’un.
Les places adultes sont à 12 E, celle de l’enfant à 6,50 E.
Cordialement,
V. Dérogis

vderogis@free.fr

PETIT RETOUR SUR LA DESCENTE DE MAIN.

dimanche, novembre 11th, 2012

Lorsque l’on demande à un cheval de commencer à se rassembler, il me semble indispensable de pratiquer le plus souvent possible la descente de main.

(Ici, indépendamment du sujet de ce post, la cavalière pourrait avoir les épaules légèrement plus en arrière pour favoriser l’allègement de l’avant main.)

Je pense que c’est la meilleure façon de l’aider à faire l’apprentissage d’un équilibre correct sur les hanches, dans lequel la musculature profonde, responsable de la posture, va véritablement se fortifier.

Bien sûr la locomotion doit être juste : harmonie entre l’élévation de l’encolure et l’abaissement des hanches avec un dos bien orienté.

Cependant  le cheval, bien que travaillant dans une bonne attitude, s’il reste soutenu en permanence dès qu’il est rassemblé,  manquera toujours d’un élément important dans sa formation!

Imaginez simplement que vous ayez appris à vous tenir en équilibre sur un pied, mais en ayant toujours un point d’appui pour vous aider. Vous ne pouvez prétendre avoir acquis l’équilibre sur un pied!

C’est pourquoi ce n’est qu’après avoir appris à votre cheval à conserver son attitude  tout en étant dans la descente de main, que vous pourrez dire qu’il est en équilibre.

(Meilleure attitude du haut du corps!)

A PROPOS DU PAS (3ème partie).

dimanche, novembre 4th, 2012

Avant de parler de ce qui pourrait être une des raisons d’une latéralisation du pas, revenons sur quelques points d’anatomie et de biomécanique : le ligament nuchal et le ligament supra-épineux d’un côté, et le muscle long dorsal de l’autre,  qui ont un rôle très important dans la locomotion, et en l’occurrence dans le pas.

Le ligament nuchal court sur la ligne du dessus, au niveau de l’encolure. Il part de la protubérance occipitale, entre les deux oreilles, et va jusqu’au garrot. Le ligament supra-épineux part du garrot, et va jusqu’au sacrum.

Tous deux servent à relier entre elles les vertèbres, et constituent un puissant soutien de la charpente vertébrale. Le ligament nuchal a une particularité due à l’anatomie de la colonne cervicale. En effet, cette dernière ne suis pas la ligne de l’encolure, mais plonge au contraire vers le bas de l’encolure. Pour rester relié aux vertèbres cervicales, le ligament nuchal est donc constitué de deux parties : la corde, qui suit la ligne de l’encolure, et la lame, qui comporte  plusieurs groupes de puissantes fibres qui partent de la corde,  et descendent s’attacher aux vertèbres.

En rouge se dessine la corde du ligament nuchal, et de cette dernière partent les fibres constituant la lame, et représentées en gris.

Le muscle long dorsal est un des muscles locomoteurs les plus puissants chez le cheval. Il part du sacrum, et va jusqu’aux dernières cervicales (les plus basses) en courant de part et d’autre de la CV. Il est puissamment inséré sur les vertèbres et sur les côtes en région thoracique,  plus en avant il a des insertions sur la face médiale du bras.

Au pas et au trot, ce muscle fonctionne par alternance de contractions et décontractions latérales en fonction de l’alternance du déplacement des membres. Il en va légèrement différemment au galop, du fait de la quasi simultanéité du déplacement des membres. On retrouve cette alternance « contraction-décontraction » latérale, dans les changements de pied au temps.

Voici deux exemples de mouvements qui illustrent l’étendue des implications du long dorsal : la pesade, où il agit comme élévateur de l’avant main, et la croupade, comme élévateur de l’arrière main. Autant dire que s’il est contracté, cela peut avoir une incidence sur les membres antérieurs comme sur les membres postérieurs.

Rappelons qu’il n’a pas la vocation de porter le cavalier !

 

C’est la justesse de l’attitude du cheval qui, par une tension optimale du ligament nuchal et du ligament supra-épineux, assure le portage du cavalier, en laissant au muscle long dorsal sa vocation de muscle locomoteur.

Par une orientation vers l’avant et vers le bas de l’encolure, le ligament nuchal s’étire, et sa base, qui se trouve insérée sur les apophyses épineuses du garrot entraîne, par voix de conséquence, ces dernières vers l’avant. Les apophyses épineuses du garrot servant également de point d’insertion au ligament supra-épineux, étirent alors ce dernier vers l’avant. C’est ainsi que la ligne du dessus s’étend et que le dos remonte.

Dans le travail au pas moyen, il est donc de la plus grande importance de laisser à l’encolure la possibilité de s’allonger, mais également de laisser libres les mouvements de balancier de celle-ci!

C’est justement dans le cas où le cavalier, de quelques façons que ce soit, entrave le bon fonctionnement du binôme encolure-dos, que l’altération du pas peut survenir, puisqu’on a vu qu’un muscle long dorsal contracté ou mal orienté pouvait induire des contractions vers les autres groupes musculaires et notamment ceux des membres.